Samedi je passe prendre Elise au Val Mandé pour le week end. Nous décidons d'aller nous promener au bois de Vincennes avant de rentrer à la maison. Elise entreprend d'aller au contact d'un jeune homme qui déplie les volets roulants d'une baraque de vente "moules frites" :

Qu'est-ce que tu fais ? demande-t-elle

- tu le vois j'ouvre les volets.

J'essaie de la persuader de continuer la promenade ... en vain.

- Mais je regarde !

- Tu habite où ?

- A côté...

De fil en aiguille le contact passe bien ... beaucoup de sympathie de la part du jeune homme ... et nous repartons avec un grand sac de pain rassis qu'il va lui chercher dans la réserve pour le distribuer aux canards. Rencontre sympathique donc.

Un peu plus tard, au passage d'un petit pont, A un cycliste à l'arrêt sur le pont, Elise lance péremptoire "poussez-vous ! je passe !"... et passe effectivement dans la foulée.  Elise est alors à quelques mètres devant moi. J'avise la tête interloquée du cycliste et lui glisse gentiment "je suis son père, je l'accompagne, elle est handicapée". Il est visiblement rasséréné.

Ces deux exemples de situation, je les donne pour illustrer que lorsqu'on prend le temps de l'entendre on appréhende le handicap mais lorsqu'elle déboule sans crier garde elle est un peu déstabilisante pour son interlocuteur fortuit.