Préambule :

L'autisme comporte entre autres particularités des difficultés marquées pour toucher la personne ... dans le cas d'Elise il est encore parfois difficile de lui appliquer une lotion sur le visage ou de la coiffer, lui couper les ongles s'apparentait jusqu'à une date récente à des scéances de maltraitance - elle criait et il fallait souvent que je la maintienne solidement pour opérer - Dans bien des cas, dans les situations qui faisaient l'objet de difficulté une sorte de rituel s'installait. Exemple : Lisou semblait prendre plaisir à ce que je la maintienne fermement pour lui couper les ongles .... Heureusement, nous avons maintenant franchis certaines étapes et nous nageons la plupart du temps dans la facilité (de la relativité des choses ...).

J'accompagne donc Elise à l'hôpital de la Salpétrière à Paris (les coordonnées m'avaient été données par la directrice du foyer de l'ILVM Saint Mandé) pour son quatrième rendez-vous - le but de ses scéances est qu'elle s'habitue progressivement à l'environnement et se sente en confiance avec les personnes qui pratiquent les soins ... la dernière fois nous avons réussi à lui faire une radio panoramique (les autres fois l'opération avait échoué : pas simple de ne pas bouger alors qu'un appareil bizarre tourne autour de vous !).

Nous prenons notre ticket, nous enregistrons comme tout le monde et attendons environ une demi-heure que l'on appelle Madame Dupuis (un peu nerveuse au départ devant autant de monde dans cette salle d'attente, elle s'assied finalement sagement et en profite pour discuter avec ses voisins immédiats qui lui font bon accueil). C'est à nous et avant de pénétrer dans le cabinet la dame en question prosteste et pousse quelques cris pour bien vite s'apaiser devant le climat conciliant qu'elle rencontre de notre part ... elle s'installe sur le fauteuil, se laisse examiner les dents ... proteste et gesticule pas très gentiment l'instant d'après trouvant qu'il ne faut pas pousser trop loin le bouchon puis accepte à la surprise générale de se faire masser les gencives et les dents avec une compresse imbibée d'un produit. Elle décline cependant l'offre qui lui est faite de tenter un petit détartrage avec l'appareil adapté ... STOP ! Restons-en là, conservons ce bon souvenir ... Aucune carie en vue et nous sommes trois à la féliciter chaudement. Je dois dire qu'une fois sortie elle est très content d'elle ... "j'ai été mignone etc...". Je dois dire que j'en rajoute beaucoup moi aussi et continue de la féliciter !!!

Je donne ici les coordonnées du service pour ceux qui ont des difficultés à trouver un lieu de soins :

Service de stomatologie
Groupe hospitalier Pitié-Salpétrière
47-83 bd de l'Hôpital
Paris 13ème
Rendez-vous de consultations : 01 42 16 14 41
en précisant bien que c'est pour une personne handicapée (consultation le jeudi)

Petite scéance de shopping à Decathlon ensuite où Lisou choisit une écharpe et des gants à l'issue d'une petite promenade dans Paris - à l'institut on parlerait de socialisation ... - puis retour à l'ILVM Saint Mandé où nous avons prévu de déjeuner au self qui propose des mets variés et que Lisou affectionne ... Une anecdote en passant : je me souviens d'un jour  où au moment de payer la personne à la caisse me demande "c'est un repas thérapeutique ?" (j'ai appris ce jour là le terme employé pour les repas pris au self avec un éducateur) ... "Si vous voulez, en fait je suis son père et je suis venu déjeuner avec ma fille". Rappel si l'en était besoin que l'institut est un lieu de soins ... et que je peux encore facilement passer pour un éducateur ...

Nous concluons par une petite promenade dans les rues de Saint Mandé ... Au bout d'un moment Lisou me bluffe une nouvelle fois en me déclarant "Bon, on rentre à l'institut" ... institut, institut vous avez dit institut ! (c'est une première) ... échange très intéressant avec les éducateurs et à demain Lisou (qui me raccompagne comme d'habitude jusqu'à l'ascenceur).