Je publie cette information car elle montre les progrès accomplis par certaines équipes pour prendre en compte les difficultés liées au handicap.

Du gaz hilarant pour soigner les dents en douceur

Cette manière plus douce de soigner les patients nécessite aussi plus de personnel. Deux personnes doivent assister le chirurgien-dentiste / Photo Claude Essertel

Enfin les patients handicapés peuvent avoir leurs dents soignées normalement grâce à la création de HSBD 42, une toute nouvelle association de la Loire.    

«Avant, la route directe pour ces patients était l'anesthésie générale et l'extraction dentaire ».

Depuis qu'une convention a été signée avec le CHU de la Loire, Caroline est l'un des chirurgiens dentistes qui traitent les patients au protoxyde d'azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant.

Les praticiens qui se sont engagés dans ce protocole acceptent que leur consultation dure trois fois plus de temps que la normale pour des honoraires identiques.

Cette méthode permet de détendre le patient, avec une anesthésie de surface et une légère sédation. Mais, il faut alterner la pose du masque et les soins dans la bouche. Voilà pourquoi le chirurgien doit être assisté. Encore plus lorsqu'il s'agit d'un enfant autiste qui a besoin d'être très rassuré.

Des hommes et des femmes de bonne volonté ont rassemblé leur énergie pour créer une association sous le sigle HSBD 42 (Handicap santé bucco-dentaire Loire). Une convention avec le CHU permet de recevoir les patients à l'hôpital Nord, dans le service du professeur Seguin.

Les parents de Jennifer, autiste âgée de vingt-sept ans, nous disent : « C'est la première fois qu'on peut lui détartrer les dents sans l'endormir ». Avant que cette consultation n'ouvre, cette famille d'Andrézieux-Bouthéon se rendait à Riom, dans le Puy-de-Dôme.

Julie, vingt-cinq ans, est atteinte d'un handicap cérébral. Elle est venue avec sa maman de Montbrison. Alors que la jeune fille est « très sensible à la peur ». Ici, « elle est détendue et rigole même avant de monter sur le fauteuil ».

Pour l'instant, les dentistes louent le local et emploient les deux infirmières assistantes. Des demandes de subvention sont parties dans plusieurs directions et les réponses sont attendues.

Les praticiens doivent suivre une formation spécifique pour utiliser le gaz hilarant, elle n'est pas prise en charge non plus.

Soignants et associations avancent ensemble sur ce chemin qui conduit vers une égalité d'accès aux soins. Jusqu'à présent, les personnes présentant une déficience mentale, psychologique, médicale, motrice ou sensorielle, étaient bien souvent laissées pour compte. Alors même que, justement, elles présentent des besoins spécifiques en dentaire.

Un des autres buts de l'association est d'aller dans les établissements pour personnes âgées dépendantes (Epad). Ici aussi, des patients ont besoin de soins dentaires.

Yvette Granger

ygranger@leprogres.fr

« Un devoir de santé publique »

Pour Handicap santé bucco-dentaire 42, « c'est un devoir de santé publique de lutter contre les inégalités d'accès aux soins dont sont victimes les personnes handicapées ».

En 2004, un bilan de l'état de santé bucco-dentaire, réalisé auprès de 7 259 handicapés âgés de 6 à 20 ans accueillis en établissement, montre que 91 % présentent des besoins dentaires et 77 % nécessitent une action de prévention ou d'éducation à la santé.

Les critères de prise en charge dans ce réseau sont : les tout jeunes enfants (1 à 5 ans), la déficience mentale ou comportementale, mais aussi l'anxieux ou le phobique qui n'a pas de difficulté en dehors du cabinet dentaire mais qui a très peur du dentiste.

La consultation a lieu le vendredi matin à l'hôpital Nord et les rendez-vous se prennent les mardis, de 14 à 16 heures au 04 77 38 46 64.

On peut aussi joindre le secrétariat par e-mail :  

hsbd-loire@orange.fr.