Autisme : plus de 2 000 places crées par le gouvernement 

Par Agnès Leclair
20/01/2010 | Mise à jour : 11:33
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Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille.
Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille. Crédits photo : Le Figaro

La secrétaire d'État à la Famille, Nadine Morano, dévoile le bilan à mi-parcours du plan 2008-2011.

Situation «catastrophique», «difficultés considérables», «parcours du combattant»… Depuis des années, les critiques se succèdent - dans les rapports du Comité consultatif national d'éthique ou de la députée UMP Cécile Gallez par exemple - pour dénoncer la prise en charge de l'autisme en France. C'est donc dans un contexte toujours tendu que Nadine Morano fait ce mercredi le point à mi-chemin du plan autisme 2008-2011 du gouvernement.

«En tout, 2 120 places d'accueil ont été créées pour 78,5 millions d'euros et 52 % du plan a déjà été réalisé», déclarait mardi au Figaro la secrétaire d'État chargée de la Famille et de la Solidarité, qui souhaite avant tout rassurer les associations de parents d'enfants autistes.

Ces dernières ont traversé nombre d'épreuves pour créer des structures de prise en charge comportementalistes (ABA, Teacch…). Selon Mme Morano, dix projets de ce type ont reçu un financement de quelque 9,5 millions d'euros chacun . Dix autres de ces structures «expérimentales» seront sélectionnées fin janvier et dotées de 7 millions. «C'est un tournant dans l'accompagnement de l'autisme en France, avec de réels efforts d'ouverture vers ces méthodes comportementales», souligne-t-on au cabinet de la secrétaire d'État. Après avoir dénoncé pendant des années la mainmise de la psychiatrie sur l'autisme en France, les associations de parents tenants des méthodes éducatives saluent un frémissement.

«Vitesse supérieure»

«C'est la première fois qu'un plan gouvernemental finance des établissements médico-sociaux déclinant des programmes ABA» , reconnaît Martine Fergusson, de la Fondation Autisme. Maintenant, il faudrait passer à la vitesse supérieure. À l'ouverture de notre école ABA de Paris en 2008, nous avions une liste d'attente de 2 600 demandes venues de toute la France !» Course au financement, bataille pour l'obtention d'arrêtés préfectoraux : les obstacles sont encore là. «Les mentalités évoluent, mais nous sommes en train de vivre ce que vivaient les parents d'autistes aux États-Unis il y a 30 ans», rappelle Claire Doyon, présidente de l'association Maia.

La Haute Autorité de santé (HAS) s'apprête, de son côté, à publier un bilan des connaissances sur les différentes prises en charge qui servira à élaborer un référentiel de bonnes pratiques fin 2010. «Nous faisons confiance à la HAS, mais nous attendons de voir comment son travail sera utilisé et si ces bonnes pratiques seront appliquées», commente M'Hammed Sajidi, fondateur de l'association Lea pour Samy.

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