09 novembre 2010

Décidément...

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On continue avec le langage très "personnalisé" de notre Théophile:

Comme tous les samedis, je suis chargée de remplir le réfrigérateur pour la semaine et je pars de très bonne heure en général; heure à laquelle souvent le reste de la famille "émerge" à peine et où on oublie de me dire: "tu peux me prendre ça?"

Bref, je téléphone au beau milieu de mes courses pour m'informer des derniers "desiderata" des uns et des autres. C'est alors qu'un petit "Allô" me répond. C'est Théophile! A noter qu'il ne prend jamais le téléphone sauf pour appeler sa soeur aînée. Par exemple, personne - pas même la famille proche - n'a réussi à lui souhaiter son anniversaire par téléphone, c'est dire!)
Faussement surprise, je demande: "C'est qui ?". Du tac au tac, il me répond: "C'est Théophile, là!". Et ça continue...
- " Papa est à côté de toi ?
- Non, il est dans la salle de bain, déjà ! (Noter le "déjà" et la phrase bien "syntaxée", un luxe!)
- Et Mathilde, elle est dans la salle de bain ? (précision: il y en a deux à la maison - avec 4 filles, il faut bien ça...)
- Non, elle est là !
Ca démarre plutôt bien et là, portée par l'euphorie d'avoir entendu mon fils s'exprimer à peu près normalement, je lui demande:
-"Alors, tu peux me la passer ?
et j'entends un:
- Quoi ?"
Un grand blanc...il a raccroché !
Je réfléchis un instant parce que je sais que s'il n'a pas poursuivi la conversation, c'est qu'elle devenait incompréhensible pour lui, il fait toujours ça.
Eurêka!!!! Nous employons souvent cette expression: "Vous pouvez me le (la) passer?" et ça ne pose aucun problème à notre interlocuteur en règle générale. Mais notre TED à nous, il ne la comprend pas... Comment pourrait-il me passer sa soeur à travers le téléphone? Si j'avais percuté à l'instant, j'aurais reformulé ma demande (on a l'habitude, on fait ça continuellement et même ordinairement on évite ce genre d'expression) mais là, je n'avais que celle-ci en magasin et elle a suffi à rompre le dialogue ! Dommage...

Hier, dans l'émission "Le magazine de la santé" sur France 5, une psy parlait des peurs des petits et de l'intérêt d'éviter d'utiliser des expressions en présence d'enfants jeunes comme :" J'ai peur qu'il ne se mette à pleuvoir" ou "je crains d'entendre sa réponse". En effet, l'enfant peut mal interpréter ces phrases et développer une crainte quant au fait que la pluie se mette à tomber ou quant à la réponse de l'autre (socialement, ça peut devenir compliqué!)...

Avec mon TED, pas de souci parce que pour lui, elle sont incompréhensibles.
L'expression la plus évidente est sans doute: "tomber dans les pommes". Les enfants en général la saisissent très rapidement et la trouve même drôle. Pour Théophile, ça n'est pas réutilisable parce que cela fait appel à une image. Et là, ce n'est pas gagné !!!
Parfois, il s'essaie à en utiliser. Par exemple, son expression du moment lorsqu'il met la pâtée à son accompagnante au UNO, c'est "ça, c'est du bon plan!". En fait, il veut dire: "ça, c'était un bon plan!". Bon, nous, on le sait et on trouve que ça n'est déjà pas si mal...

Bonne journée
La Maman

http://theomaluanneief.canalblog.com/archives/2010/11/09/19555415.html?t=1289412367322#c38367577