Entre la société et l’autisme un problème de communication

Publié le dimanche 12 décembre 2010 à 11H45   


« Maxime peut parfaitement s’insérer dans un milieu professionnel. Il faut juste que ce milieu soit préparé à le recevoir », relate Karim Yousfi, éducateur. Dans les cuisines de la villa Apraxine à Nice, foyer de vie pour handicapés, Maxime a été tout de suite accepté. Frantz Bouton

 

 

Grâce à Karim, l’éducateur spécialisé qui l’accompagne dans sa vie extrascolaire (1), Maxime a pu trouver un stage de quinze jours en restauration, un domaine qui l’enchante. Si cette recherche est difficile pour la plupart des collégiens, elle l’a été encore davantage pour l’adolescent niçois de 15 ans. Maxime souffre d’autisme. Une maladie aux visages multiples, mais qui présentent toutes pour trait commun des difficultés de « communication » (lire ci-dessous). « Beaucoup de gens ignorent tout de l’autisme. Cette méconnaissance est responsable des difficultés que nous rencontrons lorsque nous essayons de les aider à s’insérer socialement. Le problème, c’est que les refus nous sont opposés sans la moindre explication, ce qui ne nous laisse pas l’opportunité de faire passer les messages importants », regrette Karim.

Pas de sous-entendus ni d’implicite

Des messages aussi simples que celui-ci : « Un enfant autiste a besoin qu’on lui délivre des informations claires : il ne comprend pas les sous-entendus ou les paroles implicites. Il ne sait pas interpréter. Et les crises, tant redoutées, sont souvent la conséquence de problèmes de communication. En réalité, il suffit de parler leur langage, de s’adapter, et tout se passe bien. » Maxime écoute, d’une oreille discrète. On l’interpelle : « C’était difficile de trouver un stage, Maxime? » Une question mal formulée, qu’il entend comme une affirmation. Alors, il nous fournit une réponse un peu indirecte : « Avant, j’ai pas trouvé de stage. C’est Karim qui me l’a trouvé. Lundi, il a passé la journée avec moi à la villa Apraxine (2) (où il effectue son stage, Ndlr), pour me surveiller. » Aucune agressivité dans ces paroles, un simple constat.

L’adolescent n’associe pas les difficultés qu’il peut rencontrer dans la vie quotidienne à son handicap. Il ne perçoit d’ailleurs même pas ses difficultés, pas plus qu’il n’interprète le regard de curiosité qui, souvent, est posé sur lui. Et c’est tant mieux. « Sais-tu ce qu’est l’autisme, Maxime? » « C’est quand on a peur des chiens… ». Pourquoi pas.

Nancy Cattan  (ncattan@nicematin.fr)

http://www.varmatin.com/article/sante/entre-la-societe-et-l%E2%80%99autisme-un-probleme-de-communication