Bellegarde : une mère s’enchaîne aux grilles de l’école pour son fils autiste

Publié le 18/02/2011 à 00:00

Une chaîne autour de la taille, et des menottes aux poignets, la maman est restée toute la journée accrochée aux grilles de l’école René-Rendu

Une chaîne autour de la taille, et des menottes aux poignets, la maman est restée toute   la journée accrochée aux grilles de l’école René-Rendu

« Je veux juste être une maman. Mais pas médecin, ni psychologue, ni enseignante. Chacun son rôle ».

Les mots inscrits au feutre sur un bout de carton en disent long. Très long, sur les « fonctions » de cette jeune mère de famille. Hier matin, dès 7 heures, Clara Balloffet s’est enchaînée et menottée, aux grilles de l’école René-Rendu de Bellegarde. Son enfant, Logan, 4 ans et demi, autiste, est pris en charge par l’établissement chaque jour de 8 h 30 à 11 h 30. Le reste du temps, la charge est pour elle.

« Il faut absolument que l’Éducation nationale se mette à notre niveau. Et pas l’inverse. Quand on est parent d’un enfant autiste, notre emploi du temps change tous les trois mois. On est tout le temps sur la route et c’est la course pour aller de demi-heure en demi-heure de prise en charge, grappillées ici et là », tempête cette maman de quatre enfants. Qui, de fait, ne peut plus travailler.

« On s’use avec le temps à force de faire des courriers à répétition », renchérit Charly Solès, un père de famille qui est venu la soutenir.

Après plusieurs longues années « de bataille », son enfant à lui est pris en charge deux demi-journées par semaine, à Chanay (avec l’accompagnement de l’association Cap sur handicap) et Oyonnax (à l’institut médico-éducatif). Le reste du temps, c’est pour lui.

Une situation devenue insupportable, et qui a poussé ses deux parents à cette action « coup-de-poing » hier. Clara voudrait que sa démarche puisse faire accélérer le projet d’une « Clis » (classe d’intégration scolaire) annoncée depuis 2009 à Péron. Et qui aurait dû ouvrir en septembre 2011.

« Chaque année, il est reporté, alors qu’ils ont le nombre d’enfants pour l’ouvrir », tonne-t-elle. Hier, l’inspection d’académie devait justement statuer sur ce sujet à Bourg-en-Bresse…

Clara Balloffet veut faire admettre qu’il est difficile, et en particulier dans le département de l’Ain, de trouver la structure accueillante (denrée rare) ou, à défaut, des auxiliaires de vie scolaire formées au handicap.

http://www.leprogres.fr/ain/2011/02/18/bellegarde-une-mere-s-enchaine-aux-grilles-de-l-ecole-pour-son-fils-autiste