Education

25 mars 2011, 18h55

L'autisme effraie les Français et l'Education nationale

Le nombre d'enfants autistes déscolarisés reste trop important. Pour le grand public, les enfants autistes n'ont pas leur place en classe. Et l'Education nationale ne fait guère d'efforts pour les accueillir.

Moins d'un enseignant sur cinq estime que l’école ordinaire est le « meilleur environnement » pour les enfants autistes.
Moins d'un enseignant sur cinq estime que l’école ordinaire est le « meilleur environnement » pour les enfants autistes. SIPA

L’autisme, méconnu, fait encore peur à l’Education nationale. Une loi, votée en 2005, permet aux parents de faire le choix d’une scolarité normale mais… 80 % des enfants autistes ne vont pas à l’école. En cause : crainte des enseignants, manque de moyens humains et de souplesse des établissements, classes surchargées.

Ainsi à peine un tiers de la population (29 %) et seulement 18 % des enseignants estiment que l’école ordinaire est le « meilleur environnement » pour les enfants autistes. La plupart citent plus volontiers les établissements spécialisés, selon un sondage publié hier par un collectif d’associations de parents d’autistes.

Le chiffre est accablant six ans après le vote de la loi obligeant les établissements scolaires à les recevoir. Cependant les enseignants refusent de trinquer et dénoncent encore le manque de moyens, le manque de formation et des classes surchargées. Aucuns ne disent pourtant qu’il faut revenir en arrière. Ils sont ainsi 96 % à affirmer que la scolarisation en classe normale est une chose positive pour le développement de l’enfant. 

Pas un handicap, un trouble

Les assistants de vie scolaires (AVS), sensés être aux côtés de l’enfant en permanence, ne sont pas présents à temps complet, leurs effectifs sont en baisse et leurs contrats précaires. Une maman a renoncé : « La maîtresse avait 30 élèves et seule, impossible d’accueillir Marie. Nous l’avons retiré du système scolaire. » Ultime solution : la scolarisation à domicile, hélas.

De manière plus générale, les parents déplorent « le retard de trente ans de la France » sur ses voisins sur la définition de la maladie (la reconnaissance qu’il s’agit d’un trouble neuro-développemental et non d’un handicap mental), ce qui freine la recherche d’une solution adaptée à l’enfant…

Par A. K.

http://www.francesoir.fr/pratique/education/l-autisme-effraie-francais-et-l-education-nationale-85250.html