Théo et Abby ne seront pas séparés

12/07/2012 05:38

Énorme soulagement pour Mélanie Fougeron qui craignait que la justice ne sépare son fils autiste de sa petite sœur pour raisons de sécurité.

Mélanie Fougeron et ses enfants. Elle se bat depuis 2009  pour faire reconnaître le handicap de son fils et lui trouver une place dans un établissement spécialisé. Mélanie Fougeron et ses enfants. Elle se bat depuis 2009  pour faire reconnaître le handicap de son fils et lui trouver une place dans un établissement spécialisé.

Monthou-sur-Cher

Les grandes vacances ne pouvaient pas mieux commencer pour Mélanie Fougeron et ses deux enfants. « J'ai eu deux bonnes nouvelles quasiment en même temps, c'est un énorme soulagement pour toute la famille », indique cette jeune maman qui réside à Monthou-sur-Cher. Depuis 1 an et demi, elle vivait dans la crainte que la justice ne sépare Théo, l'aîné, de sa petite sœur, Abby, pour des raisons de sécurité.
Ce petit garçon de 6 ans et demi est affecté par un autisme particulièrement profond. Malgré les gros progrès qu'il a effectués en fréquentant régulièrement le centre de ressources de l'autisme à Tours, Théo demeure un enfant hyperactif qui peut se montrer colérique et brutal, en particulier avec sa petite sœur Abby qui aura bientôt 4 ans. C'est pour cette raison qu'une enquête a été diligentée courant 2011 à la demande du service de l'aide sociale à l'enfance. Mélanie Fougeron n'avait qu'une crainte c'est que cette enquête ne débouche sur une mesure d'assistance éducative pour ses enfants. « Je craignais qu'on ne les sépare et qu'on place Abby dans une famille d'accueil » confie Mme Fougeron.
Cette crainte avait des fondements légitimes : une précédente procédure s'était heureusement pour la famille soldée par un classement sans suite, le juge des enfants ayant conclu que la prise en charge de Théo à Tours et l'inscription de sa petite sœur dans une crèche étaient bénéfiques.

Une nouvelle enquête a été effectuée par le service d'investigation et d'orientation éducative (SIOE). « Une assistance sociale est venue plusieurs fois à la maison et a observé comment Théo se comportait, et la façon dont nous nous occupions de lui. Il a fallu également se rendre à Blois pour rencontrer le psychologue du service. »
Mélanie Fougeron attendait avec anxiété le résultat de cette procédure. La bonne nouvelle est arrivée la semaine dernière. Par un jugement daté du 7 juin, le juge des enfants a rendu un non-lieu. Le magistrat s'est appuyé sur le rapport du SIOE du 23 février 2012 qui a relevé que le père et la mère honoraient leurs responsabilités parentales. « Il importe que ce dossier soit traité prioritairement par les institutions du département » a insisté le juge dans ses attendus.
« Quand j'ai compris que c'était fini, qu'Abby resterait ici avec nous, j'ai pleuré de joie et j'ai appelé toute la famille » se souvient Mélanie Fougeron qui tient à remercier tous ceux qui lui ont apporté leur soutien notamment en signant sa pétition.
Cette bonne nouvelle a été suivie par une seconde. « Théo a été admis au centre médico-social des Brunetières à Mareuil-sur-Cher. Sa période de 15 jours d'adaptation s'est plutôt bien passée même s'il a donné du fil à retordre à l'équipe d'encadrement. Il a fait de la cuisine, du cheval, du bricolage. À partir de septembre, il y restera toute la semaine. Peut-être qu'il rejoindra par la suite l'institut médico-éducatif de Beaulieu-les-Loches si une place se libère dans la section réservée aux enfants autistes. » Pour la première fois depuis que l'autisme de Théo a été diagnostiqué, Mélanie Fougeron va enfin pouvoir souffler et avoir plus de temps à consacrer à sa fille.

Lionel Oger