article publié dans LA DEPECHE.fr

Publié le 02/10/2013 à 03:53, Mis à jour le 02/10/2013 à 08:06

bordes le pèreAutiste haut niveau, Maxime a accompli une scolarité exemplaire qui lui a permis d’arriver jusqu’en 6e. Sauf qu’aujourd’hui, ce jeune de 12 ans n’a pu intégrer le collège ni à Tournay, comme le souhaitaient ses parents, ni à Tarbes, faute d’auxiliaire de vie scolaire. La situation doit se débloquer.

«L’école, c’est important pour la socialisation de Maxime, qu’il parle, voit d’autres enfants…» Car depuis l’âge de 3 ans, ce jeune de 12 ans, qui a grandi à Bordes, n’a pas eu la même enfance que ses camarades. Décelé autiste Asperger en 2004, Maxime a néanmoins suivi une scolarité traditionnelle à Bordes où il a bénéficié de l’accompagnement d’un auxiliaire de vie scolaire. «Il ne s’agit pas d’un handicap mental mais d’un déficit de concentration, plaide sa maman Anne. Ce manque-là nécessite une prise en charge et un accompagnement individuel.» Ce fut le cas à l’école de Bordes. «Ça s’est très bien passé, rappelle son père Patrick Petit. La présence de Maxime a même permis de réaliser un projet scolaire autour de son intégration. Du coup, Max a trouvé sa place dans la classe avec une bande de copains où il avait créé du lien social.»

Un parcours qui aurait logiquement dû se poursuivre avec une rentrée au collège voisin de Tournay, comme s’y préparait la famille, avec la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). «Tout était calé jusqu’à ce qu’on apprenne, à la veille de la rentrée, que Maxime allait intégrer une classe ULIS avec une AVS partagée par toute la classe», regrettent ses parents. Une éventualité inconcevable pour la famille. Le 30 août, à quelques jours de la rentrée, suite aux démarches entreprises par l’institution du château d’Urac, où Maxime est accueilli une bonne partie de ses journées en dehors des cours, la famille reçoit une notification de prise en charge par un AVS et un dossier d’inscription pour un collège tarbais, celui de Paul-Eluard, le seul disposé à accueillir Maxime. Plusieurs réunions en présence de l’élève ont lieu à l’établissement pour préparer sa rentrée, finalement prévue pour ce lundi 30 septembre. Jusqu’à ce que ses parents apprennent, ce jeudi, qu’il faudrait encore patienter, aucune AVS n’étant disponible pour encadrer Maxime, alors que la famille avait eu confirmation, par courrier, de cette prise en charge pour 12h de cours hebdomadaires maximum. «Entre-temps, l’enseignant référent en charge du dossier de Maxime a changé. La colère, c’est que pour la MDPH comme pour l’inspection d’académie, le problème de notre enfant n’est qu’un dossier dont on n’a pas le temps de s’occuper. Mais on parle là d’un jeune qui a mérité de rentrer en sixième. On demande juste que Maxime puisse aller à l’école comme les autres enfants.»

Enfin la rentrée ?

La situation devrait se débloquer ces jours-ci et Max pourrait faire, enfin, sa rentrée jeudi. «On va arriver au bout, mais quel gâchis pour un petit enfant qui se faisait une joie de rentrer au collège, regrette Patrick son papa. On subit l’attitude des institutions. Max a besoin de l’école. Après, nous ne sommes pas butés. On sait qu’il ne passera pas son bac, mais là, il peut aller plus loin.» Suivre des cours de français ou d’anglais, ses matières de prédilection. «Le plus regrettable, c’est qu’il n’y ait pas de structure adaptée à nos enfants. L’autisme est pourtant cause nationale et 1 % des enfants présente un autisme. Là, il n’y a rien. Imaginez notre angoisse à savoir notre enfant dans un grand collège de ville. Maxime n’a pas de carapace ni de second degré. Heureusement, il y a des personnes comme Marie-Françoise, son éducatrice spécialisée, qui se battent au quotidien. Mais ces gens sont rares…»


«Très complexe»

À la direction d’académie, on reconnaît que la situation est «compliquée». «Un projet a été mis en place. Des gens qualifiés et compétents ont évalué les besoins de prise en charge et d’accompagnement de Maxime. Tout a été calé, anticipé, en cherchant à mettre du lien entre tous les partenaires (dont la MDPH que nous avons tenté de joindre). Mais malgré toute notre bienveillance, cela reste très complexe. On essaie de retirer tous ces grains de sable. On fait tout pour que la situation se débloque en prenant beaucoup de précaution avec la famille.»