article publié sur le blog de Jean-Marie De Lacan

Chers disciples, et psychanalystes de tous bords,

Nous sommes à nouveau victimes d’une attaque "sang prêt cédant", d’une saillie encore et toujours effectuée sur le rythme militarisé des bottes en cuir et de la cravache de la désormais célèbre mère maquerelle des négationnistes de l’inconscient, cet inconscient dont nous sommes lézardants défenseurs de la non existence préalable à l’avènement du prophète premier, et lézardants défenseurs de sa structuration sur le modèle de l’iceberg à whisky depuis.

En d’autres termes, la grognasse a encore frappé, ou semble plutôt sur le poing de faire bander l’annonce, celle d’un nouveau retorchage qui vise à nous salir. Elle y parle, ou plutôt y fait parler des méthodes dites "éducatives" dont nous avons pourtant dénoncé le grand danger : celui de nous faire disparaître du champ de la prise en charge de l’autisme. Il est d’ailleurs surprenant de constater que depuis qu’il est question d’exclure la psychanalyse de l’autisme, ce diagnostic spectral est en hausse spectaculaire chez les malades mentaux qui nous sont "chers", un peu comme si ces derniers cherchaient à fuir quelque chose qui ressemblerait à une figure paternelle au phallus atrophié mais que nous peinons toujours à identifier.

Toujours est il que Jamais nous n’abdiquerons!

Nous portons dorénavant cette affaire devant la justice, assignons la sorcière scientiste et implorons la censure préalable de ce report qui tache déjà notre raie-putassion. Dans le cas, très peu probable où nous tomberions sur un juge sans foi, donc sans loi, nous conservons une requête de secours comme second recours garantissant le juste parcours de notre discours à la cour.

Requête 1 : Nous, psychanalystes, n’avons jamais été contactés par Sophie Robert en vue de la réalisation d’un film documentaire intitulé "Quelque chose en plus". Considérant que notre absence équivaut à la dénaturation de nos propos et de notre pensée, nous présentons une requête devant le président du tribunal aux fins d’obtenir la désignation d’un huissier qui aurait pour mission de se faire remettre l’intégralité des rushes du film dans le but de faire la preuve de l’intégralité de l’absence de nos propos et du fait que ceux-ci ont donc été dénaturés dans le cadre de l’annihilation de notre pensée. Nous demandons au tribunal d’interdire à la défenderesse l’exploitation sous quelque forme que ce soit et la diffusion du film sous astreinte de 666 000 € p ar jour, de condamner la défenderesse à verser la somme de 666 000 000 € à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice résultant de l’atteinte à notre droit moral, de l’atteinte portée à notre droit à l’image et à notre réputation.

Requête 2 : Nous, psychanalystes, n’avons jamais été contactés par Sophie Robert en vue de la réalisation d’un film documentaire intitulé "Quelque chose en plus". Considérant que notre absence équivaut à la dénaturation du propos et de la pensée des intervenants concernant la méthode comportementalo-fasciste ABA, nous présentons une requête devant le président du tribunal aux fins d’obtenir la désignation d’un huissier qui aurait pour mission de se faire remettre l’intégralité des rushes du film dans le but de faire la preuve de l’intégralité de l’absence de nos propos et du fait que les propos concernant l’ABA ont donc été dénaturés dans le cadre de l’annihilation du genre humain. Nous demandons au tribunal d’interdire à la défenderesse l’exploitation sous quelque forme que ce soit et la diffusion du film sous astreinte de 666 000 € p ar jour, de condamner la défenderesse à verser la somme de 666 000 000 € à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice résultant de l’atteinte à notre droit moral sur l’ABA, de l’atteinte portée à notre droit à l’image ainsi qu’à notre droit sur la réputation du comportementalo-fascisme.

Huit minutes d’attention flottante permettent clairement d’identifier les intentions malsaines de la réalisatrice à notre égard. Il s’agit à l’évidence de faire porter une parole totalement contraire à la nôtre sur ces méthodes comportementalo-fascistes. L’ABA est présentée comme une approche humaine voire humaniste qui s’adapterait à la singularité de chaque enfant, or nous sommes les seuls à disposer d’un tel pouvoir selon les tables de la loi freudienne. Par ailleurs, enfants, parents et intervenants semblent travailler de façon coordonnée, dynamique et enjouée, trois caractéristiques qui sont autant de portes ouvertes vers l’éradication du symptôme. Nos prophètes de l’eau-de-là, avec lesquels nous échangeons via l’oraclacanien, nous ont pourtant bien mis en garde contre les risques liés à l’éradication de la psychose : la surchauffe de l’inconscient de notre planète, à savoir son noyau, qui entrainerait de multiples fissures volcaniques de l’écorce terrestre et donc, la dispersion des divans.

Notre nouvelle et haine-y-aime action en justice symbolise à merveille le caractère publique de notre utilité, de notre argent, de notre santé, de notre parole, ce qui m’amène à un notre seconde croisade du moment : la décadence ou plutôt la Soca Dance de l’université française.

Dans un total mépris de la liberté de religion et de la culture, une réforme en cours vise à bâillonner l’enseignement de la psychanalyse à l’université. Comment peut-on imaginer priver les étudiants en psychologie, en sociologie, en droit, en médecine, en politique de ce dont leur inconscient a besoin? Ces derniers seraient donc condamnés aux divans clandestins, aux réseaux mafianalytiques? Sachez messieurs les législateurs que dans notre beau pays qui ne le restera plus longtemps, il existe des pulsions qui ne peuvent pas être réfrénées par votre beau principe de laïcité, qui ne le restera plus longtemps également.

Contraboliquement vôtre,