article publié sur le rtbf.be

dimanche 5 janvier 2014 à 8h08

De plus en plus d'établissements accueillent en Wallonie des handicapés mentaux français

De plus en plus d'établissements accueillent en Wallonie des handicapés mentaux français - PATRICK BERNARD - IMAGEGLOBE

On les appelle vulgairement les "usines à Français": les établissements qui accueillent des Français, handicapés mentaux, sont de plus en plus nombreux le long de la frontière. Ces résidents ne viennent pas seulement du Nord-Pas de Calais, mais de toute la France. Dans certains cas, cet afflux de personnes donne lieu à des dérives: des centres peu scrupuleux hébergent ces expatriés contre une grosse rémunération. Et dans des conditions souvent loin d'être idéales.

Ils sont environ 5000 Français, handicapés mentaux, à avoir franchi la frontière. En cause, bien sûr, le manque de place. Mais pour Richard Vandenhoven, président d'une association d'aide aux handicapés mentaux à Tournai, les raisons sont aussi culturelles: "Le regard de la personne handicapée mentale embête beaucoup le Français moyen", affirme-t-il. "Quand on voit les grosses structures françaises au niveau de l'handicap mental, elles sont en général au milieu des bois".

Pour accueillir ces Français, des centres privés se sont créés le long de la frontière. Pour ouvrir : un simple agrément. Cette activité, c'est plusieurs milliers d'emplois en Belgique. "Il n'y a pas de recette. On connait des maisons françaises qui ont ouvert en Belgique et qui font du très bon travail en comparaison de certains services conventionnés belges. Et puis d'autres qui font du travail de merde, comme certains qui cherchent le profit".

Pour répondre à ces dérives, le gouvernement wallon a conclu un accord de coopération avec la France. Eliane Tillieux, la ministre wallonne de la Santé présente les grandes lignes: "Un échange de données entre l'État français et la Wallonie, la volonté d'établir un contrôle effectif des institutions. Ça permettra d'enfin mettre sur pieds un système de contrôle de la qualité du confort et du bien-être des personnes handicapées mentales".

Pour la Wallonie, le but n'est pas de fermer la porte à ces Français qui bénéficie en un sens à la Wallonie. Mais de mieux répartir la charge avec nos voisins.

Barbara Schaal