Marie Persidat | Publié le 7 févr. 2014, 07h00

« Les résidents du foyer de vie de Saint-Leu-la-Forêt iront-ils grossir les rangs des 3 000 à 5 000 adultes handicapés en attente d'une place ou devront-ils s'exiler en Belgique ? » Ces questions cruciales sont posées par les employés de l'établissement situé rue du Général-de-Gaulle et géré par l'APAJH 95. Ces derniers viennent d'adresser une lettre ouverte à Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des personnes handicapées. Ils affirment qu'à la demande du conseil général, les nouvelles admissions sont « bloquées » et les résidents actuels doivent être « réorientés ». « Ce qui par voie de conséquence entraînerait la fermeture de ce foyer », s'inquiètent les employés. Interrogé, le conseil général ne dément pas. « Ce site n'est plus adapté aux personnes accueillies », déclare-t-on au sein de l'assemblée départementale, financeur unique de la structure. « L'APAJH a proposé plusieurs projets mais qui n'étaient pas réalisables. Une réflexion est donc en cours. Mais tous les résidents seront réorientés vers d'autres structures d'ailleurs mieux adaptées. »

Une quinzaine de résidents

Le directeur du foyer, Jean-Yves Echasseriau admet que la quinzaine de résidents vivant actuellement sur place « relèveraient plutôt de structures médicalisées alors que le foyer de vie est destiné à des personnes ne pouvant pas travailler mais ayant une certaine autonomie au quotidien. » Lorsque le site a ouvert, en 1992, les différences entre les statuts de dépendance n'étaient en effet pas aussi claires. Et le foyer implanté en plein centre-ville, à côté de la gare, n'a jamais pu vraiment s'adapter (les chambres ne disposent pas de salles de bain individuelles par exemple). Si les projets d'extension ou de déménagement proposés jusqu'ici par l'APAJH n'ont pas convaincu le conseil général, c'est parce qu'ils ne permettaient pas d'augmenter suffisamment la capacité d'accueil et de faire baisser le coût de journée. En clair, le foyer revient trop cher... « Nous sommes toujours à la recherche d'un terrain quelque part dans le Val-d'Oise », déclare le directeur qui n'a pas perdu espoir même si l'assemblée départementale envisage sérieusement la fermeture. Parmi les autres hypothèses envisagées, est évoqué le « transfert à un autre gestionnaire ».