Le 28 janvier 2015 à 09h00 - par

Les généticiens canadiens expliquent qu'il y a plus de différences que de similitudes dans les différentes formes d'autisme. Ils affirment que la recherche du traitement universel est illusoire.

On ne devrait pas dire Autisme, mais Autismes

Des généticiens de l'Hôpital des enfants malades de l'Ontario (Canada) ont analysé le matériel génétique de 85 familles ayant chacune deux enfants diagnostiqués autistes. Pour cette analyse, ils ont utlisé une technologie appelée séquençage du génome entier. Contrairement à d'autres approches, cette technique cartographie chaque faute de frappe biologique, chaque virgule mal placée dans le génome. Cela leur a permis de se concentrer uniquement sur la centaine d'incidents génétiques liés au développement de l'autisme. Ils ont ainsi constaté qu'environ 30% des 85 paires de frères et soeurs partageaient la même mutation alors que ce n'était absolument pas le cas pour 70% d'entre eux.

Ce constat, publié dans la revue médicale Nature medicine montre, selon les chercheurs, qu'il y a plus de différences que de similitudes dans l'autisme, même chez les personnes les plus étroitement liées. Et qu'il faut arrêter d'imaginer mettre au point un traitement qui fonctionnera pour tous les enfants.

"Cette découverte devrait ouvrir la voie à des traitements plus efficaces" explique le Dr Stephen Scherer, qui a dirigé cette étude. "A l'avenir, lorsque nous ferons un diagnostic d'autisme présumé, le génome de l'enfant sera séquencé pour savoir quelle forme d'autisme il a exactement. Avec cette information en main, nous serons plus à même d'expliquer aux familles ce qu'elles peuvent faire et, plus important, ce qu'elles ne doivent pas faire".

L'autisme est un trouble neurologique qui est caractérisée par des déficiences dans la communication sociale et une préférence pour les activités répétitives. Même si une forte base génétique semble sous-tendre ce trouble, ses causes demeurent inconnues.​