article publié dans Le Parisien

C'est du grand n'importe quoi ... mais il faut savoir que cela existe et est soutenu par d'aucuns !!!

Hasard du calendrier, demain nous allons à Eurodisney en famille avec l'association Meuphine

dont la démarche est toute autre ... qui sait nous aurons peut-être la révélation - Lol

La petite vidéo que j'ai mise en introduction présente bien le sujet

Jean-Jacques Dupuis

 

C'est en regardant en boucle des dessins animés de Disney que ce jeune Américain a réussi à parler. Son père en a tiré une thérapie qu'ils ont présentée ensemble hier à Rennes lors d'un colloque international.
Solenne Durox | 06 Mars 2015, 16h02 | MAJ : 06 Mars 2015, 16h02
 
Atteint d’autisme régressif, Owen Suskind, âgé de 23 ans, vit en semi-autonomie dans une communauté et travaille dans un magasin de jouets. C’est grâce à sa passion pour les films de Walt Disney et à l’Affinity Therapy qu’il a pu sortir de sa coquille. Atteint d’autisme régressif, Owen Suskind, âgé de 23 ans, vit en semi-autonomie dans une communauté et travaille dans un magasin de jouets. C’est grâce à sa passion pour les films de Walt Disney et à l’Affinity Therapy qu’il a pu sortir de sa coquille. (AFP/Mike Coppola.)

Comme des millions d'enfants, Owen adorait les dessins animés de Walt Disney. Mais lui, le petit autiste, les regardait en boucle des heures durant. De cette passion obsessionnelle est née une thérapie originale mise au point par son père, Ron Suskind, journaliste américain lauréat du prix Pulitzer, et le médecin Dan Griffin.

Grâce à l'Affinity Therapy, Owen s'est mis à parler, s'est ouvert aux autres, a suivi des études. Un long parcours que ce papa et son fils, grand brun souriant de 23 ans, ont raconté hier lors d'un colloque international consacré aux recherches et pratiques contemporaines sur l'autisme qui se tient jusqu'à aujourd'hui à Rennes.

Pour Owen, tout a basculé à 3 ans. Lui qui était jusqu'alors un enfant bavard et sociable, il s'est muré dans le silence. Il pleurait, fuyait le regard... Il grandissait à l'envers. Le diagnostic est tombé : autisme régressif. Seuls les films de Disney, avec Mickey, Dumbo et compagnie, lui apportaient du réconfort. Et puis, un samedi de novembre, ses parents et son frère l'entendent murmurer des propos inintelligibles « jus, jus » en visionnant « la Petite Sirène ». Sa mère comprend que c'est la contraction d'une réplique du film. «  Juste ta voix, c'est ça que tu veux dire ? » lui demande-t-elle et, pour la première fois depuis un an, son fils la regarde dans les yeux et répète le borborygme. Comme la sirène, l'enfant avait seulement perdu sa voix. « Nous nous sommes retrouvés debout, tous les quatre à sauter sur le lit ! » raconte Ron Suskind. Alors, « au lieu de forcer notre fils à entrer dans notre monde, nous avons compris que nous devions entrer dans le sien ».

Les Suskind ont plongé la tête la première dans les dessins animés, en se mettant par exemple dans la peau des personnages des films, pour communiquer avec Owen et le sortir de sa coquille autistique. Ils ont découvert qu'il avait appris à lire tout seul en déchiffrant les crédits des films et qu'il pouvait dessiner tous les personnages de Disney comme un professionnel. « Son affinité spécifique lui a permis de comprendre le monde », s'émerveille encore Ron.

« Les gens voient les autistes comme des individus qui n'aiment pas la compagnie des autres. C'est faux, assène Owen avec assurance. Seulement, nous ne savons pas comment établir un lien avec les autres. » Lui a trouvé une issue grâce aux petits personnages animés. « Ce qui fait ce que je suis aujourd'hui c'est la façon dont je me sers des films comme d'un miroir », analyse-t-il. Adulte épanoui après vingt années d'efforts, il vit en semi-autonomie dans une communauté, peint et travaille dans un magasin de jouets. Il a même trouvé l'amour auprès d'Emily, une grande fan de Dumbo. Et là encore, « Disney nous a donné les moyens d'exprimer nos sentiments l'un pour l'autre ».