article publié dans le Courrier Picard

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Cécile Latinovic

Renaud souffre d’autisme. Cet habitant de Courtemanche, près de Montdidier, a 30 ans et vit dans une maison associative. Son père aimerait le voir se rapprocher de lui.

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Tout est calculé. Chez les Beaucarny, à Courtemanche, on n’a guère le choix. Lorsque Renaud, le fils, revient au domicile de son père, celui-ci doit penser à tout. «  Je ne peux rien laisser traîner. Les sachets plastiques doivent disparaître  », explique Charles Beaucarny. Car son fils, aujourd’hui âgé de 30 ans, souffre d’autisme et de Troubles envahissants du développement (TED). «  Lorsque Renaud vous regarde, il vous capte. Il a aussi une mémoire photographique extraordinaire.  » Charles est fier de son fils. Il l’aime. Et c’est bien pour ça qu’il recherche une maison pour lui et pour d’autres adultes «  souffrant d’autisme  ». Le poids des mots… Chez ce père de famille, il a même été «  difficile de dire que mon fils est une personne handicapée  ».

« Quand je vois toutes ces bâtisses abandonnées, je me dis qu’on devrait trouver... »

Une honte ? Non, sinon il ne chercherait pas à rapprocher Renaud du domicile familial. Car pour l’heure, il vit la plupart du temps à Bouzincourt, près d’Albert. C’est grâce à son père et d’autres parents d’enfants souffrant d’autisme : ensemble ils ont monté une association, TED Espoir, qui gère cette maison. Une solution quand les Foyers d’accueil médical manquent de places et que l’hôpital psychiatrique «  n’est pas une solution. Même les psychiatres nous le disent  ».

Seul hic dans cette maison associative à Bouzincourt : la distance. Près d’une heure de route pour la famille de Courtemanche, «  un peu plus pour l’autre famille qui vit en région parisienne  ». Un déménagement vers le sud de la Haute-Somme serait bénéfique pour tous, même s’il impliquerait la fermeture de la structure à Bouzincourt. «  Quand je vois toutes ces bâtisses, surtout les fermes, abandonnées, je me dis qu’on devrait trouver  », sourit Charles Beaucarny. Une ancienne ferme serait son rêve. Car à Bouzincourt, des animaux de la ferme, il y en a. «  Il y a des ateliers animés par des éducateurs en permanence à leur côté.  »

Proche de sa famille, d’une piscine, d’un centre équestre…

Idéalement, l’association TED Espoir aimerait signer une mise à disposition de bâtiments «  avec un notaire. Nous restaurerions tout  ». Éventuellement, l’association est prête à verser un petit loyer. En se rapprochant de Montdidier, Renaud se rapprocherait de sa famille, mais pas seulement. Il bénéficierait d’autres ateliers, «  à la piscine de Montdidier ou au centre équestre thérapeutique de Royaucourt, dans l’Oise  », imagine Charles Beaucarny.

Pour la famille parisienne, les avantages seraient les mêmes pour leur enfant. Reste à trouver l’endroit pour reprendre la vie d’une maison associative plus proche des familles de ces personnes souffrant d’autisme.

Cécile Latinovic

Pour contacter la famille Beaucarny : 03 22 37 12 75.


 

Un foyer médicalisé ouvert à Bray depuis 2013

Noëlle Delebassée, à Cappy, s’est elle aussi battue pour que son fils Frédéric, 30 ans, autiste, soit accueilli en foyer. En janvier 2013, celle qui est présidente de l’association Autisme Picardie 80 inaugurait le foyer d’accueil médicalisé de Bray-sur-Somme, aussi appelé Foyer du coquelicot. Un foyer de 24 places pour autistes adultes, de 20 à 49 ans.

La première pierre avait été posée en juillet 2011, soit trois ans après la réception des autorisations administratives. Et à l’époque, l’équipe avait reçu environ 80 demandes d’inscription (pour 24 places donc), c’est dire que la demande est importante en terme d’accueil de personnes souffrant d’autisme ou de troubles envahissants du comportement.