Jean-Gabriel Bontinck | 27 Oct. 2015, 15h24 | MAJ : 27 Oct. 2015, 15h24
Saint-Denis, le 14 octobre. Reconnu comme travailleur handicapé après une transplantation rénale, Joël Deguilly, cadre chez SFR, participe à la politique d’insertion des handicapés dans son entreprise. « C’est une leçon de vie », estime-t-il.
Saint-Denis, le 14 octobre. Reconnu comme travailleur handicapé après une transplantation rénale, Joël Deguilly, cadre chez SFR, participe à la politique d’insertion des handicapés dans son entreprise. « C’est une leçon de vie », estime-t-il. (LP/J.-G.B.)

Le combat pour l’insertion des travailleurs handicapés est un sujet qui le touche directement. « Quand j’ai subi ma transplantation du rein, en 1996, on m’a bien fait sentir que j’étais malade dans la banque dans laquelle je travaillais à l’époque. On est allé jusqu’à m’appeler sur mon lit d’hôpital », raconte Joël Deguilly.

Ce cadre chez SFR depuis 2003, contraint de prendre une quinzaine de médicaments par jour, a aussi subi trois infarctus et une greffe au bras des suites de son traitement. « Aujourd’hui, j’ai des problèmes pour me concentrer plus de 2 ou 3 heures, je suis souvent fatigué physiquement. Je ne suis pas comme tout le monde. Ça ne se voit pas, mais je le sens », poursuit cet habitant de longue date de Noisy-le-Grand (il vit depuis un an à Champs-sur-Marne), âgé de 54 ans, qui a obtenu le statut de travailleur handicapé.

Une situation qui a, au contraire, été très bien acceptée chez SFR. « On m’a toujours fait confiance. Mon handicap n’a jamais été un frein dans mon évolution », explique Joël. L’entreprise vient d’ailleurs de signer son 5e accord en faveur de l’emploi des travailleurs en situation de handicap. « Peu d’entreprises en ont fait autant », se félicite-t-on chez SFR-Numericable.

Sur la période 2015-2018, le groupe de télécoms s’engage à recruter au moins 25 salariés handicapés (ils sont 239 actuellement), qui devront représenter au moins 5 % de l’effectif total de l’entreprise. A cela s’ajoute une batterie de mesures comme les aides aux transports, l’aménagement des postes de travail et des horaires, ou des heures de formation.

Une politique volontariste à laquelle Joël participe activement. « J’ai toujours des contrats en alternance qui viennent d’ESAT (Établissement de service et d’aide par le travail, NDLR). J’y tiens beaucoup », insiste Joël, qui a recours aussi pour des missions de sous-traitance à la société Log’ins Ares, basée à Aubervilliers, qui emploie une dizaine de salariés en insertion. Via l’association Arepejeh, il accueille aussi régulièrement des enfants handicapés en stage. « Ce n’est pas évident pour une équipe d’intégrer des jeunes handicapés, reconnaît-il, mais c’est une vraie leçon de vie de voir des enfants comme cela avec un tel enthousiasme. »