article publié dans Le Figaro

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Publié le 12/02/2016 à 16:57

La fermeture annoncée de la Futuroschool, école emblématique des nouvelles méthodes éducatives pour les autistes, plonge des familles dans le désarroi. L'association Vaincre l'autisme, qui l'a créée et fait condamner l'État en 2015 pour « défaut de prise en charge» d'enfants autistes, dénonce une mauvaise volonté politique.

Alors que la France a été condamnée à plusieurs reprises par le Conseil de l'Europe pour sa mauvaise prise en charge des enfants autistes, la Futuroschool, une école emblématique des nouvelles méthodes recommandées, risque de disparaître à Paris. Cette structure innovante a été pionnière dans la mise en place d'un accueil adapté aux autistes, un type d'établissement dont la France manque cruellement.

«Mauvaise volonté politique»

Son président, M'Hammed Sajidi, dénonce une «mauvaise volonté politique» car son association, Vaincre l'autisme, a réussi à faire condamner l'État français en 2015 par le tribunal administratif de Paris à verser plus de 240 000 euros de dommages à sept familles d'enfants autistes pour «défaut de prise en charge adaptée» en 2015.

Vaincre l'autisme espère trouver rapidement un arrangement avec les autorités de santé pour donner un signal sur la volonté d'améliorer la prise en charge de l'autisme en France. La structure souffre cependant d'une situation financière très délicate. En 2009, l'Igas avait notamment pointé la «gestion approximative et peu cadrée» des écoles de l'association, créées dans le cadre du Plan autisme 2008-2010.

«Pour les familles, c'est une catastrophe»

Située dans le XIème arrondissement, la Futuroschool s'appuie sur une méthode comportementale, alternative à la psychiatrie, et accueille actuellement dix enfants. «Nous avons une autorisation de l'ARS (Agence Régionale de Santé) qui s'arrête en juillet 2016 et qui ne nous a pas été renouvelée. Notre situation économique est devenue intenable car nous avons du mal à avoir un accord avec le ministère de la Santé sur la gestion de l'établissement», déplore son fondateur et président de l'association Vaincre l'autisme, M'Hammed Sajidi.

«Pour les familles, c'est une catastrophe. Sans la Futuroschool, nous n'avons plus aucune solution. L'Agence régionale de santé (ARS) ne nous propose rien en remplacement. Nous allons nous retrouver sur des listes pour d'autres structures qui ont déjà des centaines de demandes en attente, alerte Thomas, père d'un garçon de 13 ans, Raphaël, polyhandicapé et autiste. Nous avions déjà eu beaucoup de mal à trouver un endroit adapté qui puisse prendre notre fils en charge...». Chloé, la mère de l'adolescent, déplore également que les programmes soigneusement mis en place pour son fils depuis trois ans puissent être arrêtés du jour au lendemain. «C'est du gâchis alors que l'équipe d'éducateurs avait réussi à construire une prise en charge efficace et adaptée à chaque enfant, dénonce-t-elle. Nous allons nous retrouver sur le carreau, avec un enfant à la maison 24 heures sur 24».