article publié dans Le Parisien

Agnès Vives | Publié le Vendredi 19 Févr. 2016, 19h16 | Mis à jour : 19h16

Créteil, ce vendredi. Alors que la loi sur la protection de l’enfance a été votée jeudi au Sénat, la ministre de la Famille, Laurence Rossignol s’est rendue à Thiais, puis à Créteil pour rencontrer l’équipe de la cellule de recueil d’informations préoccupantes. (LP/A.V.)

Un travail de dentelle mené dans l’ombre. Au 3e étage de l’immeuble Solidarités à Créteil, les agents de la cellule de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) du Val-de-Marne reçoivent les appels d’enseignants, de médecins, de familles pour signaler là un collégien déscolarisé, là un bébé secoué, là un enfant abandonné… En 2015, 4 800 signalements ont été enregistrés. Ce vendredi, l’équipe a reçu la visite de la ministre de la Famille. Laurence Rossignol, qui au préalable s’était rendue à Thiais à la fondation des Apprentis d’Auteuil, a écouté les agents, et rappelé combien le Val-de-Marne était « un département engagé et précurseur ». La CRIP a ainsi été lancée en 2003, quatre ans avant sa généralisation avec la loi de 2007.

L’Education nationale, première à alerter. Un tiers des signalements proviennent du milieu scolaire et un dixième du corps médical, un résultat jugé encore « insuffisant ». En fonction des situations, la CRIP mandate les travailleurs sociaux pour une évaluation (62 %), signale au parquet (25 %, 272 enfants placés), réoriente vers un service compétent (8,5 %). 4,5 des cas sont classés sans suite.

 

L’équipe du CRIP est composée de 9 professionnels. (LP/A.V.)

 

La radicalisation. Selon Leonor Sauvage, responsable de la CRIP, 70 situations leur ont été transmises dont huit véritables : des filles de 16 à 18 ans, dont deux qui sont parties.Derrière cette radicalisation, les agents ont retrouvé des profils de fugues, de mises en danger avec scarification, des traumatismes sexuels précoces, des phénomènes d’abandon. « Ce sont des publics qui nous arrivent par une nouvelle porte, souligne Michèle Créoff, directrice adjointe du pôle enfance au Département.

Les mineurs étrangers isolés (MEI). « Une situation ingérable », depuis la fin de la répartition nationale, selon le président PCF Christian Favier, avec « des structures saturées ». Cette année, 187 MEI ont été accueillis contre 13 normalement. La ministre a promis une nouvelle péréquation. Le 94 étant « identifié comme un des départements à soulager en premier »

Les enfants autistes. Depuis cinq ans, faute de place dans le département et en France, les services de la protection de l’enfance se retrouvent à gérer des jeunes autistes (dix à quinze jeunes avec des troubles et cinq très grands autistes), les faisant coexister avec les jeunes abimés par la vie. « Une vraie difficulté », ont-il souligné à la ministre.