article publié dans Paris-Normandie

Grève de la faim. Stéphane Angot a cessé de s’alimenter depuis vendredi. Son fils autiste n’a plus « son » auxiliaire de vie scolaire.

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La famille devant le groupe scolaire Pierre-Brossolette de Grand-Couronne

«Je m’appelle Stéphane Angot, père de Robin Angot... J’ai décidé d’entamer une grève de la faim à partir de vendredi dernier... J’ai eu l’impression de laisser tomber mon fils Robin.» SOS poignant reçu récemment par Paris-Normandie.

C’est les traits déjà creusés, la voix fatiguée qu’hier Stéphane Angot et sa compagne Aurélie Saunier ont détaillé les raisons de leur bataille. Leur petit Robin, presque âgé de cinq ans, autiste, scolarisé, bénéficiait depuis la rentrée de septembre d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS). «Elle a été formidable, elle a réussi à percer la bulle de Robin et a pu communiquer avec lui. En deux ou trois mois de temps, son comportement a changé. Il s’est un peu ouvert aux autres, a réussi à se faire tenir par la main comme tous les autres petits enfants. Son regard a changé.»

Que du positif donc. Sauf que l’AVS en question était en fin de contrat unique d’insertion (CUI), un dispositif d’un an renouvelable une seule fois et qui est le support privilégié par le rectorat pour fournir des AVS dans les écoles. «Dès le mois de septembre, on nous a dit que le contrat allait se terminer. Et jusqu’à la fin janvier, on ne savait pas s’il y allait avoir une autre AVS ou pas», témoigne Stéphane Angot. La nouvelle est tombée : il y a bien une autre AVS. Elle a pris son service lundi. Alors, pourquoi une grève de la faim ?

Ils demandent une dérogation au préfet

« L’autisme, c’est très particulier. Nous n’avons rien contre la nouvelle AVS, mais Robin a besoin de cadres, de structures. Remplacer aussi brutalement son ancienne AVS, alors qu’elle avait su tisser des liens avec notre fils, c’est absurde. Ce n’est pas une question de confort mais entrer en communication avec un enfant atteint d’autisme est tellement difficile que nous avons peur que tout soit à refaire.» Et que les progrès marqués depuis septembre soient perdus.

Le couple a écrit au préfet pour demander une dérogation afin de continuer à bénéficier de l’ancienne AVS mais, pour l’instant, aucune réponse autre que celle d’un refus réaffirmé par l’inspection d’académie de prolonger le contrat ou de le renouveler sous une autre forme n’a été formulée.

B. M.-C.