Mélanie, Etienne, Marie, Maëlle et Elie, une partie de l'équipe au centre Uniscité, aux Ponts-de-Cé
Mélanie, Etienne, Marie, Maëlle et Elie, une partie de l'équipe au centre Uniscité, aux Ponts-de-Cé | Archives Ouest-France

Engagées pour huit mois en service civique avec Unis-Cité, Marie et Maëlle accompagnent des enfants et adolescents autistes. Une expérience qui les emballe.

« Ils sont tous différents, on ne peut pas généraliser, mais il faut leur parler doucement, faire des phrases courtes, simples. Et éviter les changements, l'imprévu. Il faut instituer un rituel, une routine, ne pas changer d'heure par exemple. » Depuis novembre, Marie Rivereau, 21 ans, et Maëlle Corlay, 23 ans, ainsi que six autres jeunes gens en service civique (1), accompagnent, deux heures par semaine, de jeunes autistes. Jouent avec eux à domicile, leur proposent des sorties, encadrent des sorties collectives aussi, à la piscine, au cinéma, au bowling...

Leur mission, plus globalement ? Accompagner ces enfants et adolescents vers la socialisation ou l'autonomie, et, aussi, soulager des parents toujours sur le qui-vive. Dans le cadre d'un partenariat avec Autisme 49, qui a dispensé une formation à ces animateurs de l'organisme Unis-Cité (2), en novembre dernier. Mais, comme le reconnaissent Marie et Maëlle, elles « ont appris sur le tas ». Et elles ont manifestement bien appris.

« On communique par les bisous »Entre l'enfant qui s'exprime très peu, le jeune intégré au collège, qui, lui, parle très bien, l'ado qui comprend le verbal, s'il est énoncé lentement, et le jeune adulte très rieur, hyper dynamique et plein d'imagination, le spectre est large. « Il ne regarde pas souvent dans les yeux, raconte Maëlle, à propos d'un jeune enfant qu'elle accompagne. Mais on communique par le toucher, les bisous, les câlins. Il adore les puzzles, compter et l'eau. Et on utilise beaucoup sa tablette avec des pictogrammes. »

Les modes de fonctionnement diffèrent. Les deux accompagnatrices s'adaptent. « Ils ont des difficultés pour déchiffrer et dire leurs émotions. Ils s'expriment autrement. » Mais, « même s'ils peuvent avoir des troubles du comportement, ils sont adorables! »

L'essentiel, témoignent-elles, « c'est d'être soi-même, avoir un contact naturel. Il n'y a pas de quoi avoir peur ! ». C'est le message qu'elles entendent faire passer, le 2 avril, lors de la journée mondiale de l'autisme. Avec Autisme 49, sur la place du Ralliement, en plus des stands d'info, des concerts avec des musiciens et chanteurs autistes, l'équipe organisera diverses animations sur le sensoriel. « On va proposer un atelier pour faire ressentir l'hyper sensibilité des sens. Et une vidéo sera projetée pour faire entendre tout ce qu'une personne autiste entend. »

Sûr qu'elles profiteront également de cette journée pour convaincre d'autres jeunes de l'intérêt de leur mission. Y compris ceux qui n'ont jamais été confrontés à cette maladie. C'était le cas de Marie, qui a interrompu sa formation d'infirmière. « C'est génial, c'est très enrichissant d'être avec un public que je ne connaissais pas, affirme-t-elle. Maintenant, je sais comment réagir avec un enfant, ce qu'il utilise pour communiquer. »

Samedi 2 avril, de 10 h à 18 h, place du Ralliement, journée mondiale de l'autisme. Renseignements sur www.autisme49.fr

(1) Le service civique est un engagement volontaire au service de l'intérêt général, ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans condition de diplôme. Ils sont indemnisés 573 € net par mois.

(2) www.uniscite.fr