article publié sur le Journal de Montréal

Isabelle Hénault

La prévalence de l’autisme est en constante augmentation dans les pays occidentaux, et le Québec n’y échappe pas. La directrice de la Clinique autisme et Asperger de Montréal, Isabelle Hénault, estime que l’augmentation des diagnostics et le dépistage de l’autisme chez les femmes peuvent, entre autres, expliquer le phénomène.

Diagnostic difficile chez les adultes

Les adultes autistes qui n’ont jamais reçu de diagnostic ont souvent des traits plus légers, explique Isabelle Hénault. Car si leurs symptô­mes avaient été plus marqués ou s’ils étaient associés à une déficience intellectuelle, ces personnes auraient été prises en charge plus rapidement. Selon elle, les psychologues et les psychiatres du public ne sont pas formés pour prendre en charge les adultes. C’est pourquoi elle a décidé d’en faire une spécialité à la Clinique autisme et Asperger de Montréal. Ceux qui s’y présentent ont souvent un QI très élevé et ont mis en place des stratégies pour pouvoir interagir avec les autres sans trop en souffrir. «Ils arrivent à naviguer dans le monde parce qu’ils ont un handicap invisible. Mais si un jour ils perdent leur emploi, se séparent ou vivent des difficultés qui les rendent anxieux, les symptômes peuvent devenir subitement très forts», explique Mme Hénault. L’augmentation de la prévalence de l’autisme est en partie due au fait que de plus en plus de diagnostics sont posés.

Plus de clientèle depuis Louis T

L’humoriste québécois Louis T a dévoilé qu’il était Asperger sur les réseaux sociaux en septembre. La nouvelle a créé une onde de choc, car l’artiste mène depuis longtemps une carrière télévisuelle, ce qui semble paradoxal considérant les problèmes de communication causés par le Trouble du spectre de l’autisme (TSA). Le diagnostic a été posé à la Clinique autisme et Asperger de Montréal. Selon la fondatrice, Isabelle Hénault, le nombre de demandes de dépistage à la clinique a littéralement explosé depui­s la sortie publique de l’humoriste. «Comme les symptômes sont très légers chez lui, d’autres personnes se sont dit: “C’est peut-être ça que j’ai aussi”», dit-elle. Louis T fait partie d’une minorité d’autistes qui ont de la «facili­té» à socialiser et qui occupent un emploi au Québec. La médiatisation de cas comme celui de Louis T, partout dans le monde, contribue aussi à l’augmentation des demandes de diagnostics, dit Mme Hénault.

Différent d’un sexe à l’autre

L’autisme au féminin est très mal connu du système public, esti­me Isabelle Hénault. D’ailleurs, les questionnaires pour diagnostiquer l’autisme ont d’abord été développés pour le profil masculin.

Il était alors difficile de détecter un TSA chez une femme, puisque les symptômes se manifestent différemment d’un sexe à l’autre.

«Cela ne fait que 10 ans qu’il existe une grille pour diagnostiquer l’autisme féminin, dit

Mme Hénault. C’est peut-être en partie ce qui explique la hausse du nombre de cas d’autisme dans les pays occidentaux ces dernières années.»

LEURS POINTS FORTS

Ils sont ponctuels et respectent les délais.

Ils ont une grande capacité de logique et un mode de pensée créatif qui leur permettent de trouver des solutions originales à des problèmes.

Ils sont sérieux, perfectionnistes et s’attardent aux détails.

Ils ont souvent des centres d’intérêts très marqués, mais restreints.

LEURS POINTS FAIBLES

Ils ont parfois de la difficulté à travailler en groupe.

Ils ont une faible estime de soi.

Ils sont facilement manipulables et sans défense, ce qui peut mener à des abus en milieu de travail.

Ils ne sont pas compétitifs et refusent de s’imposer.

Ils ont une forte réticence aux changements et aux imprévus.

À quoi ressemble un collègue Asperger ?

  • Il est souvent direct et intègre, ce qui peut parfois lui poser des problèmes.
  • Il ne comprend pas les non-dits et l’implicite.
  • Il a du mal à s’adapter aux situations nouvelles et craint le changement.
  • Il est souvent habillé autrement que les autres, car il ne suit pas spontanément les modes.
  • Il est souvent célibataire et évite les sorties mondaines.
  • Il n’est pas hypocrite et ne joue pas de jeu pour parvenir à ses fins.

 

Sur le même sujetAutiste Asperger, Georges Huard a connu plusieurs échecs professionnels en sortant de l’université, avant de finalement trouver un emploi tout désigné pour lui comme technicien en informatique au département des Sciences de la Terre et de l’atmosphère à l’UQAM.
Un passionné d’informatique en poste depuis 20 ans