collage Regain

Placé sous la responsabilité de Samuel Venel, cadre de santé, le Regain accueille 28 enfants de 3 à 9 ans répartis en deux groupes : les petits le matin et les plus grands l’après-midi.

Orientés vers le Regain par des centres médicaux psychologiques, ils sont reçus par une équipe qui, pour jauger leurs compétences, pratique différentes évaluations s’appuyant sur des outils recommandés par la haute autorité de la santé. Chacun d’entre eux bénéficie d’une prise en charge personnalisée par un référent qui l’accueille à son arrivée et structure sa journée à l’aide d’images. «  Les enfants auristes rencontrent des difficultés dans trois domaines : les troubles d’interactions sociales réciproques (ne pas vous regarder, ne pas réagir à son prénom), le trouble de la communication (absence de langage) et les troubles du comportement (peur du changement, d’être touché)  », explique Patricia Do Dang, pédopsychiatre.

Pour mieux l’aider à se représenter le temps et l’espace, chaque enfant dispose d’une boîte qui contient des pictogrammes symbolisant chaque moment de la journée. Pour faciliter la communication avec l’équipe, il reçoit un classeur rempli de pictogrammes qu’il porte en bandoulière.

L’équipe est composée d’infirmières, d’éducateurs, d’un enseignant, d’une psychomotricienne, d’une psychologue, de médecins et d’une maîtresse de maison, tous voués au bien-être de ces enfants. Nous vous proposons de les découvrir à travers quatre témoignages.

Émilie Parent, infirmière : « Ici, il n’y a que des victoires »

 

Émilie Parent, infirmière, devant les emploi du temps des enfants.Émilie Parent, infirmière, devant les emploi du temps des enfants.

« Les enfants ont besoin de beaucoup de répétitions pour apprendre et ça demande de l’énergie, de la patience. Mais quand un enfant m’appelle par mon prénom, ça me fait un bien énorme, ça prouve que pour lui j’existe. Ma plus grande joie ? À un retour de vacances, quand un enfant a posé sa main sur moi et m’a fait un grand sourire, c’était énorme. C’est ça qui vous permet de continuer. Ici, il n’y a pas d’échecs, il n’y a que des victoires. »

Stéphane Colombani, enseignant : « En maternelle, le regard sur l’autisme ne pose aucun problème »

 

Stéphane Colombani, dans sa classe.Stéphane Colombani, dans sa classe.

« Du lundi au jeudi, je fais la classe au Regain, et le vendredi, je vais voir les enfants scolarisés dans les écoles où je travaille avec les enseignants et les auxiliaires de vie scolaire. En maternelle, le regard que portent les enfants sur les autistes ne pose aucun problème. C’est un peu plus compliqué en primaire et ça reste problématique au collège, où les regards sont plus violents. Ma plus grande joie, ce sont les enfants que j’ai accueillis à 3 ans et que jamais je n’aurais imaginé suivre une scolarité normale. Des enfants capables de mettre des mots sur des émotions. »

Maryse, maîtresse de maison : « Je console »

 

Maryse dans son univers : la cuisine.Maryse dans son univers : la cuisine.

« Je m’occupe de l’intendance. Je console. L’enfant ne me voit pas comme une soignante mais plus comme une maman. Les enfants qui ne parlent pas aux soignants viennent se confier à moi. Je les connais tels qu’ils sont. Mon meilleur souvenir : ce petit qui avait décidé de ne plus parler et qui, dans ma cuisine, après avoir bien regardé qu’il n’y avait personne autour de nous, se confiait. Il y a aussi ceux qui me livrent des secrets, parfois très lourds, que je suis obligée de révéler aux soignants pour leur bien. »

Fanny Vasseur, psychomotricienne : « Le Regain, c’est une prise en charge totale »

 

Fanny Vasseur, dans sa salle de psychomotricité.Fanny Vasseur, dans sa salle de psychomotricité.

« Je m’occupe des difficultés corporelles des enfants. Des enfants qui n’ont pas intégré qu’ils avaient des jambes, des bras, une tête. Je veille à ce qu’ils apprennent à connaître leur corps pour mieux vivre face à leur environnement. Quand l’enfant vient sans avoir été sollicité, quand il est auteur, quand il a envie de vivre des choses, c’est merveilleux. Le Regain, c’est une prise en charge globale, on a tous le souci de soigner. Tout est complémentaire. Si on est en difficulté, on travaille tous ensemble pour avoir la même réponse. C’est l’enveloppe institutionnelle qui fait que l’enfant progresse. »

Portes ouvertes au Regain, jeudi 18 mai, 217, rue de Général-Leclerc, à Saint-André. Informations : 03 20 63 76 10