article publié dans l'Express de Madagascar

Autisme

31.05.2017 | 7:34

Aucun médecin malgache ne peut diagnostiquer l’autisme à Madagascar. À cause de cette situation, nombreux enfants subissent des traitements inadéquats à leurs états. 

xLes praticiens malgaches confondent l’autisme avec d’autres formes de maladie. Pierre Sans, un psychiatre français, a révélé cette constatation lors d’une conférence de presse sur l’autisme Madagascar, hier à Mahatony Soavimasoandro. « J’ai assisté à ce qui me paraît être de la maltraitance à l’égard des autistes. Il y a d’abord lessur-diagnostics d’épilepsie et les prescriptions abusives d’Électro-encéphalogramme (EEG), de dépakine et de gamalate, puis des opérations d’ORL pratiquées sur des autistes. Les praticiens confondent troubles d’audition et autistes enfermés dans leur bulle », explique-t-il.
Soixante-treize enfants issus d’Antananarivo et de Moramanga ont bénéficié de diagnostic gratuit de l’autisme, dans le cadre du projet « Autisme Tour 2017 ». Les médecins ou spécialistes qualifiés en matière de diagnostic de cet état, n’existent pas encore à Madagascar. Les spécialistes effectuent des opérations chirurgicales au niveau du cerveau des enfants alors qu’ils ne devraient pas le subir, selon ce psychiatre. En effet, le dépakine est prescrit aux enfants surtout en France à cause des effets secondaires dont les malformations. Environ 1% de la population malgache est atteint de l’autisme. 70% des cas  sont d’origine génétique.
L’autisme est reconnu par le trouble de communication, de socialisation et par l’attachement à l’immuabilité ou à la fixité de l’environnement. «Moins de la moitié des enfants déclarés autistes à Madagascar présentent une souffrance néo-natale entraînant le retard de croissance,  affectant la motricité ainsi que le langage. Ces signes d’autisme devraient être revisités après une année », explique Pierre Sans.

Principe à deux temps
En France, la prise en charge d’un enfant autiste est évaluée à 80 000 euros. D’après ce psychiatre français, les consultations se basent plutôt sur des conseils éducatifs mais pas des conseils de prise en charge. « La prise en charge des classes défavorisées est réduite. Le coût des prestations médicales  de type psychomotrice et orthophonique est hors de portée pour la majorité de la population », souligne-t-il. De ce  fait, un système serait mis en place en collaboration avec des institutions ainsi que le ministère de la Santé publique.
« Un système à deux temps sera mis en place. Primo, le pré-diagnostic pratiqué par des médecins généralistes qui ont été formés sur l’autisme. Secundo, l’intervention des spécialistes si les cas sont jugés graves », explique Mbolatiana Raveloarimisa, présidente et fondatrice de l’austisme Madagascar.

Mamisoa Antonia