article publié dans Le Parisien
Carole Sterlé|05 juin 2017, 17h54|
Un foyer pour adultes atteints de troubles autistiques sévères ouvrira à Sevran en 2019. La fondation Les Amis de l’Atelier portera ce projet, cofinancé par l’agence régionale de santé (ARS) et le Département. DR : CREA7 Architectes

Il n’existe pas encore, mais son nom est tout trouvé. Il s’appellera « Les Temps Modernes », en référence à la rue Charlie-Chaplin où il doit ouvrir, dans le quartier Rougemont, à l’horizon 2019. C’est un foyer d’accueil médicalisé (FAM) pour 35 adultes avec « troubles à spectre autistique » avec une déficience intellectuelle relativement sévère.

« Le FAM de Sevran s’adresse aux adultes qui ne peuvent pas vivre seuls, ni travailler et qui ont besoin d’un suivi médico-social », résume Magalie Thibault, vice-présidente au conseil départemental, en charge des personnes handicapées et âgées. Le département a voté un plan de rattrapage, avec pour objectif d’ouvrir 1 000 places d’ici 2021.

Le rattrapage n’est pas un vain mot. « Les besoins sont énormes, on part de très très loin, rappelle André Masin, président d’AFG autisme France. En France, il y a 15 % à 20 % de réponses adaptées aux besoins des enfants autistes et seulement 3 % à 5 % pour les adultes. »

Le foyer de Sevran s’inscrit dans le cadre du 3e plan autisme 2013-2017, pour rattraper l’important déficit de places, en Ile-de-France et plus particulièrement en Seine-Saint-Denis.

L’appel à projet a été remporté ici par la fondation Les Amis de l’Atelier. Forte d’une soixantaine d’établissements en France, c’est le premier FAM pour autistes que la fondation ouvrira en France.

 

Avec trente places en internat et cinq en accueil de jour, ce foyer hyper médicalisé se composera de cinq unités de vie de six chambres, avec des lieux de vie, un pôle d’activités…*

Une femme à l’origine de la fondation des Amis de l’Atelier

DR.

Reconnue d’utilité publique en 2011, la fondation Les Amis de l’Atelier est née il y a plus de cinquante ans, de l’initiative personnelle d’Anne Sommermeyer, rappelle-t-on à la fondation. C’était au milieu des vergers à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Touchée par l’isolement de familles dont les enfants étaient exclus du système scolaire du fait de leur handicap, Anne Sommermeyer (à droite sur la photo) a décidé de les prendre sous son aile. Chez elle, d’abord, quelques heures par jour, puis ailleurs, du fait de l’hostilité de voisins. En 1957, elle a installé un jardin d’enfants pour déficients mentaux dans un cabanon.

Les enfants sont devenus adultes et Anne Sommermeyer les a aidés à avoir une activité. Un atelier est né, puis des logements ont été créés. La Fondation compte aujourd’hui une soixantaine d’établissements à travers la France.

« Le choix des sites se fait en fonction de la disponibilité du foncier et du bon partenariat avec les acteurs locaux », explique la fondation, en saluant le partenariat avec les hôpitaux René-Muret, Ballanger et le centre municipal de santé.

Coût de l’opération : 2, 1 M€ pour le conseil départemental et 900 000 € par an pour le forfait global annuel de soins pris en charge par l’agence régionale de santé (ARS). Les usagers seront orientés par la maison départementale du handicap.

*Des postes d’aides médico-psychologiques, d’aides soignants et de moniteurs éducateurs seront créés. Les candidatures peuvent être adressées à recrut.tempsmodernes@amisdelatelier.org

Autisme : comment le 93 tente de rattraper son retard

0,14 places pour 1 000 habitants existe en Seine-Saint-Denis pour les personnes avec troubles du spectre autistique (contre 0,17 pour mille en Ile-de-France). D’où l’appel à projet lancé par l’agence régionale de santé (ARS) et le Département pour créer 35 places pour adultes atteints de troubles à spectre autistique, qui verra le jour à Sevran.

3,5 M€ ont été engagés par l’ARS et le Département pour les enfants et 7,3 M€ pour les adultes, soit 81 places ouvertes en 2016. 142 places supplémentaires (en création ou extension) ont été validées.

73 places pour adultes avec troubles de spectre autistique existent en Seine-Saint-Denis (49 places à Bobigny et Pavillons-sous-Bois, dans deux maisons d’accueil spécialisé, et 24 places dans un foyer d’accueil médicalisé à Montreuil). Une extension est prévue à Neuilly-Plaisance ainsi qu’une unité renforcée de 6 places.

247 places pour enfants existent pour les enfants en Seine-Saint-Denis (156 en Institut médico-éducatif, 7 places en unité d’enseignement maternelle et 84 en service d’éducation spéciale et de soins à domicile). Sont prévues 32 places supplémentaires à Montreuil et 6 places à Epinay.

1 200 personnes handicapées en Seine-Saint-Denis, sont selon le Département, sans solution adaptée (300 enfants et 900 adultes).

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