Sophie Cluzel, bien qu'installée au ministère de la Santé, est rattachée au Premier ministre, une première pour le handicap. PHOTO «
LA VOIX
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Sophie Cluzel, bien qu'installée au ministère de la Santé, est rattachée au Premier ministre, une première pour le handicap. PHOTO « LA VOIX »

– Vous venez dans les Hauts-de-France pour le quatrième plan autisme.

« Je viens à Arras pour participer à une des concertations en région et rencontrer les familles. Puis, j’irai à Roncq visiter « Habited », une structure où dix jeunes autistes vivent en autonomie. Il est important de faire remonter les innovations et les dispositifs qui existent, car ce sont les territoires qui auront à mettre en place les futures mesures, alors que dans le plan précédent, les départements n’avaient pas été assez associés. »

– Dans la région, beaucoup d’enfants autistes doivent aller en Belgique pour trouver des structures adaptées. Le plan va-t-il changer cette situation ?

« Ce plan concerne aussi bien les enfants que les adultes. Il y a actuellement en Belgique 4 500 adultes et 1 500 enfants. L’exil forcé en Belgique a été arrêté depuis deux ans avec des moyens renforcés. Le budget 2018 sera doublé, avec une enveloppe de 15 millions d’euros, pour accélérer ces retours. D’autre part, les 102 maisons départementales du handicap (MDPH) vont enclencher au 1er  janvier une dynamique d’accompagnement pour tous et une généralisation de leur système d’information. Concrètement, pour chaque personne sans solution, on met tous les acteurs autour de la table pour trouver un chemin d’étape en attendant la solution idéale. »

– Avant vous, Ségolène Neuville avait promis 6 000 places supplémentaires. Où en est-on ?

« C’est en cours. Début 2018, presque la totalité des places prévues dans le 3e plan autisme seront installées. Le 4e plan autisme est dans la continuité, avec notamment un focus sur l’emploi des adultes autistes. Pour les enfants, on va pouvoir évaluer le bénéfice des unités d’enseignements maternelles, c’est-à-dire une prise en charge précoce. »

– N’y a-t-il pas un manque de personnel pour ces accompagnements, avec notamment la diminution des contrats aidés ?

« Ces emplois aidés sont sanctuarisés en 2017 et pour la rentrée 2018. Mais le but est vraiment de diminuer le recours aux contrats aidés – aujourd’hui la moitié des 100 000 accompagnants – et de favoriser la montée des contrats Éducation nationale d’AESH (accompagnement des élèves en situation de handicap) renouvelés pour six ans et pouvant évoluer en CDI si la personne le souhaite. Huit mille ont été créés cette année pour améliorer la qualité de ces accompagnements pour les enfants qui en ont besoin (notifiés par les MDPH). »

– La revalorisation de l’allocation adulte handicapée profitera-elle à tous les bénéficiaires ?

« Il est important de dire que c’est une revalorisation exceptionnelle de plus de 11 % qui va toucher près d’un million d’allocataires en novembre 2018 et novembre 2019. C’est un investissement de 2,5 milliards cumulé sur le quinquennat qui répond à une promesse de campagne du président de la République, pour arriver à 900 euros. Personne ne sera perdant, la plupart des couples vont en bénéficier, seuls 7,6 % des bénéficiaires qui vivent en couple (et dont l’un des deux travaille) verront leur situation inchangée avec un plafond garanti de 1 620 €. Les associations voudraient qu’on ne prenne plus en compte les ressources du conjoint. Or c’est la règle pour tous les minimas sociaux, avec un plafond de revenus plus élevé pour l’AAH. L’objectif est de concentrer les efforts sur ceux qui en ont le plus besoin, de lutter contre la pauvreté subie. »