article publié dans Sud Ouest

Publié le 14/01/2018 à 3h30. Mis à jour à 7h52 par Michel Roussille.

 Marmande : l’ovale pour thérapie Un rassemblement éducatif et convivial pour la rentrée 2018 de Garovalin.

Photo Alain Guilbaud

Garovalin, association pour l’insertion des jeunes autistes et handicapés, a lancé un programme d’initiation au rugby.

C’était hier jour de rentrée 2018 pour la section Handicap mental et Autisme de l’Union Sportive Marmandaise. Une association dénommée Garovalin (Garonne Ovalie Intégration) créée au sein du club en accord avec la Commission Cohésion Sociale et Insertion de la Fédération Française de Rugby dirigée par Laetitia Pachoud, (1) vice -présidente de l’US Lectoure et membre du bureau de la FFR.

« Cette section est la première de l’agglomération Val de Garonne, a rappelé M. Le Mab, qui en est l’un des créateurs. Notre objectif est d’en ouvrir deux autres, au sein du Rugby Club de Sainte-Bazeille et de celui de Virazeil. Notre démarche s’adresse à tous les garçons et filles autistes et handicapés mentaux de 8 à 15 ans. Pour faciliter la mise en route de la section, nous avons fait appel à l’association Solincité qui prend en compte les publics en situation de handicap, d’exclusion ou confrontés à des problématiques de santé, et à Coup de Cœur Autisme, basée à Sainte-Bazeille (association créée pour structurer le lieu d’accueil des enfants autistes et atteints de troubles envahissants du développement). »

De l’individuel au collectif

Le lancement officiel de la section a eu lieu en novembre dernier au stade Georges-Dartiailh. De manière plutôt timide, comme l’a été la journée de reprise, hier… Ce sont cependant une dizaine d’enfants qui sont venus s’astreindre à quelques exercices d’équilibre et de gestuelle plutôt rébarbatifs pour des débutants. En toute bonne humeur et avec l’évident désir de progresser, de « faire mieux » à chaque fois, sous les conseils d’Adrien Bordes et Matthias Cardoit, éducateurs spécialisés à Solincité.

« Cette démarche permet aux enfants d’avoir une activité ciblée sur l’extérieur. Car, c’est un constat, les jeunes porteurs de handicap n’ont rien à leur disposition sur le grand Marmandais », précise Adrien Bordes. « L’action à pour but de les intégrer dans un cadre sportif avec des règles de vie et de partage, et aspire à apaiser en eux les troubles de la personnalité dont ils peuvent être atteints. Elle les invite et les initie même à aller d’une démarche individuelle vers un comportement plus collectif. »

Parents bienvenus

Le but de Garovalin est aussi de permettre aux parents de se rapprocher et de partager, voire même de s’intégrer ou s’investir dans la démarche. De casser un éventuel isolement.

« Il serait souhaitable qu’au fur et à mesure de l’évolution de la structure, ils viennent plus nombreux pour s’impliquer, souligne Adrien Bordes. Cet investissement familial renforcerait l’encadrement et serait de nature à accélérer la sociabilisation des jeunes malades. Et, cela a déjà été prouvé, le simple fait de passer le ballon à « l’autre », geste de base de l’altruisme et de la pratique du rugby est un vecteur dans ce domaine… »

Avec les beaux jours qui ne tarderont sûrement pas à revenir, le groupe des participants devrait s’épaissir, pour le bonheur de tous.

(1) Laetitia Pachoud avait dû se décommander pour la rentrée, en raison des obsèques de l’ex-arrière montois Jean-Marc Mazzonett, dont elle était parente.