article publié dans Le Parisien

Alexandre Métivier| 18 janvier 2018, 15h10 |0
Lagny-sur-Marne, jeudi 11 janvier. Moez Chaabane accompagne le jeune Wilson, 4 ans, dans l’eau de la piscine. LP/Alexandre Métivier

Créée il y a trois ans, l’association ASMA 77 vient en aide à une quarantaine d’autistes grâce à la motricité et aux séances en piscine. Aujourd’hui, l’association cherche à faire reconnaître officiellement sa méthode.

Tapis de course, vélo à bras ou escalier mobile. Adrien, 30 ans, enchaîne les exercices avec son éducateur sportif Christopher. Atteint d’autisme sévère, il adore aller au Fitness Place Bussy. « Ça l’a dérouillé, il s’est affiné et a repris confiance », indique Danièle, sa maman. « La première séance, il fallait être deux pour le convaincre de le faire. Aujourd’hui, s’il n’y va pas, il n’est pas content », indique Corinne Chaabane.

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Bussy-Saint-Georges, janvier 2018. Avec son éducateur Christopher (à droite), Adrien (à gauche) enchaîne les exercices sportifs sous les yeux de Corinne Chaabane (au centre).

Présidente de l’association autisme sport multi-approches (ASMA77), elle travaille avec son mari Moez et une équipe de trois éducateurs sportifs, une psychologue et deux stagiaires auprès de quarante patients autistes âgés de 4 à 34 ans.

Les époux Chaabane ont transformé leur appartement de Bussy-Saint-Georges en lieu d’accueil pour les patients. Ils cherchent un local dans le secteur. « Nous en avons besoin pour devenir sérieux », indique Corinne. « Nous faisons tout pour être reconnus officiellement », appuie Moez.

Une méthode basée sur la motricité et le sport en piscine

Sébastien Pautasso, directeur d’Autisme Réseau Associatif de Seine-et-Marne (AURA 77), leur envoie quelques familles : « Nous prônons le respect des recommandations de bonnes pratiques mais n’avons pas de retour sur leur méthode. Dans tous les cas, le sport est bénéfique pour l’autiste. ASMA 77 est un de nos partenaires privés qui peut l’assurer. » La ville leur accorde une subvention de 2000 euros par an, complétée par les 5 000 euros de la CAF. Les familles payent de 140 € à 2 500 euros par mois selon la prise en charge.

 

Avec son épouse, Moez Chaabane s’inspire de la méthode Autisme Apprendre Autrement (ABA), venue des Etats-Unis. « C’est une méthode expérimentale basée sur l’analyse du comportement », indique-t-il. « Pour moi, tout passe par le corps humain. On peut développer l’aspect cognitif et social par le sport. Ma méthode, avec des parcours de motricité et des séances en piscine, permet de développer le langage ou de diminuer la stéréotypie (NDLR : répétition fréquente, parasitaire, incontrôlée de gestes, d’attitudes et de paroles). »

Dans l’eau du centre aquatique de Marne et Gondoire, les visages de Wilson et Ilyes, 4 ans, s’illuminent dans les bras de Moez. « Il a un truc avec mon fils, la confiance passe de suite, apprécie la maman de Wilson. La parole s’installe, il commence à faire des phrases. » « Il a retrouvé du tonus musculaire, appuie la mère d’Ilyes. J’ai toujours accepté le handicap, je suis positive et ce travail me fait beaucoup de bien. »