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Chaque mois, Peyo rend visite aux résidents de l'Ehpad de la Chartreuse. / © Maryline Barate / France 3 BourgogneChaque mois, Peyo rend visite aux résidents de l'Ehpad de la Chartreuse. / © Maryline Barate / France 3 Bourgogne

Par Maryline Barate et Charlotte MeunierPublié le 02/03/2018 à 12:13Mis à jour le 03/03/2018 à 10:02


Peyo ne passe pas inaperçu au sein de la maison de retraite médicalisée des Vergers de la Chartreuse. Mais personne ne s'en étonne ! Depuis novembre, l’étalon et son dresseur Hassen Bouchakour viennent régulièrement rendre visite aux résidents, souvent jusque dans leurs chambres.

« Peyo a une sensibilité incroyable, d'une empathie dont on ne sait expliquer d'où elle peut provenir. Et je ne l'explique pas non plus, sourit Hassen Bouchakour. Il arrive à établir un lien avec certains patients. Ils sont comme connectés. »

Une empathie hors du commun

Dressé pour la compétition et le spectacle équestre, l’étalon de 14 ans est d'ordinaire plein de fougue. Il peut même être un peu cabotin. « En représentation, il adore les applaudissements. Il sait les susciter en tendant une patte antérieure ! »

Mais quand Peyo va au chevet des personnes âgées, il devient d'une douceur, d'une attention et d'une bienveillance impressionnantes. Quand il donne un câlin, il fait attention à ne pas pousser les résidents  à l'équilibre parfois chancelant. Il ne s'approche pas des perfusions.

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La complicité entre Peyo et Solange à l'EHPAD Les Vergers de la Chartreuse à Dijon, le 28 février 2018. / © Christophe Gaillard / France 3 Bourgogne

Des résidents radieux

Les résidents sont tout sauf impressionnés par ces 500 kilos de muscles. Leurs visages s'illuminent. « Ah Peyo, ça fait du bien au moral de le voir ! Vous savez : je pense tout le temps à lui », s'enthousiasme Pierre, un des résidents. Quand Peyo apparaît, le climat s'apaise dans le service. Les angoisses refluent. Les cris cessent.

Peyo choisit lui-même dans quelle chambre il se rend et à qui il rend visite. Il a ses petits chouchous. Au contact de l'animal, certaines personnes âgées sortent de leur léthargie, retrouvent de la mobilité, parlent à nouveau. « Cela joue sur les émotions. Peyo réveille également des souvenirs dont on n'avait pas connaissance, nous, les soignants. En termes thérapeutiques, c'est tout ce qu'on recherche, raconte Marie Lombard, médecin gériatre. Étrangement, quand Peyo est arrivé, ils n’ont pas été si surpris !».

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Peyo et Pierre, sous le regard ému de Hassen. / © France 3 Bourgogne

Les sabots du cœur

Peyo intervient dans cet établissement dijonnais depuis quelques mois seulement. Suite au succès du dispositif, les visites de l’équidé raviront encore résidents et personnel soignant jusqu’au minimum en juin 2018. Mais, depuis quatre ans, il se rend également dans des établissements hospitaliers d'autres villes : en psychiatrie, en gériatrie, en soins palliatifs, ou encore en oncologie pédiatrique.

Via ce programme expérimental, encadré et financé par l’association "Les sabots du cœur ", le dresseur souhaite montrer les bienfaits de son alter ego sur les personnes qui souffrent. Il envisage désormais de créer un centre de fin de vie à Vinay, en Isère, où il réside. Toujours avec la complicité de Peyo !
Peyo et Solange, un lien très fort s'est établi. / © Christophe Gaillard / France 3 Bourgogne

Une hygiène au poil !

Qui dit "hôpital" dit "règles d’hygiène". Pour éviter que l’animal ne perde ses poils ou ne ramène des parasites, il est minutieusement rasé, savonné, brossé puis désinfecté avec des lingettes. En plus de ça, Peyo a été dressé pour ne pas faire ses crottins à l'intérieur. Il prévient Hassen s'il a besoin de sortir.

Il y a eu également un gros travail réalisé sur le fait de se déplacer sur des sols inhabituels pour un destrier : carrelage, lino, etc.. Peyo n'est pas ferré.  « Avant d'introduire Peyo à l'hôpital, il fallait que je sois sûr qu'il ne glisserait pas, qu'il ne ferait aucun écart pour des raisons évidentes de sécurité. Mais il a un équilibre incroyable », précise le dresseur qui n'hésite pas à lui faire prendre l'ascenseur.

Pour le reste, tout est naturel. D'instinct, Peyo se porte vers les personnes qui sont en difficulté, malades, handicapées. « J'avais remarqué cette inclination à l'issue des représentations quand on rencontrait le public. Peyo allait au contact précisément de ces spectateurs, même si le handicap ou la maladie n'étaient pas visibles. Mais il m'a fallu trois ans pour le détecter vraiment et me dire qu'on pouvait en faire bénéficier certaines personnes hospitalisées. », conclut Hassen Bouchakour. Un don stupéfiant pour des moments magiques !