article publié dans Ouest-France

Les éducateurs libéraux du cabinet Agirens : Patricia Treton, Nathalie Barbot, avec Emmanuel Thual, étudiant à l'école d'éducateurs, en stage d'immersion chez Agirens, et Vincent Cariou (à droite).
Les éducateurs libéraux du cabinet Agirens : Patricia Treton, Nathalie Barbot, avec Emmanuel Thual, étudiant à l'école d'éducateurs, en stage d'immersion chez Agirens, et Vincent Cariou (à droite). | Ouest-France

 

Faute de moyens suffisants, les institutions en charge des familles en difficulté sont parfois débordées, là où il faudrait agir vite. C'est ce qui a conduit des éducateurs à s'installer en libéral.

Un ado qui tourne mal, des parents qui se déchirent, un foyer où l'on ne se parle plus... « Les familles en difficulté sont nombreuses, les situations diverses et, bien souvent, il faut agir vite, pour éviter que ça ne s'envenime », explique Nathalie Barbot, administratrice du cabinet Agirens.

Lancé en octobre 2017, il compte quatre éducateurs spécialisés exerçant en libéral. Tous affichent vingt ou trente ans d'expérience au sein d'institutions publiques d'aide à l'enfance et de protection de familles en difficulté.

Tous partagent ce sentiment de ras-le-bol et d'impuissance face aux dossiers qui s'empilent. « Quand on vous confie 35 à 40 situations à suivre en même temps, vous avez le sentiment de ne plus faire votre métier. »

 

« Écoute attentive »

Alors ces travailleurs sociaux ont décidé de quitter leur statut de salariés pour exercer à leur propre compte. « Nous proposons aux familles en difficulté des consultations éducatives, un accompagnement éducatif et social, pour les aider à résoudre une situation conflictuelle par une écoute attentive », explique Nathalie Barbot.

Attention, ces éducateurs libéraux ne sont pas des psychologues, encore moins des médecins. « Nous ne sommes pas dans une approche clinique. Nos outils sont d'ordre strictement éducatifs ! »

En créant leur cabinet libéral, en privatisant l'accompagnement social des familles, les membres d'Agirens ont conscience de donner un coup de pied dans la fourmilière. « Notre initiative a suscité des critiques virulentes, mais l'idée fait son chemin. Les structures se rendent compte que l'on peut être utile pour empêcher que certaines situations ne s'aggravent, quand aujourd'hui les délais de réponse prennent entre quatre et six mois. »

Retrouvez notre rubrique Investissement

36 € la consultation

Les membres d'Agirens (comme « agir ensemble ») interviennent « en complémentarité des services publics en charge de la prévention, pour éviter que les situations de conflits intrafamiliaux n'explosent ».

Encore faut-il avoir les moyens de s'offrir une consultation chez Agirens (36 € au cabinet, 45 € au domicile). « C'est vrai, mais les difficultés touchent tous les milieux sociaux, pas seulement les plus modestes, et les frais peuvent, parfois, être couverts par un fonds de remboursement spécifique », argumente Vincent Cariou, membre d'Agirens.

Il est aussi cofondateur d'Humacitia, entreprise sociale et solidaire, qui accompagne la création de cabinets Agirens à travers la France. « Avec Yann Schraauwers, lui aussi éducateur, nous avons créé Humacitia pour encourager l'entrepreneuriat social indépendant, face à des modèles économiques dominants qui ont montré leurs limites. »

Agirens, 81, mail François-Mitterrand ; tél. 02 22 06 81 53 ; www.agirens.fr ; le cabinet propose aussi des formations aux professionnels (entreprises, associations, avocats) intervenant dans la protection de l'enfance et des familles.