Sophie Feltrin

Responsable de l’Association de parents d’enfants inadaptés (Apei) à Chaville (Hauts-de-Seine). (Photo Apei)

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Sophie Feltrin / APEI SCVA

Le récent plan autisme du gouvernement (lire La Croix du 6 et du 9 avril) affiche comme priorité l’inclusion dans la vie ordinaire. Cela vaut aussi pour le logement. Désormais, on souhaite permettre aux personnes autistes de vivre dans leur logement, avec un accompagnement adapté. Mais l’habitat inclusif n’est possible que pour les personnes relativement autonomes. Cela n’est pas le cas de beaucoup d’autres qui ont besoin d’être accueillies en institution.

Il y a quelques années a émergé un discours en faveur de structures plus petites. Mais, face à l’urgence de développer un nombre important de nouvelles places, on continue de donner la priorité à de grands établissements plutôt situés à la périphérie des villes où le foncier est moins cher.

On reste un peu dans l’approche asilaire duXIXsiècle avec des bâtiments pouvant accueillir jusqu’à 70 résidents. Ce qui est compliqué pour des personnes très sensibles au bruit et à leur environnement visuel. Il faut que chaque résident s’habitue à vivre au rythme des 69 autres.

Je pense qu’il faudrait en finir avec ces usines à personnes autistes. C’est ce que nous avons essayé de faire dans notre association. Nous avons un bâtiment pouvant accueillir 24 personnes, et nous avons créé une extension mitoyenne où vivent 6 personnes. Chacun a sa chambre, une salle à manger et peut retrouver les autres dans des pièces communes. On essaie d’en faire une maison où chacun se sente chez lui. »

Recueilli par Pierre Bienvault