article publié dans Ouest France

Sophie Lasne, intervenante en médiation animale, et Marine Marie, éducatrice de chiens, avec Milton, un jeune golden retriever, devant le bâtiment d'accueil des enfants autistes et leurs familles.
Sophie Lasne, intervenante en médiation animale, et Marine Marie, éducatrice de chiens, avec Milton, un jeune golden retriever, devant le bâtiment d'accueil des enfants autistes et leurs familles. | Fabienne Gérault

Pour qu’ils puissent choisir leur chien d’éveil dans les meilleures conditions, l’association leur a construit une maison sur le site de son siège à Alençon. Un lieu utile également pour la recherche.

À Alençon, Handi’chiens a créé un lieu dédié aux autistes qui sera inauguré début juin. Il permettra d’accueillir des enfants autistes et leurs familles lorsqu’ils viendront sur place pour recevoir un chien d’éveil. Le concept, emprunté à des Québécois, est unique en Europe.

Des chiens d’éveil offerts

L’association éduque et offre des chiens d’éveil à des enfants souffrant de troubles envahissants du développement, et notamment à de jeunes autistes. La passation des chiens a lieu deux fois par an. Pendant une semaine, enfants et animaux sont censés s’apprivoiser. « C’est compliqué pour ces enfants car il y a du monde, du bruit, ils sont très perturbés, analyse l’éducatrice Marine Marie, qui s’est spécialisée dans les chiens d’éveil. Dans ce lieu, ils seront plus tranquilles, ils pourront s’y reposer. »

Comme l’endroit est imaginé pour l’accueil des enfants et de leurs familles, on y trouve « quatre chambres, deux salles d’eau et un coin cuisine », détaille Marine Marie. Les travaux de construction de ce bâtiment de 200 m2 ont commencé il y a tout juste un an. Il va coûter environ 380 000 €. Avec obstination, Marie-Claude Lebret, fondatrice de l’association Handi’chiens, a trouvé les financements pour faire sortir de terre cette maison dont le concept est unique en Europe.

Une bulle pour la rencontre

La passation des chiens se déroulera à l’intérieur. Les rencontres entre l’enfant et l’animal auront lieu dans une grande salle dont les fenêtres ont été placées en hauteur. « Conçue comme une bulle, elle est également équipée d’une vitre sans tain », précise Marine Marie. Les parents pourront ainsi observer les réactions de leurs enfants. À leurs côtés, éducateurs et chercheurs analyseront aussi ce qu’ils voient. « Ce sera un lieu d’étude et de recherche », ajoute Sophie Lasne, intervenante en médiation animale.

Il est intéressant, en effet, d’étudier le comportement de l’enfant et du chien. Les interactions qui se créent ou pas. L’attention qu’ils se portent l’un à l’autre. Pour construire cette maison, l’association s’est inspirée du modèle créé par la fondation québécoise Mira dont plusieurs représentants viendront à Alençon début juin, pour un partage d’expérience. Handi’chiens travaille également avec le laboratoire EthoS de l’université Rennes 1, qui étudie l’éthologie animale et humaine. Et collabore étroitement avec le Centre de ressources autisme Bretagne.

Un chien d’éveil peut apporter beaucoup de choses à un enfant autiste, s’accordent à dire les deux salariées d’Handi’chiens. « Le chien a d’abord un effet très apaisant sur l’enfant, observe Marine Marie. C’est un repère invariable. » Motricité, langage… « Les parents arrivent ici pleins d’espoir. Nous encourageons les familles à faire leurs demandes le plus tôt possible, souligne Sophie Lasne, car plus la prise en charge est précoce, mieux c’est. » Les demandes sont nombreuses. Et le délai pour obtenir un chien, d’au moins deux ans.