article publié dans Le Télégramme

Publié le 25 juin 2018 à 10h56 Modifié le 25 juin 2018 à 18h05

Anaïs, ici avec sa maman Anouck, espère que son appel sera entendu et que sa situaton sera revue.

Anaïs, ici avec sa maman Anouck, espère que son appel sera entendu et que sa situaton sera revue. (Photo Y. L. S.)

À la rentrée prochaine, Anaïs ne pourra bénéficier de l’aide d’une assistante de vie scolaire. Sa maman ne peut ni ne veut l’accepter.

Anaïs Parrot, bientôt 11 ans, actuellement scolarisée à l’école Notre Dame, à Saint-Jean Brévelay, en classe de CM2, est dyslexique et dysorthographique. Afin que sa rentrée en sixième, en septembre, se déroule le mieux possible, ses parents ont déposé un dossier auprès de la maison de l’autonomie, avec pour objectif de bénéficier de l’aide d’une assistante de vie scolaire (AVS).

La nouvelle est tombée la semaine dernière, tel un couperet : c’est « niet », au motif que « la situation décrite ne relève pas d’un accompagnement ». « Anaïs est suivie depuis la classe de CP. Une fois par semaine, depuis 2014, elle se rend chez son orthophoniste. Lors de la dernière réunion pédagogique, ses parents ainsi que toutes les personnes présentes, dont le chef de l’établissement du collège Saint-Louis, ont mis en avant le besoin pour elle d’avoir une AVS, même quelques heures, à ses côtés. L’essentiel, c’est de la soutenir et surtout l’assister pour reformuler les consignes ou phrases entendues lors des cours », insiste Anouck, sa maman.

L’envie de réussir

« Sa dyslexie et sa dysorthographie la pénalisent dans son apprentissage scolaire. Elle fait, malgré tout, preuve d’une capacité d’attention et de réflexion qui lui permettent de s’investir dans un travail de rééducation du langage écrit. Sa dyslexie ne se voit pas forcément dans l’écriture ni sa lecture. Elle met énormément d’énergie pour mémoriser des leçons, des poésies, des tables. Elle est très volontaire et veut réussir.

C’est une enfant qui s’investit avec régularité dans sa rééducation », poursuit-elle, la main sur le cœur. Et de poursuivre, les larmes au bord des yeux : « Elle a eu de la chance depuis trois ans qu’elle est scolarisée à l’école Notre-Dame de tomber sur une équipe pédagogique qui a réussi à mettre en valeur ses compétences et non pas ses points faibles. Ils ont pris le temps de voir avec elle comment l’accompagner, comment adapter son travail à la maison et à l’école. Ils ont su lui redonner confiance en elle. Anaïs est une enfant travailleuse, qui fait au mieux. En n’accordant pas cette aide, la commission refuse à Anaïs le droit de pouvoir réussir ».

Recours gracieux, toujours possible

Du côté de la Maison de l’autonomie, basée à Vannes et placée sous l’autorité du conseil départemental du Morbihan, on admet comprendre le désespoir de la famille. Pour autant, pas question de commenter la décision qui a été prise. « Les parents d’Anaïs ont toujours la possibilité de la contester et de déposer un recours gracieux. Si nécessaire, ils peuvent enrichir le dossier avec de nouveaux arguments en leur faveur. Qu’ils n’hésitent pas à s’adjoindre les services d’une assistante sociale. Ici, dans nos locaux, nous avons une personne qualifiée qui peut les épauler dans leur démarche ».

« Refuser l’AVS à Anaïs, c’est lui interdire de grandir dans la vie », clame Anouck qui sait qu’elle n’est pas seule dans cette situation. « Plus nous serons à nous battre, plus nous obtiendrons de moyens en faveur de nos enfants ».