Le bâtiment est spécialement conçu pour les adultes autistes et pourra en accueillir sept.
Le bâtiment est spécialement conçu pour les adultes autistes et pourra en accueillir sept. - Architectes : Florence Bibaut et cabinet Belliere-Maniere

Aujourd’hui, les jeunes Axonais atteints de troubles de l’autisme sont souvent hébergés dans d’autres départements, voire à l’étranger. « Les aides versées par le Département pour ces «expatriés» représentent plusieurs millions d’euros chaque année. C’est de surcroît, et surtout, un éloignement difficile à gérer pour leurs familles ». La prise en charge locale des jeunes autistes est insuffisante et le conseiller départemental de Soissons Pascal Tordeux l’a résumé ce vendredi matin.

C’était lors de la pose de la première pierre d’une réponse à ces deux problèmes : la construction d’un foyer dédié aux jeunes adultes atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA). «  Les jeunes autistes n’ont rien à faire dans un hôpital psychiatrique. Ils nécessitent un accompagnement spécifique » a commenté le député de Soissons-Chauny, Marc Delatte.

Un bâtiment de 373 m2 va donc voir le jour derrière l’actuel foyer d’accueil médicalisé pour personnes handicapées (FAM) géré par l’Association des parents d’enfants inadaptés (APEI) de Soissons. Il est situé 8 rue du Belvédère, juste à côté du centre social Saint-Waast-Saint-Médard.

Sept places seront proposées dès son ouverture, prévue début 2020, à des adultes autistes nécessitant un suivi éducatif et médical important. Actuellement, il n’existe qu’une structure dans le département, à Villequier-Aumont près de Tergnier, susceptible de proposer ce type de prise en charge. Le futur foyer va ainsi être le « chaînon manquant » dans la prise en charge de l’autisme. « Depuis 2005, l’IME de Belleu offre 8 places pour les enfants et adolescents souffrant de TSA. Grâce au nouveau foyer, nous pourrons les prendre en charge à l’âge adulte. Actuellement, il y a une rupture et elle est source de souffrance et d’inquiétude », observe Anny Pignignoli, la présidente de l’APEI de Soissons.

Les lieux ont été entièrement conçus pour cette population aux besoins très particuliers : circulation facilitée, lumières et couleurs non agressives, salles de répit, conception architecturale particulière (escalier en rond…). « Il accueillera des adultes dont le handicap ne leur permet pas, ou plus, de vivre dans le cadre familial. Les personnes atteintes d’autisme développent en effet des troubles particuliers, comme ceux liés au langage, à la communication, au comportement ou à l’interaction sociale », souligne l’APEI.

Julien Assailly