Pas facile d'être embauché en CDI. Pour Julie, c’était même un véritable challenge… Qui a été relevé ! En situation de handicap, la jeune fille est ravie de faire désormais partie du personnel permanent du McDo d'Auray.

« Julie ? C’est notre rayon de soleil ». Rayonnante, souriante et volontaire, Julie a toutes les qualités pour travailler chez Mac Do, à en croire Nicolas Lendrino, le directeur du restaurant d’Auray, pour qui ce sacré tout bout de femme est une excellente recrue qui prouve qu’avec de la bonne volonté, un projet cohérent, et un travail adapté, tout est possible. Impliqué depuis plus de quinze ans dans l’intégration de « personnes extraordinaires » comme il aime à le préciser, le manager est habitué à l’accueil des personnes en situation de handicap. « Depuis que je travaille pour Mac Do, nous avons toujours eu à cœur d’ouvrir les portes de l’emploi à tous. Actuellement nous avons trois autres salariés "différents" qui bénéficient d’un poste de travail adapté ».

Un parcours exemplaire

Pour Julie, le parcours a été long, mais le résultat est une réussite, et son histoire un exemple à suivre. Titulaire d’un CAP agent polyvalent de restauration et d‘un CAP assistant technique en milieu familial et collectif, Julie est une jeune fille très entourée. « Si la signature de ce contrat a été possible, c’est d’abord parce qu’elle est soutenue depuis toujours par sa maman qui a eu à cœur de faciliter le plus souvent possible son intégration dans des formations avec des jeunes sans handicap. Mais aussi parce que cette jeune fille sait parfaitement ce qu’elle veut et que son parcours est exemplaire », souligne Johan Jegousse, conseiller en insertion professionnelle de l'association Ladapt Ouest.

La mise en place de ce projet ne s’est pas faite en un jour. Il a nécessité l’intervention de plusieurs organismes, et une collaboration étroite entre les différents intervenants. Il a fallu prendre en compte différents éléments, qui ont permis à Julie d’accéder à une plus grande autonomie. « Depuis plusieurs mois, elle s’est installée dans l’une des maisons partagée de l’association La belle porte, ce qui lui a permis dans un premier temps de quitter la maison familiale, tout en étant entourée. Cette démarche représente un grand pas vers l’autonomie. Ce que nous recherchons toujours pour nos protégés », explique Sandrine Guillemet, directrice de La belle porte. Ensuite, la Mission locale qui suivait Julie depuis plusieurs années, a travaillé en collaboration avec Pôle emploi pour trouver un emploi adapté, puisque la jeune femme porteuse de trisomie a désormais 26 ans.

Un travail adapté

« J’ai toujours voulu travailler dans la restauration parce que j’aime le contact et le service », souligne Julie tout sourire. Si l’objectif était clair, le projet professionnel, lui, impliquait plusieurs contraintes. Il fallait notamment tenir compte de la fragilité de la jeune fille, de sa fatigabilité, et lui réserver un rythme de travail adapté à son handicap. Après plusieurs stages dans la restauration, elle a prouvé qu’elle était parfaitement à l’aise dans ce secteur d’activité. Chez Mac Do, elle a trouvé une écoute et une véritable bienveillance. « Il fallait aussi que ce travail soit accessible par les transports en commun », ajoute Johan Jegousse. Depuis mardi, Julie a été embauchée en CDI pour un temps partiel adapté de douze heures par semaine. Elle sert en salle durant deux à trois heures par jour, sur quatre journées. Elle a tous ses week-ends, ne travaille pas durant la période estivale trop chargée, et peut continuer ses activités associatives nécessaires à son équilibre