12/07/19
Hippothérapie: les chevaux pour aider le patient à se libérer

Lorsqu’on entend le mot « hippothérapie », notre imaginaire collectif nous fait penser tout de suite aux personnes handicapées physiquement et mentalement suivant une rééducation à travers le cheval. Cependant l’hippothérapie c’est bien plus que ce seul imaginaire. Cette thérapie est destinée aussi bien aux personnes souffrant d’un handicap qu’aux personnes qui sont en difficulté de vie. Le but ? Améliorer l’état mental et son rapport à soi. Pour comprendre au mieux cette profession, nous sommes allés à la rencontre de l’asbl Equité.

L’asbl Equité a été fondée en 2003 par deux amies psychologues Géraldine de Ribaucourt et Sophie Andersen. Après un cursus de psychologie à l’UCL, poussées par l’envie d’aider l’autre par leur profession, elles partent toutes les deux en Alsace pour un stage de 3 mois en centre de réinsertion de chômeurs longue durée par le biais des chevaux. Cette envie de spécialisation provient de la volonté de lier leurs deux passions de toujours : la psychologie et les chevaux.

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Une thérapie en Triumvirat

L’hippothérapie est une relation en triangle, c’est un contrat entre le cheval, le thérapeute et le bénéficiaire. Le cheval fonctionne comme médium permettant au thérapeute d’observer le patient.

L’association Equité propose un lieu adapté aux personnes en situation de handicap pour prendre soin de soi en les mettant en relation avec des chevaux. « Ces animaux, du fait de leur système sensoriel particulièrement développé, sont d’excellents catalyseurs de nos propres émotions. Ils peuvent, de ce fait, aisément décoder notre langage corporel au-delà de la parole ainsi que la vérité sur notre état. Ils vivent dans l’instant présent sans ego, sans jugement », observe Géraldine de Ribaucourt.

En groupe ou seul, les séances permettent, avec l’aide du cheval et du thérapeute, de dépasser ses problématiques et ainsi comprendre son soi intérieur. Cela dans le but de vivre une relation forte qui engendre une ouverture sur les autres, de la confiance. « Le cheval nous porte, c’est une expérience qu’on a plus depuis qu’on est petit. Être porté ramène au fait de se sentir en sécurité, de donner sa confiance à une tiers personne. Cela nous ramène à des fondements basiques qui nous font prendre conscience du temps présent », poursuit-elle.

L’association travaille, pour les groupes, avec des institutions telles que les hôpitaux de jours, les centres psychiatriques, les structures accueillant les enfants du juge et autres : « On ne travaille pas de la même façon et sur les mêmes choses lorsqu’on a un groupe de personnes handicapées physiques et des personnes souffrant de troubles mentaux », précise Sophie Andersen.

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Le cheval, c’est génial

Le but de l’hippothérapie est donc de favoriser la création d’un lien, qui dans ce cadre-là est le cheval. De ce fait cette thérapie est destinée à un public étant plus large que les personnes souffrant d’un handicap. Les enfants hyperactifs, les adultes en dépression, en burnout ou bloqués dans le cercle toxique de la vie, peuvent trouver leur compte dans cette thérapie. « Les mouvements rythmiques des chevaux vont apporter une relaxation ainsi qu’une connexion à soi. »

Le thérapeute est présent pour comprendre les réactions des chevaux réagissant aux émotions des « patients ». Le cheval ainsi que le thérapeute ne sont là à aucun moment pour émettre un jugement ou un avis. Ils retranscrivent l’un et l’autre uniquement les émotions se dégageant du patient. Ainsi, les processus de vie que l’hippothérapie vise sont la détente, la prise de conscience des différents blocages, le développement de la confiance, l’acceptation de ses propres limites et la connaissance de son langage corporel.

Les chevaux sont des animaux de proie, ils ont donc un système d’hypersensibilité pour se protéger et pouvoir comprendre le mouvement des corps : « Les chevaux vivent en troupeau, ils sont donc très sensibles aux énergies corporelles et à ce que le corps dégage. C’est ainsi qu’ils peuvent communiquer et se comprendre, comprendre la place de chacun dans le groupe », concluent les deux femmes. La réaction du cheval est souvent la même vécue au quotidien par le patient qui, par le biais de cette thérapie mouvante, peut alors se tester à d’autres interactions.

B.T.

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