article publié dans Le Parisien

Depuis la rentrée, sept élèves de maternelle sont scolarisés à l’école des Ajoncs à Courbevoie. C’est la première unité enseignement maternel autisme (UEMA) à ouvrir dans le public dans les Hauts-de-Seine et elle produit déjà des résultats.

 Courbevoie, la semaine dernière. Cette classe de l’école maternelle des Ajoncs acueille, depuis la rentrée, 7 enfants autistes de 3 à 5 ans. Courbevoie, la semaine dernière. Cette classe de l’école maternelle des Ajoncs acueille, depuis la rentrée, 7 enfants autistes de 3 à 5 ans. LP/E.D.

Le 14 octobre 2019 à 15h02, modifié le 14 octobre 2019 à 15h33

Six garçons et une fille écoutent une comptine. « 2 yeux, 1 nez, 1 menton… » Tous ne sont pas attentifs et ce n'est pas l'important. Le mois dernier, ces enfants de 3 à 5 ans, tous porteurs de troubles autistiques, ont fait leur rentrée comme tous les petits de leur âge. Ils ont rejoint la classe de l'unité enseignement maternel autisme (UEMA) à l'école maternelle des Ajoncs, à Courbevoie, première structure du genre à ouvrir dans une école publique des Hauts-de-Seine.

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La comptine est terminée. Chacun enfant rejoint une activité, celle qu'il choisit. Que ce soit une dînette ou un jeu pour apprendre l'alphabet. Deux garçons ne quittent pas des mains la petite voiture avec laquelle ils jouent. Dans la salle, pour apporter le maximum de repères pour les enfants, les emplois du temps sont affichés, les photos des lieux où ils vont, la cour de récré, la cantine…

« Ils sont élèves de l'école avant d'être pris en charge par un service médico-social »

Principale différence avec les cours classiques, le nombre d'adulte par enfant. Dans cette classe, gérée par l'association Les papillons blancs-Appedia, il y a Anne, l'enseignante, mais aussi quatre éducatrices à temps plein, une psychologue à mi-temps et une psychomotricienne une fois par semaine. « Très souvent, on est à un adulte pour un enfant, ce qui est très intensif », décrit Candice Hureaux, chef de service de l'UEMA.

« L'objectif est de favoriser l'inclusion des enfants, reprend Candice Hureaux. Ici, la classe est intégrée à l'école donc tout est possible. Si un élève aime beaucoup les comptines ou est fort avec les nombres, il pourrait intégrer, le temps d'une leçon, une classe ordinaire juste à côté. Même si c'est seulement pour 15 minutes. Ils sont élèves de l'école avant d'être pris en charge par un service médico-social. »

« On a déjà vu tellement d'évolution en un mois »

À la cantine, ils sont avec les autres enfants, même s'ils ont un espace à eux. Et comme tout enfant de l'école des Ajoncs, les jeunes porteurs de troubles autistiques sont scolarisés 24 heures par semaine. Alors que seulement 30 % des enfants autistes sont scolarisés en maternelle, en moyenne moins de deux journées par semaine.

Anne, l'enseignante, a d'abord été 20 ans dans une école maternelle de Gennevilliers avant de se former à la prise en charge du handicap et de travailler en institut médico-éducatif. « J'étais un peu frustrée parce que je n'avais pas les enfants en temps plein. Ici on a déjà vu tellement d'évolution en un mois, c'est très encourageant », sourit-elle.

 

Kassandra, éducatrice spécialisée, avec un des jeunes enfants autistes accueillis à Courbevoie. LP/E.D. Kassandra, éducatrice spécialisée, avec un des jeunes enfants autistes accueillis à Courbevoie. LP/E.D.  

La priorité depuis la rentrée est de mettre en place un moyen de communication, comme l'échange d'images ou par les gestes pour ceux qui n'ont pas le langage. La prise en charge est intensive pour tenter de modifier la trajectoire de développement de l'enfant.

« Le but c'est qu'ils rejoignent le milieu ordinaire »

Jusque-là, les Hauts-de-Seine ne comptaient comme UEMA que la classe Soleil de l'Institution Saint-Dominique, à Neuilly-sur-Seine. Une structure qui a forcément plus de recul sur le devenir des enfants : après leur passage dans la classe, 80 % des élèves ont rejoint une classe traditionnelle avec un accompagnant d'élève en situation de handicap. Les 20 % restant sont accueillis en structure spécialisée.