Photo © Orléans AGENCE

Certains parents de personnes autistes, sur les nerfs et en colère, ont tenté d’empêcher le vote des résidents pour le conseil de la vie sociale dans le foyer Dialogue autisme, à Saran, cette semaine. Une situation plus que tendue qui était à deux doigts de dégénérer…

De dialogue à Dialogue autisme, il n’y en a pas eu mercredi 11 décembre, dans l'après-midi. D’un côté, des parents mécontents soutenus par Jacqueline Mansourian-Robert, fondatrice de cet établissement saranais qui accueille 24 résidents. "Je suis un vilain petit canard, lance cette dernière. J’ai créé l’association et je ne trahirai pas la confiance des parents et de leurs enfants. Je n’ai pas créé cet établissement pour qu’il fasse souffrir les gens. Rien n’est respecté du projet initial."
De l’autre côté, la directrice du foyer, Viviane Lopes, qui cristallise la rancœur et la haine (on peut l’écrire) de certains parents. Tout ce petit monde était réuni mercredi en début d’après-midi dans une pièce du foyer, où de nombreux noms d’oiseaux ont été prononcés et où la tension était extrême. Pourquoi ?

Le ton monte alors très vite

Le conseil de la vie sociale regroupe toutes les parties (direction, professionnels, parents et même résidents). Et c’est ce conseil qui décide des activités futures des résidents (autistes donc). Mercredi, se déroulait le vote de ces mêmes résidents.
Les parents (cinq familles étaient présentes sur les 24 résidents) affirment avoir reçu un e-mail mardi 10 décembre leur indiquant que le vote aurait lieu le lendemain. "La loi", explique Jacqueline Mansourian-Robert, "dit que les parents doivent être prévenus huit jours avant. Pas la veille."
D’autant que certains de ces parents estiment que les gestionnaires (GCSMS, groupement de coopération sociale et médico-sociale) de l’établissement ont "choisi" pour voter certains résidents au détriment de leurs enfants.

"Je ne les ai pas choisis", souligne Viviane Lopes, la directrice. "Si, vous les avez choisis !", lui répond ce parent hors de lui. Le ton monte alors très vite, à la limite d’en venir aux mains. Tout le monde parle en même temps. "Je ne peux pas vous écouter parce que je suis prise en otage", lâche même la directrice. 

Des parents ont porté plainte

Des parents, dont trois présents mercredi, ont déjà porté plainte auprès du procureur de la République pour "maltraitances" ; et mercredi, ils voulaient faire reporter le vote. Ce ne sera pas le cas.
"Ce n’est pas juste pour embêter le monde", confie cette mère. "C’est juste qu’ils (les gestionnaires) veulent faire leur truc entre eux." "Mon fils ne parle pas. Comme beaucoup de résidents ici. Il n’a pas le droit de vote", conclut ce père à bout. "Mais là, il aurait le droit de voter ?"
Alban Gourgousse