Extrait de l'article publié sur France 3 Hauts-de-France le 21.2.2020 (tableau en fin d'article)

"Pourquoi la Belgique plus qu'un autre pays frontalier ?

Selon Jean-Marie Duez, médecin conseil auprès de la caisse régionale d'assurance-maladie à Lille, interrogé par Le Monde, la préférence pour la Belgique est historique. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, les institutions religieuses et les riches familles ont accueilli et scolarisé des petits Français, orphelins ou enfants de déportés.

Dans les années qui ont suivi, l'assurance-maladie française, confrontée à une forte demande des parents d'enfants handicapés et au manque de structure, a encouragé un "mouvement naturel" vers la Belgique. 

Au milieu des années 90, cette tendance est actée : la caisse nationale d'assurance-maladie est mandatée pour passer des conventions avec des établissements belges. 

L'échange a perduré car il est bénéfique pour les deux pays : 
 

  • D'un côté, la sécurité sociale française paye les instituts belges à des prix inférieurs à la journée que ce qu'elle ferait en France et est assurée d'avoir des places qui lui sont réservées. Selon Cristel Prado, présidente de l'Unapei, chaque année, l'Assurance maladie et les départements déboursent "250 millions d'euros" pour financer cette prise en charge.
     
  • De l'autre, les établissements belges peuvent compter sur des rentrées stables, supérieures aux versements de la sécurité sociale belge. 

Selon Christel Prado, présidente de l'Unapei, "outre les 6 500 personnes exilées en Belgique", la France compte "plus de 47 000 personnes" sans solution d'accueil."