article publié dans La Nouvelle République

Publié le 03/03/2020 à 06:25 | Mis à jour le 03/03/2020 à 11:19

Ces studios, répartis dans quatre maisons, seront situés près de la rue du 11 novembre et de la caserne des pompiers.

Ces studios, répartis dans quatre maisons, seront situés près de la rue du 11 novembre et de la caserne des pompiers.
© (Illustration ADMR Samva)

A l’initiative de l’ADMR Samva, seize logements sont en construction  près de la caserne de pompiers. Ils doivent accueillir des adultes autistes début 2021.

Face au manque de solutions, elle a décidé d’agir. Depuis sa création, en 2017, à Avoine, l’association Aide à domicile en milieu rural (ADMR) de Service d’accompagnement mutualisé vers l’autonomie des personnes avec autisme (Samva) œuvre pour défendre la cause des personnes souffrant d’autisme.

Parmi ses combats, celui de trouver des logements adaptés aux handicaps. Son président, Didier Rocque, déplore une situation de « pénurie. À l’heure actuelle, il n’existe quasiment aucune perspective d’accueil d’adultes avec autisme, souligne-t-il. Et aucun projet de construction de places, dans toute la France ». Ce qui crée, selon lui, une situation « scandaleuse » : en conséquence, des jeunes seraient maintenus en institut médico-éducatif (IME), en Indre-et-Loire, « malgré leur âge, parfois à plus de 25 ans, limitant ainsi l’accueil d’autres personnes ».

Aux Maisonnées 55 demandes en attente

Pour tenter d’insuffler une nouvelle dynamique, l’ADMR Samva a lancé un projet d’habitat dit inclusif. Depuis plus d’un mois, près de la caserne de pompiers, à Avoine, seize studios, répartis dans quatre maisons, sont en cours de construction. Bâtis au titre de logements sociaux, ils permettront d’accueillir des jeunes adultes autistes, un par logement. Une salle à manger sera commune à chaque maison, pour avoir une « vie sociale partagée. On est tout près du centre-ville, de la maison de santé, des infrastructures commerciales et du tissu associatif de la commune », note Didier Rocque.

Des studios s’adressant à des jeunes « relativement autonomes. Cela ne règle surtout pas la situation des plus déficients et moins autonomes ». Et la demande est forte : une quarantaine de candidatures sont étudiées par la commission d’examens des dossiers, soit plus du double de places proposées. Une situation symptomatique de l’urgence de trouver des remèdes, selon Didier Rocque. « Vous vous imaginez être parent d’un autiste entre 15 et 18 ans, sans perspective d’avenir ? À l’ADMR Les Maisonnées (qu’il préside également, à Azay-le-Rideau), on a 55 demandes en attente, et aucune nouvelle place… »
Pour ces studios, le rythme de l’accompagnement par des professionnels, de jour et de nuit, dépendra des besoins de chaque jeune. À ce titre, entre vingt et trente agents seront recrutés en fin d’année (lire par ailleurs). Financés en partie par du mécénat, ces logements, évalués à deux millions d’euros, doivent être construits pour la fin de l’année, avec une installation début 2021. Avec ce projet, la Samva espère prouver que les « adultes autistes peuvent être indépendants ». Et susciter des vocations. « On aimerait que d’autres structures s’en inspirent ailleurs. Je sais qu’à Tours, par exemple, il y a plusieurs projets en cours. »

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Des recrutements fin 2020 au Greta

Pour les besoins de ce projet, l’ADMR Samva va recruter « entre vingt et trente agents » spécialisés dans l’accompagnement de l’autisme. Recruter, mais aussi former, en passant par le Greta. Deux mois de formation seront organisés à la fin de l’année 2020. Parmi les documents demandés pour les futurs candidats, un diplôme d’accompagnant éducatif et social (AES) et/ou d’aide-soignant. Contact : didier.rocque@wanadoo.fr