25 juin 2009
article paru dans le journal de l'université de Montréal
Résolution de problèmes : les autistes sont meilleurs que les non-autistes

Les personnes autistes résolvent les problèmes jusqu'à 40 % plus rapidement que les non-autistes, selon une nouvelle étude de l'Université de Montréal et de l'Université Harvard parue dans la revue Human Brain Mapping. Au cours de cette recherche, les participants devaient compléter des motifs dans le cadre du test Raven's Progressive Matrices (RPM), qui mesure les aptitudes à tester des hypothèses, à résoudre des problèmes et à apprendre.
« Les deux groupes ont réussi le test des matrices avec la même précision, mais les autistes ont été plus rapides et semblent avoir utilisé des parties du cerveau traitant l'information visuelle, dévoile l'auteure principale, Isabelle Soulières, une chercheuse post-doctorale de l'Université Harvard, qui a réalisé l'étude à l'Université de Montréal. Certaines critiques prétendaient que les autistes seraient incapables d'effectuer le test RPM à cause de sa complexité. Or, notre étude démontre qu'ils le réussissent aussi bien et qu'ils ont une perception plus développée que les non-autistes. »

Isabelle Soulières
Les chercheurs ont recruté 15 personnes autistes et 18 autres non-autistes pour l'étude. Âgés entre 14 et 36 ans, les participants ont été jumelés en fonction de leurs résultats préliminaires à l'échelle d'intelligence de Wechsler pour adultes. Ils se sont tous prêtés à un examen d'imagerie par résonance magnétique durant la résolution des problèmes du test RPM afin que l'on puisse explorer leur activité neuronale.
Bien que l'autisme soit dû à une incapacité neurodéveloppementale courante caractérisée par de profondes différences dans le traitement et l'analyse de l'information, cette étude a démontré que les autistes possèdent de bonnes capacités de raisonnement qui mettent à profit leurs forces en perception.
« Cette étude s'ajoute à nos résultats précédents et devrait aider les éducateurs à tirer parti des capacités intellectuelles des autistes, affirme le co-auteur Laurent Mottron, directeur de la nouvelle Chaire de recherche Marcel et Rolande Gosselin en neurosciences cognitives fondamentales et appliquées du spectre autistique de l'Université de Montréal et professeur de psychiatrie. On devrait sans cesse pousser les limites des autistes et on ne devrait jamais simplifier leur matériel didactique. »

Laurent Mottron
« Le test Raven's Progressive Matrices est l'un des tests les plus complexes qui donne une idée de la façon dont une personne comprend et formule des règles, hiérarchise des buts et pratique des abstractions de haut niveau. Nous avons fait le pari que les autistes pouvaient réussir un tel test, et ils ont dépassé nos attentes », conclut Dre Soulières.
À propos de l'étude
Les auteurs de l'étude « Enhanced Visual Processing Contributes to Matrix Reasoning in Autism » publiée dans la revue Human Brain Mapping
sont Isabelle Soulières, Gary E. Strangman, Cherif Sahyoun et Thomas A.
Zeffiro de l'Université Harvard et Laurent Mottron, Michelle Dawson,
Fabienne Samson et Élise B. Barbeau de l'Université de Montréal.
Partenaires de recherche
Cette étude a reçu le financement des Instituts de recherche en santé du Canada et de la fondation Autism Speaks.
Sur le Web :
- À propos de l'article cité
- À propos de l'Université de Montréal
- À propos de la Harvard Medical School
- À propos d'Isabelle Soulières
- À propos de Laurent Mottron
Personne-ressource auprès des médias
Sylvain-Jacques Desjardins
Attaché de presse international
Université de Montréal
Téléphone : 514 343-7593
Courriel : sylvain-jacques.desjardins@umontreal.ca
28 mai 2009
article paru dans le Nouvel Observateur du 28 mai 2009
Société
Plan autisme: plus de places que prévues créées depuis un an, selon Létard
AP | 28.05.2009 | 19:10
Un an après l'annonce en mai 2008 du plan Autisme, plus de 1.150 places d'accueil ont été crées sur les quelque 990 prévues sur la première année, s'est félicitée jeudi la secrétaire d'Etat à la Solidarité Valérie Létard, lors d'une visite d'un Institut médico-éducatif à Paris.
"Au rythme où nous allons, nous aurons atteint les 4.100 places fixées par le plan en trois ans au lieu de cinq", a-t-elle déclaré. Le plan annoncé l'an dernier prévoit de créer 4.100 places supplémentaires sur cinq ans, de renforcer la formation des professionnels, d'améliorer le diagnostic et l'offre de soins.
Le plan met également l'accent sur de nouvelles méthodes de prise en charge, éducatives et comportementales, moins médicalisées. Des méthodes encore peu pratiquées en France et que le plan prévoit d'expérimenter et d'évaluer.
Agnès Woimant, administratrice de l'association Autisme France, a toutefois estimé que la situation sur le terrain n'avait pas changé.
"Il y a 6.000 bébés autistes qui naissent chaque année, donc ce n'est de toute façon pas assez", a-t-elle expliqué sur RTL. Insistant sur la nécessité de proposer aux enfants des "programmes éducatifs adaptés", elle a dit constater que sur le terrain, les "professionnels" et les formations "restent les mêmes" et "ça n'avance pas".
Thierry Nouvel, directeur de l'Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis), estime de son côté qu'il est prématuré de tirer un bilan, d'autant que la France "part de loin" dans ce domaine.
"On a un retard important, que ce soit sur l'approche scientifique, médicale, et de la méthodologie de l'accompagnement, et en terme de structures spécifiques", a-t-il expliqué à l'Associated Press. "On va dans la bonne direction, c'est sûr, mais il y a une nécessité de mobiliser probablement d'avantage de moyens. De toutes façons, il faut du temps, c'est la difficulté sur ces sujets-là", a-t-il noté.
L'autisme est une pathologie due à une anomalie du développement neurologique pendant la période de maturation du cerveau. Ce syndrome, qui appartient selon la classification de l'Organisation mondiale de la santé à la famille des troubles envahissants du développement apparaît au début de la vie. AP
http://tempsreel. nouvelobs. com/depeches/ societe/20090528 .FAP4731/ plan_autis
Discours de Vélérie Létard lors du la viiste de l'IME 'Notre école"
Visite de l'IME "Notre école". Bilan d'étape du plan autisme 2008-2010. Discours de Valérie Létard. 28 mai 2009
Il y a un an, à quelques jours près, le 16 mai 2008, j'annonçais, avec Roselyne Bachelot, le Plan autisme 2008-2010. Fêter l'anniversaire de ce plan en visitant votre IME est une belle manière d'en souffler la première bougie.
La réalisation que j'ai vue aujourd'hui, les locaux parfaitement adaptés aux besoins des enfants à chaque stade de leur développement, la qualité de la prise en charge, la combinaison d'approches éducatives complètement individualisées, tout ceci me conforte dans le sens de ce que nous avons cherché à mettre en oeuvre à travers le lancement de ce plan.
Il se trouve que cette visite a lieu également quelques jours après que le CROSMS d'Ile de France s'est prononcé défavorablement sur 6 projets expérimentaux. Bien entendu, ces décisions peuvent interpeller dans la mesure où le Gouvernement avait, dans ce nouveau plan, souhaité ouvrir le champ des possibles pour les nouvelles méthodes. Le premier enseignement que j'en tire, c'est que nous avons encore besoin de progresser dans la voie du dialogue entre tenants d'approches différentes.
C'est en tout cas la manière dont je souhaite interpréter ce rejet.
Et d'une certaine manière, si j'ai choisi de venir visiter votre établissement, c'est bien parce qu'il répond aux objectifs que nous nous sommes fixés, à travers le Plan Autisme : d'une part accroître la capacité d'accueil pour les enfants autistes, d'autre part développer des formes de prise en charge plus innovantes.
Accueillir davantage d'enfants, c'est bien ce que fait votre IME grâce aux efforts des deux plans autisme. En effet, lorsqu'il a été créé en 1984, votre IME accueillait 20 enfants autistes. Il avait pu bénéficier d'une première extension de 5 places en 1995, mais surtout le premier plan autisme 2005-2007, puis le second plan 2008-2010 lui ont permis de passer de 25 places à 42 depuis le 1er janvier 2009. Il a également pu bénéficier d'une aide à l'investissement de la CNSA de 1,2 M€ pour s'installer dans de nouveaux locaux, et nous venons de voir à quel point ces derniers sont fonctionnels, agréables et adaptés.
Plus globalement, permettez-moi de rappeler que le Plan autisme en 2008, ce sont 1158 places nouvelles autorisées et financées. Nous dépassons ainsi de presque 160 places l'objectif que nous nous étions fixés pour cette année.
Au rythme où nous allons, nous aurons atteint les 4100 places fixées par le plan en 3 ans au lieu de 5. J'y voir le résultat d'une priorité forte fixée par le Gouvernement. Et je me félicite que les DDASS l'aient parfaitement relayée. Elles auront en 2008 en effet consacré à l'autisme des crédits bien au-delà du plancher qui leur avait été fixé.
Mais si je suis venue ici, ce n'est bien sûr pas par hasard mais bien parce que l'IME « Notre Ecole » a été un établissement tout à fait pilote en son temps. Lorsque vous avez créé cette structure, elle était le premier IME spécifique autisme à ouvrir en France, à une époque où la seule solution était l'hôpital de jour. Votre établissement, fortement orienté vers les méthodes éducatives (TEACCH), faisait figure de pionnier et il a dû ouvrir avec un statut expérimental.
25 ans plus tard, force est de constater que cette expérience est une réussite et que les parents ont eu raison de pousser l'administration à prendre le risque d'expérimenter : l'approche pluridisciplinaire, éducative et ouverte sur l'extérieur – inédite à l'époque – est devenue un modèle de référence pour la construction des IME actuels pour enfants autistes.
C'est bien la raison pour laquelle le Gouvernement veut accompagner l'innovation : c'est un axe fort du plan Autisme 2008-2010, et ce qui fait son originalité par rapport au précédent.
En effet que cherchons-nous à faire à travers ce nouveau Plan Autisme si ce n'est imaginer les établissements de demain ?
Ces établissements, nous voulons qu'ils puissent permettre l'expérimentation de nouvelles formes de prise en charge. Mais ces expérimentations, nous voulons qu'elles se fassent de façon encadrée et évaluée, afin de ne généraliser que les meilleures pratiques et les méthodes les plus bénéfiques.
Encadrées, elles le seront grâce à un cahier des charges qui précisera le cadre dans lequel elles devront à l'avenir se dérouler, ainsi que leurs modalités d'évaluation. Il sera publié avant l'été.
Alors, me direz-vous, comment se fait-il que des demandes de création de structures expérimentales aient déjà été instruites ? C'est que pour rédiger ce cahier des charges, il nous fallait du matériau. Les projets expérimentaux, issus de l'imagination du terrain, ont en 2008 « essuyé les plâtres ».
Ainsi, mais ce sont ces innovations, ce sont les difficultés rencontrées par les promoteurs pour les faire émerger et par les DDASS pour les instruire qui nous ont permis de le rédiger.
Evaluées, elles le seront également, à travers l'obligation qui leur sera faite d'un suivi des enfants par une équipe extérieure à l'établissement (hospitalière ou universitaire), afin de garantir la qualité des interventions et d'objectiver les résultats obtenus.
Cet accent mis sur l'innovation a rencontré un succès important et provoqué un foisonnement de projets. D'ailleurs, le premier centre expérimental issu du plan Autisme a été inauguré le 14 novembre dernier à Villeneuve d'Ascq. Et en Ile de France, ce ne sont pas moins de 7 projets expérimentaux qui ont été déposés. L'examen de ces projets par le CROSMS le 14 mai dernier a été l'occasion de constater que les réticences au développement de ce type d'expérimentations demeurent. Elles sont motivées tant par le recours à de nouvelles méthodes de prise en charge que par le coût qui en découle.
S'agissant des méthodes, je n'y reviendrai pas, nous avons mis tous les garde-fous nécessaires et les DDASS seront très vigilantes quant au fonctionnement de ces structures.
S'agissant du coût de ces structures, il ne faut effectivement pas que leur développement se fasse au détriment des établissements ordinaires. Il serait absurde qu'en voulant ouvrir le champ des possibles, on tombe d'un extrême dans l'autre.
Bien sûr, il aurait été possible de ne retenir qu'un ou deux projets. Mais j'ai souhaité donner aux expérimentations une dimension suffisamment significative pour qu'on puisse en tirer tous les enseignements nécessaires.
Au total, compte tenu du nombre de projets concernés pour l'Ile de France, je n'ai pas voulu qu'ils pèsent intégralement sur les DDASS et j'ai donc décidé de mobiliser des crédits supplémentaires. Les projets seront également retravaillés avec les promoteurs pour optimiser les financements demandés, au regard de la spécificité des interventions prévues auprès des enfants.
Au total, ce sont 142 places qui vont être autorisées de façon échelonnée entre 2009 et 2011, dans trois départements : Paris, les Hauts-de-Seine, et la Seine-et-Marne.
Cependant, et même s'il s'agit d'un axe important, je ne voudrais pas que le plan Autisme soit réduit à la seule question des établissements expérimentaux. En effet le Plan Autisme va bien au-delà de la création de places nouvelles.
A travers le Plan autisme, nous avons cherché aussi :
A objectiver les connaissances sur l'autisme, à travers la
réalisation d'un socle de connaissance qui fasse enfin consensus
: pour
en garantir la rigueur scientifique, nous en avons confié l'élaboration
à la
Haute Autorité en Santé, qui a arrêté un protocole de travail le 4 mars
dernier et a confié la direction des travaux aux Pr. Catherine
Barthélémy et Charles Aussilloux, références dans le domaine de
l'autisme en France.
La méthodologie retenue garantit une triple approche : internationale, scientifique et pluridisciplinaire. Nous disposerons du document final d'ici la fin de l'année.
Nous avons voulu aussi améliorer la formation des
professionnels : même si la mise à jour de l'ensemble des formations ne
pourra être réalisée que sur la base du socle commun de connaissance,
nous avons voulu anticiper.
C'est pourquoi nous avons fait de l'autisme un axe prioritaire de la
formation des professionnels de santé. Ils ont reçu une plaquette leur
rappelant les recommandations de la HAS en matière de diagnostic et
insistant sur la nécessité de recourir à la classification de l'OMS, qui dit
bien que l'autisme n'est pas une maladie psychiatrique, mais un trouble
d'origine neurobiologique.
Nous réformons aussi les statuts de la CNSA pour qu'elle puisse
financer la formation des parents. Un premier appel à projet pourra être
lancé en 2010. Enfin, nous voulons sensibiliser les enseignants : ils
recevront à la rentrée 2009 un guide expliquant les spécificités de
l'intégration d'enfants autistes dans une classe.
Nous souhaitons aussi améliorer l'accès au diagnostic et
l'accompagnement après le diagnostic : les moyens des équipes en
charge du diagnostic ont été renforcés, à hauteur de 3 M€, ce qui va
permettre de recruter en moyenne trois personnes supplémentaires par
équipe. Par ailleurs, en septembre prochain, nous lançons une
expérimentation sur un dispositif d'annonce du diagnostic, pour laquelle
nous avons déjà reçu 50 projets.
Il est enfin indispensable de définir des critères de bonnes
pratiques, pour lutter contre les dérives et pratiques dangereuses : à
cette fin, l'ANESMS va publier des critères d'ici la fin de l'été.
C'est dans le cadre de cette réflexion sur les pratiques que s'inscrit la réflexion du Gouvernement concernant l'encadrement de la méthode dite du « packing », dénoncée par plusieurs associations.
Cette technique est employée, par certains médecins, comme traitement de dernier recours pour des enfants ou adultes autistes présentant des troubles sévères du comportement, pour réduire le recours aux psychotropes. Elle n'a pas fait à ce jour l'objet d'une validation scientifique et c'est pour l'évaluer scientifiquement qu'une étude dans le cadre du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) est actuellement en cours.
Je veux être claire : qui dit protocole de recherche dit respect d'un certain nombre de règles : information précise des parents ou des représentants légaux et accord exprès de ceux-ci. Et le recours à cette technique devrait rester strictement limité à ce protocole, tant que l'évaluation de ses bénéfices et de ses risques n'aura pas été réalisée.
Ainsi, tout recours en dehors de ce cadre, notamment en cas d'absence d'accord formel des parents, peut légitimement donner lieu à un signalement, en vue d'une enquête DDASS, et même à un signalement judiciaire, en cas de soupçon de maltraitance.
Ma collègue Roselyne Bachelot va d'ailleurs saisir la commission « sécurité des patients » du Haut conseil de santé publique afin d'évaluer l'existence réelle ou supposée de maltraitance liée au packing, en prenant en compte la notion bénéfice/risque pour les enfants concernés.
Des instructions vont également être données aux DDASS en vue d'une vigilance particulière à ce type de pratiques en établissements médico-sociaux où cette méthode n'a pas à être employée.
En effet, si le Gouvernement a souhaité ouvrir le champ des prises en charge de l'autisme, il ne saurait être question de laisser se développer des pratiques contraires à l'intérêt et au bien-être des personnes concernées.
Mais ces situations sont des situations extrêmes, l'exemple de ce que
nous venons de voir, les échanges que nous avons pu avoir au cours de ma
visite, montrent à l'évidence que des prises en charge parfaitement
adaptées aux troubles autistiques et qui favorisent le plein épanouissement
des enfants autistes existent et sont en capacité de répondre aux besoins
des familles. Pour cette exemplarité dans la durée, soyez félicités !
Je vous remercie.
19 mai 2009
communiqué de l'association "Léa pour Samy" en date du 15 mai 2009
COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris – 15.05.09
Anniversaire du plan autisme : quel beau cadeau pour les familles !
A la veille de l’anniversaire du plan autisme, le CROSMS Ile de France (Comité Régional de l’Organisation Sociale et Médico-sociale) recevait en commission un certain nombre d’associations porteuses de projets innovants (dont 4 projets parisiens avec l’approche ABA).
La vingtaine de personnes présentes (sur la cinquantaine censées l’être) ont tranché : avis défavorable pour les 4 structures.
C’est le travail de plusieurs mois pour la DDASS et de plusieurs années pour les associations, qui a donc été réduit à néant en quelques minutes, par une commission qui n’a absolument pas tenu compte de la (soi-disant) volonté du gouvernement « d’instruire dans une approche constructive les projets innovants qui lui seront soumis » (cf : circulaire du 8 octobre 2008 relative au plan autisme), détaillée dans le plan autisme 2008-2010 (mesure N°29).
Malgré toutes nos démarches pour alerter les pouvoirs publics sur ces commissions, contribuant à cloisonner le système, nous nous retrouvons, une fois de plus, devant une résistance au changement et à la bienséance.
Le responsable de cette débâcle : le gouvernement qui n’a pas donné de directives par le biais d’un cahier des charges ayant pour but de soutenir les démarches de projets innovants.
Celui-ci doit se mordre les doigts aujourd’hui de ne pouvoir annoncer publiquement l’autorisation de structures innovantes à Paris, annonce qui aurait pourtant crédibilisé le plan autisme 2008-2010.
Outre l’avis défavorable que l’ensemble des associations parisiennes porteuses de projets ont reçu de concert, avis catastrophique pour l’avenir de la prise en charge des enfants, la façon dont Léa pour Samy a été reçue par la commission reflète bien malheureusement l’inaptitude des représentants « spécialistes » à prendre des décisions en tenant compte des besoins spécifiques des enfants atteints d’autisme et à comprendre que le système actuel est défaillant pour la prise en charge de ce syndrome.
Dès la présentation de notre structure FuturoSchool1 (appliquant l’approche ABA), nous avons vite perçu qu’une majorité de personnes présentes était réfractaires à la prise en charge éducative, car attachées à la prise en charge d’ordre psychiatrique. Nous avons été interpellés sur notre refus de faire appel aux professionnels censés être compétents pour la prise en charge des enfants autistes : les éducateurs spécialisés. Nous appuyant sur les directives du plan Autisme, mettant en avant la nécessité de mettre en place de nouveaux métiers, nous avons explicité les lacunes dans le contenu des formations tant dans la présentation de l’autisme que dans l’appréhension des besoins spécifiques des enfants. Nous avons mis en avant notre expérience au sein de FuturoSchool Paris depuis 3 ans méritant que l’on se penche sur ces résultats.
Aucune question sur la prise en charge ni sur les progrès des enfants n’a été posée.
Nous avons, au contraire, été la cible d’un certain nombre d’interrogations sans rapport avec notre projet. Par exemple : la raison d’adopter un nom anglo-saxon pour un projet français et plus particulièrement parisien, la raison de « l’émiettement des associations » et plus hors sujet encore : des questions (ou plutôt des accusations) sur notre moratoire contre le packing. Un psychiatre d’obédience psychanalytique a ainsi insisté sur notre « acharnement contre le packing » et ne s’est pas privé de citer certaines de ses alliances et amitiés pour nous discréditer et nous attaquer sur le volet juridique et de défense de notre action. FuturoSchool consistait à créer, pour la première fois en France, une unité d’évaluation, d’intervention et de guidance parentale basée sur l’approche éducative A.B.A (Analyse Appliquée du Comportement). L’A.B.A permet de traiter les troubles du comportement dus à l’autisme, principal frein à l’intégration scolaire et sociale et plus largement à l’apprentissage. Un programme individualisé est déterminé par le thérapeute en fonction des difficultés et compétences de chaque enfant, des objectifs de travail sont fixés et réévalués régulièrement. Le thérapeute travaille avec l’enfant, supervise les différents intervenants et aide les parents à interagir à travers la guidance parentale. L’intégration scolaire fait partie de ce programme.
La circulaire du 8 octobre 2008 relative au plan autisme exhortait bien à décloisonner les institutions, à travailler avec les familles et les associations et insistait sur l’instruction des projets expérimentaux.
Cet avis défavorable pourrait donc amener à fermer les structures de prise en charge fonctionnant avec l’approche ABA, soit laisser (pour la seule ville de Paris) plus de 40 enfants atteints d’autisme et TED sans prise en charge et aucun avenir pour des milliers qui attendent à la porte.
C’est donc vers M. Hortefeux, Ministre du Travail, des relations Sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, Mme Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé et des Sports ainsi que Mme Létard, Secrétaire d’Etat à la Solidarité que nous nous tournons. Vont-ils appliquer leur plan autisme 2008-2010 en décidant de financer les prises en charges éducatives par la Sécurité Sociale et le CNSA ? Vont-ils enclencher une remise en cause du système médico-social et accorder à la sphère éducative le financement nécessaire, en y attribuant une partie importante des 187 millions d’euros du plan autisme ? Aideront-ils les personnes atteintes d’autisme à se libérer de cette psychiatrie psychanalytique, présente dans toutes les commissions en France, à l’origine d’un système défaillant ? Vont-ils faire ce que tous les parents d’enfants, adolescents et adultes atteints d’autisme attendent d’eux : le début d’une révolution…
Sans réponse concrète et urgente du gouvernement, Léa pour Samy agira en conséquence et appelle d’ores
à déjà toutes les associations victimes de cette situation à faire de même.
M'Hammed SAJIDI - Président
Association LEA POUR SAMY
51 rue Léon Frot - 75011 PARIS
Tel : 01.47.00.47.83 – 06.09.85.70.22
www.leapoursamy.com
leapoursamy@wanadoo.fr
Contact presse : Marion WALZ 01.47.00.47.83
05 mai 2009
article paru dans Le Progrès.fr
29 avril 2009
le guide des "Droits des personnes handicapées"
Toutes les
démarches concernant la prise en charge et la reconnaissance de la personne
handicapée
.
Les Droits des personnes handicapées: Toutes les démarches
concernant la prise en charge et la reconnaissance de la personne handicapée,
guide publié aux éditions Le Particulier
En France, 5 millions de
personnes sont aujourd'hui handicapées: deux millions à mobilité réduite et 3
millions handicapés mentaux. Mais selon une enquête de l'Insee, c'est 12
millions de Français qui se déclarent victimes d'une déficience. Les droits des
personnes handicapées ont considérablement évolué ces dernières
années.
La grande réforme de février 2005 a représenté une
avancée significative pour la reconnaissance des droits des personnes
handicapées. La réforme de la protection juridique des majeurs (tutelle,
curatelle…), applicable pour l'essentiel au 1er janvier 2009, adapte au mieux
l'accompagnement des personnes protégées.
Et, enfin, la loi de finances
2009 renforce leur accès à l'emploi et revalorise leurs aides financières. Mais,
l'information relative aux droits des personnes handicapées demeure disparate,
complexe, et souvent difficile à trouver.
Ce nouveau guide des "Droits
des personnes handicapées" vient offrir les clés d'une meilleure compréhension
de l'environnement juridique de ces personnes afin de leur permettre, ainsi qu'à
leurs proches et aux professionnels qui les entourent, de connaître très
précisément tous leurs droits, et de mieux les faire reconnaître.
* Préface
de Henri-Jacques Stiker, Directeur de recherche, Paris VII-Jussieu:
"La
parole propre des personnes handicapées s'est fait entendre de plus en plus. Non
seulement les besoins de compensation de la déficience sont devenus plus
évidents, mais les obstacles de tout ordre rencontrés par les personnes ont été
analysés. Le handicap est apparu comme une interaction entre les facteurs liés à
la déficience (physique, intellectuelle, sensorielle, psychique ou polyhandicap)
et des facteurs extérieurs (sociaux, environnementaux, culturels, etc.). Il est
certain, par exemple, qu'une personne ayant une perception ralentie, suite à une
maladie psychique, ne pourra faire face dans un milieu qui lui envoie des
messages trop rapides et simultanés. L'adaptation de son environnement à son
handicap devient un impératif."
* Toutes les démarches pour mener une vie
sociale pleine et entière:
Étudier, travailler, communiquer, circuler,
accéder à la culture et aux loisirs: mener une vie sociale au même titre que
tout autre citoyen est un droit pour la personne handicapée. Cependant
aujourd'hui encore, souvent par manque d'informations, un trop grand nombre de
personnes handicapées continue d'être isolées, stigmatisées et parfois exclues
de la société. Ce nouveau guide passe en revue toutes les démarches concernant
la prise en charge et la reconnaissance de la personne handicapée, la
scolarisation de l'enfant handicapée, l'accès à la formation professionnelle et
à l'emploi, les différentes prestations…
* 10 thématiques qui couvrent tous
les aspects des droits des handicapés:
1 - Le cadre juridique du
handicap
2 - Faire valoir les droits des personnes handicapées
3 -
La protection juridique des personnes handicapées
4 - La scolarité des
enfants handicapés
5 - L'emploi et la formation des personnes
handicapées
6 - Le logement des personnes handicapées
7 - L'accès
à la vie sociale
8 - Les ressources des personnes handicapées
9 -
Le patrimoine de la personne handicapée
10 - La fiscalité des personnes
handicapées
Le sommaire détaillé de chaque chapitre se trouve en fichier
pdf joint à ce communiqué de presse.
* La classification internationale des
handicaps explicitée:
Page 14 du guide: "Un enfant sourd de naissance
(déficience) ne pourra apprendre le langage comme les autres enfants
(incapacité) et sera donc dans l'impossibilité de suivre les mêmes cours à
l'école que les autres (désavantage) .
* Définition précise des notions
clés:
Exemple du "Guide Barème" (page 15).
"Le guide barème est un
outil d'évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées,
utilisé entre autres par la Commission des droits et de l'autonomie des
personnes handicapées pour déterminer le taux d'incapacité des demandeurs
s'adressant à elle. Il s'appuie sur les concepts de déficience, d'incapacité et
de désavantage proposés par l'OMS par le biais de la Classification
internationale des handicaps depuis les années 1980. Le guide barème ne fixe pas
de taux précis mais indique des fourchettes de taux."
* Le rôle de chaque
organisme précisé:
Exemple de la CNSA (page 26) "Les apports de la Caisse
Nationale de Solidarité pour l'Autonomie.
La CNSA est à la fois une
caisse, une agence et un espace public d'échanges pour l'autonomie des personnes
âgées et des personnes handicapées. Mise en place en mai 2005, la CNSA est,
depuis le 1er janvier 2006, chargée de : financer des aides en faveur des
personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées ; garantir l'égalité de
traitement sur tout le territoire et pour l'ensemble des handicaps ; assurer une
mission d'expertise, d'information ou d'animation pour suivre la qualité du
service rendu aux personnes."
* Des recommandations pour agir
rapidement:
Exemple "Quels sont les organismes à solliciter pour obtenir
une aide financière pour un séjour de vacances" (page 108).
Les
organismes à solliciter sont le Centre communal de l'action sociale (CCAS),
votre mutuelle et/ou votre caisse de retraite complémentaire, votre comité
d'entreprise, la Caisse d'allocations familiales, votre caisse primaire
d'assurance- maladie, la Maison départementale des personnes handicapées
(MDPH). Pour les enfants, pensez aussi à demander le complément de l'allocation
d'éducation (voir p. 110). Pour les adultes, demandez la prestation de
compensation (voir p. 120).
* Une réponse à toutes les questions pratiques
qui préoccupent les parents et leur entourage:
Exemple page 58: un enfant
handicapé peut-il être accueilli à l'école si l'AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire)
qui l'accompagne est absent ?
L'école peut accueillir un enfant handicapé
sans son AVS. Toutefois, l'école peut s'opposer à son accueil, s'il s'agit d'un
cas particulier ou en cas de circonstances exceptionnelles. Le caractère
particulier ou exceptionnel de la situation peut découler d'un accord amiable
avec les parents qui sont, conscient de la difficulté pour l'enseignant de
s'occuper de l'enfant sans l'aide de l'AVS. Cependant, il est préférable que
cette disposition soit inscrite dans le projet personnalisé de scolarisation de
l'enfant (PPS)."
* Toutes les hypothèses étudiées:
Exemple page 128 du
"Cumul de la pension d'invalidité avec l'AAH (Allocation aux Adultes
Handicapés).
En principe, la pension d'invalidité n'est pas cumulable
avec l'AAH (voir p. 17). Toutefois, si la pension d'invalidité est d'un montant
inférieur à celui de l'AAH à laquelle la personne peut prétendre, une allocation
différentielle est versée, complément de la pension d'invalidité. Le total ne
doit pas dépasser le montant de l'AAH à taux plein. La personne handicapée peut
également percevoir les compléments de l'AAH (complément de ressources et
majoration pour vie autonome) si elle en remplit les conditions (voir p.
119).
* Liste des abréviations:
AEEH, APA, CAV, CLIS, CNITAAT,... le
profane est perdu dans ce jargon. Le guide traduit les 70 sigles avec lesquels
il faut apprendre à jongler. Les coordonnées de chaque organisme cité se
retrouvent dans l'aide-mémoire qui suit "Adresses utiles".
* Fiche
pratique:
Autre valeur ajoutée, le guide des "Droits des personnes
handicapées" fournit en annexe une liste exhaustive des équipements d'une maison
facilitant la vie des personnes âgées et handicapées qui ouvrent droit au crédit
d'impôt.
* Index à 170 entrées:
La consultation du guide est facilitée
au maximum grâce à son index qui ne propose pas moins de 170 entrées. Ces 170
mots, expressions ou noms des institutions constituent un moyen rapide pour
découvrir ou retrouver un sujet, un droit précis au sein d'univers
particulièrement complexe. Chaque entrée de l'index renvoie à la page ou aux
différentes pages concernées, avec en outre un rappel du numéro du chapitre de
l'ouvrage.
* Informations complémentaires:
Format : 15 X 24
cm - 160 pages
Reliure cartonnée
Dos carré collé - Prix : 26
€
Publié aux éditions LeParticulier
10 avril 2009
article paru dans l'express.fr du 9 avril 2009
"L'Etat ne pourra plus répondre qu'il manque de places pour les enfants handicapés"
C'est une première: le Conseil d'Etat a condamné l'Etat pour défaut de scolarisation d'un enfant handicapé. La réaction de Thierry Nouvel, directeur général de l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei).
La décision du Conseil d'Etat va-t-elle concrètement faire avancer la scolarisation des handicapés?
Assurément. C'est une pression supplémentaire sur les pouvoirs publics, un levier puissant, qui permettra de mettre un terme à des situations comme celle sur laquelle s'est prononcée le Conseil d'Etat: une jeune fille handicapée de 13 ans, qui n'était plus scolarisée dans un institut médico-éducatif depuis 2003. Dorénavant, l'Etat ne pourra répondre aux parents qu'il y a un manque de places. Il va devoir se mobiliser pour ces "enfants sans solutions".
Comment se déroule actuellement la scolarisation des handicapés?
Au moins 5000 enfants handicapés attendent de trouver un établissement scolaire en France. Les enfants et adolescents sont orientés selon leurs besoins, après avis d'une commission de la Maison départementale des personnes handicapés de Paris. Pour faire face aux différents niveaux de handicaps, il faut développer une palette de réponses. Les unités pédagogiques d'intégration (UPI) en sont un exemple: des classes spécialisées pour handicapés dans des collèges classiques. Il existe également des formes de scolarisation mixte, où les enfants vont à la fois dans un établissement traditionnel et dans un établissement spécialisé. Mais la logistique est encore compliquée à mettre en place. Par exemple, la collaboration entre les deux établissements n'est pas toujours assurée. En milieu scolaire classique, l'intégration des handicapés ne pose pas de véritables problèmes, à condition que les auxiliaires de vie sociale soient en nombre suffisant, ce qui est rarement le cas.
La loi du 11 février 2005 renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves handicapés. Sur quoi l'application de cette loi butte-t-elle aujourd'hui?
Les moyens manquent cruellement. Il n'y a pas suffisamment de structures spécialisées. Pour les handicapés lourdement atteints, il n'existe pas d'autre choix que de construire des instituts médicaux-éducatifs. Sinon, les enfants restent chez leurs parents. Lors de la première Conférence nationale sur le handicap, lancée le 10 juin 2008 par le Président de la République, un plan de création de places pour accueillir les jeunes handicapés a été lancé. A moyen terme, ce plan pourrait permettre de placer une grande partie de ces enfants. Mais à court terme, nous sommes en manque de solutions.
La prise en charge concerne également les handicapés mentaux, notamment les autistes.
Coralie Astier, 24 ans, est étudiante en master 2 de psychologie
clinique à Nantes. L'année dernière, elle a épaulé Max, un adolescent
autiste, en tant qu'accompagnante psycho-éducative. Sans elle, le
garçon n'aurait pas pu effectuer son année scolaire correctement. "Max
était suivi par une auxiliaire de vie sociale de l'éducation nationale,
mais qui était seulement présente à mi-temps", explique Coralie.
L'étudiante comblait donc les deux journées et demi restantes de la
semaine, afin que Max ne soit jamais livré à lui-même. Une prise en
charge indispensable non seulement pour l'adolescent, mais aussi pour
la bonne marche de la classe de 3e du collège Les Ormeaux, à
Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), où Max était scolarisé. "Le matin,
en arrivant au premier cours, je rappelais à Max de sortir ses
affaires, raconte Coralie. Il est facilement distrait. Je l'aidais à
prendre ses notes, à faire ses exercices. Les mathématiques étaient
particulièrement difficiles, car le professeur ne pouvait pas consacrer
une demi-heure entière à Max." Coralie faisait le lien avec la famille
en remettant un compte-rendu rédigé de la journée aux parents.
L'objectif
consiste à réduire le temps passé avec l'accompagnant pour permettre à
l'enfant de devenir autonome. Pour Max, l'expérience a porté ses
fruits. Cette année, il est en seconde professionnelle à Bagneux. Une
auxiliaire de vie le suit à temps partiel. Le jeune homme peut même se
féliciter d'être le premier de sa classe.
09 avril 2009
article paru dans les Dépêches de l'Education du 9 avril 2009
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| du Jeudi 9 avril 2009 | ![]() |
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L'Etat doit assurer la scolarisation des enfant handicapésLe Conseil d'Etat a estimé mercredi qu'il appartenait à l'Etat de faire respecter "le droit à l'éducation" des enfants handicapés en assurant leur scolarisation, au risque de devoir verser des réparations financières en cas de manquement. La plus haute juridiction administrative a donné raison aux parents d'une fillette handicapée qui avaient considéré que l'Etat n'avait pas rempli ses obligations puisque leur enfant n'avait pas eu accès à un institut médico-éducatif à partir de la rentrée 2003. Leur demande avait été rejetée par la cour administrative d'appel de Versailles, une décision que le Conseil d'Etat a annulée. Le Conseil relève dans sa décision que la cour de Versailles s'était bornée à estimer que l'Etat n'avait qu'une "obligation de moyens", celle de "faire toutes les diligences nécessaires", sans vérifier s'il "avait pris l'ensemble des mesures et mis en oeuvre les moyens nécessaires" pour que l'enfant reçoive l'éducation adaptée à sa situation. "Le Conseil d'Etat juge que les difficultés particulières que rencontrent les enfants handicapés ne les privent pas du droit à l'éducation, qui est garanti à chacun quelles que soient les différences de situation, et ne font pas obstacle au respect de l'obligation scolaire, qui s'applique à tous", résume dans un communiqué cette instance. "L'administration ne peut pas, pour se soustraire à cette responsabilité, mettre en avant l'insuffisance des structures d'accueil existantes ou le fait que des allocations sont allouées aux parents d'enfants handicapés", ajoute le Conseil. Une carence de l'État constitue donc "une faute dont les conséquences peuvent être réparées financièrement", en conclut le Conseil. Pour autant, il ne détermine pas les modalités de la réparation des préjudices, tâche qui reviendra à la cour administrative d'appel devant laquelle l'affaire a été renvoyée. |
07 avril 2009
article publié sur France 2.fr
SANTE
04/04/2009 | 16:23
Un nouveau livre blanc sur l'autisme
Le centre pour autistes d'Ellignies-Sainte-Anne, qui accueille 150 Français (février 2009)
© AFP / Philippe Huguen
Un nouveau texte sur l'autisme dénonce les "retards" persistants de la France dans sa prise en charge
Présenté
samedi à Lille par l'association Autisme France, un nouveau "livre
blanc", qui rassemble des dizaines de témoignages de familles, sera
remis le 9 avril à la ministre de la Santé Roselyne Bachelot.
Il estime que, depuis 1994, "très peu de choses ont changé" malgré la
publication d'un premier livre blanc qui avait provoqué un électrochoc.
Le
premier texte a été à l'origine d'une batterie de textes de loi et de
recommandations qui sont souvent restés lettre morte, selon
Autisme France qui affirme représenter entre 9000 et 10.000 familles.
"Les diagnostics pour les enfants se sont améliorés mais les adultes
ont été totalement oubliés, la scolarisation reste très aléatoire,
toujours menacée, l'aide éducative aux familles relève entièrement
d'initiatives associatives (...), la vie en milieu ordinaire, un voeu
pieux", constate le livre blanc.
"Le 2e plan pour l'autisme (2008-2010) propose 4.100 places
supplémentaires sur cinq ans. C'est absolument dérisoire compte tenu du
fait que naissent chaque année en France de 5000 à 6000 bébés
autistes", a déclaré à l'AFP Danièle Langloys, auteur du texte.
Faute de capacités d'accueil suffisantes en France, 3.000 personnes
autistes vivraient dans des établissements belges, selon Mme Langloys.
"La France n'a toujours pas pris conscience qu'il s'agit d'un énorme
problème de santé publique", a-t-elle ajouté, rappelant les trois
condamnations de la France par le Conseil de l'Europe pour
"discrimination à l'égard des personnes autistes."
En France, le nombre de personnes affectées par des troubles
envahissants du développement (TED), dont l'autisme, est estimé entre
180.000 (Inserm) et 300.000 à 500.000 (Comité d'éthique).
L'autisme et les autres "troubles envahissants du développement"
sont caractérisés par un déficit des interactions sociales et de la
communication qui entravent le développement de l'enfant et peuvent
engendrer des handicaps sévères.
05 avril 2009
Gordon Brown accepte de recevoir Polly Tommey
Brown to meet autism campaigner
PM promises mother who launched 'Dear Gordon' billboard blitz that sufferers and carers will get more help
By Nina Lakhani
Sunday, 5 April 2009
Direct action: Polly Tommey whose son Billy (above) has autism, secured the PM's promise of a meeting after raising the money to launch a billboard ad campaign across London
Gordon Brown has promised to meet the mother of a young boy with autism who single-handedly launched a billboard advertising campaign demanding more support for people with the condition.
The Prime Minister sent the former actress and mother of three, Polly Tommey, 42, a seven-page letter, just days after her "Dear Gordon ..." billboard campaign was launched in London.
Mr Brown has offered Mrs Tommey the opportunity to meet government officials, including his health adviser, Greg Beales, and the care minister, Phil Hope, on 15 April. He has agreed to meet her personally at a later date. In his letter, the PM acknowledges that families are not getting the help they need and that health and social care services must improve: "We understand that people often don't get the support they need and deserve. We therefore want to do more to provide this support and I am determined to drive improvements in the NHS and local authority services, so people with autism experience real improvements in their everyday lives."
Mrs Tommey's son, Billy, who turns 13 at the end of April, was diagnosed with autism at the age of two and is about to start at a pioneering new residential school in Brighton. There he will be taught life skills that other children his age take for granted.
Mrs Tommey had made repeated attempts to reach the PM and other ministers over the last few months but had failed to get any response until now.
Her charity, the Autism Trust, believes the Government could save more than £500m a year by helping just 20 per cent of adults with autism or parents of children with autism back into work. According to a report by Kings College London in 2008, the condition costs the UK £27.5bn every year.
"Gordon Brown will meet me and talk to me about autism," she said yesterday. "There is no way I am going to let him back out now, otherwise this whole thing would have been a complete waste of time. I've been promised several meetings with his officials, but he has also said he will meet me personally."
Mrs Tommey was motivated to launch the current campaign after two parents who subscribe to the Autism File – an online magazine which she edits – committed suicide after failing to get the right help and support for their children.
She convinced the advertising giant Peter Mead, and everyone else involved in realising the campaign, to work for free by telling them about the desperate calls she receives from isolated families on the telephone helpline she runs from home.
In his letter to her, Mr Brown acknowledged that the Government could benefit from her vast experience and knowledge of the condition.
A helpline run by the National Autistic Society receives 50,000 calls every year from families struggling to cope because of patchy health, education and social care services. Seven out of 10 autistic children also have a mental illness, while one third of adults with the condition report serious mental health problems caused by a lack of support.





























