13 janvier 2016

Essonne : elle soigne ses patients grâce à son chien et ses chevaux

article publié dans Le Parisien
Julien Heyligen | 07 Janv. 2016, 10h36 | MAJ : 07 Janv. 2016, 18h17
  Bièvres, mardi 5 janvier. Virginie Balverde, 28 ans, soigne les personnes souffrant de trouble physiques ou psychologiques grâce à des chevaux ou sa chienne Fiesta.
Bièvres, mardi 5 janvier. Virginie Balverde, 28 ans, soigne les personnes souffrant de trouble physiques ou psychologiques grâce à des chevaux ou sa chienne Fiesta. (LP/J.H.)

Quand Virginie Balverde lui dit « pose ! », Fiesta, une golden retriever de 5 ans à faire fondre le pire des acariâtres, allonge sa tête sur les genoux en quête d’un câlin. Accompagnée de sa chienne qui obéit à 52 commandes, la jeune femme de 28 ans, psychomotricienne, a installé sa société Can’équi Thérapies au Haras de la Lisière, à Saint-Aubin, sur le plateau de Saclay. Elle y soigne aujourd’hui ses patients, en compagnie de Fiesta et de chevaux. Un des tout premiers centres de ce type de la région.

A 17 ans, à l’âge où l’on hésite longuement sur sa vie future, le destin de Virginie s’est joué en quelques clics sur un moteur de recherche. « Pour être diplômé d’équithérapie, il fallait déjà maîtriser un métier médical, paramédical ou social. J’ai alors découvert le mot psychomotricien. Je l’ai tapé sur Internet et ça a fait tilt. C’est le lien entre le corps et l’esprit », raconte-t-elle.

Avec Fiesta, Virginie intervient dans les maisons de retraite

Après deux années de prépa, Virginie réussit le très sélectif concours — seulement 10 % d’élus — de l’institut de formation en psychomotricité de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Forgée au voyage par des déménagements à répétitions pour suivre un père pasteur, elle s’occupe d’enfants aveugles et malvoyants en Chine puis en France, s’implique auprès d’orphelins en Thaïlande et au Laos. Elle se fixe finalement dans une maison de retraite de Clamart (Hauts-de-Seine).

Virginie intègre alors un chien dans son activité. « Cet animal dépend de l’être humain. Les anciens se disent On prend soin de moi mais je ne prends soin de personne. Ils apprécient d’avoir un impact, une influence. Il y a parfois un effet miroir : le chien n’a pas choisi d’être là et eux non plus. Et même s’il ne parle pas, c’est un interlocuteur », analyse Virginie, qui peut se déplacer à domicile ou en institution avec Fiesta.

Mais la psychomotricienne n’a jamais oublié son amour des chevaux. Après deux ans de formation, elle se lance finalement à son compte. Ce vendredi, Virginie a rendez-vous avec la direction d’une maison de retraite. Avec Fiesta en guise d’atout. « Pour les personnes âgées qui ne veulent pas se lever le matin, si c’est le chien qui tire la couette ou qui allume la lumière, c’est quand même plus motivant pour sortir du lit », sourit-elle.

La zoothérapie, une discipline encore confidentielle

Le zoothérapeute prend en charge le patient, des personnes de tous âges en souffrance physique ou psychologique, à travers un animal qui stimule, par exemple, le mouvement ou les interactions sociales.

Souvent, le praticien possède à l’origine une formation médicale, paramédicale ou sociale. Pour l’équithérapie, il existe en France trois écoles.

Des démarches sont en cours auprès de l’Etat pour la reconnaissance de ce diplôme. Les chiens sont souvent formés par des associations comme Handi’chiens. La plupart du temps, les patients sont adressés aux zoothérapeutes sur recommandation médicale. Un projet thérapeutique doit être mis en place, avec des objectifs et un bilan final.

Posté par jjdupuis à 10:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


L'autisme se cache-t-il dans un pli du cerveau ?

Communiqué de presse du CNRS

Paris, 12 janvier 2016

Des chercheurs du CNRS, d'Aix-Marseille Université et de l'AP-HM ont identifié un marqueur cérébral spécifique de l'autisme, détectable par IRM et présent dès l'âge de deux ans. L'anomalie repérée consiste en un pli moins profond au niveau de l'aire de Broca, une région du cerveau spécialisée dans le langage et la communication, des fonctions altérées chez les patients atteints d'autisme. Cette découverte pourrait aider au diagnostic et à une prise en charge plus précoces de ces patients. Elle a été rendue possible par les compétences en traitement d'imagerie médicale de l'Institut de neurosciences de la Timone (CNRS/Aix-Marseille Université) et par l'accès à une cohorte de patients homogène, diagnostiqués très jeunes et ayant tous été évalués selon le même protocole au Centre de ressources autisme PACA. Les résultats de leur collaboration sont publiés le 12 janvier 2016 dans la revue Biological Psychiatry: Cognitive Neurosciences and Neuroimaging.
Les troubles du spectre autistique sont un ensemble de troubles neurodéveloppementaux (autisme typique, syndrome d'Asperger ou encore trouble envahissant du développement non spécifié) qui affectent principalement les relations sociales et la communication. Ils sont associés à un développement anormal du cerveau. Les données récentes en neuro-imagerie suggèrent notamment l'existence d'anomalies dans le plissement du cortex cérébral (la formation des circonvolutions à la surface du cerveau). Cependant, les mesures classiques de neuro-anatomie avaient échoué, jusqu'à maintenant, à mettre en évidence des marqueurs spécifiques de chacune de ces troubles, et notamment de l'autisme typique.

Des chercheurs de l'Institut de neurosciences de la Timone se sont intéressés à un nouveau marqueur géométrique, appelé « sulcal pit ». Il s'agit du point le plus profond de chaque sillon du cortex cérébral. C'est à partir de ces points que se développent les plis présents à la surface du cerveau. Ils sont donc mis en place très tôt au cours du développement, probablement sous influence génétique, ce qui en fait des indicateurs adaptés aux comparaisons entre individus.

A partir de résultats d'IRM, les chercheurs ont observé les sulcal pits chez 102 jeunes garçons âgés de 2 à 10 ans, classés en trois groupes (enfants atteints d'autisme typique, enfants atteints de trouble envahissant du développement non spécifié et enfants dépourvus de troubles du spectre autistique). En comparant les trois groupes, ils ont découvert que, dans l'aire de Broca (une région connue pour être impliquée dans le langage et la communication), la profondeur maximale d'un sillon était moindre chez les enfants atteints d'autisme par comparaison aux deux autres groupes. De manière intéressante, cette atrophie très localisée est corrélée aux performances de communication chez le groupe d'enfant autistes : plus le sulcal pit est profond, plus les compétences en termes de production de langage sont limitées.

Cette anomalie spécifique aux enfants atteints d'autisme pourrait donc constituer un biomarqueur de la pathologie qui pourrait aider à un diagnostic et à des prises en charge plus précoces, dès l'âge de deux ans. En effet, à l'heure actuelle, l'autisme est diagnostiqué sur la base uniquement de signes cliniques, à partir de l'observation des enfants et d'entretiens avec leurs parents et le diagnostic est posé en moyenne à 4 ans et demi en  France.

Cette étude a aussi débouché sur une découverte concernant le développement du cerveau. Alors que l'on pensait que le plissement du cortex était achevé à la naissance, les chercheurs ont observé que certains sillons (les plus superficiels) continuent à se creuser avec l'âge. Et ce, de manière identique chez les enfants atteints d'autisme et chez les autres. La recherche biomédicale peut donc également nous éclairer sur la compréhension des mécanismes du vivant.

sillons

© équipe SCALP / INT

Cartographie de la profondeur des sillons du cortex. En vert : sulcal pits (point le plus profond de chaque sillon). En rouge : localisation de l'anomalie détectée chez les enfants autistes (dans l'aire de Broca).




Références :

Localized misfolding within Broca's area as a distinctive feature of autistic disorder, Lucile Brun, Guillaume Auzias, Marine Viellard, Nathalie Villeneuve, Nadine Girard, François Poinso, David Da Fonseca et Christine Deruelle. Biological Psychiatry: Cognitive Neurosciences and Neuroimaging, 12 janvier 2016. DOI : 10.1016/j.bpsc.2015.11.003

Contacts :

Chercheur CNRS l Christine Deruelle l T 04 91 32 40 36 l christine.deruelle@univ-amu.fr
Presse CNRS l Véronique Etienne l T 01 44 96 51 37 l veronique.etienne@cnrs-dir.fr

 

Posté par jjdupuis à 10:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

12 janvier 2016

Nérac : Je rêved'une structure financée par l'Etat

Salomé et sa mère, Laurence Franzoni, se battent au travers de Planète autisme. Salomé et sa mère, Laurence Franzoni, se battent au travers de Planète autisme. ©

N. P.

Laurence Franzoni, présidente de Planète autisme, n’a de cesse de se battre pour sa fille, Salomé, atteinte d’une maladie orpheline accompagnée de troubles autistiques

Néracaise pure souche, Laurence Franzoni est connue pour avoir succédé à Bernard Dalies à la tête de l'opposition au sein du Conseil municipal. Par ailleurs, cette jeune femme à la volonté de fer mène, depuis des années, un combat qui lui tient à cœur. Alors qu'elle était petite, on a diagnostiqué à sa fille, Salomé, aujourd'hui âgée de 13 ans, une maladie orpheline accompagnée de troubles autistiques.

Le 12 janvier 2010, Laurence Franzoni et Nathalie Bongibault, elle aussi mère d'un enfant autiste, créent la structure Planète autisme - qui célèbre aujourd'hui son 6e anniversaire -, dont elles assurent respectivement la présidence et la vice-présidence. « L'association a débuté avec la prise en charge de dix familles », se souvient l'initiatrice du projet. « Nous en sommes aujourd'hui à 51 enfants pris en charge, une dizaine sur liste d'attente et un manque absolu de structures adaptées pour adultes », ajoute Laurence Franzoni.

Une scolarité nécessaire

« Nous ne pensions pas, à l'époque, que les choses évolueraient si lentement », ajoute-t-elle un peu amère. « Nous en sommes au 3e plan autisme lancé par l'État et pas grand-chose n'a bougé. Les bonnes volontés sont là, mais il n'y a pas de ligne budgétaire. » Avec trois psychologues et deux éducateurs spécialisés dans les troubles autistiques, la structure Planète autisme, implantée à Agen, intervient au niveau de la guidance parentale, dans la prise en charge psycho-éducative mais aussi dans l'accompagnement en structures scolaires, IME (Institut médico-éducatif) ou Esat (Établissement et service d'aide par le travail).

« Nous insistons sur la scolarité nécessaire pour l'évolution des enfants atteints de TED, soit des troubles envahissants du développement. » Sa fille Salomé, scolarisée à Nérac au collège Sainte-Claire en 5e avec une AESH (Accompagnante des élèves en situation de handicap), a fait des progrès considérables sur le plan de la sociabilisation. « Hélas, les moyens restent faibles. Trop de familles sont en attente d'aide. Beaucoup d'enfants ont trop peu ou pas d'heures à l'école. Le travail effectué par Planète autisme est reconnu, mais nous sommes épuisés de chercher des financements. » Depuis un mois, la structure connaît pourtant un petit coin de ciel bleu. Planète autisme est en effet reconnue par l'ARS (Agence régionale de santé) avec deux places en Sessad (Service d'éducation spéciale et de soins à domicile) pour accompagner des enfants dans leur scolarité, leur vie familiale, sociale et leurs loisirs. « Il reste encore beaucoup à faire, je rêve souvent de l'inauguration d'une structure totalement financée par l'État », conclut Laurence Franzoni.

Posté par jjdupuis à 19:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

11 janvier 2016

Handicapés et ceintures noires de karaté

article publié dans le journal de Montréal


La réussite de trois karatékas atteints d’un trouble physique ou mental est une première au Québec

 

Dimanche, 10 janvier 2016 22:00 MISE à JOUR Dimanche, 10 janvier 2016 22:00

Un jeune autiste, un Asperger et une femme en fauteuil roulant à la détermination sans faille ont réussi l’impensable en obtenant récemment leur ceinture noire de karaté, une première au Québec pour des personnes handicapées.

«Leur force, c’est leur détermination. Cette ceinture, ils l’ont obtenue par le mérite», souligne Mohamed Jelassi, l’entraîneur et cofondateur d’Adama, l’Association de développement des arts martiaux adaptés à Montréal (Adama).

Sophie Joanette, une athlète de 44 ans de Longueuil souffrant de la maladie de Steinert, Tommy Doan-Leduc, un Montréalais autiste de 19 ans, et Philippe Paré-Langevin, un jeune Asperger (une forme d’autisme) de 21 ans de L’Île-Perrot ont obtenu le plus haut grade du karaté.

«C’est une ceinture noire reconnue, pas honorifique», rappelle fièrement Mohamed Jelassi, qui entraîne les deux premiers.

Apprendre le style de son père décédé

karaté apprendre le style de son père décédé

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain
Le karaté a permis à Tommy Doan-Leduc de gagner beaucoup de force et de se défouler.

Un jeune karatéka autiste qui vient de décrocher sa ceinture noire rêve de maîtriser les techniques de karaté que lui enseignait son père, décédé d’un cancer il y a trois ans.

«Un jour, je veux retrouver le karaté que mon père m’a appris», lance Tommy Doan-Leduc, 19 ans, le regard déterminé.

Pour ce Montréalais, le karaté, enseigné par son père depuis qu’il a sept ans, est une affaire de famille.

La mort de son papa a donc été très difficile à vivre pour le jeune homme, en quête de stabilité comme la plupart des enfants autistes.

«Il a perdu un repère important. Il a eu du mal à comprendre pourquoi son père ne revenait pas», se souvient sa mère, Quynh Nhu Nguyen.

Mère stupéfaite

Mais au lieu de sombrer, le jeune s’est accroché au karaté, l’héritage de son père. Il lui avait appris les rudiments du Kyukoshinkai, un style de karaté axé sur l’efficacité au combat.

Toutefois, lorsqu’il s’est inscrit chez Adama, il y a trois ans, son entraîneur Mohamed Jelassi lui a plutôt enseigné le Shotokan, fondé sur le respect.

Il l’a maîtrisé jusqu’à obtenir une ceinture noire au début du mois.

Beaucoup n’y croyaient pas, y compris sa mère.

«Quand son entraîneur m’a dit il y a trois ans qu’il pouvait aller jusqu’à la ceinture noire, j’ai pensé ‘‘mais il ne peut pas, il est autiste’’. Mais Tommy m’a dit ‘‘oui maman, je peux!’’», se souvient Quynh Nhu Nguyen, émue.

Il imite son père

Maintenant qu’il a été au bout de ce chemin, il veut repren­dre la voie du Kyukoshinkai tracée par son père.

«Je veux apprendre le style, dans les règles», explique-t-il.

En attendant, il imite déjà son papa en enseignant le karaté pour Adama à des enfants d’une dizaine d’années.

«Les enfants peuvent améliorer leur équilibre avec le karaté. C’est important pour se tenir bien droit dans le métro», précise-t-il, faisant rire sa mère qui n’avait pas pensé à cet avantage.

Le karaté l’a transformé

philippe paré-langevin karaté

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain
Son syndrome d’Asperger n’empêche pas Philippe Paré-Langevin d’avoir une ceinture noire ni de pratiquer le tennis ou la course.

Le père de Philippe Paré-Langevin n’aurait jamais cru que le karaté pouvait changer la vie de son fils Asperger, désormais un brillant étudiant entouré d’amis.

«Quand il était petit, Philippe était non verbal, je ne pensais pas qu’il pourrait s’améliorer. J’ai pleuré pendant des mois quand j’ai réalisé l’impact qu’avait le karaté sur Philippe», se souvient André Langevin, de L’Île-Perrot.

À l’âge de quatre ans, non seulement son fils Philippe Paré-Langevin ne parlait pas, mais il avait des problèmes de motricité. Il a reçu un diag­nostic autiste.

«Il s’essuyait sur son chandail, qui était plein de crachats. Il avait de la difficulté à se faire des amis», raconte le père.

À 13 ans, Philippe Paré-Langevin a suivi des cours de kara­té. Il a aimé ça. À tel point que deux ans plus tard, il a aidé son père, lui-même professeur de karaté, à donner des cours à des enfants autistes.

Dès lors, tout a changé.

Réussite

«Il était obligé de s’impliquer. Et je le trouvais même meilleur que moi pour communiquer avec les enfants autis­tes», se souvient son père, André Langevin.

Le jeune a appris à communiquer, à échanger, bref, à socia­liser avec les autres.

Âgé de 21 ans, désormais Philippe Paré-Langevin a davan­tage le comportement d’un garçon Asperger, une forme d’autisme, mais avec beaucoup moins de problè­mes de communication. Il est le premier à reconnaître les bienfaits du karaté dans sa vie.

«Ç’a amélioré ma confiance, ce qui m’aide beaucoup pour socialiser. Avant, je m’ennuyais, je n’avais pas beaucoup d’amis», témoigne le jeune homme.

Maintenant bien intégré dans un groupe d’amis qui ne souffrent pas de maladie mentale, il sort avec eux, prati­que le tennis, la course et va au gym. Il est aussi étudiant en troisième année de physique à l’Université McGill et il est parfaitement bilin­gue.

Et il y a quelques semaines, il a obtenu sa ceinture noire de karaté.

«J’ai ressenti beaucoup de fierté. Le fait que je suis Asperger, ça ne m’est pas vraiment venu à l’esprit, parce qu’obtenir une ceinture noire, ce n’est évident pour personne», dit Philippe Paré-Langevin.

Karatéka en fauteuil roulant

sophie joanette karaté

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain
Sophie Joanette était ceinture brune depuis un an et huit mois, et a travaillé d’arrache-pied pour passer ceinture noire.

«Je vis pour ça. Ça faisait longtemps que je la voulais cette ceinture noire», lance Sophie Joanette, très fière de pouvoir exhiber sa ceinture noire de karaté alors qu’elle doit se déplacer en fauteuil roulant.

Cette athlète de Longueuil souffre de dystrophie myotonique de Steinert, une maladie dégénérative qui affaiblit ses muscles d’année en année. À tel point qu’aujourd’hui elle ne peut plus rester debout immobile sans perdre l’équilibre et doit se déplacer en fauteuil roulant pour ne pas tomber.

Mais trois fois par semaine, elle se rend à Montréal pour suivre des cours de karaté adapté avec l’Adama.

Là, après avoir enlevé ses chaussures, assise sur un banc en faisant attention à ses appuis, elle se lève, se tient droite et répète ses «katas» (enchaînements de karaté). Et tant pis si cela lui fait mal au dos.

Ses efforts ont été récompensés au début du mois, quand elle a réussi les katas exigés pour obtenir la ceinture noire.

«J’étais tellement stressée... Je savais que c’était la première fois (pour une personne handicapée au Québec). Après, j’étais fière, je souriais tout le temps», rit-elle.

Debout

Sophie Joanette a décroché sa ceinture marron il y a près de deux ans. Depuis, elle n’a jamais relâché ses efforts pour atteindre son but.

«Il y a des jours, j’avais des blessures, des petits bobos, mais j’allais quand même aux cours de karaté. [...] Si on veut et si on persévère, on peut», résume-t-elle.

Son entraîneur, Mohamed Jelassi, a été impressionné par cette volonté de fer.

«Sophie m’a dit “Senseï, avec ma maladie, il se peut que dans quelques mois je ne puisse plus me lever”. Et dimanche (le 6 décembre), elle a fini ses katas debout», se souvient-il.

Photo Le Journal de Montréal, Baptiste Zapirain

Posté par jjdupuis à 23:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Enfants : quand la France doit rendre des comptes

article publié dans TV5MONDE

Deux enfants migrants irakiens à Calais, dans le Nord de la France, le 8 novembre 2015.Le nombre total d’enfants demandeurs d’asile dans l’Union européenne est sans précédent (214 000 au total entre janvier et septembre cette année, selon les dernières données d’Eurostat)
Deux enfants migrants irakiens à Calais, dans le Nord de la France, le 8 novembre 2015.Le nombre total d’enfants demandeurs d’asile dans l’Union européenne est sans précédent (214 000 au total entre janvier et septembre cette année, selon les dernières données d’Eurostat)
(AP Photo/Markus Schreiber)


Tous les cinq ans, la France est tenue de rendre compte de l’effectivité de ses engagements internationaux et des actions entreprises pour la mise en œuvre de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). L'audition publique aura lieu les 13 et 14 janvier au Palais des Nations, à Genève. Explosif ?

Compte tenu des promesses  non tenues, l'audition française promet d'être sévère.  Dans un rapport rendu public au mois de juin 2015, l’Unicef relève qu'en France,  (6ème puissance économique mondiale)  plus de 3 millions d’enfants, soit un sur cinq, vivent sous le seuil de pauvreté, 30 000 sont sans domicile, 9 000 habitent des bidonvilles et 140 000 arrêtent l’école chaque année.
Des chiffres qui ne tiennent pas compte de l'actualité récente avec les vagues de migrants à Calais.

La convention des droits de l'enfant  ?

 

Or la France, comme 194 autres Etats (à l'exception notable des Etats-Unis et de la Somalie) a ratifié en 1990 la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE),  une convention juridiquement contraignante pour les Etats signataires.
L'UNICEF donne des précisions sur ce traité le plus ratifié au monde  : "Les Etats s’engagent à défendre et à garantir les droits de tous les enfants sans distinction – et à répondre de ces engagements devant les Nations unies. C’est le Comité des droits de l’enfant des Nations unies, composé d’experts indépendants, qui contrôle la mise en œuvre de la Convention, en examinant les rapports que les Etats s’engagent à publier régulièrement dès lors qu’ils ont ratifié le traité."

Cette convention comprend 54 articles, énonçant notamment…

Le droit d’avoir un nom, une nationalité, une identité
Le droit d’être soigné, protégé des maladies, d’avoir une alimentation suffisante et équilibrée
Le droit d’aller à l’école
Le droit d’être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation
Le droit d’être protégé contre toutes formes de discrimination
Le droit de ne pas faire la guerre, ni la subir
Le droit d’avoir un refuge, d’être secouru, et d’avoir des conditions de vie décentes
Le droit de jouer et d’avoir des loisirs
Le droit à la liberté d’information, d’expression et de participation
Le droit d’avoir une famille, d’être entouré et aimé

Aux Nations Unies, à Genève, le 13 et 14 janvier, la France devra expliquer la réalité de  son action en faveur des enfants. A cet effet, le Comité des Droits de l'Enfant, soucieuse d'une obligation de résultat concernant tous les pays signataires de la Convention,  a donc soumis  il y a plusieurs semaines de multiples demandes d'éclaircissement à la France, qui a répondu.

L'examen des documents est édifiant.

A gauche, la première page du document des Nations Unies qui liste les éclaircissements demandées  à la France. A droite, les réponses du pays.
A gauche, la première page du document des Nations Unies qui liste les éclaircissements demandées  à la France. A droite, les réponses du pays.
(capture d'écran)

 

Autisme : le retard français


Le Conseil de l'Europe a condamné 5 fois la France (en 2004, 2007, 2008, 2012 et 2014) pour "discrimination à l’égard des enfants autistes, défaut d’éducation, de scolarisation, et de formation professionnelle"et le tribunal administratif de Paris, au mois de juillet 2015,  a  aussi condamné l'Etat français à verser plus de 240.000 euros de dommages au profit de sept familles d'enfants autistes.

A la question : "Veuillez indiquer les mesures prises pour mettre en œuvre les injonctions du Conseil de l’Europe et du Comité européen des droits sociaux pour que les enfants avec troubles du spectre autistique bénéficient d’un dépistage et d’une intervention éducative et comportementale précoce auprès de professionnels (...) Veuillez notamment indiquer les mesures prises pour proscrire les accompagnements inadaptés et non scientifiquement validés; renforcer les capacités et compétences des professionnels, en particulier dans le milieu scolaire ordinaire, mettre en place des programmes de soutien et de formation pour les parents; et s’assurer que l’avis des enfants et des familles est entendu et respecté.", la France semble bredouiller sa réponse.

Normal.

N'ayant rien de concret à proposer ni à défendre, elle se borne à rappeler l 'existence du plan autisme 2013-2017, le troisième du nom. Aucune précision n'est donnée.  La France indique que ce plan "prévoit des actions pour encourager les changements de culture et de pratiques professionnelles, une "évaluation des structures expérimentales" et "l’élaboration d’un référentiel de qualité pour les établissements spécialisés". Les familles durement éprouvées par l'autisme apprécieront ce courage prudent et cette absence d'audace.

Le Président François Hollande en Guyane, le 13 novembre 2013.
Le Président François Hollande en Guyane, le 13 novembre 2013.
(AP Photo/Henri Griffit)


Guyane : une mission parlementaire pour "réfléchir"


Ainsi, concernant la Guyane,  "Compte tenu de l’absence de généralisation des enregistrements de naissances et de la difficulté d’accès des enfants appartenant aux populations amérindiennes et noir marron aux services publics en général, veuillez indiquer les mesures prises pour garantir l’enregistrement de tous les enfants et garantir l’accès aux services publics des enfants non enregistrés".

La France, dans sa réponse, plante d'abord le décor  : "Les populations autochtones vivant le long des fleuves Maroni et Oyapock se trouvent dépourvues d’état civil en raison de leur mode de vie itinérant et de leur isolement géographique." Bon, très bien. Et alors, qu'est-il envisagé ? "il est possible de faire une demande de jugement déclaratif d’état civil auprès du tribunal compétent." Parfait. Mais encore ? " Pour remédier aux difficultés générées par la brièveté du délai pour déclarer les naissances prévu à l’article 55 du Code civil32, un projet de réforme prévoit de porter ce délai de trois à quinze jours pour certaines zones géographiques de la Guyane." Un projet ? Formidable. Les intéressés doivent respirer. Et tant pis si aucune date n'est avancée. D'ailleurs, les râleurs peuvent demander "conseil et assistance" dans les centres prévus à cet effet et les plus sceptiques seront ravis d'apprendre que "la ministre des outre-mer a confié le 30 mai 2015 à une mission parlementaire le soin de réfléchir à la reconnaissance des spécificités des populations amérindiennes au sein de la République"

 

Bangui, le 28 novembre 2015. Jeunes personnes attendant l'arrivée du Pape François.
Bangui, le 28 novembre 2015. Jeunes personnes attendant l'arrivée du Pape François.
(AP Photo/Jerome Delay)

Viols d'enfants en Centrafrique

La question 20 évoque les  viols, et donc les crimes,  qui auraient été commis par les troupes françaises en opération à l'extérieur  : Veuillez informer le Comité des mesures prises s’agissant des allégations d’abus et d’exploitation sexuelle d’enfants qui auraient été commis par des militaires appartenant à des troupes françaises déployées à l’étranger. En particulier, veuillez fournir des informations précises sur les enquêtes ouvertes s’agissant des militaires français soupçonnés d’avoir abusé d’enfants en République centrafricaine et de ceux qui auraient éventuellement couvert ces abus, et préciser si lesdits militaires et leur supérieurs ont été retirés du pays dès la connaissance des faits par l’État partie. Veuillez préciser les mesures prises ou envisagées pour que de tels abus, si avérés, ne se reproduisent plus à l’avenir. Veuillez enfin préciser quelles mesures de protection ont été prises ou envisagées pour protéger les enfants qui auraient été victimes et/ou témoins de tels actes."

Réponse de la France : "L’enquête judicaire est en cours, et soumise au secret de l’instruction. Les militaires qui auraient pu être impliqués dans cette affaire ayant quitté le territoire centrafricain dans le cadre des relèves d’usage, aucune mesure de protection des victimes ou témoins n’a été rendue nécessaire." Est-ce à dire que le ou les auteurs des crimes n'étant plus sur place, les victimes et témoins ne courent désormais plus aucun danger avec les nouvelles forces sur place ? Curieux.

Plus loin, la France précise que "Des formations spécifiques sur le cadre juridique, le code de conduite, les règles d’engagement, le respect des droits de l’homme et la responsabilité pénale sont organisées pour tous les militaires français appelés à participer à une opération de maintien de la paix. Elles intègrent un module spécifique mettant en avant les normes d’intégrité, la responsabilisation des commandants et la tolérance zéro vis-à-vis de l’exploitation et des abus sexuels. Ces règles sont régulièrement rappelées aux forces et appliquées strictement." Visiblement, le ou les auteurs des viols ont dû sécher ces cours...

Posté par jjdupuis à 21:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,


10 janvier 2016

Israël va ouvrir sa 1ère université pour étudiants autistes

Résumé : En mars 2016, Israël ouvre sa 1ère université pour étudiants avec autisme, où ils bénéficieront d'un accompagnement adapté. A travers le monde, des entreprises ont décidé de miser sur le potentiel encore inexploité de ces jeunes. Et en France?

Par , le 09-01-2016

On voit, depuis quelques mois, de plus en plus d'entreprises se pencher sur le profil « atypique » des autistes de haut niveau, dits « Asperger », à l'instar du géant Microsoft (article en lien-ci-dessous). En avril 2015, à l'occasion de son 40e anniversaire, il annonce qu'il engage un programme pilote de recrutement de personnes avec autisme, informaticiens le plus souvent mais pas seulement. Des « talents » encore inexplorés...

En Israël : l'université et l'armée

Israël lui emboite le pas et mène elle aussi une action inédite en ouvrant sa première université spécialement dédiée aux étudiants avec troubles autistiques. Selon le Times of Israël, cette nouvelle institution, qui devrait voir le jour en mars 2016, sera hébergée sur le campus de Beit Ekstein, en banlieue de Tel Aviv. Les études pré-doctorales du BE Academic College prépareront également les personnes avec des troubles d'apprentissage complexes au monde du travail. L'une des caractéristiques de cette nouvelle université sera l'absence de critères d'admission, permettant aux personnes concernées de se lancer dans des études sans conditions préalables. Les étudiants pourront bénéficier d'un soutien par le biais d'un coaching adapté. Cette opportunité n'a pas non plus échappé à l'armée israélienne qui, à travers son programme Roim Rachok (« Voir loin »), assure le recrutement de soldats avec autisme ; ils seront incorporés dans les unités de renseignement où ils auront pour mission, notamment, de déchiffrer des photos de reconnaissance aérienne.

Et en France ?

En France, avec 18,45 de moyenne au bac S, c'est haut la main qu'Andrea Negro, le plus jeune bachelier de l'année 2015, a obtenu la mention très bien. Porteur du syndrome d'Asperger, ce passionné d'échec brigue désormais l'Ecole normale supérieure. Pour donner toutes leurs chances à ces lycéens encore trop souvent écartés de la scolarité, Handisup a mené le projet « Simon », du nom du premier étudiant suivi. Depuis 2012, il a pour objectif de permettre aux jeunes autistes (Asperger ou de haut niveau) de poursuivre des études supérieures (lien ci-dessous). Encore très peu identifiés et accompagnés, certains présentent néanmoins une grande capacité intellectuelle et poursuivent leurs études parfois brillamment. Cependant, leur insertion professionnelle reste problématique ; les difficultés sont telles que, sans une préparation adaptée, il leur est difficile, voire impossible, d'intégrer le milieu professionnel. Pour informer les entreprises et ainsi faciliter l'embauche, Handisup a édité un guide pratique.

© Photo d'illustration générale : danr13/Fotolia + Guide Simon

Posté par jjdupuis à 21:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Une avancée scientifique majeure dans la compréhension de l'autisme

Marion Degeorges / Journaliste | Le 10/01 à 12:03

1191163_une-avancee-scientifique-majeure-dans-la-comprehension-de-lautisme-web-tete-021602857461_660x360p

Pour la première fois, des scientifiques ont établi un lien entre le comportement autistique et un neurotransmetteur.

Il s’agit d’une découverte importante : certains symptômes de l’autisme proviendraient d’une difficulté à assimiler l’acide gamma amino butyrique, abrégé « GABA ». C’est en tout cas ce qu’affirment des scientifiques d’Harvard et du MIT dans une étude publiée dans la revue Current Biology .

Mais qu’est-ce que le GABA ? Il s’agit du principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central. En quelques mots : il empêche les cellules du cerveau de réagir aux informations reçues par les sens.

Déluge des sens

Et justement, « l’autisme est souvent décrit comme un trouble où toutes les données sensorielles déferlent simultanément », explique Caroline Robertson, la chercheuse principale de cette étude, au site Mother Jones .

Là où la majorité des humains peut très simplement faire abstraction de n’importe quel son ou image dans la vie de tous les jours, ceux atteints d’autisme sont inondés par un déluge d’informations sensorielles qui peuvent transformer leur environnement quotidien en une expérience douloureuse.

L’autisme en chiffres

Aux Etats-Unis, selon les derniers chiffres des Centers for Disease Control, le taux de prévalence de l’autisme serait passé de 1 sur 150 en 2000, à 1 sur 68 en 2010.
Pour la France, la Haute Autorité de la santé retient le chiffre de 1 nouveau-né sur 150 concerné par l’autisme. Mais les spécialistes estiment ce taux largement sous-estimé.

Le rôle du GABA

Pour mener cette étude, les scientifiques ont demandé à un panel de participants de regarder dans une paire de jumelles. A droite, une image, par exemple, un chat ; et à gauche, une autre image, par exemple, une pomme. L’humain est capable de se concentrer sur une image pour délaisser l’autre. Puis inverser.

En fait, le neurotransmetteur inhibiteur GABA permet au cerveau de traiter les informations de façon digeste, plutôt que de tout prendre en compte en même temps. Ensuite, des tests d’imagerie cérébrale ont permis de confirmer une hypothèse : plus les participants réussissaient à traiter correctement les deux images différentes, plus ils avaient un taux de GABA élevé.

Ce qui fait défaut aux personnes autistes

Confrontées à ce test, les personnes autistes ont présenté des difficultés : l’oscillation entre les deux images s’avérait plus lente, et la concentration sur une seule image moins bien dirigée. Ensuite, l’imagerie cérébrale a révélé que les personnes autistes qui étaient meilleures au test, n’avaient pas pour autant un taux de GABA plus élevé que les autres personnes autistes... Ce qui suggère qu’il y a un problème général chez les autistes avec l’assimilation et la gestion de ce neurotransmetteur inhibiteur.

« Ce n’est pas qu’il n’y a pas de GABA dans le cerveau » d’une personne autiste, explique Caroline Robertson, « c’est qu’il y a quelque chose de cassé sur son chemin ». L’espoir est grand, car le GABA inhibe toutes les sortes de simulations sensorielles, pas seulement la vue. Donc en théorie, un médicament qui « sécuriserait » le trajet du GABA dans le cerveau pourrait réduire tous les symptômes sensoriels dûs à l’autisme.

Posté par jjdupuis à 20:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 janvier 2016

ANESM & HAS -> Enquête de pratiques : Troubles du spectre de l'autisme interventions et parcours de vie chez l'adulte


L'Anesm et la HAS sont en cours d'élaboration d'une recommandation de bonne pratique intitulée « Troubles du spectre de l'autisme : interventions et parcours de vie chez l'adulte ».

Dans le cadre de ce projet, une enquête qualitative est lancée auprès des professionnels exerçant avec des personnes adultes avec autisme, aussi bien en libéral qu’en établissements ou centres de santé et établissements ou services sociaux et médico-sociaux.

Cette enquête a pour objectif de recueillir des exemples de pratiques mises en œuvre, qui seront portées à la connaissance du groupe de pilotage, en complément de l’analyse des articles scientifiques et avis d’auteurs identifiés.

Les professionnels sont invités à décrire la ou les pratiques concrètes qu’ils jugent adaptées et dont ils souhaitent faire part au groupe de pilotage de la recommandation.

Les thématiques définies dans la note de cadrage forment la trame des questions ouvertes proposées. Les professionnels peuvent répondre à une ou plusieurs thématiques qu’ils souhaitent partager.

L’analyse des réponses sera qualitative et non quantitative.

=> Pour répondre :
https://solen.sante.gouv.fr/cgi/HE.exe/SF?P=2501z39z15z-1z-1z7044EC5C0F

La date limite de réponse est le 8 février 2016.

Posté par jjdupuis à 18:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 janvier 2016

Rappel -> Congrès Autisme France Bordeaux le 23 janvier 2016

Congrès d'autisme France, il reste des places :

vous voulez que les choses changent ? Il ne faut rien lâcher !

congrès autisme france Bordeaux janvier 2016 affiche

Posté par jjdupuis à 23:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,