09 novembre 2011

article publié dans Le Matin le 7 novembre 2011

Le cerveau a-t-il un sexe ?

07. novembre 2011, 20h49

Pascale Bieri | Le Matin

Garçons et filles ne sont pas programmés pour agir différemment. Ils l’apprennent.

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© DR

Les femmes sont naturellement bavardes, sensibles et incapables de lire une carte routière, alors que les hommes sont nés bons en maths, bagarreurs et compétitifs. Vraiment? Catherine Vidal, neurobiologiste à l’Institut Pasteur et spécialisée dans le fonctionnement du cerveau et son développement, répondra à ces idées préconçues, ce jeudi, lors d’une conférence-débat à Genève.

Alors, le cerveau a-t-il un sexe?
La réponse est oui et non. Oui, parce que le cerveau contrôle les fonctions associées à la reproduction sexuée, qui sont évidemment différentes chez les femmes et chez les hommes. En revanche, concernant les fonctions cognitives – raisonnement, mémoire, attention, langage – on a pu démonter que les différences entre les individus d’un même sexe sont tellement importantes qu’elles dépassent les différences entre les deux sexes.

A quoi sont dues ces différences?
A la naissance, notre cerveau compte 100 milliards de neurones, qui cessent alors de se multiplier. Mais sa fabrication est loin d’être terminée, car les connexions entre les neurones, les synapses, se construisent progressivement au gré des influences de la famille, de l’éducation, de la société. Par exemple, chez les pianistes, on observe un épaississement de la région du cortex cérébral spécialisé dans la motricité des doigts et de l’audition. Par ailleurs, si l’entraînement cesse, les zones épaissies régressent.

En revanche, nous ne sommes pas «programmés» à la naissance, pour avoir des comportements et des aptitudes de garçon ou de fille?
Effectivement. L’enfant prend conscience de sa propre identité et de son appartenance au genre masculin ou féminin tardivement, à partir de l’âge de 2 ans. En revanche, dès sa naissance, on sexue son environnement par la décoration de sa chambre, ses vêtements, ses jouets. C’est l’interaction avec l’environnement familial, social et culturel qui va orienter le développement de certaines aptitudes et contribuer à forger les traits de la personnalité.

Autrement dit, il est faux de prétendre, par exemple, que les garçons sont plus doués pour les maths que les filles?
Absolument, c’est une idée préconçue, comme beaucoup d’autres. En 1990, aux Etats-Unis, une étude statistique sur 10 millions d’élèves avait montré que les garçons réussissaient mieux que les filles dans des tests mathématiques. La même étude, réalisée en 2008, montre cette fois que les filles obtiennent des résultats aussi bons que ceux des garçons. Difficile d’imaginer qu’il y ait eu, en deux décennies, une mutation génétique du cerveau des filles qui les rende plus matheuses! Ces résultats sont en fait dus aux développements de l’enseignement des sciences et à la présence croissante des filles dans ces filières.

Et les hormones, quel rôle jouent-elles dans notre personnalité?
L’être humain a un cerveau unique en son genre, qui fait que ses comportements sont régis d’abord par des stratégies intelligentes et non par l’action des hormones sur notre cerveau, comme c’est le cas chez les animaux. La raison tient à son cortex cérébral. Ce dernier s’est tellement développé au cours de l’évolution qu’il a dû se plisser pour arriver à tenir dans la boîte crânienne en formant des circonvolutions. On sait aujourd’hui que, déployé, il mesure 2 mètres carrés de surface sur 3 millimètres d’épaisseur. C’est dix fois plus que chez le singe. Et c’est grâce à ce cortex cérébral que l’Homo sapiens a pu développer toutes ses capacités de langage, de conscience, de raisonnement, d’imagination, pour finalement acquérir la liberté de choix dans ses comportements.

«Le sexe du cerveau: de la science aux idées reçues», Uni Dufour (Auditoire 300) à Genève, jeudi 10 novembre à 18 h.

http://www.lematin.ch/loisirs/culture/le-cerveau-t-il-un-sexe-2011-11-07

NB Quand on rapporte cet article à l'autisme et que l'on imagine les effets que la stimulation de l'enfant dès son plus jeune âge on se demande dès lors pourquoi freiner ... d'autant que la différenciation entre l'animal et l'homme sont clairement mis en évidence. Dès lors les reproches (bien théoriques et peu étayés) de dressage etc. attribués à certaines méthodes comportementales tombent naturellement. (jean-Jacques Dupuis)

Rappelons que : De manière pratique, des études scientifiques ont à ce jour permis de démontrer l'efficacité d'une prise en charge précoce à l'aide de méthodes éducatives comportementales (ABA), cognitives (TEACCH) ou développementales. La littérature scientifique est unanime sur ce point : il faut que l'intervention éducative soit précoce, massive et structurée. (source : Wikipédia)

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article publié sur le site Ma classe d'ados autistes

La structuration du temps et de l'espace.

Structurer le temps et l'espace permet aux élèves de prévoir ce à quoi ils vont être confrontés, ils sont alors plus disponibles pour les apprentissages...
Structurer, cela veut dire, pour être rapide : utiliser un emploi du temps journalier imagé et faire toujours les mêmes activités dans les mêmes endroits.
Tout cela n'est pas nouveau, et même mes élèves ont souvent été dans des environnements structurés pendant leur enfance (cela fait des années que la méthode TEACCH a fait des émules en France, même si c'est un des seuls pays où il y a encore tant de détracteurs... mais nous ne sommes pas là pour polémiquer...)
Des explications sur la structuration dans les classes pour élèves autistes, on en trouve partout, il existe déjà plein d'exemples à suivre sur d'autres liens...

Voici néanmoins une photo de l'emploi du temps utilisé dans ma classe quand c'est nécessaire :
P1200082Ici, F. met l'item de l'activité qu'il vient de finir dans l'enveloppe, ce qui veut dire que "c'est fait".

La particularité sur laquelle je préfère m'arrêter en ce qui concerne ma classe concerne le fait que mes élèves ont entre 15 et 20 ans... et à cet âge, il faut prendre en compte une chose importante : il vont bientôt quitter l'établissement !

Il faut donc que j'adapte leurs habitudes, si c'est possible, et d'une façon progressive.

Evidemment, les 2 autres classes de la section TED de l'établissement sont très structurées ! Jusque 15 ans, nous considérons que l'objectif principal doit être l'apprentissage, et structurer l'environnement permet vraiment d'obtenir de très bons résultats !
Mais pour les adolescents, une partie importante du travail consiste à diminuer, voire annuler complètement, l'utilisation des emplois du temps journalier... en fait nous essayons, quand cela ne créé pas trop de problèmes de comportement, d'habituer les jeunes aux changements...
Attention ! Nous ne nous amusons pas à angoisser nos élèves ! Mais il faut qu'ils réussissent, quand c'est possible encore une fois, à gérer des imprévus.
Si j'insiste tant sur "quand c'est possible", c'est que pour P., par exemple, c'est encore loin d'être possible !!
Dès que quelque chose est trop différent, il devient très violent... envers lui pour commencer (il se mord), puis envers les choses (il est très fort, et il lui arrive souvent de casser des meubles, des fenêtres...), et parfois même envers nous (il commence à se rendre compte qu'il nous domine...)

http://enseignant-ados-autistes.over-blog.com/pages/La_structuration_du_temps_et_de_lespace-2225977.html

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article publié dans Le Point.fr le 21 octobre 2011

QI : rien n'est joué jusqu'à 20 ans

Des chercheurs viennent d'établir qu'en fonction des stimulations, le QI peut gagner ou perdre jusqu'à 20 points chez les jeunes avant 20 ans.

QI : rien n'est joué jusqu'à 20 ans

L'IRM montre une relation directe entre l'activité de certaines zones cérébrales et l'évolution du QI. © Patrick Iafrate / Sipa

"Le travail publié dans la revue scientifique Nature est extrêmement intéressant et il remet en cause les croyances antérieures selon lesquelles tout devait se jouer avant l'âge de 6 ans." Patrick Lemaire, professeur en psychologie, spécialiste du développement et du vieillissement (CNRS & université de Provence), est enthousiaste lorsqu'il évoque les résultats de l'équipe dirigée par le Pr Cathy Price (University College of London). Ces derniers prouvent que le QI n'est pas stable au cours de la vie (en l'absence de lésion cérébrale et de maladies neurodégénératives) et qu'il ne faudrait plus se baser sur le score du test de QI d'un enfant pour prédire ses performances scolaires et professionnelles ultérieures.

En pratique, les chercheurs ont examiné 33 adolescents en bonne santé, une première fois en 2004 lorsqu'ils étaient âgés de 12 à 16 ans (14 ans en moyenne) puis une seconde fois en 2007-2008 lorsqu'ils avaient entre 15 et 20 ans (18 ans en moyenne). Leur QI verbal et non verbal a été mesuré grâce à différents tests et ces jeunes ont subi un scanner cérébral structurel et fonctionnel par IRM lors de chaque examen. Les différents QI des participants allaient de 77 à 135 points au premier test et de 87 à 143 points au second, ce qui a confirmé le large éventail des aptitudes intellectuelles chez ces personnes.

Les chercheurs ont ainsi découvert que le QI verbal et non verbal avait considérablement varié chez les participants entre 2004 et 2008. Certains individus avaient amélioré leur performance par rapport aux jeunes de leur âge, avec une augmentation pouvant aller jusqu'à 20 points de leur QI global. Pour d'autres, en revanche, leur performance avait chuté, avec une baisse du QI pouvant atteindre également 20 points. Les chercheurs précisent que ces changements ne sont pas dus à une variation de la performance liée à l'humeur ou à la concentration ce jour-là, ils sont bien réels puisqu'ils sont corrélés à des changements de structure de certaines régions cérébrales.

Les examens du cerveau, effectivement, ont montré une relation directe entre l'activité de certaines zones cérébrales et l'évolution du QI. Les zones correspondant à la lecture, à la dénomination d'objets ou encore à la résolution de problèmes s'activaient davantage chez ceux dont le QI avait augmenté. Cela veut dire qu'un cerveau stimulé développe de nouvelles connexions entre les neurones.

Le Pr Lemaire tire trois conclusions de cette étude. "D'abord, il ne faut pas que les adolescents imaginent qu'ils sont destinés à rester imbéciles ou superintelligents quoi qu'ils fassent. Il faut qu'ils demeurent actifs, qu'ils continuent à apprendre et à croire en leurs capacités de développement. Ensuite, les adultes et la société doivent soigner l'éducation et le milieu de vie des jeunes puisque cela a une influence directe sur leurs capacités intellectuelles. Enfin, même dans les populations les plus défavorisées, il est indispensable de tout faire pour stimuler les adolescents pour qu'ils maintiennent voire qu'ils augmentent leur QI. Avoir la possibilité de gagner ou de perdre 20 points, c'est vraiment colossal."

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/qi-rien-n-est-joue-jusqu-a-20-ans-21-10-2011-1387688_57.php

A rapprocher des déclarations d'Albert Jacquard ICI

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08 novembre 2011

article publié sur le site de la Mairie de Paris

Un Mois vraiment Extra-Ordinaire: place à la création !

crédits : Mairie de Paris par Anne Thomes
[07/11/2011]

Pour sa 3e édition, le Mois Extra-Ordinaire sera consacré aux créations des parisiens en situation de handicap. Ce fil conducteur « Handicap et créations : productions artisanales, activités et services » sera décliné du 8 au 30 novembre dans tout Paris sous forme d’expositions, concerts, débats, colloques…

 

Consultez tout le programme  et découvrez notre sélection de rendez vous dans l'agenda du mois Extra-Ordinaire 

 

L'esprit du Mois Extra-Ordinaire

 Mettre en avant les parisiens en situation de handicap, favoriser les échanges, les rencontres, autant d’objectifs pour le Mois-Extraordinaire impulsé par Véronique Dubarry, adjointe au Maire de Paris en charge de la politique du handicap. Comme chaque année, la Mairie de Paris fait appel à la créativité des associations et de tous les acteurs locaux pour initier des événements qui animeront ce mois Extra-Ordinaire.

 

Quelques temps forts du Mois Extra-Ordinaire

Le Mois Extra-Ordinaire débutera les 8 et 9 novembre avec le Salon du secteur protégé et adapté pour "Osez nos compétences"  au 104 : plus de 40 établissements y seront présents pour faire découvrir les nombreux domaines d’activités de ce secteur. Cette année, la MDPH présentera un défilé de mode avec l'association "Mode et Handicap ... C'est possible". Le Mois Extra-Ordinaire s'achèvera avec le vernissage de l’exposition "Exil, l’art brut parisien"  au Réfectoire des Cordeliers (6e) et la remise des Trophées Extra-Ordinaires le 30 novembre.
 

Ces spectacles, concerts, conférences, projections… organisés par des associations et des acteurs locaux, soutenus par la ville, seront proposés dans des lieux marqués par leur volonté d’ouverture à tous les publics.

Pour Véronique Dubarry, « Le Mois Extra-Ordinaire est l’occasion pour la Ville de Paris, les parisien(nes), les arrondissements, et les associations de se mobiliser autour du handicap. C’est un mois pour dialoguer, échanger, pour continuer à faire de Paris une ville accessible à tous, Parisien(nes) ordinaires et Parisien(es) extra-ordinaires ! »

>> Accéder à tout l'agenda du Mois Extraordinaire

http://www.paris.fr/accueil/accueil-paris-fr/un-mois-vraiment-extra-ordinaire-place-a-la-creation/rub_1_actu_105990_port_24329

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article publié sur le site autisme suisse romande le 7 novembre 2011

     
Lundi, 07 Novembre 2011 22:28

Sophie Robert, réalisatrice et productrice du film « Le Mur, ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme » est aujourd’hui accusée par trois psychiatres français d’avoir manipulé leur pensée ; ils souhaitent l’interdiction de ce film qu’ils jugent « partisan ». Les associations de parents réagissent contre cette atteinte fondamentale à la liberté d’expression et invitent les parents à réagir.

Dossier complet : http://autisteenfrance.over-blog.com/pages/historique_autour_du_film_le_mur_de_Sophie_Robert-5965434.html



Découvrez davantage au sujet d'Le Mur, un film qui dérange les psychiatres sur www.autisme.ch

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07 novembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 7 novembre 2011

Histoire de Nathan

Histoire de Nathan

À la plus grande joie de tout le monde, Nathan, tu es né le 10 avril 2000. Tu étais un très beau bébé, 3 kilos 800 pour 41 centimètres. Ma grossesse et mon accouchement s’étaient bien passés. Tu es un bébé comme tout les autres, tu pleures beaucoup mais ça passe avec le temps.

Papi Guy et Mamie Annie sont très heureux, en plus, ils peuvent te voir tous les jours car on vit à côté, ils nous aident beaucoup comme ils le font toujours aujourd’hui.

Nathan, tu es un enfant qui grandit bien, qui, comme tout le monde, fais les progrès qui vont avec ton âge… jusqu’à 15 mois, environ. Tu avais même commencé à parler, à être propre, à mieux dormir la nuit… comme tout les autres.

Depuis que tu es né, je prends toujours le temps de t’endormir, et cela même si ça dure longtemps. Cela sera toujours comme ça, même quand tu grandiras, car tu aimes beaucoup ce moment de câlins et de relaxation avant de dormir. Quelques fois, je m’endormirais presque en t’endormant, mais ce moment privilégié de câlins est tellement bon!

Histoire de NathanÀ un mois et demi, tu nous fais ton premier sourire. Moment de bonheur et de joie.

En septembre 2000, tu vas à la garderie pour la première fois. Tous nos essais se solderont par des échecs. On essaye même de te changer de garderie, pensant que tu n’aimes pas la première, mais impossible! Tu ne t’adaptes pas. C’est déjà un signe, mais tu es notre premier enfant, et on ne fait pas forcément le rapprochement qu’un problème est déjà entrain de prendre place en toi.

En Novembre 2000,  je te fais couper les cheveux pour la première fois. Tu n’aimes pas aller chez le coiffeur. Je fais néanmoins l’effort de toujours t’emmener chez le même (Samy), et au bout d’un long moment, tu commences à t’y habituer (vers six ans et demi), tu acceptes même de t’asseoir seul sur un fauteuil. Le coiffeur a été très patient (cinq ans de patience). Je me rappelle quand il te coupait les cheveux a quatre pattes pendant que tu hurlais par terre!

Tu commences à bredouiller pas mal, seras-tu un grand bavard? Malheureusement, tu ne le seras pas, puisqu’à 8 ans tu ne parles toujours pas.

À 11 mois, tu marchais, tu disais: « maman, papa, dodo, bébé ». Comme tous ceux de ton âge, ton développement était tout ce qu’il y avait de plus normal. Tu commences à boire seul au verre, vers un an tu manges seul avec les mains mais les efforts sont là, et on a tous commencé comme ça.

Tu manges un peu de tout: pizza, chocolat, brioches, croissants, girolles, que tu adorais mâchouiller et  recracher quand elles n’avaient plus de goût, mais… progressivement tes progrès ont stagné, et se sont mêmes arrêtés, et tu as régressé.

À un an et demi, on t’inscrit aux bébés nautiques. Tu n’iras que trois fois: tu paniques dès qu’il y a trop de monde, et j’arrête de t’y emmener car tes angoisses m’inquiètent un peu. Je pense que, peut-être, tu n’aimes pas l’eau. C’est une erreur, je comprendrai plus tard que c’est la foule que tu n’aimes pas (c’est déjà un signe de ton autisme, mais je ne le sais pas), mais que par contre tu adores l’eau. L’été, tu adores aller à la pataugeoire. Nous aurons également l’occasion de t’emmener a la mer, où tu te débrouilles très vite seul dans l’eau. Par contre, tu détestes le sable, tu as en horreur d’en avoir sur les pieds, et il faudra toujours te porter depuis l’eau jusqu’à ta serviette.

Tes cassettes préférées sont les Teletubbies et Oui-Oui – ça le restera toujours. Les sports mécaniques t’attireront par la suite: les courses de formule 1, les rallyes, et les motos surtout.

À 18 mois, je remarque et note dans un cahier la chose qui mettra tous les examens en route: tu ne parles plus. Par contre, chose positive, tu sais faire du vélo. Tu arrêteras d’en faire mais, à 4 ans, tu reprends très vite goût à cette activité, grâce au tricycle que Tonton Jean-Paul t’offre.

En octobre 2001, on commence le pot, et ça marche! Tu deviens propre, mais tu préféres aller directement aux toilettes, comme les grands. Tes efforts s’atténuent pour s’arrêter définitivement.

Histoire de Nathan

À tes deux ans, on te permet de réaliser un de tes rêves: on t’emmène au salon de la moto. Tes petits yeux sont tout ébahis de voir de si belles machines. Ton autre passion sera réalisée aussi: tu monteras dans une vrai Formule 1, rouge comme celle de Schumi, et là ton bonheur sera énorme. Une photo dans ta chambre le prouve.

On essaiera toujours, au cours de ta vie, de te faire faire des choses que tu adores et, si c’est possible bien sûr, de réaliser tes rêves.

La vie fera qu’on pourra en réaliser quelques uns, mais ce ne sera pas toujours facile car il faudra se confronter aux craintes et appréhensions de certaines personnes, qui, par ignorance, te refuseront, ou accepteront avec de grandes difficultés. Mais, au final, on y arrivera assez souvent.

À ce moment-là, nous ne savions pas encore que tu as un handicap – mais déjà, nous nous attelons à la tache qui va être la nôtre un peu plus tard: essayer de t’offrir les meilleures possibilités dans la vie de tous les jours, malgré les soucis et la vie difficile qui nous attend.

Tu es un enfant qui n’a pas trop d’exigences, et je dirais toujours, d’ailleurs, que tu es un enfant facile à vivre, et surtout très agréable. Ce qui nous facilitera les choses dans bien des cas et situations! Tu n’es pas du tout capricieux et ne réclames jamais rien. Quand on t’offre quelque chose, tu es heureux, mais c’est nous qui décidons de le faire, car en aucune circonstances tu ne réclameras quoi que ce soit.

En mars 2002, je remarque que tu es radin sur les mots pour ne pas dire mutique.

En octobre 2002, on déménage pour venir habiter au-dessus de chez Papi et Mamie. On s’inquiète de ta réaction, car, déjà à ce moment-là, tu ne supporte pas les changements. On ne va pas tarder à comprendre pourquoi.

Ce qu’on ignorait encore allait devenir notre réalité, plus vite qu’on ne le pensait. De parents d’enfant normal, nous allions passer au statut de parents d’enfants atteint d’un handicap: l’autisme.

http://autismeinfantile.com/temoignages/stephanie-et-nathan/histoire-de-nathan/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

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article publié sur le site de Vivre FM le 7 novembre 2011

Un film sur l’autisme menacé d’interdiction

Le documentaire « Le mur : la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme », réalisé par l’association Autistes sans frontières et la société Océan Invisible Production fait l’objet de poursuites. Il pourrait en effet être retiré du site internet de l’association, où il est actuellement disponible, et interdit de diffusion à la télévision. Ce sont les psychanalystes interviewés dans ce documentaire qui demandent son interdiction, car ils estiment que leurs propos ont été dénaturés. Ils considèrent que ce documentaire ridiculise leur profession et demandent aux associations de parents de retirer le film du site internet sous peine d’amende : 15 000 euros par jour tant qu’il reste en ligne. L’assignation en justice des prévenus est prévue pour le jeudi 8 décembre, à 14h, au Tribunal de grande instance de Lille. Les associations de parents appellent donc à manifester ce jour là à Paris et à Lille.

Pour visionner ce documentaire, cliquez ici

http://www.vivrefm.com/podcast/2011/11/07/un-film-sur-l%E2%80%99autisme-menace-d%E2%80%99interdiction/

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article publié sur le site de l'AGF (Association Française de Gestion de services et établissements pour personnes autistes)

Le mur, où la conception de beaucoup de pédopsychiatres et psychanalystes français sur l’autisme s’oppose à celle de nombre de scientifiques et des associations de familles. Alors même que s’achève une consultation publique ouverte en juillet par la Haute autorité de santé, en vue de mettre au point des recommandations de bonne pratique de l’accompagnement et du suivi de l’autisme, un documentaire militant et poignant dénonce, expose.

Que découvre-t’on dans ce film ? Il s’agit en fait d’une succession d’interviews de pédopsychiatres de renom ou de psychologues, tous actuellement en activité dans divers centres hospitaliers ou cabinets de psychiatre. On y retrouve quelques noms dits prestigieux comme le Pr Pierre Delion, responsable du Centre Ressource Autisme du Nord-pas-de-Calais. Ces professionnels, qui sont amenés tous les jours à diagnostiquer et mettre en place des thérapies pour les enfants autistes que les familles leur amènent, nous expliquent en détail leurs conceptions théoriques de l’autisme à travers la vision psychanalytique qui est la leur. Dans le dernier tiers du documentaire, ils nous disent aussi ce que, selon eux, la psychanalyse peut apporter concrètement à un enfant autiste.

En contrepoint, quelques scènes de vie quotidienne de plusieurs familles touchées par l’autisme d’un enfant nous sont montrées. Dans ces scènes, les parents racontent leurs parcours et nous expliquent comment et pourquoi ils ont, eux, choisi pour leurs enfants des prises en charge éducatives, non psychanalytiques, et les enfants eux-mêmes nous montrent l’étendue de leurs progrès.

Il s’agit donc a première vue d’une nouvelle résurgence de la querelle entre psychanalystes et cognitivistes sur la question de l’autisme, ses causes et sa prise en charge. Sauf qu’ici, ces professionnels d’orientation psychanalytique, tous en activité, nous livrent le fond de leur pensée, sans détour. Et c’est là où l’on apprend déjà que selon ces professionnels, l’autisme est toujours une « psychose » c’est-à-dire une maladie mentale résultant d’un effondrement du psychisme, alors même que les recommandations françaises et internationales ont depuis des années énoncé qu’il n’en est rien et qu’il faut cesser d’entretenir la confusion entre ces deux types de troubles. Cette confusion autisme/psychose est en effet responsable en partie de l’utilisation de thérapies inadaptées toujours en application en France.

Mais pire, on apprend que toujours selon ces professionnels, la mère est reste la principale responsable de l’autisme de l’enfant (la « mère crocodile », « les dents de la mère ») de par ses pulsions psychiques incestueuses, et que c’est le « phallus du père » qui permet de l’en empêcher. Ou encore, que « mieux vaut un inceste paternel qu’un inceste maternel, parce qu’un père incestueux, ça donne une fille juste un peu débile, alors qu’une mère incestueuse ça fait un garçon psychotique »... On est à des années lumières des discours publics habituels des mêmes professionnels, qui repètent à qui veut les entendre que cela fait bien longtemps qu’on a abandonné l’idée de la culpabilité maternelle chère à Bettelheim et Mannoni.

L’intérêt de tout cela est que ces personnages nous confirment ainsi ce dont les familles d’enfants autistes témoignent régulièrement : les diagnostics inadaptés, les discours culpabilisants envers la mère, tout cela est subi aujourd’hui par beaucoup de familles désemparées en quète d’aide compétente pour leur enfant, et qui se tournent vers les professionnels de la pédopsychiatrie. Cette situation est dénoncée par les associations de parents depuis des années.

Par ailleurs, ces notions de « psychose infantile » et de culpabilité maternelle sont aujourd’hui abandonnées par la communauté scientifique internationale, depuis des décennies. On sait que l’autisme est un trouble neurodéveloppemental d’origine principalement génétique avec l’influence de facteurs environnementaux physiologiques, on a démontré depuis 15 ans grâce à des études épidémiologiques que les parents n’étaient absolument pas en cause dans l’apparition de l’autisme de leurs enfants, on sait aussi que ces enfants ont avant tout besoin d’une prise en charge éducative cognitivo-comportementale. Ces résultats sont détaillés dans un Etat des Connaissances publié en 2010 par la Haute Autorité de Santé (lien ici) et par plusieurs guides de bonnes pratiques étrangers (un guide français est en cours d’élaboration par la HAS).

Mais le pire est montré dans le dernier tiers du film, où l’on demande à ces professionnels : « que peut attendre concrètement un autiste de la psychanalyse ». La meilleure réponse est sans conteste « le plaisir de regarder voler une bulle de savon ». Chacun se fera son idée en visionnant les réponses des divers protagonistes interrogés. Finalement, deux « bonus » permettent de faire un état des lieux (présenté par le Dr Zilbovicius) sur les dernières avancées des neurosciences dans le domaine de l’autisme. On a là une explication claire de ce que l’on a découvert récemment sur les véritables causes de l’autisme, ses racines neurophysiologiques, et leurs conséquences sur la perception du monde par les autistes, expliquant une bonne partie de leurs difficultés. Le contraste avec les propos tenus par les professionnels d’orientation psychanalytique du documentaire est saisissant.

En conclusion l’auteur de cet article ne peut que recommander à tout un chacun de visionner ce documentaire, car c’est la première fois qu’on peut découvrir ce que les pédopsychiatres et psychologues d’orientation psychanalytique pensent vraiment des parents - que leurs enfants soient autistes ou non.

L’espoir est plus que jamais présent.

http://www.afg-web.fr/LE-MUR-LA-PSYCHANALYSE-A-L-EPREUVE.html

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La vraie intelligence selon Albert Jacquard

Eclairant !

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06 novembre 2011

article publié sur le site d'Autisme Infantile le 6 novembre 2011

L’affaire « Le MUR » VS les psychanalystes

À la suite de la diffusion du reportage « Le MUR: La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme« , réalisé par Sophie Robert et dont la publication a été permise par Autistes Sans Frontières, nous avons fait des opérations médiatiques pour que ce reportage soit diffusé à un maximum de familles avec un enfant autiste, mais aussi au reste de la population francophone, et plusieurs personnes se sont donné du mal pour le sous-titrer en anglais et en espagnol pour une diffusion mondiale.

Aujourd’hui, trois des psychanalystes qui ont participé à ce documentaire essaient de contrattaquer, car ils ne veulent plus qu’il soit diffusé. Ils ont essayé de faire confisquer les rushes et cherchent par tout les moyens de mettre un voile autour de toute cette affaire.

Vous retrouverez ici tous les documents relatifs à cette affaire au fur et à mesure qu’ils nous sont communiqués. En attendant, donnez votre soutien à Sophie en allant vous inscrire sur la page Soutien à Sophie Robert pour la diffusion de son film sur la psychanalyse.

http://autismeinfantile.com/informations/actualites/laffaire-le-mur-vs-les-psychanalystes/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+AutismeInfantile+%28Autisme+Infantile%29

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