12 janvier 2019

Programmé dans la région, un documentaire sur les psychanalystes crée la polémique

article publié dans La Dépêche

Publié le 10/01/2019 à 16:19

 

Le film qui soulève les passions est programmé à Tarbes, Agen et Carcassonne. / Photo DDM archives

Le film qui soulève les passions est programmé à Tarbes, Agen et Carcassonne. / Photo DDM archives

 

La projection suivie d’un débat du documentaire Le phallus et le néant, dans trois villes de la région et de Nouvelle-Aquitaine (Agen, Tarbes et Carcassonne), crée déjà la polémique. 

La soirée organisée le 30 janvier dans la salle de cinéma du Parvis, à Tarbes, promet d’être animée. Le dernier mercredi de ce mois, la réalisatrice Sophie Robert, soutenue par l’association Autisme 65, présentera son dernier film documentaire Le phallus et le néant : les psychanalystes et la sexualité. Un réquisitoire assumé contre les psychanalystes adeptes des théories de Freud et de Lacan : "à travers ce film, je veux que les gens puissent prendre conscience des dégâts effroyables que peuvent avoir sur des victimes des discours de psychanalystes." 

Le documentaire soulève des passions, notamment suite à la phrase d'une psychanaliste, interrogée dans le film. "L’inceste paternel ça ne fait pas tellement de dégâts, ça rend juste les filles un peu débiles." La phrase sort de la bouche de la psychanalyste Jacqueline Schaeffer. Comme 18 autres psychanalystes de renom (à l’instar de Jacques André ou encore Aldo Naouri), la professeure de psychologie clinique à Paris 7 avait accepté de se prêter à ce qu’elle considère aujourd’hui comme un mauvais jeu face à la caméra de la réalisatrice : quelque temps après la projection en avant-première du documentaire (en novembre), Jacqueline Schaeffer a engagé une procédure en référé afin que ses paroles soient retirées d’un film qui "nuit à la profession de psychanalyste".

"Une dimension politiquement très incorrecte"

Sans préjuger du jugement qui sera rendu ce vendredi 11 janvier par le TGI de Paris, la démarche peut surprendre : cette séquence est la seule qui figurait déjà dans le premier volet du documentaire, Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme. Car entre la réalisatrice et les psychanalystes, le désamour n'est pas nouveau. Tourné en 2011, il avait été suspendu judiciairement suite à un référé intenté par trois psychanalystes lacaniens. Un arrêt de Cour d’appel rétablissait le droit à la projection deux ans plus tard et, en 2018, les trois lacaniens étaient condamnés à verser 50 000 € au titre des dommages et intérêts.

En 2019, avec ce deuxième volet, Sophie Robert réitère sa déclaration de désamour à l’endroit des freudiens et des lacaniens. Avec ce nouveau format des entretiens réalisés à l’époque, la réalisatrice entend "décortiquer avec eux la théorie sexuelle, en leur demandant d’assumer la dimension politiquement très incorrecte de leurs théories. Ils se sont prêtés au jeu avec une gourmandise visible."

Il n’est pas certain que les psychanalystes de la région auront la même appétence pour la soirée du 30 janvier, à Tarbes.

Autisme 65 soutient la réalisatrice 

Vanessa Ruiz Lasserre, présidente d’Autisme 65, s'exprime sur le sujet : "Le Mur qui ouvrait une brèche dans les pratiques psychanalytiques obsolètes et nocives à l’égard des personnes autistes et de leurs familles. Sophie Robert est également l’auteure du documentaire Quelque chose en plus : ABA apprendre autrement que nous avions été nombreux à voir à Tarbes lors de deux projections en 2015, ainsi que d’une série de vidéos Enfants autistes : bienvenus à l’école. Autisme 65 soutient son travail, c’est pourquoi nous espérons que nous serons très nombreux lors de la projection unique de son dernier long-métrage. Mais l’association s’interdit de porter le moindre jugement sur le sujet traité qui dépasse de très loin celui de l’autisme."

Ce qu'en pensent les psy de la région

"Nous traversons une période de violences de tous ordres et de tous bords, une période durant laquelle des gens n’arrivent même plus à se parler, alors il n’y a pas lieu de jeter de l’huile sur le feu." Les freudiens et lacaniens interrogés en Hautes-Pyrénées ne prendront vraisemblablement pas part au débat du 30 janvier, au Parvis de Tarbes. "Chacun sait que cette personne et nombre d’associations de proches d’autistes tiennent des discours à charge à l’encontre de la psychanalyse. Pour partie sans doute parce que, faute d’encadrement réglementaire strict, il s’est fait tout et n’importe quoi autour des neurosciences. Jusqu’à des comportements déviants et pervers. Mais dès lors que l’on reste dans le cadre d’un exercice réglementé et reconnu, il y a de la place pour toutes les théories. Et à ce titre, sans doute faudrait-il qu’on laisse aux parents le choix du praticien, y compris au sein d’un établissement de soins ou d’une institution."

Agen: au CGR, le mardi 29 janvier, à 20 heures; Tarbes:Le Parvis, le mercredi 30 janvier, projection suivie d’un débat avec la réalisatrice, à 20 heures; Carcassonne: CGR Colisée, le jeudi 28 mars, à 20 heures.

JEAN LUC COLLONGUES


10 janvier 2019

Les recherches scientifiques sur l'autisme : 10 avancées majeures en 2018

 

Les recherches scientifiques sur l'autisme : 10 avancées majeures en 2018

Chaque année la revue de vulgarisation Spectrum News opère un classement des articles notables issus des recherches scientifiques sur l'autisme durant l'année passée. Cette année encore, ils ont demandé à des chercheurs d'évaluer les recherches scientifiques sur l'autisme les plus importantes, celles qui ont changé leur point de vue sur l'autisme ou sur la façon de le traiter.

http://comprendrelautisme.com

 

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Le lithium potentiellement efficace dans l'autisme

article publié dans Le quotidien du médecin

Betty Mamane

08.06.2016

 

Crédit Photo : PHANIE Zoom

Une équipe française a mis en évidence le potentiel thérapeutique du lithium chez une patiente atteinte d’un trouble autistique rare associé au gène SHANK3. Cette molécule, habituellement utilisée pour traiter les troubles bipolaires, a pu être identifiée grâce au criblage à haut débit de composés chimiques sur des neurones humains obtenus à partir de cellules-souches pluripotentes dont celles de la patiente traitée.

Ces travaux, publiés dans la revue « EBioMedicine », constituent une première étape vers une approche médicale plus personnalisée des personnes atteintes de troubles du spectre autistique. Ils ont été menés sous la direction d'Alexandra Benchoua et Marc Peschanski au sein du laboratoire I-STEM (CECS/AFMTéléthon/INSERM), en collaboration avec les Pr Thomas Bourgeron (Institut Pasteur/Université Paris Diderot/CNRS) et Richard Delorme (hôpital Robert-Debré/AP-HP)*.

Une production de neurones humains in vitro

On estime qu’environ 1 à 2 % des enfants avec autisme et retard mental présentent une déficience du gène SHANK3, celle-ci étant responsable du syndrome de Phelan-McDermid (la très grande majorité des patients atteints de ce syndrome ont perdu un fragment du chromosome 22 portant une copie de SHANK3). La perte d’une des deux copies de SHANK3 cause une diminution de la quantité de la protéine SHANK3 et entraîne des atteintes principalement au niveau des synapses. Ces recherches visaient à identifier les médicaments susceptibles d’accroître l’expression du gène en activant la seconde copie toujours fonctionnelle. Toutefois, SHANK3 n’étant exprimé que dans les neurones, il a donc fallu, pour mener cette approche, produire in vitro des neurones humains portant les mutations des patients à traiter.

Les chercheurs ont ainsi développé un modèle de production de neurones humains à partir de cellules-souches pluripotentes. Celui-ci a permis de réaliser un criblage à haut débit de composés pharmacologiques afin de choisir ceux augmentant l’expression de SHANK3 dans les neurones et donc ayant le plus de chance d’être efficaces. Les composés identifiés ont ensuite été testés sur des neurones de patients porteurs de mutations SHANK3.

Une diminution encourageante du degré de sévérité de l'autisme

Parmi les 202 composés testés, le lithium et l'acide valproïque ont montré la meilleure efficacité en permettant de rétablir des niveaux corrects de SHANK3 et donc d’améliorer le fonctionnement des cellules neuronales. Une pharmacothérapie au lithium a ensuite été proposée à une des patientes pour laquelle le lithium avait prouvé son efficacité lors des tests in vitro pratiqués sur ses propres neurones. Après un an de traitement, cette étude pilote a permis de mettre en évidence chez la patiente une diminution encourageante du degré de sévérité de l’autisme.

Les chercheurs envisagent aujourd’hui la mise en place d’un essai randomisé en double aveugle pour confirmer ces résultats chez un plus grand nombre de patients atteints de ce trouble autistique lié aux mutations de SHANK3. Plus largement, la méthodologie utilisée pourrait ainsi ouvrir la voie à une médecine de précision pour des maladies psychiatriques ou neurologiques.

* Ces travaux ont été soutenus par le programme Investissements d’avenir, de l’Agence nationale pour la recherche, de la Fondation Bettencourt-Schueller, de la Fondation Conny-Maeva, de la Fondation Cognacq Jay, de la Fondation Orange, de la Fondation Fondamental, des laboratoires Servier ainsi que par l’AFM-Téléthon grâce aux dons du Téléthon.

En complément de l’article

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09 janvier 2019

L'association Espoir autisme corse ouvre un SAMSAH régional de 20 places

Rédigé par Philippe Jammes le Mardi 8 Janvier 2019 à 15:01 | Modifié le Mardi 8 Janvier 2019 - 18:18

Un SAMSAH (Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés) Autisme régional a ouvert le 7 Décembre dernier à l'initiative de Espoir Autisme Corse. Il s’adresse à des adultes âgés de 20 à 59 ans (18 ans par dérogation), la capacité d’accueil est de 20 places pour toute la région.

L'association Espoir autisme corse ouvre un SAMSAH régional de 20 places

Depuis plus de 20 ans maintenant, l’Association Espoir Autisme Corse (EAC), créée par Jean-Baptiste De Nobili, son président, etNonce Giacomoni, son représentant, se bat pour faire valoir les droits des personnes avec autisme.
2012, à force de combats et d’investissements, l’association de parents devient une association gestionnaire et obtient l’ouverture d’un SESSAD (Service d’Education Spéciale et de Soins à Domicile) Autisme à Biguglia, et l’ouverture en 2015 d’une Unité d’Enseignement en maternelle à Toga.

Catherine Peretti-Geronimi, directrice de cet établissement, s’appuie sur une approche éducative et développementale adaptée au handicap spécifique qu’est l’autisme. Ce travail ne mettra pas longtemps à être reconnu puisque depuis 2016 les accompagnements proposés par Espoir Autisme Corse bénéficient d’un Label Qualité de la part d’Autisme France.  

Mais les projets ne s’arrêtent pas là. En effet, les jeunes adultes sortant du SESSAD se heurtent à un mur, que faire une fois l’âge requis d’accompagnement pour le SESSAD révolu ?
Fort de ce constat, l’association répond à un nouvel appel à projet de l’ARS et de la CDC et obtient l’ouverture d’un SAMSAH (Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés) Autisme régional au mois de décembre 2018.

Ce dernier a pour mission d’aider les personnes à la réalisation de leur projet de vie dans une dynamique d’insertion professionnelle et d’autonomie. Le SAMSAH Autisme s’adresse à des adultes âgés de 20 à 59 ans (18 ans par dérogation), la capacité d’accueil est de 20 places pour toute la région.


Toujours dans une démarche d’accompagnement et afin de répondre au rapport « zéro sans solution », un PCPE (Pôle de Compétences et de Prestations Externalisées) Autisme régional se greffe également à l’ouverture du SAMSAH afin d’éviter les ruptures brutales d’accompagnement, les situations de grande détresse pour les familles ou encore les déménagements vers la Belgique.

L’association Espoir Autisme Corse a encore la volonté de porter de nouveaux projets afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques des personnes avec Autisme tout en respectant les recommandations des bonnes pratiques professionnelles, garantes du label qualité qu’ils ont obtenu.

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Espoir Autisme Corse - Résidence la Citadelle - 20250 Corte. Tel : 04.95.46.31.39
SAMSAH PCPE TSA Cismonte - Espace Ceppe - 20620 Biguglia
e.pani@sessadeac.corsica . Tel : 04.95.47.37.11
SAMSAH PCPE TSA Pumonte - Lotissement 11B - Lieu-dit Baleone - 20167 Afa
f.ferrari@samsaheac.corsica. Tel : 04.95.47.37.11 

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08 janvier 2019

Ce campus prend véritablement soin de ses étudiants autistes avec cette installation unique au monde

Nichée dans une aile peu fréquentée de la bibliothèque de l’université, cette capsule sensorielle unique en son genre permet aux étudiants souffrant de troubles autistiques de s’isoler de l’agitation du campus dès qu’ils en ressentent le besoin.

futuristic podCette capsule permet aux étudiants autistes de se relaxer et d’étudier

Les campus sont réputés pour être des endroits particulièrement bruyants et agités, et ces distractions peuvent représenter un véritable problème pour les étudiants souffrant de troubles autistiques. Face à ce constat, l’Université de Dublin a mis au point une capsule sensorielle dotée d’une porte coulissante, de couvertures souples, d’oreillers, de lumières multicolores et de haut-parleurs, permettant à ceux qui en ressentent le besoin de se reposer ou d’étudier loin de l’agitation du campus.

Cette démarche s’inscrit dans un projet de recherche mené pendant 18 mois par l’Université de Dublin, destiné à mettre en lumière les difficultés « sensorielles » auxquelles sont confrontés quotidiennement les étudiants autistes, allant des odeurs émanant du réfectoire aux murs peints en rouge, en passant par le bourdonnement des néons. Des efforts déployés par l’établissement pour réaffirmer son statut de première université au monde adaptée aux étudiants autistes.

Un vaste programme de recherche destiné à faciliter le quotidien des étudiants autistes

Comme l’explique le professeur Mary Rose Sweey, qui a activement participé à la mise au point du dispositif : « C’est un espace entièrement pensé pour les étudiants autistes dans lequel ils peuvent s’isoler, allumer un bel éclairage multicolore et se relaxer. La capsule est installée dans une aile calme et peu fréquentée de la bibliothèque et elle est également pourvue d’un éclairage standard, afin de permettre à ceux qui le souhaitent d’étudier dans des conditions optimales, loin de l’agitation du campus ».

Durant près d’un an et demi, l’équipe de chercheurs a mis au point et testé un outil « d’analyse sensorielle » innovant destiné à mieux identifier les éléments et choses qui pouvaient poser problème aux étudiants autistes, des nuisances olfactives aux nuisances sonores et visuelles, et ont procédé à divers tests sur les campus de Gasnevin et Saint-Patrick. Ces recherches leur ont notamment permis d’élaborer huit nouveaux principes auxquels l’université a adhéré, et qui pourront être appliqués dans n’importe quel établissement universitaire.

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07 janvier 2019

Autisme: un forfait précoce pour mieux prendre en charge les jeunes enfants

article publié sur RMC BFM TV

04/01/2019 à 11h36

Depuis le 1er janvier les familles dont les enfants sont autistes pourront mieux être pris en charge par la Sécurité sociale.

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Entretien avec Sophie Robert, une réalisatrice engagée et lanceuse d'alerte, par Cécile.

article publié sur le blog inclusion à l'école

Sophie Robert bandeau

Entretien avec Sophie Robert, une réalisatrice engagée et lanceuse d'alerte, par Cécile.

Entretien avec Sophie Robert, une réalisatrice engagée et lanceuse d'alerte, par Cécile. Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à l'autisme ?Par hasard. J'ai commencé à réali

http://inclusionalecole.strikingly.com

 

Autisme : l'école n’est pas adaptée aux enfants différents, déplore une spécialiste

article publié sur RTL

INTERVIEWS - Si la majorité des Français sont favorables à une intégration des enfants autistes dans les écoles publiques, les systèmes d’enseignements actuels ne sont pas adaptés à tous les élèves. Explications avec Christine Philip, spécialiste de cette problématique.

L'intégration des enfants autistes dans les écoles : le nouveau challenge du gouvernement.
L'intégration des enfants autistes dans les écoles : le nouveau challenge du gouvernement. Crédit : FRANCK FIFE / AFP

Manon Labat Manon Labat Journaliste

Parler d'inclusion, et non d'intégration. C'est un point sur lequel insiste Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des élèves autistes. Selon elle, une différence cruciale existe dans ces deux termes, qui à elle seule résume le problème des écoles aujourd'hui. 

L'intégration consiste à rejoindre la norme. Ainsi, la personne doit faire l'effort de s'adapter aux autres, mais le milieu en lui-même ne bouge pas. Tandis que l'inclusion est le processus inverse. Ce n'est pas à la personne de s'adapter mais au milieu qui l'accueille d'être capable de répondre à ses besoins particuliers. Pour Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des enfants autistes, les écoles publiques françaises ne sont encore qu’au stade de l’intégration, et non de l’inclusion.

Le gouvernement, qui a dévoilé vendredi 6 avril un "plan autisme" à 344 millions d'euros, veut améliorer le dépistage, le suivi et la prise en charge des personnes autistes. En France, 700.000 personnes en sont atteintes, dont 160.000 enfants. Si la proportion d’enfants autistes scolarisés est difficile à évaluer, certaines associations l’évaluent à 20%.

Un système scolaire inadapté

Un pourcentage qui met en avant le désarroi des parents, qui sont souvent confrontés à un parcours du combattant pour obtenir un accompagnement adapté. Un problème qui n’est pas passé inaperçu aux yeux du Conseil de l’Europe qui a condamné la France cinq fois pour discrimination à l’égard des enfants autistes, pour un manque d’éducation, de scolarisation et de formation professionnelle. 

"On prône l’inclusion dans un système qui n’est pas inclusif"

Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des enfants autistes
 

Si la nouvelle enveloppe du gouvernement devrait changer la donne, le système reste inadapté pour Christine Philip. "On prône l’inclusion dans un système qui n’est pas inclusif" explique-t-elle. "Ce système est très normé" ajoute-t-elle, "il y a des niveaux à atteindre et des niveaux de base. Et ce principe n’est pas adapté aux enfants différents... il n’est pas favorable à n’importe quel enfant quel qu’il soit d’ailleurs. On ne leur permet pas d’apprendre à leur rythme". 

Selon elle, plus l’élève grandit, plus l’insertion est complexe dans une classe supérieure. "Et quand on atteint le secondaire, c’est carrément la catastrophe !" s’insurge Christine Philip. Effectivement, les parents se résolvent souvent à envoyer leurs enfants en Belgique , faute de programme adapté en France.

Une inclusion plus fluide dans la société de demain

L'appréhension que certains professeurs peuvent ressentir à l'idée d'accueillir un élève autiste dans leur classe est justifiée selon la spécialiste de la scolarisation des enfants autistes. Selon elle, ils ne seraient pas suffisamment formés et ne disposeraient pas des outils nécessaires.

"Faire de cette différence un atout et non un handicap"

Christine Philip, spécialiste de la scolarisation des enfants autistes

Tandis qu'auprès des élèves, l'inclusion devrait se faire naturellement pour Olivier Paolini, président de l'association L'Inclusion En Marche. "La difficulté d'insertion existe seulement chez les adultes. Ce regard qui sépare les gens en plusieurs catégories n'existe pas naturellement, l'enfant démarre vierge de tout jugement."

"Avancer ensemble est tout à fait envisageable" ajoute-t-il. Cette inclusion dès la petite enfance "permettrait aux citoyens de demain de trouver cette inclusion des personnes autistes naturelle. De facilité leur arrivée dans les entreprises, en faisant de cette différence un atout, et non un handicap". 

Des solutions dans le reste de l'Europe

Si les enfants autistes sont souvent contraints de déménager en Belgique pour suivre une formation, des systèmes éducatifs dans le reste de l’Europe ont également fait leurs preuves. C’est notamment le cas en Italie comme le président de L’Inclusion En Marche. 

"Ne plus se focaliser sur les difficultés mais plutôt sur les compétences et les réussites"

Olivier Paolini, président de l'Inclusion En Marche

L’Italie mise sur une didactique inclusive. C’est à dire que ce système propose aux élèves des outils adaptés à chacun. Les supports, comme les manuels et le matériel sont adaptés en fonction des singularités de chaque élève. Un élève autiste a un manuel adapté aux caractéristiques de son trouble, il a par exemple le choix entre un puzzle, un texte à trous ou l'opportunité de dessiner au lieu d'écrire pour comprendre une leçon. 

Cet enseignement inclusif permet aux élèves d’apprendre en même temps, quels que soit leur rythme. Ce système permet "de ne plus se focaliser sur les difficultés mais plutôt sur les compétences et les réussites", conclue Olivier Paolini.

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