09 décembre 2018

RITALIN ou METHYLPHENIDATE - TDAH - Etude d'efficacité sur le long terme ...

 

RITALIN-METHYLPHENIDATE-TDAH

Le est constitué du méthylphénidate, la molécule chimique qui est le principe actif de ce médicament. Cette molécule (méthylphénidate) est commercialisée sous de nombreux noms : RITALIN, RILATINE (en Belgique), CONCERTA , QUAZYM, BIPHENTIN, DAYTRANA, METHYLIN, ATTENTA, METADATE, RITALINA,..., et de nombreux autres médicaments génériques contenant le terme méthylphénidate.

http://autismeaspergerquebec.com

 

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Handicap : colère noire en gilets jaunes

article publié dans Faire-face

Alexandre Ribeiro est mobilisé depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Ici, sur le Pont d'Aquitaine, à Bordeaux, le 17 novembre. © DR

 

De nombreuses personnes en situation de handicap soutiennent le mouvement des gilets jaunes et affichent leur mécontentement. Qu’elles soient condamnées à la précarité par la faiblesse de l’AAH ou de leur pension d’invalidité voire déçues que le handicap ne soit pas la priorité annoncée du quinquennat.

Ce samedi est une journée presque comme les autres pour Alexandre Ribeiro. Pour l’acte IV des gilets jaunes, ce Bordelais en fauteuil roulant électrique sera mobilisé. Comme tous les jours depuis près d’un mois. Pour une opération parking gratuit à l’Aéroport de Bordeaux, jeudi 6 décembre, ou pour un rassemblement dans le centre de Bordeaux, le 17 novembre. Une action dont il était à l’initiative sur Facebook.

« Depuis plusieurs années, je descends dans la rue chaque fois qu’une cause sociale me touche, explique-t-il. Pour manifester contre la loi travail et la loi asile et immigration. Ou pour soutenir les luttes des cheminots, des étudiants… » Alexandre Ribeiro a également organisé le blocage de l’usine Lafarge mi-septembre. Une manière de protester contre la loi Élan. Le texte adopté début octobre abaisse de 100 % à 20 % de la part des logements accessibles dans les immeubles neufs.

Hubert Nkandza a perdu la majoration pour la vie autonome. © Franck Seuret

« À 1 200 % » derrière les gilets jaunes

Peu de personnes en situation de handicap sont aussi actives que lui dans le mouvement des gilets jaunes qui secoue la France. Mais beaucoup soutiennent les manifestants.

« À 1 200 %, approuve Hubert Nkandza à Montélimar. Je me débats dans la merde depuis que mon taux d’incapacité a été réduit de 80 à 60 % alors que mon handicap s’aggrave. » Cette rétrogradation lui a fait perdre la majoration pour la vie autonome de 104 €. « Ces 104 € pour moi, c’était énorme. Cela me permettait d’équilibrer mon budget. Depuis, j’ai des dettes. »

 

Parce que son mari perçoit un salaire de 2 000 € par mois, Catherine Charat n’a pas le droit à l’AAH. © Franck Seuret

Pas d’AAH car en couple

Catherine Charat, elle aussi, est solidaire du mouvement. « Depuis le début », précise-t-elle. À 57 ans, cette Iséroise ne supporte plus l’idée que son époux soit « complètement usé » à force de devoir assumer seul les dépenses de la famille.

Parce que le salaire de son conjoint est pris en compte pour calculer le montant de l’allocation adulte handicapé (AAH), cette quinquagénaire, atteinte d’une maladie invalidante, n’y a pas droit. « Il faut donc qu’on vive sur sa seule paie. Il touche 2 000 € nets après quarante-trois années à travailler derrière une machine. Vous trouvez ça juste ? »

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Patrick et Michelle Touchot veulent faire entendre leur colère. © DR

« Trop de reculs de nos droits. »

Patrick et Michelle Touchot viennent tout juste de trouver des gilets jaunes. « Il n’y en avait plus dans les commerces autour de chez nous, sourient les deux Niçois. Alors, on a pris le service de transport spécialisé pour aller en acheter chez Auchan. »

Un geste important pour ces deux allocataires de l’AAH, militants de l’accessibilité sur les réseaux sociaux. « C’est le peuple qui prend la parole. Le gouvernement doit enfin l’écouter. Entendre aussi la colère des personnes handicapées. Il y a eu trop de reculs de nos droits depuis l’élection de Macron. »

Une promesse de campagne, une grande déception

La popularité des gilets jaunes parmi les personnes handicapées n’a rien d’étonnant. Elles vivent plus souvent sous le seuil de pauvreté que les autres Français. La promesse de campagne d’Emmanuel Macron de faire du handicap une priorité du quinquennat avait donc suscité une forte attente. Fortement déçue.

Certaines décisions du gouvernement portent en effet atteinte aux droits des personnes handicapées. C’est notamment le cas de la loi Élan et de son quota de 20 % de logements accessibles dans les immeubles neufs. Ou encore de la réforme de la justice qui, en rendant obligatoire un avocat en appel, risque de pénaliser les plus précaires. Sur ces deux textes, le Défenseur des droits a tiré la sonnette d’alarme. En vain.

La hausse de l’AAH ne profite pas à tous

Certes, le gouvernement a fait passer le montant de l’AAH de 810 à 860 €. Mais il a assorti cette augmentation de mesures qui en limitent la portée : suppression du complément de ressources, désindexation de l’inflation, gel du plafond pour les allocataires en couple… « La hausse n’a rien changé pour moi », confirme Catherine Charat. Par ailleurs, certains pensionnés d’invalidité ont été pénalisés par la hausse de la CSG.

Davantage de pouvoir d’achat et de justice sociale

Enfin, l’évolution du mouvement des gilets jaunes a également entraîné une plus large adhésion. Alors qu’au commencement, la colère était cristallisée sur le prix du carburant, les revendications sur le pouvoir d’achat et la justice sociale se sont imposées. « En se retrouvant dans la rue, les Français se sont rassemblés, se félicite Alexandre Ribeiro. Ils ont compris qu’il fallait aller plus loin que la simple question du carburant. »

Lui-même ne se contente pas de porter les demandes des personnes en situation de handicap. « Moi, je me bats pour tout le monde. Je demande la justice fiscale et sociale. Et le recours au référendum. Si ces deux demandes sont satisfaites alors on résoudra les problèmes spécifiques de chaque Français. »

 

Alerte sur le pouvoir d’achat des plus démunis

Le collectif Alerte « demande au gouvernement de s’engager pour le pouvoir d’achat des plus démunis ».  Il réclame, entre autres, le dégel des allocations familiales et logement. De nombreux ménages pauvres ne bénéficieront en effet pas de la suppression de la taxe d’habitation car ils en sont déjà exonérés. Ni de la baisse des cotisations salariales car ils sont au chômage. Ce collectif rassemble trente-sept fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, dont APF France handicap et l’Unafam.

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08 décembre 2018

UMI EST Lognes - Service d'unité mobile interdépartementale - GROUPE SOS

 

logo-groupesos2017

UMI EST Lognes - Service d'unité mobile interdépartementale - GROUPE SOS

Il y a plus de 30 ans, le GROUPE SOS a été créé par Jean-Marc Borello, son Président, avec l'ambition de lutter contre les exclusions sous toutes leurs formes. Diversifiant progressivement ses activités, le GROUPE SOS répond aujourd'hui aux besoins de la société avec 8 secteurs d'activités : Jeunesse, Emploi, Solidarités, Santé, Seniors, Culture, Transition Ecologique, Action Internationale.

http://www.groupe-sos.org

 

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07 décembre 2018

MDPH : 4,5 millions de demandes, toujours en hausse

Résumé : 4,5 millions de demandes adressées aux MDPH en 2017, en hausse, avec encore trop de disparités selon les départements dans la gestion des demandes. Les grands chantiers en cours vont-ils simplifier leur fonctionnement ?

Par , le 06-12-2018

Toujours plus de demandes auprès des MDPH ? En 2017, les Maisons départementales des personnes handicapées connaissent à nouveau une augmentation de leur activité, selon le bilan de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) rendu public le 5 décembre 2018. Dans le détail, en 2017, 4,5 millions de demandes ont été adressées aux MDPH, contre 4,42 millions en 2016, soit +1,9 %. Si ce nombre reste en hausse, le rythme de l'augmentation est néanmoins moins soutenu que les années précédentes et touche de manière inégale les MDPH puisque près de la moitié d'entre elles en ont reçu moins.

En majorité : emploi et cartes

La répartition des demandes déposées en 2017 est similaire aux années précédentes, avec néanmoins une baisse de la part de celles relatives à l'emploi (RQTH, complément de ressource, AAH, orientation et formation professionnelle) qui passe à 38,9 % contre 41,6 % en 2016. Cette baisse concerne en particulier les demandes d'allocation aux adultes handicapés (AAH : 12,2 % contre 14 %). Le décret du 3 avril 2015 qui permet d'étendre, de 2 à 5 ans, la durée maximale d'attribution de la prestation semble ainsi produire ses effets. Un autre poste important est celui des « cartes » qu'elles soient d'invalidité, de priorité ou de stationnement, qui représentent 32 % des dossiers.

Quels taux d'accord ?

Les délais de traitement restent relativement « maîtrisés ». En moyenne, ils diminuent de 4 jours pour les demandes « adultes » (4 mois et 12 jours en moyenne) et augmentent de 3 jours pour les « enfants » (3 mois et 20 jours). Ces chiffres varient cependant fortement d'une maison à l'autre. L'évolution du taux d'accord varie lui aussi selon les prestations et reflète d'importantes disparités départementales. Si on observe une stabilité des taux d'accord sur la majorité des prestations et orientations, ils diminuent, toutefois, pour l'AAH, la prestation de compensation du handicap pour les moins de 20 ans et la CMI stationnement pour les moins de 20 ans. Malgré l'augmentation du nombre de décisions, le taux de recours (gracieux, contentieux) reste stable (2,4 %).

Vers une optimalisation des services ?

Le coût total de fonctionnement des MDPH en 2017 dépasse les 300 millions d'euros, financés en priorité par les départements mais également l'État, la CNSA et, dans une moindre proportion, les partenaires locaux. 5 000 personnes (équivalents temps plein) y sont employées, qui représentent 67 % de ces dépenses. Les mesures de simplification engagées par le gouvernement vont-elles permettre de fluidifier leur gestion, à la fois pour les usagers et les employés ? 2017, était, en effet, l'année de l'intensification d'un certain nombre de grands chantiers, notamment le déploiement de la démarche « une réponse accompagnée pour tous », la transformation numérique (dématérialisation des échanges et préfiguration du système d'information commun pour que toutes les MDPH disposent d'un même logiciel, article en lien ci-dessous) et l'initiation d'une démarche qualité.

Et les fonds de compensation ?

Quant aux fonds départementaux de compensation du handicap, ils sont destinés, en mobilisant différents financeurs, à accorder des aides financières extralégales aux personnes en situation de handicap pour leur permettre de supporter les frais de compensation restant à leur charge. En 2017, ces fonds ont financé des projets à hauteur de 16,13 millions d'euros, pour moitié dédiés aux aides techniques, un tiers aux projets d'aménagement du logement et 11 % à ceux du véhicule. Mais quel reste à charge pour le bénéficiaire ? Il représente en moyenne 16 % du coût total du projet, après notamment la PCH, qui en finance 33 %, et le fonds de compensation 19 %. Dans 22 fonds, le montant du reste à charge était inférieur à 10 % du coût des projets. Rappelons que le texte de loi de 2005 précise que ce reste à charge ne doit pas dépasser 10 % du revenu fiscal de référence du foyer du bénéficiaire (article en lien ci-dessous). Le hic, c'est que les décrets d'application définissant explicitement les conditions d'attribution de ce fonds ne sont jamais sortis, laissant chaque département faire selon son bon vouloir… Une synthèse sur ce sujet est attendue en février 2019.

 

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Fourmies Le seul établissement pour jeunes autistes a ouvert ses portes

« Cela a changé notre vie ». Depuis le mois septembre dernier, Élise Armand, une mère de 35 ans, vient deux fois par semaine dans le nouvel établissement recevant des personnes autistes – le seul de Sambre-Avesnois – qui vient d’ouvrir ses portes à Fourmies. Dans une ancienne école désaffectée par la commune, rachetée et aménagée par AFG (Association française de gestion) Autisme. Et rebaptisée désormais l’Odyssée, qui propose à la fois un accueil intérieur et extérieur, respectivement dans le cadre d’un institut médico-éducatif (IME) et un service d’éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD).

Il faut dire que pour trouver une place en France – quand tant de familles prennent la direction de la Belgique pour la prise en charge de ce handicap du neuro-développement à divers niveaux – n’est pas de tout repos. « On a découvert le problème chez Baptiste, aujourd’hui âgé de dix ans, en 2013, précise Mme Armand. Il était asocial, agité… Jusqu’au jour où des praticiens ont confirmé qu’il souffrait de troubles envahissant du comportement (TED). On a fait face. Durant toutes ces années mais chez nous. Maintenant, il y a cet établissement spacieux et fonctionnel, avec du matériel, du personnel qualifié, etc., et Baptiste progresse. Il a compris que sa différence n’était pas une honte, qu’il peut vivre avec. Scolarisé, c’est d’ailleurs un brillant élève de CM2 ».

Partenariats locaux

Un établissement que l’on doit surtout à l’abnégation de Christelle Calleja, dorénavant directrice de l’Odyssée et ancienne présidente de l’association Univers Inverse. Concernée, elle a mis toute son énergie dans ce projet depuis 13 ans. Son cœur aussi. Pour que 26 jeunes – c’est-à-dire environ le nombre de cas recensés dans l’arrondissement – de 2 à 20 ans fréquentent soit l’IME, soit le SESSAD. « Pour ce faire, nous nous appuyons sur 23 professionnels qui nous accompagnent, souligne-t-elle : éducateurs spécialisés, ergothérapeutes, médecins, paramédicaux… ». L’Éducation nationale a même répondu présent avec un professeur des écoles formé.

Tout comme les lieux ont déjà développé de nombreux partenariats avec, au niveau local, des établissements et service d’aide par le travail (ESAT), ou dans le sport avec de l’handi-danse proposée par l’école de Noémie Losson ou encore l’équi-handi avec Justine Adamczyk, enseignante des Écuries de la Demi-Lieue. Prochaine étape ? « L’insertion de ces jeunes, répond Mme Calleja. Mettre en place des parcours adaptés d’autonomie pour ces futurs adultes dont certains pourront vivre dans un logement et avoir un emploi. Parce que l’autisme n’est pas une maladie mais un handicap ».


 

Trois questions à… Romaric Bruiant, directeur-général d’AFG Autisme

Que représente votre association au niveau national ?

« Nous sommes un des acteurs de la prise en charge de l’autisme en France. AFG (Association française de gestion) possède trente établissements et services dans 11 départements, principalement du Nord au Sud. Nous accompagnons 900 personnes en situation d’autisme, âgées de 3 à 68 ans, et ce, grâce à 850 salariés ».

Justement, quelle est la situation de l’autisme dans notre pays ?

« On estime à plus de 600 000 personnes touchées par ce handicap (1 % de la population). Qui est réellement reconnu depuis 2004. Le temps de s’adapter, il n’y a bien sûr pas encore assez de places. Seuls 15 à 20 % des enfants seraient accueillis. Un pourcentage qui tombe de 5 à 7 % pour les adultes ».

Comment fonctionnent vos établissements ?

« Nous sommes financés à 100 % par l’État et nous avons le soutien des Agences régionales de santé (ARS). Après, nous avons d’autres partenaires comme des collectivités. Ce fut le cas à Fourmies où il convient de citer l’engagement de la ville qui nous a vendu l’ancienne école Jean-Macé et nous a facilité beaucoup de démarches administratives. Un an plus tard, et après un investissement de 2 M €, l’Odyssée a ouvert ses portes ».


 

C’est quoi? Un handicap

Qu’est-ce que l’autisme ? Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « c’est un trouble sévère et précoce du développement de l’enfant apparaissant avant l’âge de 3 ans, caractérisé par un isolement, une perturbation des interactions sociales, des troubles du langage, de la communication non verbale et des activités stéréotypées avec restriction des intérêts ». Il s’agit « d’un trouble envahissant du développement (TED) qui affecte les fonctions cérébrales et qui n’est pas considéré comme une affection psychologique ni comme une maladie psychiatrique ». Mais qui constitue un handicap.

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Vidéo -> Pour accompagner les parents d'enfants autistes : ABLE Julie Tuil

Ajoutée le 2 déc. 2017

ABLE Julie Tuil transmet une méthode d'accompagnement des enfants autistes. Cette méthode peut aussi soutenir les enfants en déficit d'attention.

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« Marche ou Crève », le handicap sans fard

Inspirée par sa propre histoire, Margaux Bonhomme a réalisé un film sans concession sur le quotidien d’une famille confrontée au handicap dans lequel l’actrice Jeanne Cohendy livre une incroyable performance. Dérangeant mais nécessaire.

Diane Rouxel et Jeanne Cohendy incarnent Elisa et sa sœur Manon, handicapée. 

Diane Rouxel et Jeanne Cohendy incarnent Elisa et sa sœur Manon, handicapée. / Nour Films

Marche ou Crève***

de Margaux Bonhomme

Film français, 1 h 25

Il fallait sans doute passer par la fiction pour raconter cette histoire. Et avoir la légitimité de celle qui l’a personnellement vécue. Car dans le film de Margaux Bonhomme, le handicap n’est pas un simple élément secondaire de l’intrigue ou prétexte à comédie. Il en est, et c’est très rare au cinéma, le sujet central. Abordé sans fards, dans toute sa crudité, avec ce que cela représente au quotidien pour la famille en termes de charge, de sacrifices, de colère, d’amour, mais aussi parfois de haine et de son revers la culpabilité.

Des sentiments ambivalents

C’est dans l’intimité de ces sentiments mêlés que la réalisatrice, qui s’est inspirée de sa propre histoire, nous fait pénétrer, par le biais de son héroïne, Elisa (Diane Rouxel). Cette adolescente joyeuse et équilibrée, s’apprête à quitter la ferme familiale pour poursuivre sa scolarité à Montpellier.

Mais le départ de sa mère du foyer la contraint à rester pour aider son père à s’occuper de sa sœur aînée lourdement handicapée. On comprend très vite que c’est le placement de Manon dans un centre spécialisé qui est au cœur du désaccord entre les parents. Dans un premier temps, Elisa prend le parti du père, François – Cédric Kahn bouleversant dans son aveuglement entêté à garder sa fille près de lui – avant de se rendre compte peu à peu de l’impossibilité de la tâche.

Par la répétition des scènes du quotidien, la réalisatrice ne nous épargne rien. Manon bave, crie, gémit, fait des crises que seules des promenades en voiture parviennent à calmer. À la fois démunie et tyrannique, elle concentre toute l’attention d’un père aux yeux de qui Elisa ne fait jamais assez bien et a du mal à trouver sa place. Mais il y a aussi ces moments d’apaisement, laissant place à la joie, aux rires et à la complicité partagée. Prise au piège de cet amour inconditionnel, Elisa va peu à peu perdre pied et nourrir des sentiments ambivalents à l’égard de cette sœur devenue si encombrante.

Un film dérangeant mais d’une justesse bouleversante

Jamais une œuvre cinématographique n’avait approché de si près la réalité du handicap et ses dommages collatéraux. Margaux Bonhomme y parvient de manière abrupte et dérangeante mais avec une justesse bouleversante que seule l’expérience vécue permet d’atteindre. La nature sauvage du Vercors, la pureté de la lumière, l’amour qui se dégage de cette famille viennent contrebalancer la dureté de son propos et participent à l’équilibre d’un film qui doit aussi beaucoup à l’impressionnante performance de Jeanne Cohendy. La comédienne a travaillé au quotidien pendant un an et demi pour parvenir à incarner avec vérité cette si troublante Manon.

Céline Rouden

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