04 décembre 2018

Enfants handicapés : un taux de scolarisation et d’inclusion bien trop faible

article publié sur France TV Info

Les enfants handicapés de moins de six ans sont très peu pris en charge, estime le Défenseur des droits dans son dernier rapport sur les droits de l’enfant.

En 2017, 321.476 élèves en situation de handicap étaient scolarisés En 2017, 321.476 élèves en situation de handicap étaient scolarisés (© horizontal.integration on Visual hunt  )

Mis à jour le 03/12/2018 | 17:37
publié le 03/12/2018 | 17:37

 

Aujourd’hui en France, seuls 30% des enfants présentant des troubles autistiques sont scolarisés en maternelle, selon les centres d'action médico-sociale précoce (CAMSP). Ces mêmes enfants ne sont pris en charge par l’école, en moyenne, que deux jours par semaine. Partant de ce constat, le Défenseur des droits Jacques Toubon et la Défenseure des enfants Geneviève Avenard consacrent une large partie de leur dernier rapport annuel à la scolarisation et à l’inclusion des enfants en situation de handicap. A l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, Allodocteurs.fr fait le point. 

Peu d'accueil en activités périscolaires

Le 19 novembre, veille de la journée internationale des droits de l’enfant, Geneviève Avenard et Jacques Toubon ont donc remis leur rapport, intitulé "De la naissance à 6 ans : au commencement des droits", au président de la République. Parmi les 26 propositions listées dans ce document, quatre concernent directement les enfants en situation de handicap.

Tout d’abord, les auteurs insistent sur les difficultés d'accès aux activités périscolaires rencontrées par ces enfants, et affirment qu’ils ont reçu de "nombreuses saisines" à ce sujet. Ils rappellent que les premiers résultats de la mission nationale "Accueils de loisirs et handicap" indiquent que seuls 19% des parents demandant une prise en charge de leur enfant en dehors de l’école obtiennent gain de cause. "Ces résultats corroborent ceux obtenus par le Défenseur des droits en 2014", note le rapport. Pour Jacques Toubon, il faut donc "encourager une répartition plus homogène des lieux d'accueil périscolaire sur le territoire et assurer le respect de leur vocation inclusive".

Par ailleurs, la Défenseure des enfants et le Défenseur des droits mettent en lumière les inégalités persistantes en matière de scolarisation. S’ils constatent une amélioration en ce qui concerne l'inscription des enfants handicapés en école élémentaire, ils affirment que les chiffres restent alarmants en maternelle. En cause notamment, le fait que la scolarité ne soit pas encore obligatoire avant six ans (cette mesure entrera en vigueur à la rentrée 2019). Le rapport indique en outre que seuls 79% des enfants de plus de trois ans pris en charge par les CAMSP sont scolarisés, contre 94% des enfants non handicapés. Parmi ces 79%, seuls 55% sont scolarisés à temps plein.

Des enfants scolarisés une à cinq heures par semaine

En 2017, d'après le ministère de l'Education, 321.476 élèves en situation de handicap étaient scolarisés en France. Même s’ils étaient 20.000 de plus en 2018, des milliers ne peuvent toujours pas aller à l'école, faute d’accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH). Aucun chiffre officiel sur le sujet n’est néanmoins disponible. Quelques semaines avant la remise de ce rapport par ailleurs, Lucie Michel, mère d’un fils autiste, avait interpellé Emmanuel Macron à ce sujet. A la rentrée scolaire 2018, son fils Malone n’avait pu être accueilli dans aucun établissement. Cette mère en difficulté avait alors écrit un rap, qu’elle avait posté sur YouTube. La vidéo cumule aujourd’hui plus de 40.000 vues.

La même semaine, on apprenait que trois mères d'enfants handicapés avaient grimpé en haut d'une grue, à Lille et à Strasbourg. Elles voulaient ainsi dénoncer "le manque d'auxiliaires de vie scolaire" et "la grande précarité des aidants familiaux". Nous avons contacté Meryem Duval, l'une d'entre elles. Cette mère de deux jumeaux autistes est restée plus de 11 heures sur une grue pour alerter l'opinion sur la situation des enfants handicapés. Une opération qu'elle a répétée à cinq reprises. Si ses deux garçons sont aujourd'hui soclarisés à mi-temps, elle continue les actions coup de poing. Pour elle, le rapport des Défenseurs "joue sur les mots". "On est bien loin des 79% d'enfants scolarisés ! Soit ils sont scolarisés une à cinq heures par semaine, soit ils sont inscrits dans des structures spécialisées", déplore-t-elle. Selon elle, moins de 20% d'entre eux sont scolarisés à temps plein, et ceux-ci sont la plupart du temps handicapés moteurs, et non psychiques.

De plus, Meryem Duval note que le rapport ne donne aucun chiffre sur les enfants handicapés qui ne bénéficient pas, à l'heure actuelle, d'AESH. "Ce n'est tellement pas important pour les pouvoirs publics qu'il n'y a aucun recensement", s'insurge-t-elle. D'après les associations, on estime le nombre d'enfants concernés à 3.500. "On se retrouve avec des AESH qui s'occupent de 4 ou cinq élèves !" constate-t-elle tristement.

De leur côté, les Défenseurs rappellent la mise en place de la stratégie nationale pour l'autisme 2018-2022, qui vise à améliorer le taux de scolarisation des enfants autistes. Ce plan prévoit, entre autres, le triplement du nombre d'unités d'enseignement maternelle autisme (UEMa). Mais cela n’est pas suffisant, comme l’indique Jacques Toubon : "De nombreux enfants en situation de handicap rencontrent encore des difficultés pour accéder à une scolarisation ordinaire et bénéficier des aménagements nécessaires." Pour lui, il est donc indispensable que ces élèves soient accompagnés d’un AESH, même si "cette solution ne constitue pas une réponse universelle".

Jacques Toubon souhaite "une mobilisation des pouvoirs publics"

Le document préconise également d’améliorer la formation à la prise en charge du handicap des enseignants et des professionnels de la petite enfance, qui reste très hétérogène. Pour Jacques Toubon et Geneviève Avenard, il incombe au ministère de l'Éducation nationale de "familiariser l'ensemble des enseignants aux processus d'évaluation des besoins des élèves handicapés et aux aménagements pouvant être mis en place pour y répondre".

La dernière recommandation concernant les enfants handicapés est plus radicale : Jacques Toubon en appelle directement aux collectivités publiques, et estime qu’"un changement de paradigme et une mobilisation des pouvoirs publics" sont indispensables. Pour lui, celles-ci n’ont en effet pas encore pris "toutes les mesures nécessaires pour permettre l'accès effectif de tous les enfants, sans aucune discrimination, aux modes d'accueil collectif de la petite enfance".

Dans un communiqué publié le 20 novembre, l’Elysée a réagi à la publication de ce rapport, annonçant qu’une "stratégie interministérielle" était "en cours de préparation afin de répondre aux défis de la protection de l'enfance". Cette stratégie est censée être révélée à la rentrée début 2019, année au cours de laquelle sera célébré le 30ème anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant.

par Maud Le Rest Twitter journaliste à la rédaction d'Allodocteurs.fr

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Conférence nationale du handicap 2019 : 5 grands chantiers !

Résumé : La feuille de route la 5ème Conférence nationale du handicap est dévoilée le 3 décembre 2018. Sur 6 mois, elle devra plancher sur 5 grands chantiers, dont la PCH, l'exil vers la Belgique, la gouvernance des MDPH, la simplification des allocations...

Par , le 03-12-2018

CNH, CIH : ne pas confondre… Le Comité interministériel du handicap (CIH), présidé par le Premier ministre, a défini, le 25 octobre 2018, la feuille de route du gouvernement pour 2018- 2019 en matière de handicap (article en lien ci-dessous). Mais un autre rendez-vous était attendu…

La 5ème CNH

Après « Gardons le cap, changeons le quotidien » du CIH, un nouveau credo pour cette 5ème Conférence nationale du handicap qui se déroulera de décembre 2018  à juin 2019 : « Tous concernés, Tous mobilisés !». Ses grandes lignes ont été dévoilées le 3 décembre, journée internationale symbolique puisqu'elle est dédiée aux personnes handicapées. C'est également le jour où s'est réuni le comité de pilotage de ce nouveau rendez-vous, en présence de Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat en charge du Handicap, et des 35 personnalités, acteurs de la société civile et membres du CNCPH (Conseil national consultatif des personnes handicapées) qui la composent ; ils sont responsables associatifs, entrepreneurs, sportifs, philosophes, élus, journalistes et ont pour mission d'assurer le suivi de l'ensemble de ces travaux. Deux autres réunions sont prévues d'ici le mois de juin, date à laquelle cette CNH sera clôturée par le président de la République. Rappelons que la Conférence nationale du handicap a été mise en place par la loi de 2005, afin de débattre des orientations et des moyens de la politique concernant les personnes handicapées. Initialement, elle devait se réunir tous les trois ans ; les précédentes éditions ont eu lieu en 2008, 2011, 2014 et 2016.

Des ministres sur le terrain

Durant six mois, les ministres iront à la rencontre des citoyens en situation de handicap, des acteurs engagés et des professionnels. Chacun a publié une vidéo (visible notamment sur le Twitter de Sophie Cluzel) dans laquelle ils rappellent leur engagement en faveur du handicap. Dans chaque ministère un haut fonctionnaire a été désigné par le Premier ministre (article en lien ci-dessous), qui sera chargé de l'organisation de ces déplacements et la participation à des manifestations dans tous les domaines : transports, logement, sport, culture, numérique, santé, école, emploi, formation professionnelle, université,  actions bénévoles et de cohésion des territoires,  armée. L'objectif, selon le gouvernement, étant de « mettre en lumière toutes ces actions menées au quotidien, de les faire savoir et de susciter ainsi des actions similaires ». Pour obtenir la labellisation, il suffira de se connecter en ligne et de remplir un formulaire très simple. Les initiatives labellisées seront visibles sur un site dédié (« Tous concernés, tous mobilisés ») et feront partie du rapport qui sera rendu au parlement au mois de juin pour débat.

Ouverture de cinq chantiers

L'ouverture de cinq chantiers majeurs, très attendus, est annoncée, avec l'objectif de « simplifier la vie » :

1. Améliorer les conditions d'octroi de la prestation de compensation du handicap (PCH), afin de mieux prendre en compte les besoins des adultes handicapés. Par exemple, pouvoir apporter un soutien aux parents en situation de handicap.
2. Trouver des alternatives au départ de citoyens français en Belgique. Par exemple, des adolescents en situation de handicap, qui relèvent de la protection de l'enfance et qui, à l'âge adulte, doivent partir en Belgique faute de solutions disponibles en France.
3. Revoir le statut et la gouvernance des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) pour en améliorer le fonctionnement et l'efficacité.
4. Mieux prendre en charge les besoins des enfants handicapés en simplifiant le dispositif d'allocation. Il s'agit de revisiter les deux prestations destinées aux enfants, à savoir l'Allocation d'éducation enfants handicapés (AEEH) et la prestation de compensation du handicap (PCH). Par exemple, pour pouvoir acquérir plus facilement des tablettes avec des supports pédagogiques adaptés.
5. Assurer une pleine représentation des personnes en situation de handicap dans la construction des politiques publiques.

Quel mode de fonctionnement ?

Les trois premiers chantiers sont confiés à des groupes de travail nationaux qui associent les administrations centrales, la Caisse nationale de solidarité de l'autonomie, les Agences régionales de santé, les Conseils départementaux et les membres des commissions spécialisées du CNCPH. Les deux autres chantiers feront l'objet de deux missions : l'une pilotée par Daniel Lenoir de l'Inspection générale des affaires sociales sur les besoins de compensation du handicap pour les enfants ; la seconde sera menée par un duo, composé d'un parlementaire, Thierry Michels, et de Carine Radian, membre du CNCPH et cadre à Engie, sur la représentation des personnes handicapées au sein des politiques publiques.

Le bilan de cette grande mobilisation citoyenne et des propositions formulées dans les cinq grands chantiers feront l'objet d'un rapport remis au Parlement, suivi d'un débat devant la représentation nationale.

 

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Actus sur Handicap.fr

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Compensation du handicap : des mesures… d’ici juin

article publié dans Faire-face

Emmanuel Macron devrait annoncer des mesures sur la compensation en clôturant la conférence nationale du handicap, en juin 2019.

La 5e conférence nationale du handicap se déroulera de décembre 2018 à juin 2019. Elle comprend cinq chantiers, dont un sur l’amélioration de la compensation du handicap.

La compensation vient enfin de trouver place dans l’agenda politique du gouvernement. Le secrétariat d’État chargé des personnes handicapées va lancer des consultations pour « améliorer les conditions d’octroi de la prestation de compensation du handicap (PCH) afin de mieux prendre en compte les besoins des adultes handicapés ». Exemple : « Pouvoir apporter un soutien aux parents en situation de handicap. »

Une conférence sous une forme inédite

Ce sera l’un des « cinq chantiers nationaux » ouverts dans le cadre de la conférence nationale du handicap 2018-2019 (CNH). Le premier comité de pilotage de la 5e édition de cette CNH s’est réuni ce lundi 3 décembre. La conférence se déroulera de décembre 2018 à juin 2019 sous une forme inédite. Elle comprendra, en effet, des visites de ministres sur le terrain, la labellisation de pratiques exemplaires et, donc, la mise en œuvre de ces cinq chantiers.

Lire aussi

Améliorer le fonctionnement des MDPH

Un groupe de travail planchera sur la compensation. Un second sur les alternatives au départ de citoyens handicapés en Belgique, faute d’autres solutions. Un troisième groupe réfléchira sur la gouvernance des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Simplifier les allocations pour les enfants

De plus, une mission fera des propositions pour « simplifier le dispositif d’allocation » pour les enfants en situation de handicap. Aujourd’hui, deux prestations cohabitent : la PCH et l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH).

Dernier des cinq chantiers : la représentation des personnes handicapées au sein des politiques publiques. Les propositions seront débattues par le Parlement, annonce le secrétariat d’État. Et Emmanuel Macron clôturera la CNH en juin. Il pourrait donc annoncer des mesures lors de ce discours.

Une première occasion manquée

En décembre 2016, Manuels Valls, alors Premier ministre de François Hollande, avait annoncé la création de l’aide à la parentalité dans le cadre de la PCH. Mais aussi la fin de la limite d’âge à 75 ans pour pouvoir demander la prestation de compensation. Ces deux mesures ne sont jamais entrées en vigueur.

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Les Mas et Fam tendent à évoluer vers des services hors les murs pour les personnes handicapées

article publié sur HOSPIMEDIA

Publié le 29/11/18 - 16h51 - HOSPIMEDIA

L'accompagnement médico-social des personnes handicapées est à transformer, constatent les acteurs du secteur. L'ambition des pouvoirs publics de désinstitutionnaliser les Mas et Fam pour les transformer peu à peu en services hors les murs est accompagnée d'expérimentations jugées efficaces mais qui peuvent inquiéter les professionnels.

Si les services d'accompagnement des personnes en situation de handicap que sont les maisons d'accueil spécialisées (Mas) et foyers d'accueil médicalisé (Fam) doivent évoluer, la tendance de mutation vers des prestations hors les murs peut inquiéter les professionnels et bénéficiaires qui y travaillent et y vivent depuis des années. Le centre régional d'études, d'actions et d'informations en faveur des personnes en situation de vulnérabilité (Creai) Hauts-de-France organisait le 27 novembre à Arras (Pas-de-Calais) une journée d'échanges entre professionnels et cadres du secteur.

Une désinstitutionnalisation "nécessaire à l'adaptation aux besoins"

La logique de parcours et d'inclusion des personnes handicapées dans la société voudrait que l'on sorte les compétences médico-sociales des institutions. "L'accompagnement hors les murs est confronté à l'accueil en établissement, mais la complexité du système français prendra du temps à se transformer, notamment parce qu'elle fait vivre énormément de personnes aujourd'hui." C'est le constat que fait Jean-René Loubat, psychosociologue consultant et formateur libéral auprès des institutions sanitaires, sociales et médico-sociales.

Il considère qu'en France, "nous sommes dans une société hantée par la crainte du risque au lieu de se demander ce que l'on peut arriver à faire avec une transformation du système établi". Il invite également à revoir les concepts, le vocabulaire, la sémantique concernant le handicap dans la société. De plus, pour que les services et les soins soient réellement adaptés aux bénéficiaires, il propose que les professionnels fassent des stages dans les centres de formation en tant que bénéficiaires en plus de leur position d'accompagnant.

Les secteurs d'activité de la santé et des solidarités étant dépendants des ressources publiques et "dits dépensiers, ils sont conviés à coûter moins cher, c'est-à-dire à innover et à trouver de nouvelles réponses alternatives", annonce Jean-René Loubat. Il poursuit en expliquant que, à l'instar du secteur sanitaire, une transition ambulatoire est à réaliser, faisant passer les services d'une "institution centrale et centripète à un réseau centrifuge présent dans l'écosystème du patient". Les innovations telles que le case management pour la coordination de parcours et de projets personnalisés, et les plateformes de services, en cours de développement, sont à ses yeux des outils qui vont dans le sens d'une transformation vers des accompagnements individualisés et adaptés.

Des exemples d'innovations en Mas et Fam

Le service d'accompagnement médico-psychosocial Auprès-TC a lancé l'expérimentation d'une Mas externalisée avec accueil de jour pour personnes cérébrolésées en 1999, pérennisée en 2016 avec le soutien de l'ARS Hauts-de-France, et repris par la fondation Partage et vie en 2018. Hélène Delecroix, responsable du service situé à La Bassée (Nord), explique que les professionnels assurent les interventions après sortie totale du milieu sanitaire et proposent un plan individualisé d'une durée moyenne de deux ans. Des prestations à domicile ou autour du domicile avec "des ateliers au sein de la ville ou sur site, des entretiens sur site sont proposés, ainsi qu'un suivi individuel et des groupes de parole pour s'adapter au plus près des besoins des personnes".

L'objectif étant la réadaptation cognitive avec un suivi médical et des activités physiques adaptées, le travail se fait en partenariat avec la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), la caisse primaire d'assurance maladie (Cpam), la préfecture, les praticiens libéraux, services hospitaliers et Fam. Tous les intervenants — case managers, neurologues, ergothérapeutes, psychologues, référents de coordination — sont impliqués pour assurer le lien entre milieu sanitaire et médico-social, "sans planning d'accompagnement type", précise Hélène Delecroix. Toujours autour du domicile, la Mas Pierre-Mailliet du Quesnoy (Nord) de l'Apajh a présenté ses innovations avec l'unité d'accompagnement et de soutien (UAS) et l'unité d'accueil temporaire (UAT, lire notre article). Célia Daligault, chef du service UAS, explique que ces innovations amènent "non pas à des créations, mais à des transformations de places dans les établissements".

Des perspectives internationales pour envisager des innovations

"Plus on ira à la rencontre d'autres expériences, plus on aura d'idées, le risque réside dans le repli sur soi et ses certitudes", appuie Jean-René Loubat. Des professionnels du secteur sont partis en Suède, Suisse, Espagne et au Canada pour rapporter leurs observations des pratiques innovantes. Le constat général est notamment qu'il n'existe pas de définition ni de classification du polyhandicap pour n'exclure personne des dispositifs, et que l'accompagnement à domicile de la personne peut mobiliser jusqu'à sept assistants de vie qui se relayent, contre deux en moyenne en France.

En Espagne, on constate une mixité des publics accompagnés avec ou sans handicap reconnu, un recours au droit commun important, une pair-aidance très développée, et une grande importance donnée à l'autonomisation des personnes. La Suisse, comme la France, réinterroge beaucoup ses pratiques pour laisser le choix à la personne de tous ses accompagnements. Au Québec, les activités en dehors de l'établissement sont très développées, à l'exemple du jardinage dont les récoltes sont données à des associations caritatives. Enfin, en Suède, la faible importance du recours à des professionnels diplômés est remarquable, "les personnes handicapées recrutement elles-mêmes leurs accompagnants sur des critères qu'elles définissent, notamment la gentillesse [...] qui est mentionnée dans la majorité des cas", rapporte Isaline Gobert, conseillère technique du Creai.

"Nous avons beaucoup de retard à rattraper sur d'autres pays qui ont largement engagé la désinstitutionnalisation. Les notions d'inclusion et de handicap sont clivantes et ne veulent rien dire." En exprimant les différences et le fait que certaines catégories sont exclues, Jean-René Loubat estime que l'on accentue ces exclusions. C'est pourquoi il considère qu'il est nécessaire aujourd'hui de laisser les différences de chacun s'exprimer dans une société qui ne spécialise pas ses services et activités mais qui les met à disposition de tous en fonction de leurs besoins, sans classification. "Il faut en finir avec les catégories, contorsions intellectuelles qui n'ont aucun intérêt pragmatique", conclut-il.

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02 décembre 2018

Un foyer pour autiste pour 2020 à Soissons : unique dans le Sud de l’Aisne

Le bâtiment est spécialement conçu pour les adultes autistes et pourra en accueillir sept.
Le bâtiment est spécialement conçu pour les adultes autistes et pourra en accueillir sept. - Architectes : Florence Bibaut et cabinet Belliere-Maniere

Aujourd’hui, les jeunes Axonais atteints de troubles de l’autisme sont souvent hébergés dans d’autres départements, voire à l’étranger. « Les aides versées par le Département pour ces «expatriés» représentent plusieurs millions d’euros chaque année. C’est de surcroît, et surtout, un éloignement difficile à gérer pour leurs familles ». La prise en charge locale des jeunes autistes est insuffisante et le conseiller départemental de Soissons Pascal Tordeux l’a résumé ce vendredi matin.

C’était lors de la pose de la première pierre d’une réponse à ces deux problèmes : la construction d’un foyer dédié aux jeunes adultes atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA). «  Les jeunes autistes n’ont rien à faire dans un hôpital psychiatrique. Ils nécessitent un accompagnement spécifique » a commenté le député de Soissons-Chauny, Marc Delatte.

Un bâtiment de 373 m2 va donc voir le jour derrière l’actuel foyer d’accueil médicalisé pour personnes handicapées (FAM) géré par l’Association des parents d’enfants inadaptés (APEI) de Soissons. Il est situé 8 rue du Belvédère, juste à côté du centre social Saint-Waast-Saint-Médard.

Sept places seront proposées dès son ouverture, prévue début 2020, à des adultes autistes nécessitant un suivi éducatif et médical important. Actuellement, il n’existe qu’une structure dans le département, à Villequier-Aumont près de Tergnier, susceptible de proposer ce type de prise en charge. Le futur foyer va ainsi être le « chaînon manquant » dans la prise en charge de l’autisme. « Depuis 2005, l’IME de Belleu offre 8 places pour les enfants et adolescents souffrant de TSA. Grâce au nouveau foyer, nous pourrons les prendre en charge à l’âge adulte. Actuellement, il y a une rupture et elle est source de souffrance et d’inquiétude », observe Anny Pignignoli, la présidente de l’APEI de Soissons.

Les lieux ont été entièrement conçus pour cette population aux besoins très particuliers : circulation facilitée, lumières et couleurs non agressives, salles de répit, conception architecturale particulière (escalier en rond…). « Il accueillera des adultes dont le handicap ne leur permet pas, ou plus, de vivre dans le cadre familial. Les personnes atteintes d’autisme développent en effet des troubles particuliers, comme ceux liés au langage, à la communication, au comportement ou à l’interaction sociale », souligne l’APEI.

Julien Assailly

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30 novembre 2018

Sessad Envol : Projet Balnéothérapie

logo GCSMS AUTISME FRANCE

article publié sur le site du GCSMS Autisme France

Groupe Balnéothérapie 2018-2019

 

L'eau et le travail en balnéothérapie présentent différentes propriétés et aspects qui peuvent être utilisés pour soutenir les projets éducatif et thérapeutique en psychomotricité.

L’intérêt du travail dans l’eau :

l’eau apporte une résistance. Lors des déplacements ou mouvements, cette résistance entraîne une contraction musculaire qui apporte des informations proprioceptives.
l’eau exerce une pression qui stimule l’ensemble des parties du corps immergées et vient renforcer la perception des contours du corps, de la peau et des limites corporelles. Cette qualité permet d’apporter des informations sensorielles globales donnant limite au corps ou le contenant. Cette pression permet également de se laisser porter/flotter et d’expérimenter le lâcher-prise et le portage
la température de l’eau n’est pas la même que celle du corps. Cette différence de température sollicite l’ensemble des récepteurs thermiques situés sur la peau et favorise la perception et la représentation corporelle par la distinction eau-corps/peau.
de par sa fonction contenante, l’eau peut être un médiateur intéressant, favorisant l’acceptation de l’autre dans un environnement commun, les interactions et les échanges.
l’eau est aussi un espace subjectif où chacun a un ressenti personnel, différent. Ces représentations dépendant des expériences et du vécu émotionnel. Ainsi, l’eau peut être source de jeux et d’expérimentations mais aussi d’inquiétudes et d’inconfort.

L’eau représente alors un milieu favorisant les expériences sensori-motrices et soutenant les intégrations sensorielles, motrices et psychiques.

L’aspect groupe permet d’aborder les notions de relations et d’interactions. Le groupe favorise la communication et les échanges. Il permet à chacun d’expérimenter pour lui-même tout en prenant en compte les réactions et ressentis d’autrui. Cela vient soutenir les processus de différenciation et d’affirmation de soi.

En dehors du temps dans l'eau, les moments qui entourent l'activité balnéothérapie (trajet, déplacement jusqu'à la salle, vestiaires etc.) sont propices au développement de l'autonomie personnelle (se déshabiller, se laver, s'habiller etc.) Ces temps structurés permettent notamment d'aborder l'organisation, la planification, le repérage spatiale, la somatognosie.

Objectifs :

L’objectif de ce groupe de balnéothérapie est donc de proposer des conditions de stimulation sensorielles et motrices dans un cadre structuré et soutenant pour favoriser les intégrations qu’elles soient sensorielles, motrices et psychiques.

Qui :

Ce projet est à destination de trois enfants du SESSAD.

Encadrement : 1 éducatrice de jeunes enfants ; 1 psychomotricienne

Nous pourrons ponctuellement être accompagnées d’un collègue éducateur du SESSAD, notamment pour les premières séances et les éventuelles sorties exceptionnelles afin d’être un adulte pour un enfant.

Où :

Le groupe aura lieu au sein de l'établissement MAS Envol de Champigny Sur Marne qui nous met à disposition leur équipement. La salle de balnéothérapie se situe au sous-sol de la MAS, à l'écart des lieux de vie et des passages des bénéficiaires. Elle se compose de la salle avec le bassin et d'une salle de douche avec toilette. 

balnéothérapie1

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Enfant autiste : Un ouvrage pour sensibiliser les plus jeunes

 

Enfant autiste : Un ouvrage pour sensibiliser les plus jeunes

Après " Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents ", Peter Patfawl, ancien vice-président de SOS Autisme et beau-père d'un enfant autiste, revient avec un ouvrage cette fois-ci destiné aux enfants et adolescents.

https://www.handirect.fr

 

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Formations en ligne - Vidéos - CEUs pour BCBA et BCaBA

 

Formations en ligne - Vidéos - CEUs pour BCBA et BCaBA

Dans cette section vous trouverez des liens vers des organismes proposant ces formations en ligne. N'hésitez pas à me donner votre avis sur leurs qualités (ou défauts) ! Certains sont gratuits, d'autres non... Le module de formation de TSA Atlantique, créé par le ministère de l'Education du Nouveau Brunswick.

http://aba-sd.info

 

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