05 février 2018

Projet de loi « société de confiance » : ce qui changerait pour le médico-social

article publié sur la Gazette Santé-Social

Social | 02/02/2018

par Nathalie Levray

challenge-confiance-UNEDroits à l’erreur et au contrôle, institutionnalisation du référent unique, droit à rectification de l’usager en cas d’indu sur prestations sociales, expérimentation du baluchonnage, un médiateur pour l’Urssaf, telles sont les mesures du projet de loi "Pour un État au service d’une société de confiance", voté le 30 janvier par les députés. S’y ajoute une amorce de réforme pour le secteur de la petite enfance, qui sera rendue opérationnelle par ordonnances.

© Mbolina-AdobeStock

Les députés ont voté le 30 janvier en première lecture le projet de loi « Pour un État au service d’une société de confiance », avec 405 voix de la majorité LREM-Modem, du groupe UDI-Agir et des socialistes. LR s’est abstenu, alors que la France Insoumise et les communistes ont voté contre (41 contre et 102 abstentions).

Le texte sera débattu au Sénat avant de revenir devant l’Assemblée nationale pour un vote définitif, la procédure accélérée ayant été déclenchée.

Alors que, selon l’étude d’impact, « 20 % des usagers jugent « assez compliquées » ou « très compliquées » les démarches réalisées auprès des services publics », ce projet de loi entend entamer leur modernisation. Le seul mot d’ordre : conseil et accompagnement de l’usager.

Régularisation en cas d’erreur

Un titre alambiqué pour ce texte qui fixe les objectifs de la stratégie nationale d’orientation de l’action publique à horizon 2022 : des rapports loyaux entre usagers et administration, une décentralisation administrative et une réduction des délais (art. 1 et annexe).

La première application de ces trois axes porte sur le droit à l’erreur dans les relations entre public et administration. L’usager pourra ainsi se tromper, une fois, sans être sanctionné. S’il est de bonne foi, ce qu’il est présumé être au premier manquement, il corrigera son erreur, y compris si celle-ci est matérielle, c’est-à-dire involontaire et n’affectant pas le fond de la décision administrative.

Cette correction peut intervenir de façon volontaire ou dans le délai fixé par l’administration pour le faire. En corollaire, la loi formalise le droit au contrôle de l’administration et l’opposabilité, par la personne contrôlée à l’administration, des conclusions expresses d’un contrôle (art. 2).

Un amendement du Gouvernement adopté par les députés complète le dispositif par un nouvel article du code des relations entre le public et l’administration (art. L.114-5-1) qui empêche la suspension de l’instruction d’un dossier de demande d’attribution de droits lorsqu’il manque une pièce non essentielle au dossier (art. 2bis nouveau).

Référent unique

Le mouvement de guichet unique à l’œuvre dans les services publics et les collectivités est consacré. Une expérimentation est ainsi ouverte sur quatre ans pour les administrations, les établissements publics de l’État dont la liste fera l’objet d’un décret et les collectivités territoriales, leurs groupements et les établissements publics locaux, en vue d’institutionnaliser le référent unique dans des procédures et des dispositifs à déterminer (art. 15).

Dans le même ordre d’idée, une expérimentation sur deux ans vise les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Le dispositif de « référent unique » bénéficiera aux porteurs de projets qui déposeront, de façon dématérialisée, leurs demandes de subvention auprès des signataires des contrats de ville.

Une instruction partagée sera organisée et un référent unique suivra le suivi des demandes et coordonnera les services instructeurs. La décision d’attribution sera prise de façon collégiale dans le cadre de l’instance de pilotage du contrat de ville (art. 15ter nouveau).

Droit à rectification

Le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnances, dans un délai de dix-huit mois à compter de la promulgation de la loi, toute mesure pour aménager la procédure de recouvrement des indus des prestations sociales et des minima sociaux, y compris les aides au logement.

L’objectif avoué est de la rendre plus lisible et plus protectrice des droits des usagers. Ces derniers pourront ainsi faire valoir, avant tout recours administratif et recouvrement des sommes par l’organisme, leur droit à faire rectifier des informations qui pourraient influer sur le montant des indus notifié par l’organisme, sans faire toutefois obstacle aux délais et procédures en vigueur. Le contenu des notifications serait modifié pour y inclure la possibilité d’exercice de ce droit à rectification et en faciliter la compréhension par les bénéficiaires des aides (art. 18).

Réforme de l’accueil de la petite enfance

En 2014, la capacité théorique d’accueil des enfants de moins de 3 ans par des modes d’accueil formels est de 56,1 places pour 100 enfants de moins de 3 ans (France entière, hors Mayotte). Hors du pur champ de « transformation de l’action publique », les députés ont accueilli une amorce de réforme de l’accueil des jeunes enfants, présentée sous forme d’amendement du Gouvernement. Ils l’autorisent à prendre par ordonnances, dans un délai de dix-huit mois à compter de la publication de la loi, toute mesure pour faciliter l’implantation, le développement et le maintien de modes d’accueil de la petite enfance, selon deux axes : la simplification des normes de création de places d’accueil et la mise en place de dérogations, « justifiées par la spécificité des situations et des enjeux locaux » ainsi que l’installation d’un guichet administratif unique pour les porteurs de projets.

Les décisions de création de places devront rester cohérentes au regard des diagnostics, des schémas, des plans d’action et, plus généralement, de toutes démarches locales de coordination dans le champ des modes d’accueil de la petite enfance.

L’exposé sommaire de l’amendement demande à ce qu’il soit veillé au maintien d’un « haut niveau de qualité concernant les conditions d’accueil des jeunes enfants », à la conformité des mesures au « cadre défini par la Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant adoptée par le ministère chargé de la famille au printemps 2017 », à l’exercice du libre choix des parents quant au mode d’accueil de leur enfant.

En outre, les mesures devront bénéficier prioritairement aux territoires sous-dotés et respecter l’équité entre les différents territoires. Elles pourront être expérimentées pendant deux à cinq ans et seront évalués. Elles pourraient limiter la hausse du coût de la place en crèche qui découragerait les collectivités, selon leurs promoteurs.

Relayage à domicile

En 2008, 8,3 millions de personnes aidaient régulièrement au moins un de leurs proches à domicile en raison d’un problème de santé ou d’un handicap, selon l’enquête Handicap-Santé auprès des aidants informels.

En complément de l’offre intermédiaire de structures de répit (accueils de jour, accueils de nuit, garde à domicile, hébergement temporaire, gardes itinérantes de nuit, familles d’accueil à titre onéreux), la loi adopte le principe du baluchonnage, développé au Québec ou en Belgique, en autorisant des dérogations aux protections du droit du travail relatives aux durées maximales quotidienne et hebdomadaire de travail, de jour et de nuit, ainsi qu’à la durée minimale de repos quotidien.

L’expérimentation est ouverte sur trois ans. Les établissements ou services d’accueil des personnes en situation de handicap ou des personnes âgées et les services d’aide à domicile pourront proposer une prestation de suppléance de l’aidant à domicile, le relayage, assurée par un de leurs professionnels sur une période de six jours consécutifs au maximum.

La mise en œuvre de ces prestations est subordonnée à la délivrance d’une autorisation de service d’aide et d’accompagnement à domicile ou d’un agrément spécifiques. Le nombre de journées d’intervention ne peut excéder, pour chaque salarié, un plafond de quatre-vingt-quatorze jours, apprécié par période de douze mois consécutifs. La totalité des heures accomplies par un salarié ne peut excéder un plafond de quarante-huit heures par semaine en moyenne, par période de quatre mois consécutifs (art. 29).

 


 

Un médiateur pour la Sécu

L’Urssaf est dotée d’un médiateur désigné par son directeur. Il peut être saisi par un employeur de toute réclamation sur les cotisations ou contributions de sécurité sociale en cas d’échec d’une première démarche auprès des services concernés. La procédure de médiation suspend, à compter de la notification de recevabilité de la réclamation soumise au médiateur et jusqu’à ce que la date de communication de ses recommandations, les délais de recours et les délais de prescription. Un décret fixera les garanties encadrant l’exercice de la médiation, notamment en matière de formation préalable, de compétences requises, d’indépendance, d’impartialité et de confidentialité dans le traitement des réclamations et dans la formulation de ses recommandations (art. 17).

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Accueil handicap et autisme : un plan de 520 places en Val-de-Marne

article publié sur 94.citoyens

Accueil handicap et autisme : un plan de 520 places en Val-de-Marne
© Acpei

Le Conseil départemental du Val-de-Marne doit débattre ce lundi d’un plan de déploiement de 520 nouvelles places pour les personnes handicapées, avec un fort accent sur l’accompagnement des personnes souffrant de troubles du spectre autistique (TSA). 

Contexte national : des plans de rattrapage mais un manque cruel de places

L’accueil et l’accompagnement approprié des personnes en situation de handicap reste en France un lourd défi, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes en attente de solution. Ces dernières années, plusieurs plans se sont succédé pour développer l’offre d’accueil à tous les âges mais le défi reste crucial, d’autant que la population des personnes concernées progresse. Aujourd’hui, la prévalence des personnes sévèrement handicapées est de 1% à la naissance, dont la moitié d’origine périnatale. Les progrès médicaux ont limité le nombre de décès à la naissance, en particulier d’enfants prématurés, mais n’ont pas encore permis d’en supprimer systématiquement les séquelles. Par ailleurs, l’espérance de vie des personnes handicapées mentales (notamment atteintes de trisomie 21) a fortement augmenté. Un progrès bien-sûr, mais qui doit être accompagné. Des place en SESSAD ou IME pour les enfants aux places médicalisées ou non pour les adultes en passant par les Esat (Etablissement et services d’aide par le travail), les listes d’attente perdurent à chaque étape. Un amendement (amendement Creton) permet aux IME de garder au-delà de 20 ans des jeunes adultes qui ne trouvaient pas d’établissement adapté à leur âge mais cela ne résout pas le manque global de places. Pour palier cette insuffisance et mieux individualiser les réponses, le gouvernement a initié depuis trois ans le programme « Réponse accompagnée pour tous » suite au rapport 2014 de Denis Piveteau (« Zéro sans solution« ) qui préconisait de passer d’une logique de places, pas toujours disponibles, à une logique de réponse plurielle associant plusieurs prises en charge médico-sociales, sanitaires et éducatives, en lien avec tous les acteurs concernés par le handicap au sein d’un territoire. Cette approche, généralisée dans tous les départements depuis janvier 2018, n’a toutefois du sens que si elle peut s’appuyer en parallèle sur le développement de places nouvelles dans les différents types d’établissements.

Compétences partagées département – état : le financeur dépend du type de prise en charge

Pour bien comprendre l’ensemble des tenants et aboutissants de ce sujet, il convient également d’expliquer que les compétences en matière de handicap sont partagées entre les conseils départementaux (CD) et l’Etat (représenté localement par l’ARS, l’Agence régionale de santé) selon les modalités suivantes: l’ARS est compétente pour les enfants, l’ARS et le CD sont compétents à 50/50 pour les adultes en foyer médicalisé et le CD est compétent à 100% pour les foyers non médicalisés. A noter que, concernant les enfants, si l’Etat est bien compétent et finance à 100% les structures, c’est le CD qui paie la Prestation de compensation du handicap (PCH) pour payer l’accompagnement à domicile lorsque les places ne sont pas disponibles en structure.

Objectif: 520 nouvelles places en Val-de-Marne d’ici à 2020

Dans le Val-de-Marne, 4 634 places sont actuellement prévues pour les adultes  et 2410 pour les enfants. 2000 adultes et 500 enfants du département bénéficient toutefois d’une orientation en établissement qui n’a pu être mise en place sur le territoire. C’est dans ce contexte que le département doit débattre d’un plan de développement pour accélérer le nombre de nouvelles places dans le cadre de son 4ème schéma handicap. Au programme :  520 nouvelles places d’ici à 2020 – dont 140 dépendront de l’accord de l’ARS, compétent pour les enfants et l’accueil médicalisé (voir paragraphe précédent). « Nous ouvrons déjà quasiment une nouvelle structure chaque année, notait ce vendredi Brigitte Jeanvoine, vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’autonomie, en marge de l’inauguration de l’extension de l’IME T’Kitoi de l’Institut Le Val-Mandé dont elle est présidente. Parmi les derniers établissements ouverts, la Maison Partagée Simon de Cyrène à Rungis,  visitée par le Premier ministre au printemps 2017, dont le concept de compromis entre foyer et résidence banale a été initié par Philippe Pozzo di Porgo, tétraplégique, qui a inspiré le film Intouchables.

225 places et une plate-forme pour autistes lancées dès 2018

Concrètement, trois opérations pourraient être lancées dès 2018, concernant 225 places dont une plateforme pour jeunes et adultes autistes à partir de 16 ans. Cette plate-forme comprendrait 65 places en établissement (Foyer Accueil Médicalisé) et 50 places dans des services de soutien à domicile grâce à des unités d’intervention spécialisées dans les situations d’autisme complexe et le soutien des familles. Il est aussi prévu de lancer un foyer d’accueil médicalisé  de 60 places pour les adultes souffrant d’autisme et handicap psychique, ainsi qu’un foyer de vie de 50 places pour adultes souffrant d’un handicap mental et psychique. Objectif: une ouverture en 2019 pour les services à domicile et en 2021 pour les foyers.

155 places, lancées à partir de 2019

Trois nouveaux appels à projet devraient suivre en 2019, pour une ouverture en 2022. Au programme : deux établissements de chacun 55 places, spécialisés en autisme et handicap psychique avec internat, accueil temporaire et accueil de jour ; un foyer de vie non médicalisé de 25 places pour des personnes souffrant de handicap psychique et mental ;  25 places d’accueil de jour dans les structures existantes et encore 20 places dédiées aux malvoyants et malentendants, sous la forme d’un Samsah (Service d’accompagnement médico-social pour adulte handicapé).

100 places dédiées aux enfants et 40 places dédiées aux adultes lourdement handicapés, qui dépendent de l’accord de l’ARS

Si les 380 places adulte dépendent soit à 100 % du département pour les foyers non médicalisés, soit à 50% du département et 50% de l’ARS pour les foyers médicalisés, les 100 places dédiées aux enfants (qui consisteraient en deux nouveaux IME) et les 40 places dédiées aux adultes lourdement handicapés (qui sont prévues en MAS, Maison d’accueil spécialisé),  dépendent pour leur part à 100% de l’autorisation et du financement de l’ARS.  Lors de l’inauguration de l’extension de l’IME T’Kitoi de Saint-Mandé vendredi dernier, Brigitte Jeanvoine n’a donc pas manqué de faire un discret appel du pied à l’ARS dans son discours, évoquant l’engagement du département en matière d’accompagnement du handicap et rappelant la sollicitation auprès de l’ARS pour accompagner ce projet. Ce à quoi l’ARS a répondu, par la voix de son directeur de l’autonomie, Marc Bourquin. « Nous avons été saisis par le Conseil départemental du Val-de-Marne sur plusieurs initiatives il y a quelques mois. Dans les semaines qui viennent, nous y apporterons des réponses significatives dans le cadre du PRS (Projet régional de santé) en cours d’achèvement pour une promulgation en juin 2018″, s’est engagé le représentant de l’ARS.  Une réponse significative. A quoi cela correspond-il ? Au terme des discours d’inauguration, l’intéressé a laissé entendre, en aparté, que la programmation pour les jeunes qui était proposée, échelonnée sur plusieurs années, était « envisageable ».

Le plan sera débattu ce lundi 5 février lors de la séance plénière du Conseil départemental.

A lire aussi : 

A Saint-Mandé, l’IME T’Kitoi s’ouvre aux 3-6 ans

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04 février 2018

Mieux connaître l'association Autisme France

 

Notre association

Autisme France. Coordination d'associations sur l'autisme en France. Les associations et les adhérents membres d'Autisme France s'engagent à respecter une charte sur les droits des personnes autistes. Les établissements Autisme France respectent une grille qualité de Autisme France consultable en ligne sur ce site.

http://www.autisme-france.fr

 

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Le combat d’une Tourquennoise pour une meilleure prise en charge de l’autisme

Mina Belacel est l’une des trois déléguées de SOS Autisme pour les Hauts-de-France.
Mina Belacel est l’une des trois déléguées de SOS Autisme pour les Hauts-de-France.

1 L’histoire

Vadim a dix-huit mois quand Mina Belacel, sa mère, prend conscience que l’attitude du petit garçon n’est pas comme les autres. «  J’ai rapidement compris que Vadim avait des signes autistiques. Je les ai décelés car j’ai un cousin de 25 ans qui a ce handicap.  » Mais les médecins sont sceptiques. «  J’avais beau expliquer, décrire… Personne ne m’écoutait. On m’a dit que c’était de ma faute, que je le couvais trop ! Au lieu de diaboliser les mères, on ferait mieux d’écouter ses doutes.  »

 

Mina Belacel milite pour une meilleure insertion des enfants à l’école avec notamment la présence d’assistants de vie scolaire formés. Photo archives Sami Belloumi

Mina Belacel milite pour une meilleure insertion des enfants à l’école avec notamment la présence d’assistants de vie scolaire formés. Photo archives Sami Belloumi

Finalement, à trois ans, Vadim est diagnostiqué autiste. La vie de la famille est chamboulée. Mina Belacel, cadre commerciale, arrête de travailler. «  J’ai fait l’école à mon fils et il faut de l’énergie pour remplir tous les dossiers, prendre rendez-vous avec la MDPH…  »

2 L’engagement

Comme tous les parents d’enfants autistes, Mina Belacel passe beaucoup de temps sur Internet à la recherche d’informations. «  Le premier réflexe est de chercher des gens qui nous ressemblent. On pose des questions sur les forums, on cherche des associations pour avoir de l’aide et du soutien.  » Finalement, la jeune femme rejoint SOS Autisme, une association fondée en 2014 à Paris. «  Récemment, l’association a décidé de créer des relais par région. Dialogue par Internet, c’est bien mais rencontrer les gens, c’est mieux. Voir quelqu’un, c’est se sentir moins seul.  » Mina Belacel est la déléguée pour Tourcoing-Roubaix et Lille. «  Je fais aussi un état des lieux dans les régions et notamment la situation avec la proximité de la Belgique et les structures qui sont des «boîtes à Français».  »

3 Le combat

Mina Belacel milite pour une meilleure insertion des enfants à l’école avec notamment la présence d’assistants de vie scolaire formés. «  Moi-même, j’ai dû sensibiliser les enseignants de l’école à ce qu’était l’autisme. Et je n’ai pas scolarisé mon enfant pour être à l’école mais parce qu’il est capable d’apprendre.  »

« L’autisme est un handicap invisible. Il existe des préjugés par méconnaissance »

Elle veut changer le regard sur l’autisme. «  L’autisme est un handicap invisible. Il existe des préjugés par méconnaissance.  » Mina Belacel raconte qu’elle ne peut emmener son fils ni au resto, ni au cinéma. «  Parce que personne ne comprendra qu’il se balade dans le restaurant. Mais le fait d’y renoncer est aussi dur pour ma fille de huit ans.  » Et les préjugés s’immiscent jusque dans le milieu médical. «  Mon fils ne supporte pas d’être ausculté. Comment faire dès lors pour aller chez le dentiste ? Une fois on m’a proposé de l’endormir et de lui arracher toutes les dents ! Je tiens à faire un répertoire des praticiens qui savent prendre en charge les autistes, notamment ceux qui ne peuvent pas parler.  » Mina Belacel sait que le combat sera long : selon SOS Autisme, la France a quarante ans de retard par rapport aux pays anglo-saxons.

 

SOS Autisme Hauts de France. minabelacel@hotmail.fr. Page Facebook.


 

Un quatrième plan autisme, le dernier ?

La France s’est déjà dotée de trois « plans autisme » en dix ans. Mais un rapport récent de la cour des Comptes pointe l’inefficacité des mesures alors que 7 milliards d’euros sont dépensés pour la prise en charge des personnes autistes. «  La connaissance des troubles du spectre de l’autisme, bien qu’en progrès, demeure toutefois lacunaire et doit être améliorée. Les progrès réalisés dans les prises en charge des enfants et surtout des adultes sont encore insuffisants  », souligne le rapport.

« On veut être écouté et entendu. Car avec l’échec de tous ces plans, il y a un risque de repli de chaque famille dans sa bulle et ce n’est pas bon »

La cour note le manque de places d’accueil, ce qui contraint beaucoup de familles à aller en Belgique. «  C’est flagrant dans notre région. Mais en Belgique aussi tout n’est pas rose. Il y a des structures adaptées qui nécessitent deux à trois ans d’attente pour avoir une place ; et des «boîtes à Français» où rien n’est adapté.  »

Mina Belacel dénonce aussi le coût pour les familles dont souvent un des parents a dû cesser le travail. «  On ne peut être qu’en colère quand vous voyez qu’il existe des solutions pour votre enfant mais qu’il faut de l’argent. C’est une véritable discrimination, notamment pour beaucoup de familles de la région.  »

Un quatrième plan autisme est en discussion. Les familles aimeraient que ce soit le dernier. «  On veut être écouté et entendu. Car avec l’échec de tous ces plans, il y a un risque de repli de chaque famille dans sa bulle et ce n’est pas bon.  »

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La secrétaire d'Etat Sophie Cluzel veut ouvrir le droit de vote à toutes les personnes handicapées mentales

sophie cluzelINFO LCI - Selon nos informations, la secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées est favorable à la levée de la restriction du droit de vote pour les personnes handicapées mentales. En France, plus de 385.000 majeurs sous tutelle seraient concernés par cette disposition.

Ils sont les derniers Français à avoir obtenu le droit de vote. Depuis 2009 et la modification de l'article 5 du Code électoral, les personnes sous tutelle - dont la grande majorité sont handicapés mentaux ou psychiques - peuvent se rendre aux urnes, sauf avis contraire d'un juge. Auparavant, la situation était inverse : les personnes sous tutelle n'avaient pas le droit de vote sauf exception décidée par le juge. Une avancée considérable, mais loin d'être suffisante pour les associations et le Défenseur des droits.

 Dans un avis rendu en mars 2017, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) a réclamé l’abrogation de l’article 5  du Code électoral. "Il est urgent que le handicap intellectuel ou psychique ne soit plus considéré comme un des cas d’incapacité permettant de suspendre le droit de vote", peut-on lire dans l'avis.

 Un avis partagé par le Défenseur des droits qui jugeait cette disposition "discriminatoire et contraire à la Convention internationale des droits des personnes handicapées (CIDPH)" en septembre 2016. Une discrimination qui pourrait bientôt disparaître.

Notre législation française ne peut pas d'un côté, affirmer que les personnes handicapées sont des ciyoyens comme les autres et, de l'autre, retirer l'attribut le plus emblématique de la citoyennetéSophie Cluzel

Selon nos informations, la secrétaire d'Etat en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel, s'est entretenue avec ses homologues à la Justice Nicole Belloubet et à l'Intérieur Gérard Collomb "pour ouvrir le sujet". "Notre législation française ne peut pas, d'un côté affirmer que les personnes handicapées sont des citoyens comme les autres, et, de l'autre, retirer l'attribut le plus emblématique de la citoyenneté", assure la secrétaire d'Etat à LCI, reprenant les termes de la CNCDH.

Aujourd'hui, plus de 385.000 Français seraient concernés par cette disposition, dont entre un quart et un tiers privés de leur droit de vote.

Cela dit, faut-il alors abroger ou amender l'article L5 du Code électoral ? "Ces questions juridiques restent à instruire, nous confie Sophie Cluzel. Je n’ai pas encore la réponse sur le moyen, mais j’ai une vision très claire de l’objectif". En clair, accorder le droit de vote pour toutes les personnes handicapées sans condition.

Une prise de position saluée par la vice-présidente de l'Union des associations de personnes handicapées mentales (Unapei) q "C'est ce que nous revendiquons depuis un certain nombre d'années, assure-t-elle à LCI. Ça va tout à fait dans le bon sens, mais abroger l'article L5 du Code électoral n'est pas suffisant, il faut rendre les programmes électoraux plus accessibles et accompagner les principaux concernés".

Inquiétude des juges d'instance

Dans les colonnes de La Croix, l'Association nationale des juges d'instance (ANJI) estimait en janvier 2017 qu'un "individu présentant un handicap mental lourd risque de voir son suffrage dévoyé".  Des craintes balayées par la secrétaire d'Etat : "Gardons à l’esprit que c’est à ce titre que les femmes ont été privées si longtemps de leur droit de vote. La société inclusive est celle qui reconnaît l’autre, quelles que soient ses différences, comme un être humain, aux mêmes droits universels".

L'ANJI dit aussi craindre une influence du tuteur ou leur auxillaire. "L’influençabilité est par nature un élément de la démocratie", répond d'emblée Sophie Cluzel. "Il faut veiller, au-delà de l’affirmation d’un droit, à nous assurer de son effectivité. Cela passe par l’accompagnement, par des associations et l’accès à une information claire et facile à comprendre".

Accéder plus facilement à l'information

Face à ces problématiques, comment rendre les programmes électoraux plus accessibles ? Le gouvernement, tout d'abord, devra "renforcer l'accessibilité électorale et dématérialiser la propagande", assure Sophie Cluzel. Ensuite, les candidats eux-mêmes qui "doivent venir à la rencontre de ce public et développer une communication en 'facile à lire et à comprendre'", abonde cette dernière.

Les associations et les médias ont aussi leur rôle à jouer. Pour la secrétaire d'Etat, "l’information sur les élections doit, de plus, être disponible et largement diffusée dans des formats accessibles au niveau local et national, pour permettre à tous les citoyens de voter de la façon la plus autonome possible."

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Témoignages de jeunes autistes en entreprise

article publié dans La Nouvelle République

Publié le 03/02/2018 à 04:56| Mis à jour le 03/02/2018 à 06:15

Parents, encadrants et jeunes autistes sont venus raconter leur expérience de stage en entreprise, jeudi soir, à l’initiative du club rotarien de Niort Sèvre, à la Chambre de commerce et d’industrie.

Parents, encadrants et jeunes autistes sont venus raconter leur expérience de stage en entreprise, jeudi soir, à l’initiative du club rotarien de Niort Sèvre, à la Chambre de commerce et d’industrie.
© Photo NR

Avec autant d’humour que de sérieux, trois jeunes autistes accompagnés de leurs référents ont raconté, jeudi soir, leur expérience en entreprise. Bluffant.

La réussite est là, palpable, assumée, symbolisée par l’ouverture prochaine d’une succursale en Chine. « Et pourtant, il est clair que j’ai des traits d’autisme » lance, à la fois serein et provocateur, ce papa d’un grand garçon porteur de troubles du spectre autistique (TSA). Un temps de silence dans la salle, l’envie d’en savoir plus, de mieux comprendre les propos de ce père réfractaire à la scolarité, rivé à son ordinateur pendant des mois et inventeur d’un logiciel aujourd’hui mondialement reconnu. Lucas, son fils, raconte avec autant d’élan, son expérience professionnelle dans une grande société de logistique, son parcours jusqu’à son CAP d’opérateur, presque bavard, un brin agité, mais heureux de communiquer avec l’assistance.


“ Ébloui ” par ses talents de dessinateur

C’était jeudi soir dans l’amphithéâtre de la Chambre de commerce, partenaire, comme le Medef, de ce moment de rencontre initié par le Rotary club de Niort Sèvre qui, depuis deux ans, a fait de l’aide aux autistes l’une de ses causes.
D’autres ont témoigné. Armel, plus réservé, presque timide mais un sourire éclatant, une feuille à la main pour lire, a raconté son stage au lycée horticole puis en cuisine, à la CAF. Un vrai déclic et un statut d’agent polyvalent de la restauration à la clé. « Moi, j’ai été ébloui par Julien » déclare d’emblée et sans aucune flatterie Jeff, professionnel de la création graphique, pour évoquer le talent de ce jeune dessinateur en devenir désormais porté par un projet de bande dessinée ayant pour cadre le Marais poitevin.
Trois témoignages pour montrer que la barrière entre le possible d’aujourd’hui et l’inconcevable d’hier est tombée. Un stage en entreprise, de quelques heures, d’une journée voire un peu plus « ne relève plus du fantasme » comme le soulignait Pierre, le papa d’Armel qui, il y a peu encore, n’imaginait pas un instant que son fils puisse trouver sa voie dans le monde de l’entreprise.
Tout n’est pas gagné mais Sylvaine Salaün, présidente du club rotarien, Didier Moinet, cheville ouvrière de cette soirée de rencontre, souhaitaient faire passer un message, sensibiliser les chefs d’entreprise à l’idée que les clichés n’ont pas toujours la vie dure et que de belles expériences sont à mener aussi avec des jeunes en situation de handicap.

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02 février 2018

Nadia Chabane - Conférence - Autisme à l’école

Nadia Chabane - Conférence - Autisme à l'école from HEP Vaud on Vimeo.

Nadia Chabane

"Données actualisées sur les troubles du spectre de l’autisme", conférence de Nadia Chabane, Professeure à l’UNIL et directrice du Centre cantonal de l’autisme (CHUV), dans le cadre de la deuxième édition de la Journée cantonale de formation continue sur le thème "Autisme à l'école: vers de nouvelles pistes", qui s'est déroulée le 1er mars 2017 à la HEP Vaud.

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Autisme Virtuel et idées reçues : Et si on se posait un peu ?

Les baobabs

Les baobabs

Le quotidien de parents d'autistes raconté avec humour

Blog 25 Jan

 

Je vais commencer ce beau blog, hébergé par France 3 et co-rédigé par Jennifer Alberts, par un petit billet d’humeur autour de » l’autisme virtuel », un nouveau cliché à la mode inventé de toute part, par un médecin de PMI qui commence à chauffer les oreilles de tous les parents d’enfant autiste !

dessin autisme 1

Je m’explique :

« Dans une vidéo, un docteur français fait le lien entre l’exposition des jeunes enfants aux écrans et les troubles du spectre autistique. » note le Nouvel Observateur dans un article. Ce médecin, Madame Ducanda, a visiblement confondu « PMI » et « PMU »… Cette médecin venue de nulle part et spécialiste des thèses de piliers de bar, lance les résultats de ses recherches dans une vidéo de plus de 100 000 vues en quelques jours. Ensuite, elle enchaîne reportages sur France 2 et autres médias célèbres pour déblatérer ses belles conneries. Si on y pense, pour connaître sa théorie du « les écrans, c’est pas mignon pour ta santé », il faut, tout de même, la regarder sur un… écran! Ironie du sort quand tu me tiens… Aussi pertinent qu’un tract dénonçant l’existence du papier et la déforestation intensive ! Mais, gardons notre sérieux… Parce que finalement, qu’une spécialiste en mal de reconnaissance nous fasse sa salade pour nous expliquer que les écrans, c’est polisson, cela ne me dérange pas. Allez, on peut admettre que regarder trop la télévision ou une tablette peut faire mal aux yeux, ou nous coupe de la relation avec l’autre ! Pas besoin de sortir de médecine pour comprendre ça ! Par contre, dès qu’elle affirme qu’il existe une relation entre les troubles autistiques et le trop d’écran, là…mais là, mes yeux sortent de mes orbites (et tombent sur mon écran, du coup) !
Parce que, comme chacun le sait (Enfin presque, en dehors des « pseudo-spécialistes-de-mes-deux-avec-des-thèses-sans-fond » !) l’autisme est une différence neurologique (pour faire simple, un cerveau qui fonctionne différemment !) Ce n’est ni la faute des parents, ni la faute des écrans, ni de la faute des parents qui laissent leurs enfants devant les écrans! Il y a des tas de neuro-scientifiques qui travaillent sur la recherche des causes de l’autisme (environnementales, génétiques…), c’est pas pour se faire doubler par une allumée et ses théories fumantes !

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Car même si cette médecin précise en effet que les troubles qu’elle décrit ressemblent à de l’autisme mais ne sont pas de l’autisme, il en faut assez à certains téléspectateurs pour faire l’amalgame « Ecran » = « Autisme » surtout en surfant sur le nouveau concept qu’elle a inventée « Autisme Virtuel »… Qui, si on l’étudie de plus près, ne veut rien dire car il n’y a rien de virtuel dans l’autisme. Allez faire un tour dans le quotidien des parents et vous comprendrez que l’autisme est très concret ! Surtout la souffrance que ces enfants vivent dans notre société fermée d’esprit… Je répète donc ici encore et encore, les écrans ne provoquent pas d’autisme.

 

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L’autisme est encore de nos jours mal perçu et mal compris et c’est avec des sorties médiatiques pareilles qu’on voit encore des personnes faire des amalgames sans fond. Ne rien connaitre à l’autisme n’est pas grave en soi, on ne peut pas tout connaitre, c’est normal ! L’autisme souffre beaucoup de ces inepties qui finissent par énerver les parents…(Si vous voulez savoir ce que certains pseudo-spécialistes nous balancent, lisez « Le psychanalyste parfait est un connard » aux éditions Devarly, co-écris avec Maud Lacroix. Un festival de conneries qui perdurent encore actuellement au 21 ème siècle) . Mettez vous cinq minutes à la place des parents… Il est tout à fait normal d’être à force, à bout de nerf lorsqu’on entend des horreurs au quotidien !

Si vous ne connaissez rien en la matière et que le thème vous intéresse, je vous conseille de réserver dans votre librairie (sortie nationale : le 8 Février) le livre que j’ai dessiné et écrit avec ma compagne : Le manuel illustré comment garder un enfant autiste quelques heures aux éditions La boite à Pandore. A partir d’onze ans. Car l’autisme doit être sensibilisé partout afin de combattre ce genre de bêtises.
Le livre sera disponible sur tablette également .Je préfère le préciser dès fois que certains lecteurs deviennent autistes en me lisant. Je me retire de toutes responsabilités si c’était le cas. Si vous avez peur, lisez la version papier, au moins, vous ne risquerez rien !

Bonne lecture et merci de m’avoir lu ! L’autisme est l’affaire de tous !

Garder un enfant autiste 

le psychanalyste parfait

Article nouvel observateur

Pour ceux et celles qui veulent signer une pétition sur le sujet, fait par des parents, la voici : https://www.change.org/p/emmanuel-macron-autisme-virtuel-ce-fl%C3%A9au-imaginaire-le-combat-continue

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En direct -> vidéo : Une réponse accompagnée pour tous

 

Direct Vidéo | Une réponse accompagnée pour tous

Journée nationale : les enjeux de la généralisation Vendredi 2 février, Sophie Cluzel Secrétaire d'État auprès du Premier ministre en charge des Personnes handicapées, ouvrira la Journée nationale "Une réponse accompagnée pour tous : les enjeux de la généralisation". Vous pouvez suivre cette journée en direct sur notre site, à partir de 9:30.

http://handicap.gouv.fr

 

Posté par jjdupuis à 09:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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