14 décembre 2017

Les handicapés, des "individus qui ne servent à rien": un médecin condamné

article publié dans Le Progrès

Le 13/12/2017 à 19:00
mis à jour à 19:10
Le médecin a été condamné à 700 euros d'amende. Photo d'illustration Julio Pelaez.Le médecin a été condamné à 700 euros d'amende. Photo d'illustration Julio Pelaez.

Un médecin de 56 ans a été condamné dans la nuit de mardi à mercredi, en correctionnelle à Cherbourg, à 700 euros d’amende après des propos sur l’extermination des handicapés et des homosexuels.

Un généraliste de "SOS Médecins"

Ce généraliste de SOS Médecins est condamné pour «provocation non publique à la haine ou à la violence en raison du handicap», mais il est en revanche relaxé des poursuites pour apologie de crime ou délit. Jean-François Pion avait été suspendu trois mois en juillet, à compter du 9 octobre, par le conseil de l’Ordre des médecins dans cette affaire.

Le conseil de l’Ordre reprochait au médecin d’avoir tenu en janvier devant une infirmière des propos «violents et discriminatoires à l’égard des handicapés et des homosexuels» à l’issue d’une intervention à la maison d’accueil spécialisée de La Glacerie (Manche), où séjournent des adultes handicapés dépendants.

"Des individus qui ne servent à rien"

Selon l’infirmière présente au moment des faits, les réflexions de M. Pion portaient sur le sort qui pourrait être réservé à des personnes gravement handicapées, le médecin parlant d’"un bon coup de cyanure», sur la «solution finale» des nazis à l’égard des «individus qui ne servent à rien dans la société, les handicapés et les homosexuels».

L’avocat du médecin, Me Jean-Pierre Levacher, a affirmé que le généraliste avait juste «opposé la logique d’un système à celle d’un autre mais sans avoir aucune considération pour le système de l’extermination qu’il abhorre».

Des propos "que la loi prohibe"

Le conseil de l’ordre avait estimé que même en admettant «que les propos du docteur Pion n’expriment pas une adhésion sans réserve à des thèses d’eugénisme et d’élimination de certaines catégories de personnes, ils tendent à tout le moins à présenter comme dignes d’intérêt des actes, envisagés comme systématiques, que la loi prohibe».

Partie civile, l’Association du Cotentin d’aide et d’intégration (ACAIS), qui gère la maison d’accueil spécialisée, a obtenu l’euro symbolique qu’elle demandait.

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L’habitat inclusif en pleine réforme de son financement

article publié dans VIVRE fm

Lundi 04 Décembre 2017 - 11h19

Logement

Le 30 novembre, c’était la première journée de l’habitat inclusif. Cette solution peu connue est pourtant une véritable alternative au placement en établissement pour des personnes dépendantes. L’une des sources du financement est la mutualisation de la prestation de compensation du handicap qui est en train d’être réformée.


Ce type de logements groupés  avec offres de services est encore expérimental en France. « Le Logis », un immeuble du 14ème arrondissement abrite 13 studios de 20m2, spécialement aménagés pour les besoins de chaque locataire. L’immeuble, construit en 2012 dans une dent creuse de la rue Vercingétorix, a coûté 2 millions d’euros, en grande partie financés par des investisseurs privés, et est un projet commun de l’Association française des traumatismes crâniens (AFTC)  et de l’association Aurore. Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées s’est rendue dans un de ces logements. Les locataires sont des traumatisés crâniens qui ont chacun leur appartement et vivent en toute autonomie.

Garder son autonomie

Les locataires sont principalement des traumatisés crâniens. Pour Dominique, 43 ans, cérébrolésée et paraplégique, être ici, lui offre la vie dont elle rêve. Arrivée en mars 2013 à l’ouverture du Logis, elle est consciente de ce que lui apporte cette autonomie. « Avant d’arriver ici, j’avais une prise en charge qui faisait que j’avais moins de responsabilités personnelles à prendre, maintenant je me retrouve plus dans une situation de citoyenne comme je l’tétais avant d’être cérébrolésée et paraplégique. Je ne rattraperai jamais ma situation d’avant où j’avais mon métier et mon logement mais je suis quand même dans un logement individuel, j’ai d’activités culturelles, je fais énormément de sorties au restau que je ne pouvais pas forcément faire avant et je suis championne d’escrime handisport Ile de France », confie Dominique à Vivre FM, avec un sourire fier.

Une surveillance dont le financement est à revoir

Cette autonomie est possible grâce à un encadrement 24h/24 opéré par des auxiliaires de vie. Une surveillance financée en partie par la mutualisation de la PCH, la prestation de compensation du handicap. Mais actuellement, des négociations sont en cours afin d’opérer une sortie de cette mutualisation de la PCH. Réforme  qui provoque quelques craintes. Du côté de la secrétaire d’Etat, on rassure.  

« Les financements sont là mais il faut  simplifier les aides. Il y a des financeurs qui sont différents, le Département, l’Etat et il faut qu’on arrive à débloquer tous ces verrous. Mais les financements ils sont là, il faut qu’on arrive à la pérenniser », explique Sophie Cluzel.

La PCH insuffisante

De son côté, l’AFTC confirme que le système actuel de mutualisation de la PCH n’est pas une solution parfaite puisque son obtention conditionne l’accès à ce type d’habitat inclusif.

« Beaucoup de gens qui pourraient être admis ne sont pas acceptés parce qu’ils n’ont pas la PCH. De plus, cette mutualisation de la prestation ne couvre même pas tous les frais de la surveillance », indique François Foret, administratrice de l’AFTC.

Aujourd’hui encore, trop de personnes qui pourraient être accueillies dans ce type d’habitat autonome ne le sont pas car non-bénéficiaires de la PCH. Parfois, des chambres restent vides par manque de personnes éligibles ce qui aggrave le déficit de ces structures. Le coût de l’habitat inclusif reste moins important que celui d’un placement en établissement médicalisé.

 

Stéphanie Sérac

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13 décembre 2017

Enfant handicapé non scolarisé à Grabels : l'État condamné pour faute

article publié sur France Bleu

mardi 12 décembre 2017 à 15:28 Par Sébastien Garnier, France Bleu Hérault et France Bleu

Le tribunal administratif de Montpellier a condamné l'État à verser 35.000 euros à une famille de Grabels. Son enfant autiste âgé de onze ans n'a pas été scolarisé entre 2012 et 2015 faute de place.

enfant handicapé devant une école enfant handicapé devant une école © Maxppp -

Montpellier, France

Le 21 novembre, la justice de Montpellier a condamné l'État pour ne pas avoir respecté ses obligations éducatives, ne pas avoir trouvé d'école pour un enfant autiste de onze ans qui vit à Grabels (Hérault).

L'article L 111-1 du code de l'éducation est pourtant clair. Il garantit à chacun le droit à l'éducation afin de s'insérer dans la vie sociale, d'exercer sa citoyenneté et de développer sa personnalité. Cela vaut aussi pour les enfants handicapés, quels que soient leurs handicaps.

Pourtant entre 2012 et 2015, Juliano n'a pas été scolarisé car il n'y avait pas de places pour lui dans les écoles ordinaires, ni dans les établissements spécialisés. "On m'a dit qu'on ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde ou d'aller voir dans un autres pays", raconte Emmanuelle Hernandez la maman de Juliano.

Sa mère a décidé d'aller devant le tribunal administratif de Montpellier qui a donc condamné l'État à verser à la famille 35.000 euros pour le préjudice subit (20.000 euros pour les parents, 15.000 euros pour l'enfant)

La condamnation ne répare pas les années perdues

Un jugement qui satisfait maître Sandrine Serpentier-Linarès avocate de la famille : "bien évidemment la condamnation ne répare pas les trois années perdues par Juliano mais d'avoir reconnu cette carence fautive de la part de l'état pour la famille c'est un grand soulagement".

Le parcours du combattant 

Aujourd'hui, Emmanuelle Hernandez la mère de Juliano se bat pour la scolarisation de tous les enfants handicapés:  "Il n'y a pas assez de places dans les établissements spécialisés  et  pas suffisamment d'accompagnants dans les écoles classiques. En conséquence les familles d'enfants handicapés sont confrontées à un véritable parcours du combattant".

Ce mardi 12 décembre la maman de Juliano est venue témoigner sur France Bleu Hérault. Elle était l'invitée de 7h50. Vous pouvez réécouter l'interview en cliquant sur le lien ci-dessous.

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Autisme : quelles sont les interventions qui « marchent » ?

article publié sur france tv info - blog dans vos têtes

rodolfo

Publié par Jérome Lichtle / Catégories : Actu / Étiquettes : autisme, autiste, bonnes, HAS, interventions, pratiques, RBP, recommandations, TSA

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Enfants français dans nos écoles: les Français ne paieront pas

article publié dans La Province

28/11/2017

Edouard Philippe et Emmanuel Macron ne doivent pas se faire trop de souci
: Marie-Martine Schyns ne va pas débarquer tout de suite chez eux, la facture à la main.
Edouard Philippe et Emmanuel Macron ne doivent pas se faire trop de souci : Marie-Martine Schyns ne va pas débarquer tout de suite chez eux, la facture à la main. - Photo News

La ministre de l’Éducation a refait ses comptes : 2.777 élèves français sont accueillis dans nos écoles. Le coût de cette scolarisation (plus de 40 millions par an) pèse sur les finances de la Fédération… mais Marie-Martine Schyns n’a pas l’intention, pour l’instant en tout cas, de relancer le gouvernement français afin de trouver une solution.

Le nombre d’enfants français qui fréquentent notre enseignement (spécialisé) est en légère diminution selon les statistiques (pour 2016-2017) que la ministre Schyns a communiquées à la députée Christie Morreale (PS). « Nous avons accueilli 2.777 élèves français, ce qui représente une baisse de 19 élèves par rapport à l’année scolaire précédente », précise-t-elle. « Cela s’explique par une baisse plus sensible des inscriptions en secondaire qui passent de 1.762 élèves à 1.737 enfants, alors que la situation reste relativement stable dans le fondamental, avec 948 élèves en primaire et 92 en maternel. »

Un accueil qui a un coût, comme le fait remarquer la députée socialiste liégeoise. « Le nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé clairement vouloir faire du handicap sa priorité politique », dit-elle. « Parmi ses projets, il entend créer des places pour les personnes handicapées afin d’éviter l’exode des Français vers les institutions belges où ils sont plus ou moins 7.000 actuellement, particulièrement dans le Hainaut. Si les places en institution sont entièrement financées par la France, suite à un accord-cadre obtenu avec la Région wallonne, c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles qui assume seule la charge financière liée à la scolarisation de ces enfants : soit 43 millions pour la rentrée 2014-2015. »

Mme Morreale se demande si la ministre a déjà contacté ses homologues français : « Lors de mes précédentes questions, vous affirmiez que des solutions étaient envisagées ».

Courriers sans réponse
Elle risque d’être un peu déçue par la réponse de Marie-Martine Schyns : « Si je reste attentive aux développements futurs de cette déclaration, à l’heure où un nouveau Gouvernement français est constitué et où aucun élément précis n’est encore connu, il n’entre pas dans mon intention pour l’instant de l’approcher pour aborder cette question ».

La ministre de l’Éducation rappelle que l’idée précédemment émise n’était pas d’empêcher les Français de se rendre en Belgique, « mais bien de trouver un système encourageant la France à rétribuer la Belgique pour la prise en charge de la scolarité de leurs élèves comme elle le fait pour les personnes porteuses de handicaps qui fréquentent les institutions davantage médicalisées. De plus, les différents courriers envoyés précédemment sont tous restés lettre morte. Par ailleurs, cette question reste très délicate, puisque le droit européen permet aux étudiants de franchir les frontières nationales ».

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Le Jardin et le Domaine d’Astrid repris

article publié sur l'avenir.net

GAURAIN-RAMECROIX

09/11/2017 à 06:00 - - L'Avenir

Le Jardin et le Domaine d’Astrid repris

L’ancien home «Jardin d’Astrid» devrait accueillir 40 personnes déficientes mentales et «pas que d’origine française», précise la direction. EdA - 301056511922

Depuis quelques semaines, la SA EQSO est le nouveau gestionnaire de l’ASBL «Domaine d’Astrid» désormais rebaptisée «Le Patio».

En avril 2016, le home «Le Jardin d’Astrid», à Gaurain-Ramecroix, a défrayé la chronique après qu’il se soit vu signifier une ordonnance de fermeture de la part du ministre régional de l’Action sociale Maxime Prévot. Celui-ci appuyait sa décision sur base de rapports dressés par l’AVIQ évoquant des problèmes de prise en charge et d’hygiène. En décembre, le home se voyait retirer son agrément et l’on apprenait par la suite que les lits ainsi libérés ne profiteraient pas aux Tournaisis mais à la région d’Arlon. Restait toutefois sur le site gaurinois, le «Domaine d’Astrid», une résidence service, gérée indépendamment du home, et qui accueillait -et accueille toujours d’ailleurs - une vingtaine de personnes âgées.

Les familles de quatre de ces résidents ont récemment reçu un courrier dans lequel il est expliquait que l’ASBL «Domaine d’Astrid» est, depuis le 4 octobre dernier, gérée par «Expertise et Qualité Sociales» et a été rebaptisée «Le Patio». Le courrier précise également que

«Mme X est hébergée au Patio depuis... À l’heure actuelle, Mme X nécessite une assistance à la vie journalière plus importante que ne peut lui en fournir un hébergement en résidence-service. Aussi, afin de garantir la sécurité de Mme X, je suis dans l’obligation de mettre fin à votre convention d’hébergement dont la résiliation sera effective dans trois mois au plus tard...»

La missive, signée par le responsable d’EQSO, indique également que la nouvelle asbl gestionnaire met tout en œuvre pour trouver une maison de repos de qualité afin d’accueillir les personnes âgées concernées.

Vous avez dit EQSO?

Comme nous l’a expliqué Benoît Duplat, représentant permanent d’EQSO (Expertise et Qualité Sociales), cette SA se définit comme étant une «plateforme de services pour des structures d’accueil médico-sociales, mettant à leur disposition des compétences en ressources humaines et formation, administration des usagers, comptabilité, informatique et gestion des bâtiments, hygiène et sécurité.

Cela représente un total de 22 experts au service de 16 foyers, dont un en France (les autres étant principalement situés en Wallonie et à Bruxelles) et un spécialisé dans l’accueil des enfants. Mis à part ce dernier, les autres accueillent des adultes déficients mentaux dont la moyenne d’âge tourne autour de 39 ans.

Chaque structure est autonome et la philosophie générale de chaque centre vise principalement à favoriser l’inclusion (soit les échanges avec le monde extérieur et plus spécifiquement associatif) des personnes accueillies…», toujours selon le responsable de la société

Une quarantaine de personnes handicapées devraient être accueillies au sein de quatre unités de vie sur le site gaurinois à partir du printemps prochain, les différentes démarches vis à vis des autorités de tutelle et de l’Aviq étant actuellement toujours en cours. Ce nouveau centre devrait être rebaptisé «la Lisière».

Quant à l’ancien «Domaine d’Astrid», désormais sous l’égide de l’ASBL «Le Patio», il continuera à jouer le rôle de résidence-service en accueillant des personnes âgées répondant aux critères imposés pour ce type d’accueil. Une partie du personnel de l’ancienne structure a été reprise; une directrice a été engagée ainsi qu’une aide-soignante qui assure une présence nocturne sur le site.

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Quatorze enfants autistes refusés d'une unité d'enseignement élémentaire expérimentale

article publié sur France bleu

lundi 11 décembre 2017 à 14:36 Par Raphaël Cann et Anne-Laure Labalette, France Bleu Champagne-Ardenne

La colère de plusieurs parents d'enfants autistes dans la Marne. Ils aimeraient scolariser leurs enfants dans une unité d'enseignement élémentaire expérimentale (UEEE), comme celle qui vient d'ouvrir à l'école Auvergnat de Reims. Mais sur 19 dossiers présentés, seuls cinq ont été acceptés.

Manifestation pour défendre les enfants autistes Manifestation pour défendre les enfants autistes © Maxppp - Bruno Levesque

Reims, France

La nouvelle est tombée il y a quelques semaines. Des parents  se retrouvent sans solution pour scolariser leur enfant autiste. Ils comptaient beaucoup sur l'unité d'enseignement élémentaire expérimentale qui a ouvert ses portes il y a deux semaines à Reims.  Seulement voilà, 14 dossiers ont été refusés.

"La raison principale est le manque de financement" résume Maud Lacroix. Elle préside l'association Petit Bonheur qui soutient les parents d'enfants autistes et fait partie du comité de pilotage du projet.

Pour accéder à ce centre, le principal critère était celui de l'âge, entre 6 et 8 ans, mais d'autres critères ont été ajoutés. "Une grande aberration" pour Maud Lacroix.  "J'ai reçu pas mal d'appels et je vous avoue que je n'arrive pas à faire décolérer les parents".

Interview de Maud Lacroix, présidente de l'association Petit Bonheur

Un enfant sur 100 est autiste

Aujourd'hui, l'autisme concerne une naissance sur 100.  C'est le cas de Janelle Martegani, 9 ans. Cette petite fille est actuellement accueillie dans une école de Reims seulement une heure par jour. Le reste du temps, c'est sa maman, Marieke, qui s'en occupe. Une attention de chaque instant et une sacrée organisation pour beaucoup de parents dans la même situation.

Reportage avec la famille Martegani à Reims

Affiche de l'association Vaincre l'autisme - MaxpppAffiche de l'association Vaincre l'autisme © Maxppp - Bruno Levesque

Le quotidien de Marieke Martegani avec sa fille Janelle

Face à cette situation, les parents qui n'ont pas eu la chance d'avoir une place pour leur enfant dans cette unité d'enseignement élémentaire expérimentale réclament plus d'heures de scolarisation. C'est-à-dire environ une quinzaine d'heures par semaine. 

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Autisme : une approche prometteuse récompensée

article publié dans Le Figaro

Par   Cécile Thibert Mis à jour le 12/12/2017 à 20:19
Publié le 12/12/2017 à 19:37

bactéries intestinales

Avec son équipe, Joël Doré s’apprête à étudier le microbiote intestinal de 150 autistes Asperger. 92533760/Alex - stock.adobe.com

Le prix Marcel-Dassault pour la recherche sur les maladies mentales a été décerné à un projet sur le rôle des bactéries intestinales dans le trouble autistique.

Le lien n’est pas évident, mais c’est une piste sérieusement étudiée par la communauté scientifique depuis les années 1980: les bactéries qui peuplent nos intestins pourraient jouer un rôle dans l’autisme. L’année 2018 pourrait d’ailleurs marquer un tournant dans nos connaissances sur la question, avec le lancement d’un essai clinique inédit sous la houlette du Dr Joël Doré, directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et membre de la fondation FondaMental. Ce projet, intitulé MicrobiAutisme, est lauréat de la 6e édition du prix Marcel-Dassault* 2017 pour la recherche sur les maladies mentales (300.000 euros).

«Des travaux ont mis en évidence que plus de la moitié des personnes autistes souffrent de symptômes gastro-intestinaux, contre 15 % de la population générale, explique Joël Doré. Or il est possible que ces symptômes soient liés à une altération du microbiote intestinal des patients autistes.» Le microbiote intestinal, autrefois appelé «flore intestinale» est le nom donné aux 100.000 milliards de bactéries installées dans nos intestins. Celui-ci communique avec le cerveau via la circulation sanguine et les nerfs.

«Imaginons que le microbiote intestinal soit déstabilisé. Cela provoque une perméabilité de la paroi intestinale, qui laisse alors passer toutes sortes de bactéries pathogènes, de toxines et de virus»

Joël Doré, directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et membre de la fondation FondaMental

Avec son équipe, Joël Doré s’apprête à étudier le microbiote intestinal de 150 patients autistes Asperger souffrant de troubles gastro-intestinaux de degrés divers, ainsi que l’état de leurs intestins. Ces données seront comparées à celles recueillies chez 50 personnes en bonne santé. «On ne va pas découvrir le moyen de guérir l’autisme, met en garde Joël Doré. Nous voulons simplement comprendre quel rôle joue le microbiote intestinal dans les troubles intestinaux dont souffrent les personnes autistes et, éventuellement, trouver un moyen de les soulager.»

Selon le chercheur, ces symptômes pourraient être le fruit d’un cercle vicieux. «Imaginons que le microbiote intestinal soit déstabilisé. Cela provoque une perméabilité de la paroi intestinale, qui laisse alors passer toutes sortes de bactéries pathogènes, de toxines et de virus, explique Joël Doré. En réaction, le système immunitaire se met en alerte, entraînant une inflammation chronique qui entretient à son tour une instabilité du microbiote.» En temps normal, les bactéries de notre microbiote font barrière contre les intrus, les empêchant ainsi de passer dans la circulation sanguine et donc dans le cerveau.

Les scientifiques espèrent découvrir une signature de l’autisme dans le microbiote des patients, afin, éventuellement, d’améliorer le diagnostic

Le chercheur et son équipe vont également implanter le microbiote des patients autistes inclus dans l’essai chez des souris sans microbiote. Ces dernières vont-elles développer des symptômes gastro-intestinaux, voire une anxiété? Autre objectif, les scientifiques espèrent découvrir une signature de l’autisme dans le microbiote des patients, afin, éventuellement, d’améliorer le diagnostic.

«Les facteurs génétiques ne suffisent pas à expliquer l’augmentation très rapide du nombre de cas d’autisme ces dernières décennies, affirme le chercheur. Il existe forcément des facteurs environnementaux nouveaux, dont certains pourraient avoir un impact sur le microbiote intestinal.»

* Le Groupe Dassault est propriétaire du Figaro.

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