28 novembre 2015

L'équilève : monter à cheval avec son handicap

article publié sur le site de France 3 Basse Normandie

Quand le sport devient une alternative thérapeutique … Le centre équestre de Chouzy-sur-Cisse (Loir-et-Cher) s'est doté, en novembre 2015, d'un Équilève. Un élévateur qui permet de mettre en selle les cavaliers à mobilité réduite.

  • Mélior Mouamma / A.Lps
  • Publié le 27/11/2015 | 18:18, mis à jour le 27/11/2015 | 18:18
L' Equilève permet de mettre en selle sur le cheval des personnes à mobilité réduite © France 3 Centre-Val de Loire

© France 3 Centre-Val de Loire L' Equilève permet de mettre en selle sur le cheval des personnes à mobilité réduite

Les Écuries de Chouzy dans le Loir-et-Cher accueillent régulièrement une trentaine de personnes à mobilité réduite. Grâce à l'Equilève, Sandra et Arnaud Régent, propriétaires et moniteurs du centre équestre, espèrent en accueillir davantage.

« Nous voulons faire de l'équitation un sport pour tous » affirme le moniteur d'équitation.


Le contact avec les chevaux, les soins à leur prodiguer, les promenades dans la nature sont bénéfiques pour tous.

L'association des Ecuries de Chouzy, une association spécialement créée pour développer le Handi Cheval dans le département du Loir-et-Cher est à l'origine du projet d'acquisition d'un Équilève.

Durant quatre années, les membres de l'association ont frappé à de nombreuses portes pour trouver des subventions. Un Équilève coûte 5.200 euros. Le fonds de dotation Telmah intitulé « Tendez la main au handisport » a été d'une grande aide.  

 Maintenant que nous avons un Équilève, nous invitons les particuliers en situation de handicap à venir au centre équestre de Chouzy-sur-Cisse pour monter à cheval, faire un baptême poney. Il suffit de prendre rendez-vous » , explique Sandrine Lhuillier de l'association des Écuries de Chouzy.


Le Handi  Cheval est encore peu développé dans la région Centre-Val de Loire. Les équipements sont coûteux. Une selle adaptée pour maintenir les handicavaliers coûtent 1;200 euros. Les Écuries de Chouzy-sur-Cisse en possède une. Mélior Mouamma a suivi deux jeunes filles polyhandicapées, pour qui, monter à cheval était encore impossible il y a quelques semaines.

[VIDEO] Reportage : Mélior Mouamma, Amélie Rigodanzo et Alexis Guedes

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26 novembre 2015

Les fonctions cognitives, c'est quoi ?

 

article publié sur apprendre à éduquer

Il est de plus en plus courant de lire l'expression " fonctions cognitives " dans des articles ou des livres car les avancées en termes de neurosciences ont participé à vulgariser des notions comme " fonctions cognitives ",
" fonctions exécutives ", " fonctions supérieures du cerveau " ou encore " métacognition ".

 

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CERVEAU. Autisme : l'hypersensibiité sensorielle mieux comprise

Hugo Jalinière Publié le 24-11-2015 à 15h33
Des chercheurs ont observé des différences de connexions neuronales expliquant pour partie la façon atypique dont les informations visuelles sont traitées par les personnes atteintes de troubles du spectre autistique.
Réorganisation neuronale des connexions locales et à longue portée sur une souris modèle d’autisme (à droite) et sur une souris sauvage (à gauche). ©CC BY-NC
Réorganisation neuronale des connexions locales et à longue portée sur une souris modèle d’autisme (à droite) et sur une souris sauvage (à gauche).
©CC BY-NC

CERVEAU. De nouvelles données recueillies par des chercheurs du Neurocentre Magendie à Bordeaux (Inserm) permettent de mieux cerner ce qu'il se passe dans le cerveau d'individus atteints du syndrome de l'X fragile. Il s'agit d'une maladie génétique responsable de troubles du spectre autistique (retard du développement de l'enfant, troubles du comportement, déficit intellectuel...). Publiée le 20 novembre 2015 dans Science Advances, l'étude se fonde sur des observations par IRM (imagerie par résonance magnétique) réalisées sur des souris modèles du syndrome de l'X fragile. Elle montre comment des connexions altérées entre différentes régions du cerveau sont impliquées dans les symptômes de ce trouble, et en particulier ceux d'ordre sensoriels.

Les connexions neuronales en question

Selon une théorie largement reprise comme hypothèse de travail parmi les neuroscientifiques, le cerveau des personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) présente une hyper-connection de neurones à un niveau local dans certaines parties du cerveau. En revanche, une vue d'ensemble du cerveau montre que les différentes zones du cortex sont en partie déconnectées les unes des autres. Or les communications entre ces différentes zones cérébrales sont celles qui "permettent d’intégrer des informations plus complexes provenant de parties du cerveau qui traitent souvent d’aspects différents", explique l'Inserm dans un communiqué. Une théorie que les travaux du Neurocentre bordelais semblent confirmer, en tout cas sur la zone étudiée par les chercheurs : le néocortex, notamment impliqué dans les perceptions sensorielles, les commandes motrices volontaires ou le raisonnement spatial.

Les chercheurs se sont concentrés sur les perceptions visuelles. En observant par IRM le cerveau de souris modifiées pour reproduire le syndrome de l'X fragile, ils ont en effet pu constater ces spécificités dans les connexions neuronales. 

Réorganisation des connexions locales et à longue portée sur une souris modèle d’autisme (à droite) et sur une souris sauvage (©Inserm)

Les neurones marqués en vert par fluorescence envoient des projections vers le cortex visuel et sont répartis à travers différentes régions du cerveau. Sur les souris modèles du syndrome de l’X fragile (à droite), on observe une haute densité de neurones dans le cortex visuel (connexions locales), mais une réduction du nombre de neurones loin de cette région (connexions longues portées). Les chercheurs ont ainsi mis en lumière, chez ces souris, une prise en compte exagérée de l'information visuelle locale et l'incapacité du cerveau atteint d'X fragile de recouper ces informations visuelles avec d'autres données cérébrales issues de régions différentes.

Interprétation atypique des données sensorielles

"L'ensemble des connexions cérébrales fonctionne comme une autoroute, permettant la distribution du trafic aux différentes parties d’une agglomération, mais également à d’autres villes et villages extérieurs", explique Andréas Frick, premier auteur de l'étude. Mais dans le cas de l'X fragile, c'est un peu comme si les petites communautés étaient déconnectés les unes des autres faute d'autoroutes faisant le lien. Un maillage défaillant conduisant à une interprétation atypique des informations sensorielles : "un traitement augmenté des détails fins ou des structures au détriment de l’image entière", explique l'Inserm"Transposés à l'homme, nos résultats pourraient permettre de changer la manière d’évaluer de nouvelles approches thérapeutiques pour traiter" les personnes atteintes de l'X fragile ou de troubles du spectre autistique, expliquent les chercheurs. De la même façon, ce type d'observations pourraient rendre plus compréhensibles "le rôle que pourrait avoir des modifications des connexions dans d’autres maladies psychiatriques ou neuro-développementales", concluent-ils.

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25 novembre 2015

Une maman engagée dans l'autisme de son garçon

article publié dans Québec Hebdo

Prisca
Prisca Benoit
Publié le 24 novembre 2015

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Marie Julie Paradis et son fils Victor, 6 ans. (Photo gracieuseté)

 

«Pas mal élevé… Juste autiste!»

MOBILISATION. Tannée des regards pesants sur son jeune garçon autiste, une maman de Boischatel a décidé de prendre le taureau par les cornes. Marie Julie Paradis a fait réaliser une série de tuques pour son jeune Victor où on peut lire «Pas mal élevé… Juste autiste!»

 

Le petit garçon de Marie Julie Paradis à 6 ans et depuis l'année passée, il a été diagnostiqué autiste avec un trouble de langage. «C'est un deuil à faire tous les jours, confie la jeune maman. On ne peut pas savoir de quoi va être composé son avenir.» Très mobilisée dans la cause de son garçon, elle fait notamment partie du C.A. de la Fondation Autisme Québec, en plus d'entamer un certificat en spectre de l'autisme à l'Université du Québec à Rimouski, campus Lévis.

Se disant passionnée par la vie de ses enfants, elle a décidé de se lancer dans une nouvelle aventure en voulant combattre les préjugés reliés au handicap de son garçon. Après quelques sorties houleuses où les regards et les commentaires pesaient lourd, elle a décidé de créer une première casquette pour passer son message. «J'ai senti les commentaires changer, affirme-t-elle. Plutôt que de rouler les yeux quand mon garçon faisait une crise à l'épicerie, j'ai reçu plusieurs commentaires positifs et compréhensifs.»

Au moment d'augmenter sa production de tuques, la cause a fait boule de neige. Après près de deux semaines, sa nouvelle page Facebook au nom de son slogan frôle les 300 mentions J'aime. La tuque s'écoule rapidement et trouve des preneurs aux quatre coins du Québec. «Je ne pensais jamais que ça irait aussi rapidement», admet-elle, heureuse du succès de son nouveau produit.

Je comprends la réaction des gens. J'étais moi-même la première à réagir quand je voyais un enfant turbulent. Maintenant, je souhaite briser ces préjugés. Marie Julie Paradis

Toujours du chemin à faire

Bien que le Québec soit bien informé sur ce handicap, Marie Julie Paradis dit rencontrer encore certains préjugés récurrents sur son chemin. «Celui qui est le plus fréquent, c'est quand on me dit "Il est autiste? Ça ne parait pas!", rapporte-t-elle. Comme s'il fallait que ce soit obligé de paraître.»

La jeune mère ne craint pas de stigmatiser le handicap de son garçon. Au contraire, elle préfère que les gens comprennent sa situation. «Il avait déjà une étiquette, on le traitait comme un enfant mal élevé, dit-elle. Maintenant, on peut faire un coucou humoristique aux réactions des gens.»

Pour l'instant, Marie Julie Paradis met de côté l'argent qu'elle fait avec la vente de tuque pour pouvoir breveter son produit. «Je suis encore en réflexion à savoir ce que je vais en faire après le brevet, mais c'est sûr que ça va aller pour la cause», affirme-t-elle. Elle aimerait notamment pouvoir diversifier son offre de produits pour y inclure des bracelets ou des casquettes.

Vous pouvez consulter la page Facebook Pas mal élevé juste autiste pour plus d'information sur les produits de Marie Julie Paradis et la façon de se les procurer.

 

Québec Hebdo

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24 novembre 2015

L'échange émouvant entre une mère et sa fille autiste

L’échange émouvant entre une mère et sa fille autiste
23/11/2015

Une maman d’une petite fille autiste a publié une photo d’un échange qu’elle a eu par écrit avec son enfant. Une conversation qui souligne l’importance des mots employés par l’entourage devant les enfants.

Il ne faut jamais sous-estimer la force des mots et ce qu’ils peuvent entraîner. Cadence, une petite australienne de 7 ans atteinte d’autisme, a écrit à sa mère Angela après avoir entendu des discussions de ses parents et des informations médiatiques. Celle-ci commençait à croire qu’elle était méchante malgré elle. « Est-ce qu’être autiste me rend méchante ? », demande ainsi la petite fille à sa mère. Étonnée de cette réaction, Angela entame la conversation par écrit avec sa fille alors qu’elles sont dans le bureau de sa maîtresse d’école, en lui demandant ce qui lui fait penser cela. C’est alors que la petite Cadence écrit que les grandes personnes « disent toujours que c’est dur d’être maman ou papa si ton enfant est autiste », et que « c’est expliqué à la télé que les autistes font du mal aux gens ». Elle ajoute également qu’elle a entendu que les autistes devaient être mis à l’écart des autres et attachés. La maman lui demande alors si elle croit à toutes ces affirmations, et si non, ce qu’elle pense elle. « Je n’aime pas faire du mal aux gens », répond Cadence. « Je suis née autiste mais cela ne signifie pas que je suis méchante. Tu pleures ? » Et la maman de répondre, émue : « Oui. J’ai des larmes de joie de voir que tu sais ce qui est vrai, et des larmes de tristesse de voir que beaucoup de gens ne savent pas la vérité. »

Un appel à surveiller son langage

Touchée par cet échange écrit avec sa fille, Angela l’a publié dans un post Facebook, partagé plus de 2 700 fois. « Quels messages les enfants entendent-ils de notre part, des autres parents, à l’école, dans les médias et dans la société en générale ? Quelles sont les leçons qu’ils ramènent à la maison, de manière parlée ou non, qu’internalisent-ils de ces messages ? », se questionne ainsi Angela sur la page Facebook « I am Cadence » (Je suis Cadence). Pour cette maman, il faut donc surveiller son langage devant les enfants, car ceux-ci risquent de tout entendre, de tout répéter et de tout intérioriser. De quoi entraîner de lourdes conséquences psychologiques.

Source : The Huffington Post

 

What 'messages' are children hearing - from ourselves, from other parents, at school, from media and in the general community? And what are the 'take home' learnings, spoken or unspoken, they are internalizing from these messages?
Cadence's sensory differences means she hears, sees and observes every detail around her - every conversation, every sight, every smell; as many autistic children do. This 'conversation', between Cadence and myself, started under her teachers desk - a 'safe place' where Cadence had put herself in her confusion that she was somehow 'bad' - a belief that had culminated from over-hearing other parents and hearing news stories.

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Film Wretches & Jabberers : Vous ne verrez plus les autistes sévères comme avant !

article publié dans l'Express

 

Et si les autistes sévères étaient intelligents ? Et si, malgré leurs tocs, leur quasi-absence de langage, leurs troubles sévères du comportement, leur apparente insensibilité et inconscience des autres et du monde dans lequel ils vivent, étaient aussi intelligents que vous et moi (mais avec une intelligence différente), capables de pensées profondes ?

Je me garderai bien de répondre pour tous les autistes sévères, mais pour ceux que j’ai vu dans le film Wretches and jabberers, je peux affirmer que oui.

Car en visionnant ce DVD  j’ai pris une énorme claque.

Ce film a été présenté vendredi 13 novembre à Bruxelles à The Extraordinary  film festival.

Dans ce film, deux hommes autistes américains (présents à la projection) voyagent dans divers pays pour changer la vision du handicap et de l’intelligence (« voir l’intelligence plutôt que le handicap ») et aider les autistes à briser l’isolement qu’ils ont si bien connu.

Tracy Thresher (42 ans) et Larry Bissonnette (52 ans), autistes sévères avec de gros troubles du comportement, considérés comme retardés mentaux, ont été exclus du milieu ordinaire dès le plus jeune âge et ont passé de longues années en institutions psychiatriques, incapables de transmettre leur intelligence.

Ils n’ont appris à communiquer qu’à l’âge adulte en tapant des mots à l’ordinateur vocal qui prononce leurs mots avec une voix de synthèse, leur donnant ainsi un moyen d’exprimer leurs pensées, les sentiments et les besoins. Ce moyen de communication a changé leur vie de façon spectaculaire.

Il est juste sidérant de voir l’écart entre leur apparence (car ils ont de gros troubles sensoriels, un visage inexpressif et semblent incapables de la moindre interaction) et leurs pensées intérieures, leur conscience aiguë des autres, leur humour, leur compréhension du monde et leur sagesse, que peu de personnes ont.

Si vous le voyez, vous prendrez sans doute une énorme claque et vous ne verrez plus du tout les autistes sévères comme avant…

Extraits

Réponse de Larry, répondant à la question : « Quelle est l’idée la plus fausse la plus répandue sur l’autisme ? »

« Des compétences sociales pauvres dues à un manque d’intelligence. »

« Rien de ce que j’ai fait n’a pu convaincre les autres que j’avais une vie intérieure, jusqu’à ce que je commence à communiquer. »

Tracy : « Nous sommes l’exemple même d’une toute autre intelligence qui s’exprime très différemment »

Naoki (autiste sévère japonais, auteur du livre Sais-tu pourquoi je saute ?)

« Personne ne me comprenait quoi que je fasse, comme faire une crise, pleurer ou hurler. »

Tracy

Tracy : « Entendre ma voix intérieure en tapant a incroyablement changé la manière dont je me voyais »

 

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Helsinki : Tracy, Antti, Larry et Henna, tous 4 autistes, communiquent par ordinateur interposé….

Le titre du film vient d’une anecdote d’Antti, qui déclare avec humour que le monde est séparé entre des personnes qui, comme eux, ont du mal à parler : les wretchers (misérables) et les personnes qui parlent sans difficulté, les jabberers (bavards).

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Quitter l'hôpital ou le CMP - les infos sont sur Egalited

 

EgaliTED - Autisme - Quitter l'hopital ou le CMP

document bien fait et qui sera utile à toutes les familles d'autistes, qu'elles soient ou pas en difficultés avec une administration ou une instance médicale.Vous pouvez également consulter la . . Un grand nombre de parents se trouvent désemparés face au diagnostic et à l'autisme de leur enfant.

http://www.egalited.org

 

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26 & 27 mai 2016 à ARCACHON -> Journées nationales des Centres de Ressources Autisme

information publiée sur le site ANCRA Bordeaux

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=>Pré-programme

Veuillez trouvez-ci joint le pré-programme des JOURNEES NATIONALES des CENTRES RESSOURCES AUTISME 2016 qui fera l'objet de modifications et sera réactualisé sur le site régulièrement.

        Le Centre Ressources Autisme Aquitaine accueille au mois de Mai 2016 les journées scientifiques de l'ANCRA au Palais des Congrès d'Arcachon. Ces journées sont un rendez-vous important de la communauté professionnelle et des familles impliquées dans l'accueil et l'accompagnement des personnes avec Troubles du Spectre de l'Autisme.

C'est une occasion unique de rencontres, d'échanges, de partage de connaissances et d'expériences.

Les professionnels ont, dans le domaine des TSA en 2016, de nombreux défis à relever : actualiser les connaissances, faire évoluer les prises en charge, favoriser et accélérer le transfert des connaissances de la recherche à la pratique. L'enjeu du diagnostic reste aujourd'hui majeur, non seulement en terme de dépistage précoce mais tout au long de la vie.

Les limites du spectre de l'autisme, tant au cours du développement de la vie que dans les liens avec les autres troubles du développement restent à explorer. Cela a donné à ces journées leur thématique : les TSA d'où à où, de quand à quand?

Ces journées permettront de recevoir des intervenants renommés sur le plan national et international autour de conférences et d'ateliers et au-delà, d'espaces de communication et de dialogues.

L'équipe du CRA Aquitaine est très heureuse de vous accueillir pour faire aussi de ces journées des instants de convivialité et dans cette période marquée d'évènements tragiques, un moment d'humanité.

 

 Professeur Manuel BOUVARD


 

 Dr Anouck AMESTOY

 

 

 

 

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Vidéo -> Le Pack en institution psychiatrique - Dr Thierry Albernhe, psychiatre

Ajoutée le 31 déc. 2014

"Une Histoire des Packs" - Dr. Thierry Albernhe, psychiatre, historien (Antibes, France)

Journée D'étude 2014: Le Pack en Institution Psychiatrique

 

AUTISME : De nouvelles approches pleine de promesses

Vendredi, 13/11/2015
AUTISME : De nouvelles approches pleines de promesses

L'autisme est une maladie caractérisée par des difficultés à communiquer efficacement avec l'entourage et à développer des liens sociaux. Ce trouble du développement concernerait (en fonction des critères scientifiques et médicaux appliqués) entre 300 000 et 600 000 personnes en France, ce qui en fait un enjeu tout à fait majeur de santé publique. Les causes précises de l'autisme restent mal identifiées et font toujours l'objet d'un vif débat entre les "écoles" psychanalytiques, cognitivistes, et neurobiologiques. La connaissance des bases neurobiologiques de cette pathologie a heureusement beaucoup progressé au cours de ces dernières années. Parallèlement, de nouvelles perspectives thérapeutiques se sont récemment ouvertes et pourrait bien, si leur efficacité se confirme, constituer une véritable rupture dans la prise en charge médicale de certains formes d’autisme.

Début 2010, une équipe du Centre de neuroscience cognitive (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), dirigée par Angela Sirigu, a montré que l'administration intranasale d'ocytocine, une hormone connue pour son rôle dans l'attachement maternel et le lien social, améliorait significativement les capacités des patients autistes à interagir avec les autres personnes (Voir PNAS). Dans ces essais, les chercheurs ont administré de l'ocytocine à 13 patients autistes puis ils ont observé le comportement social des patients pendant des jeux de balle et des tests visuels de reconnaissance de visages exprimant différents sentiments. L’ocytocine est une hormone qui favorise l'accouchement et la lactation. Elle joue un rôle crucial dans le renforcement des comportements sociaux et émotionnels. 

L'équipe d'Angela Sirigu du Centre de neuroscience cognitive à Lyon a donc fait l'hypothèse qu'un niveau trop faible de cette hormone pourrait être impliqué dans certains troubles de la communication dont souffrent les autistes. Ces chercheurs, en collaboration avec le Docteur Marion Leboyer de l'Hôpital Chenevier, à Créteil, ont essayé de voir si l'administration de l'ocytocine pouvait améliorer le comportement social de 13 patients souffrant d'autisme de haut niveau (HFA) ou du syndrome d'Asperger (SA). Dans ces deux formes d'autisme, les malades ont des aptitudes intellectuelles et linguistiques normales mais ont de très grandes difficultés à nouer des relations sociales normales.

Dans ces travaux, les chercheurs ont notamment mis en place un protocole expérimental en double aveugle contre placébo au cours duquel les patients étaient observés pendant qu’ils interagissaient avec trois personnes dans un jeu de balle. Dans cette expérience, trois situations étaient prévues : en premier lieu, un joueur renvoyant toujours la balle au patient, en second lieu, un joueur ne renvoyant pas la balle au patient et enfin un joueur qui renvoyait indifféremment la balle au patient ou aux autres joueurs. A chaque fois que le patient recevait la balle, il gagnait une somme d'argent. Résultat : sous placebo, les patients renvoyaient la balle indistinctement aux 3 partenaires. En revanche, les patients traités par l'ocytocine renvoyaient toujours la balle au partenaire le plus coopérant.

Les chercheurs ont également mesuré la capacité d'attention aux signaux sociaux des patients en leur faisant observer des séries de photos représentant des visages. Ils ont constaté que les patients sous placebo regardaient la photo de façon évasive en évitant de la scruter. Par contre, ceux qui avaient inhalé de l'ocytocine développaient un niveau d'attention plus élevé aux stimuli faciaux : ils regardaient à la fois davantage les visages et les yeux des personnes photographiées.

Les résultats de ces essais ont finalement montré que l'administration d'ocytocine permettait aux patients autistes de mieux s'adapter au contexte social en identifiant de manière plus adéquate des comportements différents parmi les membres de l'entourage et adoptant eux-mêmes des réactions d’ouverture et de confiance envers les participants individus les plus coopérants. Cette étude a montré de manière solide qu’il pouvait y avoir un effet thérapeutique potentiel de l'ocytocine sur les déficiences sociales présentes dans l'autisme.

Prolongeant ces travaux, des chercheurs de l'Université de Tokyo ont découvert en 2014 qu'une dose d'ocytocine, administrée sous forme de spray nasal, stimulait une zone du cerveau qui traite l'émotion et l'empathie (Voir OUPblog).

Ces chercheurs japonais ont également administré de l’ocytocine sous forme de spray nasal à des patients souffrant de certaines formes d’autisme qui s'appuient plus facilement sur les indices non verbaux et les expressions faciales. Les scientifiques ont alors pu montrer, en procédant à des examens du cerveau par imagerie, une heure et demie après l’administration de l’ocytocine, que l'activité de la zone du cerveau responsable du traitement des émotions avait sensiblement augmenté. A la lumière de ces nouveaux résultats, le Professeur Hidenori Yamasue, co-auteur de ces travaux, souligne que « Les personnes autistes présentant des déficits dans la communication non verbale et l'interaction pourraient bénéficier de l'administration d'ocytocine".

Il y a quelques jours, une équipe du Brain and Mind Centre de l'Université de Sydney (Australie) a confirmé ce surprenant effet thérapeutique d’un spray d’ocytocine sur certains enfants atteints de troubles autistiques (Voir Nature). Dans ce test mené en Australie par l'équipe du Professeur Adam Guastella, 31 enfants de 3 à 8 ans atteints du trouble du spectre autistique ont reçu par voie nasale 2 doses quotidiennes soit de cette hormone, soit d'un placebo. Les deux phases de l'essai ont été espacées d’un mois pour éviter le risque d'interférence de l'hormone avec le placebo, et vice versa. "Nous avons observé qu'à la suite de ce traitement à l'ocytocine, les parents des enfants testés rapportaient que leur enfant faisait preuve d'une meilleure sensibilité sociale à la maison" souligne le Professeur Guastella.

Le Professeur Ian Hickie, co-auteur de cette étude, considère pour sa part que « Ces résultats remarquables constituent une véritable avancée thérapeutique dans la prise en charge de certaines déficiences sociales liées à l’autisme ». Ces chercheurs vont à présent s’attacher à comprendre comment l'ocytocine modifie les mécanismes neurocérébraux et améliore la capacité d’interaction sociale chez certains autistes. Commentant cette étude, le Docteur Andrew Adesman, chef du service Développement et comportement pédiatrique au Cohen Children's Medical Center de New York, a salué la rigueur de cet essai « qui apporte des preuves solides que l'ocytocine peut conduire à des améliorations rapides et significatives des aptitudes sociales chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique". 

En novembre 2014, des chercheurs de l’Inserm ont par ailleurs publié une intéressante étude montrant qu’il est possible de corriger certaines anomalies de perceptions sensorielles caractéristiques de l’autisme. En travaillant sur des souris atteintes du Syndrome de l'X Fragile, une pathologie qui s’accompagne comme l’autisme d’anomalies dans le traitement des informations sensorielles par le néocortex, ces chercheurs ont découvert que certains canaux ioniques (les molécules qui déterminent la façon dont les neurones traitent les signaux électriques) dysfonctionnent au sein du compartiment dendritique, une structure qui intègre les informations au sein des neurones. Mais ces recherches ont montré qu'une molécule est parvenue à mimer un des canaux ioniques, ce qui a permis de corriger l'hyperexcitabilité des neurones ainsi que les anomalies de l'intégration neuronale et l'hypersensibilité aux stimuli sensoriels. Cette découverte ouvre enfin la perspective pour un traitement sur mesure des anomalies de perception sensorielle de l’autisme.

Enfin, toujours l’année dernière, des chercheurs de l’Université de Californie ont montré que l’administration chez des souris autistes de suramine - un médicament connu depuis un siècle et utilisé contre la maladie du sommeil - semblait avoir des effets thérapeutiques intéressants en agissant de manière puissante sur les récepteurs purinergiques (Voir Nature). Ces travaux renforcent l’hypothèse selon laquelle un dysfonctionnement métabolique pourrait être impliqué dans l’autisme, dysfonctionnement qui se traduirait par une altération de certaines cellules nerveuses à communiquer entre elles…

Cette hypothèse de l’implication d’un dysfonctionnement des mécanismes de communication et de coordination entre certains types cellules mais également entre aires cérébrales n’a cessé d’être confortée depuis quelques années par de nouvelles découvertes concernant les bases neurobiologiques et génétiques de cette pathologie. En novembre 2011, une étude américaine réalisée par l’Université de San Diego (Californie) a montré que les enfants autistes ont plus de neurones dans la région du cortex préfrontal et un cerveau plus gros que les autres qui ne souffrent pas de ce syndrome. Basées sur l’analyse de 13 cerveaux de garçons âgés de 2 à 16 ans décédés, ces recherches ont révélé que les sept garçons qui souffraient d'autisme avaient en moyenne 67 % de neurones supplémentaires dans la région du cortex préfrontal. 

Selon les chercheurs, "cette étude est la première à mesurer quantitativement l'excès neuronal dans le cortex préfrontal et a confirmé la théorie selon laquelle une surabondance pathologique de neurones est présente dans des zones clé du cerveau à un très jeune âge chez les autistes". Le cortex préfrontal est l’aire cérébrale où sont localisées les fonctions cognitives supérieures comme le langage, le raisonnement et l’aptitude à communiquer.

Comme l’explique le Docteur Eric Courchesne, professeur de neurologie à l'Université de San Diego et principal auteur de ces travaux, « dans la mesure où ces neurones corticaux ne sont pas fabriqués après la naissance et apparaissent entre la dixième et la vingtième semaine de gestation, l'accroissement anormal du nombre de neurones chez les enfants autistes est le signe d'un processus prénatal de dysfonctionnement neuronal ». Selon le Docteur Courchesne, ce serait l’arrêt ou le mauvais fonctionnement de ce processus clé du développement du fœtus et du jeune enfant qui provoquerait un basculement pathologique de ces neurones corticaux. Cette hypothèse semble par ailleurs être confirmée par le fait que le poids moyen du cerveau des autistes dans l'échantillon était 17,6 % plus grand que celui des enfants normaux au même âge.

En août 2014, une étude américaine réalisée par des chercheurs du Columbia University Medical Centre de New-York a montré, dans certaines formes d’autisme, un défaut de développement au niveau des épines dendritiques (Voir Neuron). Ces scientifiques ont d’abord analysé les cerveaux de 26 autistes, et comparé le nombre de synapses d’une région clé du cortex de ces cerveaux atteints avec celui de 22 cerveaux d’individus non atteints de troubles autistiques. Ce travail a permis de constater que la densité synaptique des autistes était supérieure de 50 % à celle du  groupe-témoin, indemne de troubles autistiques. Ces travaux montrent également des niveaux plus élevés d’une protéine de signalisation, mTOR, chez les personnes autistes, ainsi qu’une perturbation du processus d’autophagie qui élimine les protéines plus anciennes dans les cellules. Il semblerait donc, selon ces recherches, que la voie de signalisation mTOR bloque chez certains autistes le remodelage des synapses et des connexions nerveuses. 

Fin 2014, une autre étude américaine (Voir EMBO) a permis d'identifier un réseau entier de molécules constitué de protéines qui pourrait contribuer à l’apparition de l'autisme. Dans ces travaux, les chercheurs ne se sont pas uniquement intéressés au génome, mais se sont penché sur l'expression des gènes et sur les protéines qui en découlent. Ils ont ainsi identifié un réseau d'interactions de protéines, qui s'est avéré être lié à l'autisme, après des analyses menées sur 525 patients. Les scientifiques ont également découvert que des cellules du cerveau aidant à protéger les neurones jouaient un rôle important dans l'autisme. Leur fonctionnement incorrect ne permettrait pas une bonne circulation de l’information nerveuse entre les hémisphères droit et gauche du cerveau.

En avril 2015, une équipe de chercheurs de l'Université de Warwick (Royaume-Uni) a développé une méthode innovante, dénommée BWAS (brain wide association analysis) qui permet d'obtenir une vision globale de l’ensemble du cerveau. A partir d’images IRM provenant de 523 personnes autistes et de 452 personnes non autistes, les chercheurs ont utilisé deux modèles : un pour le cerveau indemne d’autisme et l’autre pour le cerveau touché par ce trouble. L’application de ces modèles a montré que le cerveau autiste semble se caractériser par une mauvaise connexion fonctionnelle, entre le cortex visuel du lobe temporal (responsable de l'analyse des expressions faciales de ses interlocuteurs) et le cortex préfrontal (responsable de la communication sociale et des émotions). Selon le professeur Feng, la méthode BWAS représente une avancée majeure, puisqu'elle révèle pour la première fois des différences fonctionnelles à l'échelle de tout le cerveau.

Mais en dépit de ces avancées récentes remarquables dans la connaissance des structures et mécanismes neurobiologiques qui semblent impliqués dans ces troubles autistiques, la majorité des spécialistes de cette pathologie considère aujourd’hui que les facteurs génétiques et biologiques ne doivent plus être vus comme une « cause » première de l’autisme mais plutôt comme des éléments agissant de manière circulaire, dans un système inextricable et singulier d’interactions avec de multiples événements et traumatismes d’ordre psycho-affectif vécu par le sujet.

En conclusion, donnons la parole au pédopsychiatre et psychanalyste Jean-Pierre Muyard qui, dans un remarquable article intitulé « D’un dialogue possible entre neurosciences et psychanalyse » montre à quel point l’antagonisme scientifique et conceptuel, parfois violent, entre les différentes approches théoriques, qu’elles soient d’inspiration neurobiologique, cognitive ou psychanalytique, lui semble stérile et dépassé.  

Muyard souligne en effet que « Les altérations des fonctions cérébrales peuvent être constitutionnelles mais que ces dysfonctionnements du développement précoce peuvent être régulés par un accompagnement thérapeutique qui mobilisera les fonctions de plasticité neuronale, base des mécanismes d’adaptation et d’autorégulation cérébrale ». Et il poursuit, ajoutant « Nous voyons donc que le dialogue entre neurobiologistes et psychanalystes ne sera fructueux que si les protagonistes de chaque discipline ne visent pas à trouver « la cause » de l’autisme ou de la psychose infantile mais collaborent sans préjugés ou anathème pour étendre le champ de leurs connaissances… 

Souhaitons que cette volonté nouvelle de dialogue et de collaboration fécondes, dans le respect des spécificités conceptuelles et méthodologiques de chacune de ces approches - et sans vouloir tendre vers un illusoire syncrétisme - permettra enfin des avancées décisives dans la compréhension globale et la prise en charge de cet ensemble très polymorphe de troubles autistiques, intimement liés à l’idiosyncrasie du sujet, et trop complexes pour se laisser enfermer dans un cadre théorique exclusif et forcement réducteur.

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

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