28 novembre 2011

article publié sur le site de l'A.L.I. (Association Lacanienne Internationale)

Faire le mur

Auteur : Hervé Bentata 23/11/2011

Pour plus de sujets qu'on ne croit, le jeu de la langue constitue une difficulté parfois insurmontable, souvent aussi pesante que des pierres d'un mur infranchissable... Et ce n'est pas parce qu'une personne parle, que "pierre qui roule n'amasse pas mousse" ou "donnez-nous notre pain quotidien" peuvent faire métaphore. Cette position qui ne permet à un sujet que de comprendre les choses au pied de la lettre suscite, face à ces pierres qui roulent, face aux effets de sens, une totale incompréhension, malaise et angoisse.

C'est probablement de cela dont il est question dans le récent documentaire de Sophie Robert concernant l'autisme et la psychanalyse: la totale incompréhension d'une causalité qui ne soit pas totalement linéaire. Et c'est bien en quoi la méthode recommandée pour éduquer les enfants autistes ne peut être du coup que la méthode ABA qui dit littéralement ce qu'elle est: b-a, ba. Et c'est pourquoi aussi je ne crois pas à la malveillance de la réalisatrice malgré un évident montage tronqué au plus près de ce qu'elle veut démontrer: l'enfant qui a pu bénéficier du PECS s'en est sorti; il parle, a de bonnes notes en classe alors que l'autre, qui a été dans un "hôpital psychiatrique de jour", reste gravement handicapé. Sophie Robert probablement ne peut comprendre qu'il puisse y avoir un écart entre ce qu'elle pense et ce qui lui est dit par nos collègues psychanalystes.

Au demeurant, même à rectifier les propos de ces collègues en se disant qu'ils ont été poussés à la faute, ou qu'on a choisi de ne nous faire entendre que le pire et sorti du contexte, j'ai tout de même frémi de la caricature de leurs propos notamment concernant les mères d'enfant autiste soit disant mauvaises. Je croyais que depuis plus de vingt ans, on avait corrigé ces balivernes; de même l'attentisme de certains au surgissement du désir de l'enfant m'a un peu estomaqué.

De fait, la pédopsychiatrie française qui paraît plus visée dans ce documentaire que la psychanalyse, a été novatrice et des efforts gigantesques ont été faits par les pouvoirs publics pour promouvoir des soins de qualité au plus près de la population et mêmes des populations les plus déshéritées. Les idées d'équipe de soins pluridisciplinaires comprenant pour tous, y compris les autistes, un accès aussi bien à de la pédagogie qu'à l'éducatif, au psychologique, à de l'orthophonie et de la psychomotricité, datent de plus de quarante ans! Aux USA à l'époque, c'était le désert même dans le secteur médico-éducatif. Domine encore un accès très onéreux aux soins, et à des soins rationnés. Certes tout n'est pas parfait et il manque certainement des moyens permettant d'accueillir plus d'enfants autistes en intégration scolaire ou dans des institutions éducatives spécialisées. Mais rappelons enfin que les méthodes éducatives prônées par les associations de parents pour les autistes, si elles proviennent pour la plupart des USA, ne sont souvent que la pâle copie d'idées ou de méthodes éducatives venues au départ d'Europe !

Enfin, les pédopsychiatres français exerçant dans le secteur des hôpitaux publics - qui ont certes souvent une culture et formation psychanalytique, se battent depuis des décennies pour éviter les solutions de soins à plein temps coupant les enfants de leurs familles, et aussi pour que tous les enfants puissent être intégrés dans un milieu scolaire normal. Alors que Mme Robert décrit ces mêmes psychiatres-psychanalystes des hôpitaux publics comme des enfermeurs d'enfants à l'asile, coupés de leur famille et de tout accès à un milieu scolaire!

Au total, "le mur" est un mauvais documentaire, partisan et pétri d'erreurs manifestes et de confusions. Je reste de ce fait sidéré qu'il puisse se trouver des personnes un tant soit peu instruites qui puissent le soutenir. C'est certainement que nous nous trouvons dans un paradoxe similaire à la vague néolibérale qui continue de déferler sur la "vieille" Europe: malgré les dégâts terribles et évidents qu'elle provoque, malgré son extrême bêtise, elle reste le dogme intouchable !

http://www.freud-lacan.com/Champs_specialises/Presentation/Faire_le_mur

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27 novembre 2011

Un blog jubilatoire où le Maître vous éclaire ... Solaire ! et à découvrir absolument ...

Jean-Marie De Lacan

site: Critique raisonnée du Non psychanalytique

Jean-Marie de Lacan est psychanalyste. Il a côtoyé les plus grands, s’en est inspiré, les a inspirés, mais s’est à jamais juré de ne s’autoriser que de lui-même.

Avec dix-huit scissions à son actif (dont cinq au sein d’associations psychanalytiques reconnues d’utilité publique), le record intercontinental franco-argentin de la séance la plus courte (0.0066 secondes), et celui de la conférence la plus longue, il s’impose parmi les analystes les plus en vogue du nouveau millénaire.

Sa grande expérience acquise auprès des enfants en difficulté le hisse au sommet de la pointe du pic de la prise en charge des mères d’enfants psychotiques en France. Amateur d’opéra et de chants grégoriens, il préside le mouvement communiste non révolutionnaire depuis plus de vingt ans et anime régulièrement un colloque sur les bonnes pratiques du packing.

Son dernier article pour l'exemple :

Pierre-Yves contre-attaque !

Chers disciples,

Mon appel à la censure n’ayant visiblement pas été suivi des faits ou d’effets de rire comme fût-il, certains con-pères croient bon d’en remettre une couche à nos psychotiques en culotte courte. À mon instar, le camarade Pierre-Yves reste pantois face à un système judiciaire profondément malade et incapable de hâter une raie-solution freudienne que nous n’avions aucune peine à causer avant l’invasion des comportementalistes.

Probablement suite à mes bons conseils, Pierre-Yves évite soigneusement les attaques ad hominem de cette hystéro-perverse de réalisatrice pour se con-centrer sur ce qu’elle ose encore appeler un travail. Je dois bien reconnaitre que, même si son intervention ne saurait égaler la mienne, le camarade fait mouche. Je dirais même qu’il tue-mouche.

Il débute par une analyse fine et rigoureuse du procédé :

La réalisatrice a interviewé des psychanalystes de renom, toutes écoles confondues. Ensuite, elle a manipulé l’enregistrement en effectuant des coupures et en ajoutant des commentaires a posteriori, visant à dénaturer et tordre les propos recueillis. Le but évident est de présenter les psychanalystes comme non crédibles.

Nous attirerons l’attention sur le fait qu’ainsi elle leur coupe la parole et qu’elle oeuvre selon ce grand principe de toutes les méthodes comportementales : réduire l’autre au silence, le faire taire. C’est le fil conducteur de toute cette propagande.

Vous rendez-vous compte ? La malheureuse Sophie a manipulé des enregistrements de psychanalystes ! Pire, elle leur a coupé la parole ! Elle s’est également laissée aller à greffer ses commentaires après-coup ! Mais depuis quand les réalisateurs se permettent des choses pareilles ? Savait-elle que non seulement, nous ne nous autorisons que de nous-mêmes, mais que nous n’autorisons également les autres que de nous-mêmes ? Quelle inculture ! Quel mépris des traditions psychanalytiques en vigueur dans l’empire franco-argentin ! Il s’agit bel et bien de propagande comme l’affirme le camarade Pierre-Yves ! Il s’agit bel et bien de propagande, mais pas de la bonne !

En contraste, un plan de cette vidéo présente une chercheuse de l’INSERM qui développe à l’aise, sans interruption aucune ni commentaires, les résultats de sa recherche devant un écran plat. La question lui est posée sur les causes de l’autisme. Elle répond sans hésiter : « génétiques ! ».

Et pourquoi donc cette « chercheuse » de l’INSERM, qui semble avoir définitivement renoncé à sa quête du pénis, n’est-elle pas coupée au montage ? Demandez-vous pourquoi, chers disciples ! Demandez-vous pourquoi, mais pas trop ! Celle-ci ne cesse pourtant de blasphémer, d’employer des mots que nous avons depuis longtemps bannis de la langue française. Les prononcer me provoque une pénible inflammation symbolique du pénis : « génétique », « chercheuse », « scientifique », « information », « expérience », « autisme », « efficacité » ! Que d’abominations ! N’est-il pas préférable d’en rester au langage, au corps, à l’imaginaire, à l’inconscient, à la jouissance du symptôme ?

Enfin, l’attention de ces enfants, portée sur la partie basse des visages témoigne de leur intérêt tout particulier pour la bouche en tant qu’orifice du corps.

La découverte est donc la suivante : les enfants psychotiques ne regardent pas les yeux mais la bouche ! Mais nous le savions déjà depuis longtemps puisqu’il s’agit d’une regrettable fixation au stade oral, la mère maintenant un processus de perpétuelle fellation symbolique sur son rejeton. Comment voulez-vous que cet obstacle manifeste à l’identification projective leur permette de parler ? L’obstacle au langage que constitue la fellation symbolique reste à ce jour la seule explication scientifique plausible. Tout matériel, aussi onéreux soit-il, ne pourra rien y changer. Et que dire de cette « information » que cette « chercheuse » sans trouvaille s’obstine à localiser dans l’objet œil ? Non, non et non! Dois-encore répéter que la seule et vénérable information est à rechercher au niveau du pénis, voire aux alentours des orifices voués à l’accueillir en toute sainteté? Quelle honte…

Enfin, une famille nous est montrée en compagnie de leur fils Guillaume qui se présente comme suit: « Je suis autiste à 80 pour cent ».

Non seulement parler d’autisme reste en soi un blasphème de la pire espèce, mais oser attribuer un pourcentage à cet autisme relève du non-sens le plus rétroversé : « Autisme à 80% » disent-ils à ce pauvre enfant déjà conditionné au DSM… Ainsi, la sacrosainte démarcation psychose/névrose n’aurait plus lieu d’être ! Nous pourrions être les deux à la fois, à savoir tout autant mal castrés que non castrés : je viens ainsi de démontrer là toute l’idiotie scientiste par l’absurde. Et comment se fait-il que ce jeune homme et sa famille connaissent son diagnostic ? Il s’agit à l’évidence d’une violation du soixante-neuvième commandement freudien…

On dit que les psychanalystes auraient culpabilisé les mères d’enfants autistes. Pourtant, rien de cela ne s’entend dans le discours des psychanalystes interviewés.

Selon les infidèles, nous culpabiliserions les mères. Où ? Quand ? Comment ? Aucun de nous ne l’a officiellement et clairement reconnu ! Donc ceci est totalement faux vous m’entendez ! Ce ne sont que des balivernes lancées par quelques cognitivos parmi les plus enragés et relayées par des génitrices hystériques dont l’instinct maternel visiblement défaillant a précipité leur progéniture vers la psychose la plus sévère.

Si violence il y a envers les enfants autistes et les parents d’enfants autistes, elle est ailleurs, dans le fait de la ségrégation que génère le discours de la science par ses méthodes de dépistage, d’évaluation et de classement.

Non ce ne sont pas les psychanalystes qui culpabilisent les mères mais la société contaminée par le scientisme, ce grand Autre social déshumanisé qui accuse nos gènes d’être responsables de tous les malheurs du monde. Pierre-Yves connait d’ailleurs une de ces fameuses mère, non pervertie par les cognitivos, qui est entièrement d’accord avec lui : n’est-ce pas là la preuve magistrale de la véracité de nos théorie, et du fascisme profond des autres ?

Toute relation humaine a quelque chose de « fou », dans le sens de « singulier », hors normes, car il n’y a pas de normalité en cette affaire si l’on veut bien ouvrir les yeux et les oreilles.

Enfin, mon cher et camarade dénonce avec grande pertinence cette obsession très moderne, très scientiste d’une normalité pourtant totalement fantasmatique ! La plupart des grands esprits s’accordent sur le fait que personne n’est normal. Donc nous sommes tous fous, mais personne n’est plus fou qu’un autre car nous sommes fous différemment : la différence n’est pas une compétition contrairement à ce que veulent nous imposer les comportementalo-capitalistes ! Il n’y a aucun gène qui tienne ! Il n’y a, et il n’y aura jamais que la chair, la chair de la chaire, et le gigantesque bain de langage, dont les remous doivent remuer sans aucun interventionnisme malsain.

C’est dans un bain de langage, « bouillon de culture » qu’arrive le corps de tout être humain et non pas dans un « programme génétique ».

L’efficacité n’existe pas plus que la normalité : il s’agit à nouveau d’un fantasme issu d’une angoisse castration dont l’objet n’a su atteindre l’illusoire précarité d’un œdipe mal chantourné. Les cognitivos trichent, fraudent, gonflent leurs statistiques et dissimulent leurs échecs alors que nous ne cessons de les afficher fièrement. Comment se fait-il que nos hôpitaux de jours renferment les enfants les plus gravement atteints alors que les thérapies comportementalo-suédoises très lucratives (« Money, Money, Money ») n’accueillent que les mouflets qui vont bien ? Demandez-vous pourquoi chers disciples! Demandez-vous pourquoi, mais pas trop !

Enfin, quel est le mal à utiliser un crocodile comme objet transitionnel ? D’autant plus que, tout le monde le sait, les enfants adorent les animaux ! Les interprétations que nous en faisons ne regardent que nous et certainement pas les réalisatrices, historiens et autres documentaristes en mal de pénis.

La gueule du crocodile ? Mais elle représente l’irreprésentable : ce qui risque de vous bouffer tout cru ! Ce n’est pas la mère proprement dite, bien entendu ! Mais dans l’imaginaire fantasmatique de l’enfant, sa toute puissance sur lui, qui pourrait bien n’être pas que bienveillante. Le bâton ? Ce n’est pas le père en tant que tel, bien sûr (il n’a plus beaucoup de poids, de nos jours), mais ce que LACAN a redéfini d’une fonction : ce qui dirige le désir de l’enfant sur autre chose que sur sa mère et qui fait que la mère puisse ne pas s’occuper que de son enfant. N’oublions pas qu’une mère est une femme et l’enfant, son objet. Dans son ignorance, la réalisatrice croit et veut faire croire qu’il s’agit de promouvoir une concurrence entre père et mère. C’est absurde !

Oui, le camarade Pierre-Yves a raison de proclamer que rien ne se dénouera en bouffant du psychanalyste. Or, ce documentaire propagandiste et malsain ne vise qu’à nous faire chuter dans la fosse aux crocodiles…

Les gens avisés, avec une éthique, savent que ce n’est pas avec des petits cartons, encore moins en « bouffant du psychanalyste » que les choses vont se dénouer.

Et qu’on ne vienne pas nous dire que la remise en question nous est impossible puisque Lacan nous incita jadis à toujours repenser notre théorie en fonction de notre objet. Néanmoins, le « notre » indique bien que seuls les « nôtres » sont habilités à réévaluer des théories et des objets que nous sommes par ailleurs les seuls à pouvoir définir comme il se doigt !

Aligatorement vôtre,

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26 novembre 2011

prise de position de Danièle Langlois, présidente d'autisme France à propos du Mur

Une intervention documentée, intelligente et empreinte de bon sens.

Cela vient éclairer le sens du Mur de Sophie Robert et montre toute l'importance de ce documentaire :

http://www.autisme-france.fr/offres/file_inline_src/577/577_A_12239_1.pdf

Essentiel pour comprendre et accompagner des personnes avec autisme !

Merci à Danièle Langlois

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Autisme PACA une association qui fait bouger les lignes ...

Bravo à Jean-Marc Bonifay, son président et à toute son équipe !

Monica Zilbovicius est l'invitée du congrès autisme PACA le 3 avril 2012.

FLYER-ANNONCE-CONGRES-AUTISME-PACA

Le message de Jean-Marc :

"Bonjour,

Le mardi 3 Avril 2012 dans le cadre de la journée Mondiale de l'autisme, à Six-Fours, Espace Culturel André Malraux nous organisons un Congrès Autisme de qualité concernant l'autisme, le cerveau et la neuropsychologie.
Lieu :
100, avenue de Lattre de Tassigny
Centre Ville
83140 Six-Fours

la salle

http://autismepaca.wifeo.com/images/l/las/la-salle-malraux-Six-Fours.jpg

Notre Invitée d'Honneur notre illustre Marraine Monica Zilbovicius est -il besoin de la présenter ?

http://autismepaca.wifeo.com/images/f/fly/FLYER-ANNONCE-CONGRES-AUTISME-PACA.jpg

le thème de sa conférence : "le cerveau social et l'autisme "

Neuropsychologues spécialisées de très haut niveau, pédopsychiatre, professeur de pédopsychiatrie et un jeune homme asperger de 22 ans se relaieront tour à tour pour vous offrir une magnifique journée au côté de Monica.

Bientôt l'affiche et le Programme.

C'est une première pour les Varois, généralement oublié, pour tant au centre des 3 départements les plus peuplés de PACA.

Une grande fête qui met à l'honneur l'autisme en tant que trouble neuro-développemental.

Bon week-end.

JMB"

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article publié sur le site de l'association CeRESA

Parents d'enfants autistes en colère

 

criDes familles lotoises ayant des enfants autistes voient leur demande d’accompagnement proposé par l’association CeRESA, refusée par le CROSMS (Comité Régional de l'Organisation Sociale et Médico-Sociale) et ce malgré un soutien de la DDASS du Lot et du Centre Ressources Autisme Midi-Pyrénées. Le même problème se pose dans le Tarn et Garonne. Les familles restent sans solution d’accompagnement dans le service public. Les souffrances des familles sont ignorées. Les associations concernées : CeRESA, CRI 46 à Martel et l’APEAI à Figeac ont écrit à Madame Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille et la solidarité. Ils demandent une réponse et le respect des engagements du gouvernement dans la mise en place du Plan Autisme 2008/2010

Une vingtaine de familles lotoises de l’association CRI 46 (association de parents d’enfants porteurs de TSA (Troubles du Spectre Autistique),  sont aujourd’hui en colère et sans solution de services de soins adaptés pour leurs enfants autistes. Cette situation fait suite à l’avis défavorable du CROSMS (Comité Régional de l'Organisation Sociale et Médico-Sociale) à Toulouse sur un projet de SESSAD (Service d'Éducation Spéciale et de Soins à Domicile) basé à Martel et porté par une association toulousaine qui a travaillé avec l’association CRI 46. Cet avis est d’autant plus étonnant que la DDASS du Lot et le CRA (Centre Ressources Autisme) de Midi-Pyrénées avaient donné de leur côté un avis favorable.

Le promoteur du projet, l’association CeRESA, proposait d’accompagner 15 enfants pour une moyenne de 6 à 8 heures par semaine sur leurs différents lieux de vie : domicile, école, centre de loisirs… « C’était une occasion inouïe pour les enfants autistes du nord du Lot car la directrice du SESSAD toulousain est le professeur Bernadette Rogé, une des expertes la plus reconnue pour la mise en place d’un accompagnement basé sur les dernières données scientifiques «  explique Leo Amery, le président de l’association CRI 46. « Le CeRESA a un agrément pour 68 enfants à Toulouse et possède une expérience de plusieurs années dans l’accompagnement par l’éducation structurée, la communication visuelle, l’approche comportementale etc…, ce que les familles demandent et que les institutions lotoises ne pratiquent pas et ne sont pas actuellement capables de mettre en place. »
 
Ce qui rend encore plus en colère les familles lotoises, c’est qu’un autre projet présenté par l’institut Camille Miret (hôpital psychiatrique Leyme plus des hôpitaux de jour répartis sur le département) et l’IME (Institut Médico-Educatif) Les Roîtelets à Fons, a reçu un avis favorable lors de cette même commission avec dans leur projet une antenne à Souillac soit tout près de Martel. Ce qui remet en question tout futur développement du projet CeRESA. Selon Leo Amery « L’institut Camille Miret et l’IME Les Roîtelets, de leur propre aveu, ne sont pas capables de mettre en place tous les aspects éducatifs.  « La mention de ces aspects n’était pas aussi clairement présente dans leur dossier initial qui a été complété après consultation de notre propre dossier avec des « emprunts » à notre projet ». Malgré plusieurs réunions avec eux, la DDASS et le CRA Midi-Pyrénées, ils ont ajouté cette antenne à Souillac sans consultation ou concertation afin de mettre un terme à notre projet. »

Pour les familles de CRI 46, les services de soins mettent avant tout leurs intérêts institutionnels bien avant les besoins des enfants autistes. Une des mamans de l’association ayant 2 enfants TSA explique : « Ils sont incapables d’être innovants. Après avoir pendant des décennies, pratiquer des accompagnements dépassés, ils ne veulent surtout pas que des initiatives proposées par d’autres se mettent en place ». Leo Amery explique que leur projet a le soutien écrit de 25 familles, ce qui met encore plus en question l’avis du CROSMS. « Au CROSMS, à peine un tiers des représentants était présent. Le projet CeRESA est très bien conçu et fondé car soutenu par plus d’une vingtaine de familles. Il n’existe aucun service adapté aux TSA dans le nord du département. Pour nous, la raison évoquée de leur avis défavorable : la localisation du SESSAD, est donc un faux prétexte. Nous avons malheureusement à affronter leur immobilisme.»

L’association CRI 46 a déjà écrit à Madame Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille en lui demandant un soutien et une rencontre. Leo Amery : « Pour nous, le combat est loin d’être fini. Nous nous interrogeons sur la légalité d’une situation où les familles n’ont plus le choix dans l’accompagnement de leurs enfants et où ces institutions maintiennent les enfants et les familles dans une souffrance par leur refus de remettre en question leurs pratiques totalement dépassées. Cela ne fait que maintenir et aggraver la discrimination qui existe déjà dans l’accompagnement des personnes TSA. Cette situation est inadmissible ! Déjà plusieurs familles ont quitté le département et se sont installés là où leur était proposé un service adapté. »

Pour CRI 46, le projet CeRESA se réfère et s’inclut totalement dans le plan Autisme 2008/2010 et dans l’avis du CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique) en novembre 2007 sur la situation des personnes autiste en France. C’est pour cela que l’association attend une réponse de Madame Morano : le gouvernement, qui semble montrer une volonté de faire changer les pratiques dans ce domaine, doit s’assurer que ses recommandations sont suivies dans les faits !

A savoir que le taux de prévalence des personnes TSA dans le Lot selon le CRA Midi-Pyrénées en 2007, est pour les 0 – 19 ans de 240 jeunes et de 4 371 dans la région Midi-Pyrénées.

Dans le département du Tarn et Garonne, la situation n’est guère plus réjouissante : le CROSMS du 21 janvier a également rendu un avis défavorable pour le dossier du CeRESA, qui prévoyait 15 places pour enfants autistes à Valence d’Agen, malgré les avis favorables rendus par la DDASS du 82, le CRA Midi-Pyrénées et la CRAM (Caisse Régionale d’Assurance Maladie).

Le CeRESA prend en charge actuellement 50 enfants dont la moitié seulement bénéficient du service SESSD de Toulouse financé par l’assurance maladie. Les autres enfants sont pris en charge par la plate-forme Trampoline de l’association qui est financée en partie par les parents et par des subventions. De nombreuses familles se trouvent dans une situation financière difficile et ont du mal à offrir à leurs enfants la prise en charge adapté à leur besoin (familles mono-parentales, parents souvent obligés de laisser tomber leur travail, etc…..).
Combien de temps faudra-t-il encore rappeler le caractère destructeur de ce handicap pour les familles touchées ?
Combien de temps ces mêmes familles devront se contenter de services de « soins » archaïques dont elles ne veulent pas ? Mais malheureusement, elles n’ont pas le choix !

Il n’est pas acceptable que le développement de l’association soit entravé par des luttes de pouvoir au détriment de l’intérêt des enfants et des familles. A ce jour, il n’existe sur le Tarn-et-Garonne aucune prise en charge spécifique et répondant aux nouvelles recommandations d’éducation pour ces enfants. L’Education Nationale signale pourtant avoir de gros besoins de soutien : en effet, les enfants en question sont scolarisés dans les écoles du département et ne peuvent recevoir en parallèle de prise en charge adaptée pour soutenir leur scolarité et leur développement. Cette situation conduit à terme à la déscolarisation des enfants qui se retrouvent alors consignés à domicile ou dans des structures non adaptées, avec du personnel non formé pour ce type de handicap.

Le CeRESA qui reçoit pourtant un important soutien dans la Haute-Garonne se voit refuser le franchissement des frontières de ce département. Le seul espoir réside à l’heure actuelle dans l’appel qui est fait auprès du gouvernement pour que les directives du plan autisme soit enfin respectées et que les prises en charges éducatives qui répondent aux recommandations des experts en matière d’autisme puissent enfin se développer en Midi-Pyrénées.

Contact CeRESA : Christine Fournié 06 82 93 39 78
Contact CRI 46 : Leo Amery 05 65 37 40 07

http://www.ceresa.fr/actualites/ceresa/109-parents-denfants-autistes-en-colere

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article publié dans l'usine nouvelle le 18 novembre 2011

"Il faut banaliser le handicap"

 

Le 18 novembre 2011 par Christophe Bys

Handicap
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

  A l’occasion de la Semaine du handicap, Patrick Danet, délégué handicap et diversité chez GrDF, détaille la politique que mène l’entreprise. Pour lui, une intégration réussie exige que la personne handicapée soit à la fois acceptée dans sa singularité et traitée comme tout le monde.

L'Usine Nouvelle - Quelle est la politique de GrDF en matière d’insertion des handicapés ?
Patrick Danet - Nous sommes convaincus qu’il faut recruter des compétences, pas un handicap. Nous créons les conditions d'une intégration réussie. Il ne faut pas que l’embauche d’une personne handicapée soit une contrainte pour l’équipe, ni pour elle. Nous devons en quelque sorte banaliser le handicap. Pour cela, les performances des uns et des autres doivent être les mêmes. La personne handicapée est comme chacun d’entre nous : elle veut être reconnue pour ce qu’elle fait. Elle ne veut pas d’un travail au rabais.

Concrètement, comment faites vous ? Notamment pour recruter des compétences, alors qu’il existe un vrai problème de formation des personnes handicapées ?
C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile de recruter les personnes qui correspondent aux profils que nous recherchons. Nous nous sommes adaptés. D’abord en ouvrant les critères d’âge. Nous pouvons embaucher une personne avec une expérience professionnelle passée, qui sera rapidement capable d’intégrer nos processus. En outre, nous avons mis en place des actions de formation spécifique. L’alternance est pour nous la voie royale pour l’embauche de salariés avec un handicap. Nous avons signé un partenariat avec le CFA Jean-Baptiste de la Salle (93), pour former au baccalauréat professionnel "maintenance des équipements industriels". Les promotions sont mixtes ; elles mélangent valides et non-valides. Actuellement nous formons 5 handicapés, dont une personne de 46 ans.

Comment faites vous pour que tout le monde obtienne les mêmes performances ?
Nous avons signé un accord pour la période 2009-2012. Notre objectif est d’avoir 3,47 % de travailleurs handicapés, fin 2010 nous étions déjà arrivés à 3.21 %. Cet accord prévoit un budget pour adapter les postes. Cela consiste aussi bien à revoir l’organisation du travail de l’équipe, l’organisation des lieux de travail, mais aussi d’adapter les outils. A ce sujet, je suis très confiant dans les possibilités offertes par les technologies de l’information.

A quoi pensez-vous ?
Nous avons un partenariat avec Essilor pour développer une lunette à réalité renforcée. Une petite caméra est fixée sur la branche de la lunette. Il est alors possible de projeter l’image sur la rétine. Le premier prototype coûtera 17 000 euros. Nous avons une salariée intéressée qui a une maladie génétique de la rétine, qui devrait pouvoir continuer à travailler grâce à cet outil innovant.

Quel est le principal obstacle ?
Nous travaillons beaucoup avec les managers, les RH sur les stéréotypes. Nous en avons tous et nous continuerons d’en avoir. Je travaille à rassurer les managers. C’est normal qu’ils soient inquiets quand on leur parle de salariés handicapés. Ils ont des contraintes d’objectifs à assurer. Le handicap est un sujet que les personnes connaissent mal : 80 % des handicaps sont invisibles. La solution pour rassurer tout le monde passe par le dialogue. Une autre difficulté vient du fait qu’il faut comme je vous l’ai dit banaliser le handicap et en même temps ne pas l’oublier. Un mal-entendant ne comprend pas ce qu’on lui dit si on parle dans son dos.


http://www.usinenouvelle.com/article/il-faut-banaliser-le-handicap.N163186

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25 novembre 2011

Sophie Robert parle du Mur dans le magazine de la santé du 23 novembre 2011

www.france5.fr
Le Magazine de la santé, Allô Docteur et Enquête de Santé les rendez-vous "Santé" de France 5 présentés par Michel Cymes, Marina Carrère-d'Encausse et Benoit Thévenet.
c'est à 17:10

 

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Point de vue par Alain Lieury - La psychologie scientifique doit être enseignée en terminale

Alain Lieury est professeur de psychologie cognitive, chargé de mission par la Société française de psychologie, pour la création d’une agrégation de sciences humaines. Psychologie et santé

La psychanalyse ne représentait que un pour cent des publications internationales en psychologie (103 223 titres) en 2005. C’est pourtant tout ce que les bacheliers français apprennent des sciences cognitives.
Pour les étudiants, la psychologie se résume à Freud et à la psychanalyse. Les élites sont tout aussi ignorantes en ce domaine. Il est temps de donner à l’enseignement de la psychologie la place qu’il mérite.

Lire l'article : http://esteve.freixa.pagesperso-orange.fr/lieury_plaidoyer_psycho_terminale.pdf

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article publié sur le site FRACTAL le 22 novembre 2011

Lettre Dr Cottraux (Affaire Sophie Robert)
par claude le 22.11.2011.

Docteur Jean COTTRAUX
21 chemin de Roche Bozon
69660 COLLONGES

Psychiatre honoraire des Hôpitaux
Chargé de cours à l’Université Lyon1
Habilitation à la Direction de Recherche
Directeur Scientifique de l’Institut Francophone
de Formation et de Recherche en Thérapie
Comportementale et Cognitive (Ifforthecc)

Conseil psychologique

cottraux@univ-lyon1.fr
Téléphone : 09 61 29 71 19
N° ordre des médecins : 69/3536
SIREN : 417 529 617
SIRET : 417 529 617 00025 ABE 7490B
URSAFF : 690 3720966347
Identifiant Sécurité sociale : 69 0781810

Le 18 Novembre 2011

Madame Sophie Robert
Océan Invisible
2 Place des Bleuets
59000 Lille

Chère Madame

J’ai visionné votre film : « Le mur » qui est fait d’interviews de psychanalystes parlant de leurs conceptions de l’autisme infantile et de leur traitement. A aucun moment je n’ai eu le sentiment que la psychanalyse était en quoi que ce soit dénaturée ou caricaturée : les psychanalystes s’exprimaient librement et tout ce qu’ils disaient correspondait à ce que des psychanalyste ont écrit au siècle dernier au sujet de la responsabilité des mères dans le trouble de leur enfant. J’ai rencontré personnellement Bruno Bettelheim, l’auteur adulé, en ce temps là, de « La Forteresse vide », lors d’une série de conférences et de séminaires à l’université de Lyon en 1975, et il ne professait pas autre chose. Il était, déjà, fort controversé aux USA, où ses méthodes étaient considérées comme une imposture. J’ai depuis quitté le milieu psychanalytique, car la psychanalyse est une pseudo science qui se maintient au pouvoir dans notre pays par les méthodes habituelles d’intimidation, de chantage sur les carrières et de propagande. Il est évident que tous les psychanalystes ne sont pas aussi intégristes que ceux qui vous poursuivent, et que certains évoluent vers des conceptions plus proches des données actuelles de la recherche. Mais du fait de l’influence mandarinale de quelques uns, la pédopsychiatrie demeure très en retard. Ainsi, les soins proposés par beaucoup d’institutions pour traiter l’autisme infantile ne sont pas conformes à l’état actuel des connaissances.

Il est frappant de constater l’énormité des sommes (près de 300 000 Euros) qui vous sont demandées comme dommage et intérêt par les psychanalystes pour un film qui n’est que leur miroir. Ce n’est pas l’argent qui leur permettra de retrouver une beauté évanouie. En attaquant la presse qui est libre de son point de vue, ils aggravent les critiques que l’on peut leur opposer. J’espère qu’ils vont faire un travail sur eux-mêmes qui leur permette d’évoluer vers plus d’empathie vis-à-vis de leurs patients, et une meilleure compréhension des aspects obscurs de leurs motivations dans cette triste affaire.

Bien cordialement à vous et avec tout mon soutien.

Dr Jean Cottraux

http://www.fractal.asso.fr/index3.php?art=article&categorie=16&article=331

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Autismes à l'UNAPEI : constats et perspectives

Actes du colloque du 16 septembre 2011

http://www.unapei.org/IMG/pdf/Unapei-ColloqueAutisme2011-Actes.pdf?mid=5344562

Très intéressant notamment par la qualité des intervenants, la richesse du contenu et les perspectives traçées.

Je note également le constat que les recommandations de la HAS et de l'ANESM tardent à être appliquées par les professionnels sur le terrain. Cela repose en effet sur une prise de conscience et une remise en question des habitudes ... Après l'état des connaissances publié par la HAS en janvier 2010, la phase de formation des formateurs va débuter visant à améliorer l'accompagnement de nos compatriotes autistes, expression qu'emploie Mme Marie-Anne Montchamp dans son discours de clôture. (Jean-Jacques Dupuis)

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